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Te fous pas de moi papa, Jon Ferguson

Ecrit par Valérie Debieux , le Samedi, 04 Juillet 2015. , dans USA, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Te fous pas de moi papa, éd. Ozalide, traduit de l’américain par Clarisse Baudraz, 186 pages, 22 CHF . Ecrivain(s): Jon Ferguson

 

Que se passe-t-il lorsqu’une petite fille, âgée de huit ans, perd sa maman ? « Alors la seule manière de survivre est de décider de profiter au mieux des jours qui restent et d’essayer d’apprécier le cirque pendant que le chapiteau est toujours là… quelque chose comme ça ». Avant la naissance de sa fille, William Winger, au bénéfice d’une thèse de doctorat à Yale, a été professeur de philosophie à l’université de California State Hayward, dans un coin perdu de la baie de San Francisco – « une école dont personne ne parle vu qu’elle n’a pas une aussi bonne équipe de football que celle de Stanford ou Berkeley ou même celle de l’université de San Jose ».

Laura Winger vivait paisiblement avec ses parents, sur les collines de la banlieue d’Oakland à Pleasant Hill : « […] je dois avouer que ce fut un endroit plutôt agréable où naître et grandir. J’ai pu me balader sur les collines, courir après les papillons, faire du skate autour de la maison et vendre de la limonade dans notre allée. La plupart des autres enfants ont fait les mêmes choses que moi, sauf que leur mère n’est pas morte. Quand la mienne est morte, j’ai arrêté de faire la plupart des choses que je faisais, pendant un moment en tout cas. Certaines pour toujours ».

Nous ne sommes pas nous-mêmes, Matthew Thomas

Ecrit par Laurie Nallet , le Mercredi, 01 Juillet 2015. , dans USA, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Belfond

Nous ne sommes pas nous-mêmes, janvier 2015, trad. de l’anglais (USA) Sarah Tardy, 828 pages, 23 € . Ecrivain(s): Matthew Thomas Edition: Belfond

 

Un roman de huit cents pages déroulant avec une simplicité envoûtante l’existence d’une femme sur toute la moitié du XXe siècle, délimitée par les frontières du Queens, juste à côté du clinquant Manhattan dont les symboliques vitrines de Noël de la Cinquième Avenue reviendront au cours du roman comme un leitmotiv plus ou moins sarcastique ou émouvant selon les circonstances.

Eileen est issue de l’une des milliers de familles irlandaises débarquées aux Etats-Unis à la fin du XIXe siècle. Elle traverse vaillamment une enfance pauvre et sans insouciance, mère alcoolique en prime, et rêve de toutes ses forces d’habiter plus tard l’une des belles demeures de Jackson Heigts, entourées de pelouse sur laquelle il est interdit de marcher.

Dans les moments les moins reluisants de sa vie, nombreux et racontés sans complaisance, on n’oublie jamais ce petit soldat de la vie dopé à l’american dream, non pas pour excuser les travers d’un personnage parfois difficilement attachant – car très matérialiste et d’une dureté qui frôle souvent l’insensibilité – mais pour comprendre le désir féroce et tellement humain qui l’anime. Devenue infirmière, elle mène sa carrière d’une main de fer et épouse Edmund Leary, d’origine irlandaise comme elle et scientifique lunaire entièrement dévoué à son travail de professeur.

Le feu sur la montagne, Edward Abbey

Ecrit par Stéphane Bret , le Mardi, 30 Juin 2015. , dans USA, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Gallmeister

Le feu sur la montagne, 212 pages, 20 € . Ecrivain(s): Edward Abbey Edition: Gallmeister

 

 

Au départ, ce pourrait être le récit des vacances d’un jeune garçon nommé Billy Vogelin Starr, jeune américain habitant sur la côte est et allant passer ses vacances d’été chez son grand-père John Vogelin, dans le ranch de ce dernier, situé dans l’état du Nouveau-Mexique, aux confins de lieux tels qu’Alamogordo, El Paso, villes proches de la propriété de ce grand-père. Ce dernier, homme solitaire, enraciné dans sa terre, pétri de ses habitudes de cow-boy, proche de ses animaux, les chevaux, qu’il choie avec beaucoup d’attention et d’amour, vit en symbiose avec la nature, au rythme du soleil et des saisons. Il déteste a priori la « civilisation », celle des hommes et des bureaucrates, de l’administration fédérale qu’il voue aux gémonies. Pourtant, il reçoit la visite d’un fonctionnaire fédéral, un certain colonel DeSalius, dont il trouve l’apparence et le maintien ridicules et affectés, lui, l’homme de l’Ouest, le Frontier man, aux habitudes plus endurcies, plus rugueuses.

Torpedo Juice, Tim Dorsey

Ecrit par Yan Lespoux , le Jeudi, 25 Juin 2015. , dans USA, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Roman, Rivages/Thriller

Torpedo Juice (Torpedo Juice), juin 2015, trad de l’anglais (USA) par Jean Pêcheux, 409 pages, 23 € . Ecrivain(s): Tim Dorsey Edition: Rivages/Thriller

 

Le revoilà. Serge A. Storms, psychopathe, schizophrène, paranoïaque, rétenteur anal, érudit autodidacte et tueur en série, débarque avec une nouvelle idée fixe : trouver la femme de sa vie et se marier afin d’atteindre un stade supérieur de l’évolution. Rien de plus simple pour lui, qui entend bien entendu opérer de la manière la plus efficace et logique qui soit. Selon ses propres critères, du moins : « J’ai découpé les îles en plusieurs zones, dit Serge en feuilletant son bloc-notes, comme ils font pour recenser les daims en danger d’extinction. Si la Femme idéale se trouve à l’intérieur de ce quadrillage, elle ne m’échappera pas ».

Et pendant que Serge, accompagné de son inséparable ami Coleman pourtant mort depuis longtemps – mais l’auteur fait ce qu’il veut, pour le plus grand malheur du narrateur omniscient –, passe les Keys au peigne fin, d’autres personnages convergent vers Big Pine Key, son No Name Pub et ses daims miniatures.

A comme aujourd’hui, David Levithan

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 24 Juin 2015. , dans USA, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Jeunesse, Gallimard Jeunesse

A comme aujourd’hui, mars 2015, trad. de l’anglais (USA) par Simon Baril, 448 pages, 7,75 € . Ecrivain(s): David Levithan Edition: Gallimard Jeunesse

 

Le héros narrateur de ce roman s’appelle A. Il a fini par se résoudre à se baptiser ainsi car, chaque jour, il se réveille avec une nouvelle identité, un nouveau nom, un nouveau corps. Chaque jour, il puise dans les souvenirs de son hôte pour s’adapter à une nouvelle vie et ne pas perturber le quotidien de celui ou de celle qu’il quittera le lendemain. Depuis qu’il a accepté qu’il mène une existence vraiment pas comme les autres, A respecte cette règle comme il s’impose une distance envers les personnes qu’il rencontre. A cherche avant tout à préserver sa non-présence, son anonymat, le peu d’intégrité qu’il possède.

« Tandis que Justin s’éloigne et que je me retrouve parmi la foule des autres élèves, je deviens extrêmement conscient de la nature périlleuse de cet exercice, des risques liés à l’effet papillon que je pourrais déclencher à chaque interaction. Si vous prenez le temps d’y réfléchir vraiment, si vous allez jusqu’au bout de la chaîne de cause à effet, vous aurez conscience que chaque pas peut être un pas dans la mauvaise direction, que chaque geste peut avoir des conséquences involontaires ».