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Le nom du fils, Ernest J. Gaines

Ecrit par Virginie Neufville , le Samedi, 19 Avril 2014. , dans USA, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Editions Liana Levi

Le nom du fils, traduit de l’anglais (USA) par Michelle Herpe-Voslinsky et Jean-François Gauvry, 268 pages, 19 € . Ecrivain(s): Ernest J. Gaines Edition: Editions Liana Levi

 

« Au nom du Père, du Fils, du Saint-Esprit, Amen ». Telle est cette prière répétée maintes et maintes fois par le révérend Philippe Martin lorsqu’il célèbre la messe. Il est une figure locale dans la petite ville de Louisiane de Sainte Adrienne. En effet, leader du mouvement pour les droits civiques en faveur des Noirs Américains, il a le sentiment du devoir accompli. Sainte Adrienne a enfin accepté la population de couleur et les habitants tentent de vivre en paix. Certes, il reste encore des « irréductibles » qui tentent d’agir comme au temps de l’esclavage, comme le commerçant Chena qui ne veut pas payer ses employés de couleur, mais il est maintenant un cas isolé.

Philippe Martin est un homme écouté et respecté. Marié et père de trois enfants, il cache cependant soigneusement tout un pan de sa vie. Avant d’être un homme de foi, il fut jadis un homme sans foi ni loi, qui a préféré fuir la plantation où il a grandi et travaillé plutôt qu’assumer ses responsabilités.

Un soir, un jeune homme apparaît à Sainte Adrienne, « rien qu’une âme errante à la dérive », taciturne.

Extorsion, James Ellroy

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 10 Avril 2014. , dans USA, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Rivages/Thriller

Extorsion (Shakedown), traduit (USA) par Jean-Paul Gratias, février 2014, 188 p. 13,50 € . Ecrivain(s): James Ellroy Edition: Rivages/Thriller

 

Bon, c’est entendu, James Ellroy c’est James Ellroy. Même quand il s’efforce de faire du James Ellroy jusqu’à plus soif ! Ce qui est assurément le cas dans ce petit opus. Disons qu’il s’agit d’une longue nouvelle plutôt que d’un court roman. Le sujet le montre : Freddy Otash, ex flic pourri de L.A., est au purgatoire et, pour espérer accéder à un meilleur statut, il est condamné à raconter les pires affaires de sa vie de ripou, à l’époque où, avec la complicité d’un tabloïd ignoble intitulé « confidentiel », dans les années 50, il vendait les infos les plus trash sur les célébrités d’alors.

Vous imaginez aisément, enfin au moins ceux et celles d’entre vous qui connaissez bien le « dog », qu’il va s’en donner à cœur-joie dans le style people-trash. Un jour, il va falloir lui dire que les coucheries et perversions sexuelles (réelles et fictionnelles) de Marylin, Marlon, Rock, Jackie, John, Ava, et compagnie, on s’en lasse un peu à la longue. Plus rien ne nous choque dans les « révélations » délirantes du vieux James ou plutôt, à force de nous choquer, ça finit par anesthésier.

Impurs, David Vann

Ecrit par Zone Critique , le Mardi, 08 Avril 2014. , dans USA, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Gallmeister

Impurs, 2013, 288 pages, 23,10 € . Ecrivain(s): David Vann Edition: Gallmeister

La cause littéraire vous présente aujourd'hui un nouvel article de son partenaire Zone Critique

 

L’écrivain américain David Vann, auteur notamment du recueil de nouvelles Legend of a Suicide, nous revient en beauté avec son dernier roman, Impurs, une réflexion sur l’impureté en forme de récit initiatique : Zone Critique recommande chaudement.

Impurs. Avant de lire le livre, on se demande de quelle impureté il s’agit. Quelle est la jauge d’évaluation ? La religion ? La société ? La morale ? L’hygiène ? On sait d’emblée que les personnages seront impurs. Mais par rapport à quoi ? La richesse du roman de David Vann vient de son refus de clairement répondre à cette question. L’impureté n’existe pas en soi. Sans justifier les actes de Galen, le personnage principal, le romancier nous amène vers des horizons troubles où l’on se surprend à comprendre, voire accepter le meurtre d’une mère et la fornication d’une cousine. D’une apparence certainement impure, l’attitude du jeune Galen nous piège parce que narrée de son propre point de vue. On le comprend parce qu’on est dans sa tête.

Joe, Larry Brown

Ecrit par Yan Lespoux , le Samedi, 05 Avril 2014. , dans USA, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Roman, Gallmeister

Joe, trad. de l’anglais (USA) par Lili Sztajn, mars 2014, 333 pages, 10 € . Ecrivain(s): Larry Brown Edition: Gallmeister

 

À l’occasion de la sortie française de l’adaptation cinématographique du roman de Larry Brown, les éditions Gallmeister ont la bonne idée de publier Joe, initialement paru chez Gallimard, dans une traduction révisée.

Joe, qui a donné son nom au roman, vit dans un patelin du Mississipi. Repris de justice, alcoolique, toujours amoureux de la femme qui l’a quitté mais coureur, il a aussi la sensation d’être un homme libre.

« On peut pas vivre vingt ans avec quelqu’un sans le connaître, comme moi je la connais. Elle va tout le temps à l’église et moi jamais. Elle aime pas être avec des gens qui boivent, elle aime même pas sentir l’odeur de l’alcool. Moi je bois, et j’aime ça. C’est tout. Si t’es obligé de te disputer avec quelqu’un jour après jour, tu finis par en avoir marre de vivre avec lui. Et ça change rien si tu l’aimes ».

Los Angeles Nostalgie, Ry Cooder

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 03 Avril 2014. , dans USA, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Nouvelles, 13ème note éditions

Los Angeles nostalgie (Los Angeles stories), Traduit (USA) par Ariane Bataille, 296 p. 22,90 € . Ecrivain(s): Ry Cooder Edition: 13ème note éditions

 

Ryland Peter Cooder, ô combien mieux connu sous le nom de Ry Cooder, nous avait ébloui de son talent fabuleux de guitariste slide et de bluesman depuis la fin des années 60. Le voici dans un rôle d’écrivain, de nouvelliste, et le résultat est brillant.

Qu’on se rassure, Ry n’a pas oublié la musique. Elle est présente dans toutes les nouvelles de ce recueil. Sous toutes les formes – et Dieu sait qu’il y en a moult ! – qui le passionnent : le texmex, le blues, le jazz, le country. On croise à chaque coin des rues de LA des personnages rares, souvent déjantés, qui grattent pour des cachetons de misère, ou qui soufflent, ou qui poussent la chansonnette.

Le LA de Ry est celui qu’on attendait de lui et de ses convictions affichées « à gauche » (!) : c’est celui des pauvres, des ouvriers, des chicanos, des noirs, des paumés, des petits malfrats à la petite semaine. L.A. nostalgie compose un tableau bigarré et attachant de la Cité des Anges des années 50, celle de Raymond Chandler et de Dashiell Hammett, des débuts du Rock and Roll, du règne du blues. Au détour d’une page, on rencontre John Lee Hooker, d’une autre page, TBone Walker. Et tant d’autres. Ry cooder rend hommage au berceau de son enfance.