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L'Olivier (Seuil)

Les Editions de l'Olivier, que caractérise leur sobre et élégante couverture noire et blanche marquée d'une silhouette d'olivier, sont fondées en 1991 par Olivier Cohen comme filiale des éditions du Seuil.

Dès le départ, le parti pris est de mettre l'accent sur la littérature anglo-saxonne, avec des auteurs tels que Raymond CarverJay Mc InerneyCormac McCarthy, Henry Roth, Hubert Selby Junior, Michael Ondaatje ou, parmi une plus jeune génération, Rick Moodyou Jonathan Franzen.

 


Les eaux tumultueuses, Aharon Appelfeld (2ème recension)

Ecrit par Anne Morin , le Samedi, 27 Avril 2013. , dans L'Olivier (Seuil), Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Moyen Orient

Les eaux tumultueuses, traduit de l’hébreu par Valérie Zenatti, L’Olivier, 188 pages, 19 € . Ecrivain(s): Aharon Appelfeld Edition: L'Olivier (Seuil)

 

C’est une pension où, cette année-là, les habitués se retrouvent en très petit nombre, un lieu symbolique, près de ce fleuve dont les eaux séparent : « Rentrons. Ce parvis me fait peur.

– Pourquoi as-tu peur ?

– Je ne sais pas. J’ai parfois l’impression qu’ils souhaitent venir, et qu’on les en empêche » (p.82).

Microcosme d’une certaine Europe sur le point de disparaître, bientôt enfouie sous la barbarie, d’un monde où tout semble encore possible : y aller ou pas ? Là-bas. Franchir le pas, comme ce fleuve tumultueux qui déborde, qui inonde ses rives, garder la main ou tout jeter aux orties. Recommencer.

En proie à leurs démons – celui du jeu qui les dépasse, addiction qui les réunit aussi si elle ne les unit –, les personnages d’Aharon Appelfeld misent tout sur cette saison de jeu où ils vont se retrouver pour boire et se ruiner, jouer et se dépouiller. Et d’abord, de leur passé.

Le roman du mariage, Jeffrey Eugenides

Ecrit par Alexandre Muller , le Mercredi, 24 Avril 2013. , dans L'Olivier (Seuil), Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman

Le roman du mariage, traduction (USA) Olivier Deparis, Janvier 2013, 552 pages, 24 € . Ecrivain(s): Jeffrey Eugenides Edition: L'Olivier (Seuil)

 

Extrait des deux premières phrases :

 

« Voyons d’abord les livres. Il y avait là ses romans d’Edith Wharton (…), là les œuvres d’Henry James (…), beaucoup de Dickens, un soupçon de Trollope, de copieuses portions d’Austen, de George Eliot et des redoutables sœurs Brontë ».

 

Le roman du mariage est un livre sur le mariage, sur les livres, et particulièrement sur les livres qui parlent du mariage. Autant le dire tout de suite, Jeffrey Eugenides n’a pas l’intention de plonger ses personnages dans une enquête fumeuse au cœur d’une œuvre à la Jasper Fforde, d’imaginer une aventure autour d’une bibliothèque de livres oubliés à la Zafon ou de bâtir un thriller pharaonique en relation avec un livre interdit à la Eco. Son intention est de rendre hommage à une certaine littérature victorienne en se payant le luxe d’écrire le livre qui ne se termine pas comme les autres et en déplaçant son objectif temporel.

Les eaux tumultueuses, Aharon Appelfeld

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 11 Avril 2013. , dans L'Olivier (Seuil), Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Moyen Orient

Les eaux tumultueuses. Traduit de l'hébreu Valérie Zenatti Mars 2013. 188 p. 19 € . Ecrivain(s): Aharon Appelfeld Edition: L'Olivier (Seuil)

 

 

Appelfeld – dans ce roman écrit il y a 25 ans et fort heureusement traduit aujourd’hui enfin par l’excellent et fidèle Valérie Zenatti – nous propose le tableau fascinant d’un monde qui ne l’est pas moins. Fascination qu’exerce la désagrégation, la fin car nous sommes conviés, dans une étrange pension de vacances pour juifs aisés, à assister à une séquence troublante de la fin d’un monde.

Rita arrive, comme chaque année, à la pension Zaltzer pour ses vacances traditionnelles, partagées entre les jeux d’argent, l’alcool et d’éventuelles rencontres érotiques. Elle est la première à arriver, rejointe par bientôt par trois ou quatre autres habitués. Et ils attendent les autres. Bien lents à arriver. Viendront-ils ? Ne viendront-ils pas ? Appelfeld va utiliser cette attente comme une scansion à suspense. Le petit groupe va même, pendant tout le début du séjour, aller régulièrement à la gare, attendre les « arrivants ». Qui n’arrivent pas.

Le laboratoire central, Jean-Bertrand Pontalis

Ecrit par Jean-François Vernay , le Samedi, 06 Avril 2013. , dans L'Olivier (Seuil), Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres

Le laboratoire central - Entretiens, 1970-2012, 228 pages, 18 € . Ecrivain(s): Jean-Bertrand Pontalis Edition: L'Olivier (Seuil)

 

Avant Freud avec les écrivains – ouvrage dans lequel les auteurs avaient pour objectif « de montrer à la fois la divergence et l’alliance profonde de la psychanalyse et de la littérature » (227) – Jean-Bertrand Pontalis a publié un recueil de neuf entretiens diachroniques (1970-2012), Le laboratoire central, qui doit son titre au livre de poésie publié en 1921 sous la plume de Max Jacob (1876-1944), écrivain et peintre juif qui décéda des suites de sa déportation au camp de Drancy.

Dans un article consacré aux raisons pour lesquelles le XXème siècle fut freudien, Eli Zaretsky nous informe que le « romancier Nathaniel West appelait Sigmund Freud le “Bulfinch moderne”, voulant dire qu’il avait écrit des fables pour son époque » (1). Faut-il en déduire que la pratique psychanalytique et l’écriture littéraire s’érodent mutuellement au point d’être incompatibles ? La rivalité se dessine dès l’avant-propos de Michel Gribinski (2) et se prolonge en pointillés dans l’ouvrage, même si la posture de Jean-Bertrand Pontalis, vue sous cet angle particulier, est pour le moins ambivalente.

L'inconnu, Juliette Kahane

Ecrit par Virginie Neufville , le Mardi, 02 Avril 2013. , dans L'Olivier (Seuil), Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

L’inconnu, 7 mars 2013, 156 pages, 16 € . Ecrivain(s): Juliette Kahane Edition: L'Olivier (Seuil)

 

 

Pénélope gravite dans le monde de l’édition en tant que traductrice, participe à des soirées mondaines, et croise beaucoup de monde. Or, Pénélope est seule, depuis que l’écrivain à succès, Samuel, l’a quittée pour une autre. Un soir, à une soirée organisée par son éditeur, elle croit reconnaître un auteur occupé à dévaliser le buffet. Elle l’accoste, lui parle, l’invite à boire un dernier verre chez elle… Lui, entretient la confusion, accepte l’invitation, et finit dans son lit. Car, cet homme en question n’est pas un auteur, mais un certain Johnny Paulette, un ouvrier intérimaire, au bord de la marginalité, qui profite des mondanités pour se nourrir à satiété.

Pénélope, le lendemain, a bien compris la supercherie, surtout quand il la quitte en lui ayant subtilisé au passage trois mille euros en liquide, mais part du principe que cet inconnu l’a fait sortir de sa routine, et puis il est tellement aux antipodes du monde qu’elle côtoie !