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L'Olivier (Seuil)

Les Editions de l'Olivier, que caractérise leur sobre et élégante couverture noire et blanche marquée d'une silhouette d'olivier, sont fondées en 1991 par Olivier Cohen comme filiale des éditions du Seuil.

Dès le départ, le parti pris est de mettre l'accent sur la littérature anglo-saxonne, avec des auteurs tels que Raymond CarverJay Mc InerneyCormac McCarthy, Henry Roth, Hubert Selby Junior, Michael Ondaatje ou, parmi une plus jeune génération, Rick Moodyou Jonathan Franzen.

 


Freedom, Jonathan Franzen

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Dimanche, 21 Juillet 2013. , dans L'Olivier (Seuil), Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman

Freedom, trad anglais (USA) par Anne Wicke, 718 p. 24€ . Ecrivain(s): Jonathan Franzen Edition: L'Olivier (Seuil)


Quel est l’objet (« objet petit a » dirait Lacan, désignant ainsi l’objet illusoire du désir) de la littérature ? Ou de la lecture pour être plus précis dans le moment de l’acte littéraire. Sempiternelle question de la quête. Mille réponses on le sait, parmi lesquelles, fréquentes, celles de la force des caractères, de la trépidation d’une histoire, de la magie d’une langue, de l’émotion nichée dans les recoins des phrases, en bas de la page 99 (toujours la page 99) et qui vous prend à la gorge parce que tout à coup, vous savez que l’auteur parle de vous, par exemple.

Etrange début pour un papier critique sur un livre. Nécessaire cependant pour expliquer ce qui constitue la collision entre « Freedom » et le déferlement médiatique qui l’a précédé avant son arrivée en France ! Rarement livre ne fut encensé avec tant d’élan outre-Atlantique, avec même couverture du Time ! « Freedom » est LE roman américain d’aujourd’hui peut-on y lire.


Et après la page 199 (pour rire), on se demande pourquoi.

La meilleure des vies, Adam Phillips

Ecrit par Jean-François Vernay , le Mardi, 28 Mai 2013. , dans L'Olivier (Seuil), Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Iles britanniques

La meilleure des vies, traduction (GB) Michel Gribinski, 2012, 224 pages, 21 € . Ecrivain(s): Adam Phillips Edition: L'Olivier (Seuil)

 

 

Dans un précédent article consacré au Laboratoire central de Jean-Bertrand Pontalis, l’on s’interrogeait afin de savoir si « la pratique psychanalytique et l’écriture littéraire s’érodent mutuellement au point d’être incompatibles ? » La meilleure des vies : Eloge de la vie non vécue (2012) d’Adam Phillips nous inviterait à répondre par la négative tant il y a un mélange harmonieux de culture psychanalytique et de littérature (1) chez ce psychothérapeute britannique pour qui ces deux champs se recoupent dans une forme de langage poétique. De l’exploration du désir sous ses multiples facettes, il en était déjà question au cœur de ses précédentes réflexions, notamment dans Baisers, chatouilles et autres petits riens : psychologie de la vie ordinaire (1998) ainsi que dans Du flirt (1999) (2).

Le voilà qui récidive avec La meilleure des vies dont le sous-titre me fait penser au poème métaphysique de l’écrivain américain Robert Frost (1874-1973), La route que je n’ai pas prise.

Les eaux tumultueuses, Aharon Appelfeld (2ème recension)

Ecrit par Anne Morin , le Samedi, 27 Avril 2013. , dans L'Olivier (Seuil), Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Israël

Les eaux tumultueuses, traduit de l’hébreu par Valérie Zenatti, L’Olivier, 188 pages, 19 € . Ecrivain(s): Aharon Appelfeld Edition: L'Olivier (Seuil)

 

C’est une pension où, cette année-là, les habitués se retrouvent en très petit nombre, un lieu symbolique, près de ce fleuve dont les eaux séparent : « Rentrons. Ce parvis me fait peur.

– Pourquoi as-tu peur ?

– Je ne sais pas. J’ai parfois l’impression qu’ils souhaitent venir, et qu’on les en empêche » (p.82).

Microcosme d’une certaine Europe sur le point de disparaître, bientôt enfouie sous la barbarie, d’un monde où tout semble encore possible : y aller ou pas ? Là-bas. Franchir le pas, comme ce fleuve tumultueux qui déborde, qui inonde ses rives, garder la main ou tout jeter aux orties. Recommencer.

En proie à leurs démons – celui du jeu qui les dépasse, addiction qui les réunit aussi si elle ne les unit –, les personnages d’Aharon Appelfeld misent tout sur cette saison de jeu où ils vont se retrouver pour boire et se ruiner, jouer et se dépouiller. Et d’abord, de leur passé.

Le roman du mariage, Jeffrey Eugenides

Ecrit par Alexandre Muller , le Mercredi, 24 Avril 2013. , dans L'Olivier (Seuil), Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman

Le roman du mariage, traduction (USA) Olivier Deparis, Janvier 2013, 552 pages, 24 € . Ecrivain(s): Jeffrey Eugenides Edition: L'Olivier (Seuil)

 

Extrait des deux premières phrases :

 

« Voyons d’abord les livres. Il y avait là ses romans d’Edith Wharton (…), là les œuvres d’Henry James (…), beaucoup de Dickens, un soupçon de Trollope, de copieuses portions d’Austen, de George Eliot et des redoutables sœurs Brontë ».

 

Le roman du mariage est un livre sur le mariage, sur les livres, et particulièrement sur les livres qui parlent du mariage. Autant le dire tout de suite, Jeffrey Eugenides n’a pas l’intention de plonger ses personnages dans une enquête fumeuse au cœur d’une œuvre à la Jasper Fforde, d’imaginer une aventure autour d’une bibliothèque de livres oubliés à la Zafon ou de bâtir un thriller pharaonique en relation avec un livre interdit à la Eco. Son intention est de rendre hommage à une certaine littérature victorienne en se payant le luxe d’écrire le livre qui ne se termine pas comme les autres et en déplaçant son objectif temporel.

Les eaux tumultueuses, Aharon Appelfeld

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 11 Avril 2013. , dans L'Olivier (Seuil), Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Israël

Les eaux tumultueuses. Traduit de l'hébreu Valérie Zenatti Mars 2013. 188 p. 19 € . Ecrivain(s): Aharon Appelfeld Edition: L'Olivier (Seuil)

 

 

Appelfeld – dans ce roman écrit il y a 25 ans et fort heureusement traduit aujourd’hui enfin par l’excellent et fidèle Valérie Zenatti – nous propose le tableau fascinant d’un monde qui ne l’est pas moins. Fascination qu’exerce la désagrégation, la fin car nous sommes conviés, dans une étrange pension de vacances pour juifs aisés, à assister à une séquence troublante de la fin d’un monde.

Rita arrive, comme chaque année, à la pension Zaltzer pour ses vacances traditionnelles, partagées entre les jeux d’argent, l’alcool et d’éventuelles rencontres érotiques. Elle est la première à arriver, rejointe par bientôt par trois ou quatre autres habitués. Et ils attendent les autres. Bien lents à arriver. Viendront-ils ? Ne viendront-ils pas ? Appelfeld va utiliser cette attente comme une scansion à suspense. Le petit groupe va même, pendant tout le début du séjour, aller régulièrement à la gare, attendre les « arrivants ». Qui n’arrivent pas.