Identification

USA

American Housewife, Helen Ellis

Ecrit par Christine Perrin-Lorent , le Samedi, 09 Juillet 2016. , dans USA, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Nouvelles, La Martinière

American Housewife, juin 2016, trad. anglais (USA) Sophie Brissaud, 208 pages, 18 € . Ecrivain(s): Helen Ellis Edition: La Martinière

 

La première des 12 nouvelles qui composent ce recueil, Ce que je fais de mes journées, détaille d’emblée la frénésie de la journée d’une new-yorkaise résidente de l’Upper East Side. Courses, tâches ménagères, réceptions, banalités d’usage, photos et vacheries sur le physique de quelques autres invitées. Le ton est donné.

Les nouvelles suivantes nous dépeignent l’univers sombre de la domesticité. Univers presque exclusivement féminin, si l’on excepte le passage de maris aux capacités étranges (L’ajusteur), quelque peu désespérés ou désespérants, tel le « Dr Boulette ».

Se posent bien sûr les questions liées à la féminité : la séduction ; la maternité, refusée ou au contraire malheureusement provoquée puis remplie d’enfants presque monstrueux ; les conventions familiales absurdes et exigées par une belle-mère toujours omnipotente ; des rapports entre femmes obsédées et agressives que l’on reçoit tout de même dans son « Club des Lectrices ».

Purity, Jonathan Franzen

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Jeudi, 07 Juillet 2016. , dans USA, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, L'Olivier (Seuil)

Purity, mai 2016, trad. l’anglais (USA) Olivier Deparis, 750 page, 24,50 € . Ecrivain(s): Jonathan Franzen Edition: L'Olivier (Seuil)

 

Les romanciers anglo-saxons ont, par tradition, le sens du récit et de la narration, voilà une assertion que le nouveau roman de Jonathan Franzen ne dément certes pas. Dans cet ouvrage, chacun des personnages se fraye une voie difficile vers le succès, l’amour, la justice, le bonheur et toute forme d’épanouissement qui lui semble accessible et acceptable. Ce cheminement est aussi géographique : nous sommes transportés de la Silicon Valley à Manhattan, en passant par le Berlin-est de la Stasi, un journal d’investigation de la ville de Denver et une ONG, le Sunlight Project, fondée en Bolivie par le célèbre hacker et lanceur d’alerte Wolf.

Les trajectoires des trois personnages principaux, Purity ou Pip Tyler, Andreas Wolf et Tom Aberant, connaissent des similitudes troublantes : dans leur jeunesse, Andreas et Tom tissent une passion amoureuse avec deux femmes aux prénoms parallèles, Annagret et Anabel, dont les déséquilibres s’accordent un temps à ceux de leurs amants ; les mères de Pip et d’Andreas sont un fardeau pour l’un comme pour l’autre, bien que ces relations névrotiques et conflictuelles ne soient pas de même nature. Ainsi, les rapports de Pip avec sa mère sont « totalement pervertis par l’aléa moral, une expression utile apprise en cours d’économie à l’université. Elle était comme une banque trop essentielle à l’économie de sa mère pour faire faillite, une employée qui peut tout se permettre parce qu’elle se sait indispensable ».

Easy Money, David Simon

Ecrit par Yan Lespoux , le Mardi, 05 Juillet 2016. , dans USA, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Roman, Inculte

Easy Money, juin 2016, trad. anglais (USA) Jérôme Schmidt, 123 pages, 17,90 € . Ecrivain(s): David Simon Edition: Inculte

 

En 1985, Melvin Williams, qui domine depuis les années 1970 le trafic d’héroïne à Baltimore, est condamné à trente-quatre ans de prison. Arrêté l’année précédente, Williams a fini par tomber après une longue enquête de police menée entre autres par Ed Burns qui a mis au jour le système complexe qui présidait à ce trafic grâce à une observation attentive du réseau de Williams et à des mises sur écoute. Jeune journaliste pour la Baltimore Sun, David Simon écrit entre 1984 et 1987 toute une série d’articles sur Williams, qu’il interviewe des dizaines de fois.

C’est donc face à la genèse de la série The Wire que l’on se retrouve dans Easy Money. Noms et surnoms familiers des adeptes de la série, de Barksdale à Proposition Joe en passant par Bodie, émergent de l’enquête de Simon. On reconnaît derrière Lamont Farmer, le Stringer Bell de The Wire, on reconnaît les bippers, la façon dont la police perce le code, les montages financiers et la corruption qui l’accompagne.

20+1 Short Stories, Nouvelles, Collectif

Ecrit par Didier Smal , le Vendredi, 01 Juillet 2016. , dans USA, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Nouvelles, Albin Michel

20+1 Short Stories, Nouvelles, Collectif, mai 2016, traduit par douze excellents traducteurs, 656 pages, 14 € Edition: Albin Michel

 

La nouvelle, c’est le genre abordé à l’école par le biais de Maupassant, Courteline, Balzac ou Zola – comme si la nouvelle était francophone et datait du dix-neuvième siècle. Parfois, l’un ou l’autre professeur va voir du côté de Romain Gary ou de Joseph Kessel, se risque à faire lire une petite anthologie policière, s’aventure à frotter ses élèves à Kafka – mais tout cela donne de la nouvelle l’impression d’un genre mort, et européen dans son essence. Tout amateur de littérature le sait, rien n’est plus faux : si la nouvelle, en tant que genre publié, a bel et bien périclité en France, faute entre autres de lieux de publication autres que réservés à des connaisseurs (elle est loin l’époque où Maupassant s’affichait en première page du Gaulois), elle connaît encore de belles heures dans le domaine anglo-saxon, en particulier aux Etats-Unis. La présente anthologie, éditée pour célébrer le vingtième anniversaire de la collection Terres d’Amérique chez Albin Michel, démontre la bonne santé de la nouvelle nord-américaine en vingt et un exemples extraits du catalogue de ladite collection.

Retour à Cayro, Dorothy Allison

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Mercredi, 29 Juin 2016. , dans USA, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Belfond

Retour à Cayro, traduit de l’américain par Michèle Valencia, juin 2016, 21 € . Ecrivain(s): Dorothy Allison Edition: Belfond

 

Retour au pays mal aimé

 

Mes yeux ont vu la gloire de la venue du Seigneur ; Il piétine le vignoble où sont gardés les raisins de la colère ; Il a libéré la foudre fatidique de sa terrible et rapide épée ; sa vérité est en marche.

Les raisins de la colère, John Steinbeck

 

Elle sortit sur la véranda et s’adossa au mur de la maison. Le ciel chantait une chanson rouge. Les champs murmuraient une prière verte. Chanson et prière s’éteignaient dans l’ombre et le silence.

Les enfants de l’oncle Tom, Richard Wright