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L’ours est un écrivain comme les autres, William Kotzwinkle

Ecrit par Yan Lespoux , le Samedi, 22 Novembre 2014. , dans USA, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

L’ours est un écrivain comme les autres (The Bear Went Over The Mountain) Éd. Cambourakis, octobre 2014, traduit de l’anglais (USA) par Nathalie Bru, 304 p. 22 € . Ecrivain(s): William Kotzwinkle

Écrivain prolixe et éclectique, William Kotzwinkle a tout fait. De la novellisation (E.T. mais aussi Superman III !), de la littérature de jeunesse, du roman noir (Le jeu de Trente), du complètement barré (l’indispensable Midnight Examiner), de l’inclassable (Book of Love, Fata Morgana…). Si tout n’est pas toujours génial chez cet auteur, on peut au moins lui reconnaître une réelle capacité à surprendre. Et c’est encore le cas avec le conte moral qu’est L’ours est un écrivain comme les autres.

Arthur Bramhall, professeur de littérature à l’Université du Maine, rêve de devenir le nouvel Hemingway. En tant que tel, il ne se voit d’ailleurs pas écrire autrement qu’à la machine. Aussi n’a-t-il aucune sauvegarde lorsque son manuscrit part en fumée dans l’incendie de sa maison. Mais Arthur Bramhall est opiniâtre et a tôt fait de réécrire son grand roman sur la libido des femmes de la campagne qui sentent l’essence et ne se rasent pas les jambes.

L’ouvrage achevé, afin d’éviter une nouvelle déconvenue, il décide de placer le manuscrit dans une mallette et de la dissimuler au pied d’un arbre en lisière de la forêt en attendant d’aller le présenter à un éditeur. Mais, dissimulé dans les bois, un ours observe le manège. Croyant à la possibilité que la mallette renferme, sait-on jamais !, une tarte, il la déterre. Et là… laissons la parole à l’auteur :

300 mots, Richard Montanari

Ecrit par Pauline Fouillet , le Mardi, 18 Novembre 2014. , dans USA, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Roman, Le Cherche-Midi

300 mots, août 2014, traduit par Marion Tissot, 394 pages, 19 € . Ecrivain(s): Richard Montanari Edition: Le Cherche-Midi

 

Une série de meurtres d’une extrême violence. Une police qui semble dépassée et qui met du temps à comprendre l’existence d’un lien entre eux. Un journaliste qui lui, l’a comprit et qui voit alors le coup de pouce du destin au relancement de sa carrière.

Voici le nouveau roman de Montanari, dont la presse ne tarit pas d’éloges. Le rythme est rapide d’autant que les chapitres sont courts et polyphoniques. Nous suivons tour à tour Nick, le journaliste-enquêteur, le meurtrier fou et la future victime.

Bien que les détails des meurtres soient assez sordides et les scènes, fortes, le lecteur reste tout de même sur sa faim, le suspense et le tempo étant assez traînants. Ce premier qui avait espéré un bon thriller (comme promis par la maison d’édition) se trouve donc un peu déçu de n’être qu’en face d’un polar. D’ailleurs, le personnage principal n’aide pas à un meilleur avis, celui-ci se montrant mou et d’un charisme discutable.

Des voleurs comme nous, Edward Anderson

Ecrit par Zoe Tisset , le Lundi, 10 Novembre 2014. , dans USA, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Roman, Points Seuil

Des voleurs comme nous, traduit de l’anglais (USA) par Emmanuèle de Lesseps, septembre 2014, 240 pages, 6,60 € . Ecrivain(s): Edward Anderson Edition: Points Seuil

 

C’est l’histoire d’une cavale de trois hommes, des hors-la-loi, des mécréants, des malfaiteurs. Ils braquent des banques comme le bon citoyen va faire des courses. Ils ne sont pas méchants, juste hors système, hors tout. « Les flics m’ont jamais inquiété, dit T. Doub. C’est les mecs qu’on prenait pour des amis qui vous dépassent. Et une femme qui t’en veut. C’est ça qui te dépasse ». Bowie va pourtant s’amouracher d’une « donzelle », d’une fille à part, sauvage et tendre.

« – J’ai l’impression que toutes les femmes font ça.

– Je ne sais pas ce que font les autres femmes (…)

– Je suppose qu’une femme est un peu comme un chien, Bowie. Tu prends un bon chien, si son maître meurt, il refusera qu’un autre le nourrisse et il mordra tous ceux qui veulent le caresser, et s’il continue, il cherchera tout seul sa nourriture et souvent il mourra ».

Big Brother, Lionel Shriver

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Samedi, 25 Octobre 2014. , dans USA, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Belfond, La rentrée littéraire

Big Brother, août 2014, traduit de l’américain par Laurence Richard, 434 p. 22,50 € . Ecrivain(s): Lionel Shriver Edition: Belfond

 

Ce livre ouvre l’appétit comme son volume et l’énorme silhouette de son Big Brother qui nous fait face comme une ombre chinoise sur toile de fond jaune de son graphisme en première de couverture.

Ce livre ouvre l’appétit dès les premières phrases servies sur la table des premières pages & nous le ravit – notre appétit.

Nous ravit l’appétit grâce à la tension qui nous place, lecteurs, sur la ligne fébrile entre compassion & répulsion dans le processus d’identification, puisque les personnages ont cette trempe des caractères forts qui s’entrechoquent

et se renvoient la balle dans des rapports de force qui nous rendent arbitres de leurs états hauts en couleur.

Nous met en force d’appétit grâce au suspens qui maintient en haleine la force tranquille des pages nous menant, entre les lignes, vers un dénouement sans cesse reconduit et prêt à tout moment d’éclater.

Le passager d’Istanbul, Joseph Kanon

Ecrit par Pauline Fouillet , le Vendredi, 24 Octobre 2014. , dans USA, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Roman, Seuil

Le passager d’Istanbul, septembre 2014, traduction (USA) de Lazare Bitoun, 484 pages, 22,50 € . Ecrivain(s): Joseph Kanon Edition: Seuil

 

Voici un polar bien atypique. Si d’habitude, nous suivons dans ce genre littéraire la quête d’un meurtrier, dans ce roman, c’est avant tout à la conservation d’un assassin que nous veillons. D’autre part, s’agissant de l’enquête du meurtre perpétré ab-initio, il s’avère que c’est au meurtrier lui-même que l’on donne cette tâche.

Joseph Kanon situe son action en Turquie juste après le Seconde Guerre Mondiale. Ce pays neutre avait dû faire face à la préservation d’un équilibre précaire entre les alliés occidentaux et la Russie communiste. Bien que la guerre soit terminée, Istanbul et Ankara se trouvent néanmoins toujours dans cette situation inconfortable de balancier.

Ainsi, quand les Forces Secrètes Américaines font venir à Istanbul un ancien nazi roumain à des fins d’obtention d’informations secrètes russes, et que le responsable de l’opération est tué, le « coursier » en charge du transfert se retrouve bien en peine. Il doit en effet trouver une solution pour évacuer ce monstre recherché par les russes et haï par tellement de gens qu’il risque la mort à chaque instant.