Identification

USA

Romans, récits et nouvelles I, II, Jack London en La Pléiade

Ecrit par Yan Lespoux , le Mercredi, 07 Décembre 2016. , dans USA, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Nouvelles, Récits, La Pléiade Gallimard

Romans, récits et nouvelles I, II, octobre 2016, coffret de 2 volumes, 1536 pages et 1616 pages, 183 illustrations, 110 € (prix de lancement jusqu’au 30 avril 2017), ou 55 € (par volume acheté séparément) . Ecrivain(s): Jack London Edition: La Pléiade Gallimard

 

Les éditions Gallimard nous gratifiaient l’an dernier de la parution très attendue en Pléiade des œuvres – à tout le moins une partie conséquente et emblématique d’entre elles – de Mark Twain dans une édition dirigée par Philippe Jaworski. Un peu plus d’un an après, Philippe Jaworski est encore à la manœuvre pour l’édition des œuvres d’un autre auteur américain emblématique de la fin du dix-neuvième et du début du vingtième siècle : Jack London.

Pouvait-on mieux commémorer les cent ans de la mort de cet écrivain aux multiples vies et visages qu’avec cette formidable anthologie ? Car en l’espace de deux volumes, ce sont presque tous les écrits de l’auteur de Martin Eden qui défilent sous les yeux du lecteur et autant d’avatars de cet écrivain plongé de plain-pied dans la vie de son siècle que fut Jack London. Et ce faisant, Gallimard éveille en nous plus que des souvenirs de lecture, tout un inconscient collectif bien ancré dans notre culture littéraire occidentale et lié à l’image de cet auteur baroudeur et engagé auprès de ceux qui triment et subissent le capitalisme débridé de l’ère industrielle ou qui se lancent à l’aventure pour trouver une vie meilleure.

Sous l’œil de Dieu, Jerome Charyn

Ecrit par Didier Smal , le Lundi, 05 Décembre 2016. , dans USA, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Roman, Rivages/noir

Sous l’œil de Dieu, février 2016, trad. anglais (USA) Marc Chénetier, 288 pages, 9 € . Ecrivain(s): Jerome Charyn Edition: Rivages/noir

 

Auteur ultra-prolifique, avec plus de cinquante volumes à son actif, principalement des romans et quelques recueils de nouvelles, Jerome Charyn (1937) est considéré comme l’un des piliers de la littérature américaine de la seconde moitié du vingtième siècle, célébré tant par ses pairs que par la critique, celle-ci n’hésitant pas à le qualifier de « Balzac américain contemporain ». En France, il a même reçu le titre de Commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres. Tout cela est très engageant, et quelques excellents souvenirs de lecture, s’ils ne corroborent pas exactement toutes les louanges reçues, font foi que Charyn fait partie des auteurs qui comptent.

C’est donc avec une délectation anticipée qu’on ouvre Sous l’œil de Dieu (2012), dernière en date des histoires suivant un des personnages clés de l’œuvre de Charyn, Isaac Sidel, un flic new-yorkais ayant, au fil des romans dont il est le héros, gravi les échelons jusqu’à devenir Maire de la Grosse Pomme et, dans le présent roman, s’attaquer à la Maison Blanche. Il a en effet été choisi pour assurer la vice-présidence de J. Michael Storm, le président élu, et celui-ci, sombrant peu à peu, s’apprête à endosser le rôle de dirigeant de la nation la plus puissante du monde.

Meilleur ami, meilleur ennemi, James Kirkwood

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 29 Novembre 2016. , dans USA, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Joelle Losfeld

Meilleur ami, meilleur ennemi (Good Times/Bad Times), octobre 2016, traduit américain Etienne Gomez, 435 pages, 25 € . Ecrivain(s): James Kirkwood Edition: Joelle Losfeld

 

 

Ce roman repose sur un art consommé de la narration. Dans les moments drôles – et il y en a beaucoup –, les passages tristes, les cassures douloureuses, James Kirkwood montre une maîtrise absolue du « storytelling » et nous mène par le bout du nez à travers l’histoire de Peter, Jordan et M. Hoyt. Pas un instant de faiblesse ne vient ternir cette affaire, ce livre offre quelques heures d’une lecture haletante, passionnante, avec des éclats de rire, du suspense, des émotions profondes.

Peter est en prison. On apprend tout de suite qu’il est là pour accusation de meurtre. Son avocat lui demande le récit des événements qui l’ont conduit au drame (dont nous ne savons rien). C’est donc une écriture en flashback qui tisse ce roman. C’est cette situation narrative qui est source de la tension de ce roman : on sait un peu, mais quoi ? Qui ? Pourquoi ?

Le musée de l’inhumanité, William H. Gass

Ecrit par Victoire NGuyen , le Mardi, 29 Novembre 2016. , dans USA, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Le Cherche-Midi

Le musée de l’inhumanité, trad. américain Claro, 573 pages, 21 € . Ecrivain(s): William Gass Edition: Le Cherche-Midi

 

L’étrange vie de Monsieur Joseph Skizzen

« La maison gothique où il vivait avec sa mère possédait plusieurs combles, et Joseph Skizzen avait décidé de consacrer l’un d’eux aux ouvrages et aux coupures de journaux qui composaient son autre passe-temps : le musée de l’Inhumanité. Il avait péniblement écrit ce nom sur une grande carte blanche qu’il avait punaisée à sa porte. Ça ne le gênait pas d’agir ainsi, car lui seul y était invité ».

Ainsi le lecteur fait-il connaissance avec l’étrange personnage, Monsieur Joseph Skizzen, un professeur aux relations compliquées avec lui-même et avec sa mère. En effet, Joseph Skizzen est d’origine autrichienne. Cependant, son père a tant de fois changé l’identité de la famille, la faisant tantôt passer pour une famille juive fuyant le régime nazi ou encore anglaise afin d’être mieux « assimilée » à la population locale. Ce père réinvente ainsi sans cesse l’histoire familiale et par ce fait, joue à cache-cache avec l’identité encore fragile de ses enfants. La mère de Joseph a beaucoup souffert et maintient jusqu’au bout ses origines autrichiennes.

Butcher’s crossing, John Williams

Ecrit par Didier Bazy , le Vendredi, 18 Novembre 2016. , dans USA, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, En Vitrine

Butcher’s crossing, éd. Piranha, octobre 2016, trad. anglais US, Jessica Shapiro, 296 pages, 19 € . Ecrivain(s): John Williams

 

A André Angot

 

Quelle bonne idée de garder le titre d’un livre dans sa version originale non sous-titrée ! C’est vrai qu’on ne traduit pas les noms propres. Mais pas besoin d’être un expert en langue américaine pour penser à la Traversée du boucher, au Passage de l’écorcheur ou un truc du genre. Et du genre givre et sang.

Un roman qui commence par deux longues citations de RW Emerson et H. Melville ne peut pas être complètement mauvais. Ça commence vraiment dès le début – donc au Milieu – avec un jeune gars Will Andrews. Il débarque à Butcher’s crossing, village fin XIXème, Kansas. Il a fait quelques années à Harvard, comme Thoreau. Ses motivations ? On n’en sait rien. C’est un des fils du récit. L’Ouest, la Nature avec majuscule, tout ça.