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La rentrée littéraire

Les ombres de l’Araguaia, Guiomar de Grammont

Ecrit par Cathy Garcia , le Mercredi, 25 Octobre 2017. , dans La rentrée littéraire, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Langue portugaise, Roman, Métailié

Les ombres de l’Araguaia, septembre 2017, trad. brésilien Danielle Schramm, 232 pages, 18 € . Ecrivain(s): Guiomar de Grammont Edition: Métailié

 

Ce roman dédié « aux familles de tous les disparus politiques du Brésil, surtout à leur mères et leurs sœurs », aborde un passage obscur de la lutte contre la dictature dans les années 70, quand des jeunes étudiants épris de justice sociale avaient dans l’idée de libérer leur pays. Quelques-uns d’entre eux sont même allés se former à Cuba aux techniques de guérillas, et les chefs de la guérilla jusqu’en Chine maoïste.

Dehors les bate-paus et les grileiros !

Morts aux généraux fascistes !

A bas la dictature militaire !

Vive la terre libérée pour que le peuple vive et travaille !

Vive les Forces guérilleras de l’Araguaia !

Vive le Brésil libre et indépendant !

Cet autre amour, Dominique Dyens

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Mardi, 24 Octobre 2017. , dans La rentrée littéraire, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Robert Laffont

Cet autre amour, août 2017, 234 pages, 18 € . Ecrivain(s): Dominique Dyens Edition: Robert Laffont

 

Le trouble irréversible

Dans Cet autre amour, Dominique Dyens, l’auteure de La femme éclaboussée (2000), Délit de fuite (2010) et Lundi noir (2013), accouche d’une autofiction psychanalytique qui n’est pas sans rappeler la chronique intimiste tenue par Ferdinando Camon dans La Femme aux liens, ou, à certains égards, le compte rendu psychologique des expériences limites d’Anaïs Nin avec ses analystes, passage à l’acte en moins.

Épouse et mère accomplie, écrivaine reconnue, la narratrice a réussi sa vie, tant dans le domaine privé que professionnel. Toutefois, suite au désarroi et à l’angoisse provoqués par l’accident survenu à son mari, elle entame, à reculons, une psychanalyse. Commence alors un voyage dans le labyrinthe de la psyché qui trouble la surface du présent et perturbe le bonheur apparent. Fouiller dans les tréfonds de l’âme n’est pas sans incidence. Entre la résurgence des souvenirs d’enfance, la reviviscence des émotions rentrées, l’analyse des rêves, la narratrice brasse la mixture entière de son passé, creuse des galeries susceptibles de fragiliser son architecture identitaire et narcissique. Cerise sur le divan, cette plongée dans l’inconscient tend à tarir son inspiration créatrice.

La reine noire, Pascal Martin

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Mardi, 24 Octobre 2017. , dans La rentrée littéraire, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Roman, Jigal

La reine noire, septembre 2017, 248 pages, 17,50 € . Ecrivain(s): Pascal Martin Edition: Jigal

 

Chanterelle, village de Lorraine, vit en sursis depuis la fermeture de la raffinerie de sucre dont la haute cheminée, surnommée La Reine Noire, jette son ombre inquiétante sur les toits en tuiles rouges des petites maisons de l’ancienne cité ouvrière. C’est dans ce bourg où la seule activité concrète consiste à jouer aux cartes dans le bar de la place que deux hommes que tout oppose vont revenir et chambouler la vie assoupie de ses habitants.

L’un, Toto Wodjeck, est un tueur professionnel basé en Indonésie, chargé d’un contrat sur la personne du maire de Chanterelle, héritier de l’usine, mais aussi importateur d’ecstasy et en conflit ouvert avec son associé indonésien. L’autre, Michel Durand, est un policier d’Interpol, basé à Lyon, qui, ayant eu vent de l’arrivée en France de Wodjeck entend bien lui faire payer au prix lourd un vieux crime. Ils ont pourtant deux points communs qui remontent à leur enfance : tous deux sont originaires de Chanterelle et tous deux vouent une haine inextinguible à l’égard de Spätz, le maire, coupable selon Wodjeck de la mort de son père et selon Durand, à l’origine du suicide de son propre père, l’ancien directeur de la raffinerie. Deux hommes qui ont également d’autres contentieux à régler et dont on ne sait distinguer lequel est le plus dangereux.

Le chemin des fugues, Philippe Lacoche (2ème critique)

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Lundi, 23 Octobre 2017. , dans La rentrée littéraire, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Les éditions du Rocher

Le chemin des fugues, août 2017, 312 pages, 19,90 € . Ecrivain(s): Philippe Lacoche Edition: Les éditions du Rocher

 

Voyage au bout du Vaugandy

« Vaugandy »… déjà le nom résonne comme un vaudou d’arrière-monde où le culte du Sombre et de l’Éclatant se tailleraient chacun sa part d’arc-en-ciel pour envoûter et réveiller un territoire ensorcelé. Pour le relier à ses racines, à sa mémoire. Pour s’y faire de nouveau rencontrer les hommes qui y habitent et y circulent, voyageurs passagers d’un temps à partager, rehaussé quand il vibre de ses instants de fraternité, de solidarité.

Dans Le chemin des fugues, l’ensorcellement – plutôt l’asphyxie, escortée d’un désenchantement vrillé à un 21e siècle emporté par l’ouragan incontrôlé des nouvelles technologies, d’un libéralisme mettant à mal nos existences de terrain pour celles de spéculation – se paie le luxe d’un style.

L’Infini 140, Littérature, Philosophie, Art, Science, Politique, Eté 2017

Ecrit par Philippe Chauché , le Vendredi, 20 Octobre 2017. , dans La rentrée littéraire, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Revues, Gallimard

L’Infini 140, Littérature, Philosophie, Art, Science, Politique, Eté 2017, 20,50 € Edition: Gallimard

 

« Le vrai charme appartient à celui, ou à celle, qui est allé, les yeux ouverts, dans son propre enfer. C’est très rare, et il s’ensuit une gaieté spéciale, teintée d’un grand calme :

« Ce charme a pris âme et corps

Et dispersé les efforts »

Juste avant, Rimbaud écrit :

« J’ai fait la magique étude

Du bonheur, qu’aucun n’élude »

(Philippe Sollers, Bizarreries)