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Voyages

Désir d’Italie, Jean-Noël Schifano (par Philippe Leuckx)

Ecrit par Philippe Leuckx , le Lundi, 01 Juillet 2019. , dans Voyages, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Folio (Gallimard)

Désir d’Italie, janvier 2019, 544 pages, 10,80 € . Ecrivain(s): Jean-Noël Schifano Edition: Folio (Gallimard)

 

Dès la fin des années 60, de nombreux italianistes de renom ont permis au public francophone de prendre une bonne mesure de la fécondité de la production italienne. Contentons-nous de citer Michel Arnaud (traducteur de Pavese), Philippe Jaccottet (traducteur de Carlo Cassola et Giuseppe Ungaretti), Dominique Fernandez (professeur d’italien à l’Université de Haute-Bretagne), Georges Piroué, Nino Frank, René de Ceccatty, Danièle Sallenave (traductrice de Pasolini), Bertrand Visage (traducteur de Leonardo Sciascia), et Jean-Noël Schifano qui dès 1990 recueillit les nombreux articles, études et entretiens, nés de son extrême Désir d’Italie. On connaît le citoyen d’honneur de Naples – qui dirigea au « Grenoble » l’Institut culturel français. On connaît le traducteur de la Morante, d’Eco. On sait ses origines mi-italiennes mi-lyonnaises.

On connaît le romancier haut en couleurs, baroque, échevelé, pétri de culture et d’histoires « napolitaines » (ses Chroniques, trois volumes, regorgent d’histoires vraies sanglantes).

Connaît-on suffisamment l’essayiste, éruditissime ?

Le Tour de la France par deux enfants d’aujourd’hui, Pierre Adrian, Philibert Humm (par Lionel Bedin)

Ecrit par Lionel Bedin , le Jeudi, 27 Juin 2019. , dans Voyages, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, Pocket

Le Tour de la France par deux enfants d’aujourd’hui, Pierre Adrian, Philibert Humm, juin 2019, 312 pages, 7,50 € Edition: Pocket

 

Deux amis d’enfance, tous les deux nés en 1991, « majeurs mais pas tout à fait vaccinés », ont un jour de 2017 l’envie de faire un tour de France en voyageant sur les traces des frères André et Julien Volden, les jeunes héros du Tour de la France par deux enfants, le livre d’Augustine Fouillée (1833-1923), publié en 1877 sous le pseudonyme G. Bruno, célèbre manuel scolaire de lecture, de géographie, et de morale sous la IIIe République. Le projet de Pierre Adrian et Philibert Humm : « voyager avec ce petit éloge de la sobriété et de la prudence ; passer notre temps à le trahir ». Garder l’idée d’un voyage dans la France des régions, des monuments, des hommes, « à portée de la main », mais dans la France d’aujourd’hui. Les copains et la route plutôt que la Patrie, la maison et la famille. Et faire de ce voyage un « hymne à la promenade » plutôt qu’au travail ou à la morale civique… Bref, « on serait les Kerouac lorrains ».

Les Hautes Herbes, Hubert Voignier (par François Baillon)

Ecrit par François Baillon , le Mardi, 25 Juin 2019. , dans Voyages, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie, Cheyne Editeur

Les Hautes Herbes, 64 pages, 17 € . Ecrivain(s): Hubert Voignier Edition: Cheyne Editeur

 

Ce qui interpelle de prime abord est la très belle plastique du livre, soignée, relevée par des reliefs sur la couverture autant qu’à l’intérieur des pages, via les illustrations de hautes herbes (splendide travail dû à Estelle Aguelon) qui, à elles seules, savent nous emmener dans l’entremêlement infini des feuilles et des tiges qui peuplent l’ouvrage entier.

Il s’agit d’une progression en quatre mouvements : la référence au champ lexical de la musique se justifie pleinement, tant la langue d’Hubert Voignier est maîtrisée, riche, magnifiquement nuancée dans son rythme – il est impossible de résister au courant de sa prose poétique une fois que nous nous sommes lancés, tant l’immersion dans le monde végétal se fait le reflet d’une vie intérieure intense. Le déferlement de nature qui nous submerge et nous anime en même temps semble trouver son apothéose dans le troisième mouvement, avec l’arrivée des mauvaises herbes et leur « mouvement d’émancipation naturelle », leur « débordement de vie, anarchique et frondeur » [p.38].

Florence en V.O., Annick Farina (par Emmanuelle Caminade)

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Vendredi, 14 Juin 2019. , dans Voyages, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Florence en V.O., éditions Atlande, mai 2019, 187 pages, 15 € . Ecrivain(s): Annick Farina

 

Dans le cadre de sa nouvelle collection « Villes en V.O. », tenant tant du guide de voyage insolite que du dictionnaire thématique ou amoureux illustré de textes bilingues, les éditions Atlande ont judicieusement demandé à Annick Farina de nous faire visiter Florence, cette ville d’art et de lettres, en nous imprégnant de son esprit, de cette âme forgée au cours des siècles.

Cette auteure qui enseigne la langue et la traduction françaises à l’université de Florence et vit en Italie depuis plus de vingt ans nous entraîne ainsi, avec beaucoup de vivacité et une érudition jamais pesante, dans cette ville célébrée par de multiples écrivains y ayant vécu ou séjourné. Au-delà des parcours traditionnels proposés aux touristes, elle aborde sa riche histoire au travers des lieux décrits et d’anecdotes qui leur sont liées, comme de son climat et de sa cuisine, de sa langue et de tout cet imaginaire développé chez des artistes de genres, époques et origines très variés. Et elle enrichit son propos de toute une palette de textes, italiens en majorité mais aussi français ou russes, anglais, portugais, allemands ou danois.

Travelling, Un tour du monde sans avion, Christian Garcin, Tanguy Viel (par Sylvie Zobda)

Ecrit par Sylvie Zobda , le Mercredi, 15 Mai 2019. , dans Voyages, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, Jean-Claude Lattès

Travelling, Un tour du monde sans avion, mars 2019, 281 pages, 18,90 € . Ecrivain(s): Christian Garcin, Tanguy Viel Edition: Jean-Claude Lattès

 

A l’heure de la mondialisation, de l’internet 4G, des liaisons satellitaires, des flux où vitesse et densité vont de pair, qu’est-ce qui pousse Christian Garcin et Tanguy Viel à réaliser un tour du monde sans avion, en cent jours, pour faire une boucle dans l’hémisphère Nord, entre le 35ème et le 55ème parallèle ? Le titre de ce roman écrit à quatre mains annonce un travelling, un déplacement de l’ordre de la promenade, et non du survol rapide, un voyage doux posé sur des rails préétablis, délimitant les routes du cargo, de la voiture, du bus, du train, passant par l’Atlantique, les Etats-Unis, le Pacifique, le Japon, la Chine, la Russie puis l’Europe.

La géographie s’annonce donc variée, mais le livre est bien plus encore un voyage dans le temps, celui du réel, et non du fictionnel, encore moins de la légende collective, des représentations grossières, du passé plus ou moins glorieux. Les deux écrivains, pour parvenir à leur fin, restent dans le terre-à-terre, ils s’accrochent au sol présent.