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Jeunesse

Explorateurs, qui êtes-vous ?, Didier Bazy, Alessandro Ferraro

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mercredi, 04 Mai 2016. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Albums, Voyages

Explorateurs, qui êtes-vous ?, éd. Bulles de savon, janvier 2016, album pour la jeunesse, 42 pages, 18,95 € . Ecrivain(s): Didier Bazy, Alessandro Ferraro 

 

Tout savoir de quelques grands explorateurs ; simple comme un clic en Google. Et voilà que s’affichent les pages, certes tristounettes, d’un bon Wikipédia des familles ; 1 – les origines ; 2 – les voyages, et le toutim. Pratique comme génération Internet.

Alors pourquoi des auteurs, des illustrateurs et des éditeurs un brin inconscients, en viennent-ils à accoucher (peut-être même dans la douleur) d’un grand album, comme celui-ci ?

Parce que sans doute, pour un gamin (et ses parents, et ses enseignants) lire, c’est rêver en même temps, et que, ma foi, on n’a pas trouvé mieux, pour ça, jusqu’à présent, que le bruit des pages qu’on tourne, avec leur odeur, leur si particulière lumière, leur saveur. Car, un livre se goûte, se déguste, après qu’il ait été mitonné dans de mystérieuses cuisines…

Or celui-ci est vraiment bel et bon. Un trois étoiles de livre.

Ma nounou est une girafe, Perrine Joe, Anne-Soline Sintès

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 27 Avril 2016. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Ma nounou est une girafe, Éditions Père Fouettard, mars 2016, 32 pages, 13 € . Ecrivain(s): Perrine Joe, Anne-Soline Sintès

 

Ma nounou est une girafe aborde avec légèreté et originalité la question de l’intolérance et des pratiques discriminatoires menant à toute ségrégation. Le racisme n’y est pas abordé de front ou de manière didactique mais à travers une galerie de personnages animaliers qui se mêlent aux êtres humains dans une bourgade comme il y a tant dans notre pays et ailleurs.

Le jeune Arsène tombe de son tabouret le jour où sa maman lui présente sa nouvelle nounou Gisèle. Il y a de quoi : Gisèle est une girafe, certes avec de « très bonnes références », des lunettes et une écharpe très élégante, mais une girafe ! Gisèle conquiert vite le cœur du petit garçon par sa gentillesse et son professionnalisme… mais aussi par ses capacités naturelles : une nounou girafe, il est impossible de la perdre, elle remplace fort plaisamment un escalier ou permet de – presque – toucher les étoiles.

Or, un beau jour, Arsène découvre une Gisèle toute contrariée. Que se passe-t-il ? L’enfant s’aperçoit que, dans toute la ville, des écriteaux ont été accrochés : « Interdit aux longs cous ». Contrairement à sa maman, Arsène sait que ces panneaux ne peuvent pas être justifiés. Que faire ? organiser une « manounoufestation ».

À la nuit tombée, Conseils aux monstres et aux enfants pour bien vivre ensemble, Enrique Quevedo

Ecrit par Christine Perrin-Lorent , le Vendredi, 15 Avril 2016. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Espagne, Seuil Jeunesse, Albums

À la nuit tombée, Conseils aux monstres et aux enfants pour bien vivre ensemble, traduit de l’espagnol par Divina Cabo avril 2016, 40 pages (dès 6 ans), 13,50 € . Ecrivain(s): Enrique Quevedo Edition: Seuil Jeunesse

 

L’album revendique un hommage à Edward Gorey et Maurice Sendak, tous deux illustrateurs américains de renom. L’un et l’autre ont une part dans la rédaction de cet album. Au premier on attribuera l’influence du trait, tout en noir et en finesse. Noir le cadre – dans la nuit, l’heure des monstres et de l’inquiétude qui monte à mesure que s’efface le jour, noir aussi l’humour qu’E. Gorey pratiquait jusqu’au macabre. Il n’est que de se souvenir des célèbres Enfants fichus (1), abécédaire de prénoms d’enfants dont chacun est lié à une mort violente et différente. Le second nous rappelle l’incontournable Max et les maximonstres (2), traduction du titre originel Were the wild things are, publié en 1964.

Les deux influences se trouvent ici réunies sous la plume talentueuse de Enrique Quevedo pour un album dont l’originalité tient à ce que les monstres cette fois ont droit à la parole et à leurs propres peurs des petits humains !

Par bonheur le lait, Neil Gaiman

Ecrit par Didier Smal , le Samedi, 09 Avril 2016. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Roman, Arts, Au Diable Vauvert

Par bonheur le lait, novembre 2015, trad. anglais Patrick Marcel, illust. de Boulet, 112 pages, 12,50 € . Ecrivain(s): Neil Gaiman Edition: Au Diable Vauvert

 

Neil Gaiman (1960) fait partie des plus grands conteurs contemporains, et compte parmi ses admirateurs pas moins que Stephen King. On peut rappeler qu’il collabora le temps d’un roman avec un autre gigantesque conteur anglais, feu Terry Pratchett : c’était De Bons Présages (1990) et tant nos zygomatiques que notre capacité à l’émerveillement ne s’en sont pas encore remis. Dans l’œuvre de Gaiman, on trouve de la fantasy, du fantastique, de l’héritage gothique, de sublimes nouvelles, des romans graphiques – de tout, tant que ça transporte ailleurs, que ça fait fonctionner les neurones « imaginant » à plein rendement. Et ceci à tout âge, puisque Gaiman écrit aussi pour la jeunesse, même si de façon parfois quelque peu dévoyée : Coraline, sublime de noirceur, ou encore L’Etrange vie de Nobody Owens, un roman d’apprentissage littéralement fantomatique.

Avec Par bonheur le lait illustré en français par Boulet (mais par Skottie Young dans la version originale), Neil Gaiman revient à la littérature de jeunesse, voire quasi à destination des enfants. Disons, de grands enfants, à l’image de ceux de ce bref roman : huit, dix ans maximum, une fille et un garçon. Leur maman étant « partie à une conférence », ils sont seuls avec leur papa, à qui a été laissée une longue liste de consignes qu’il est capable de réciter par cœur, de ne pas oublier « de conduire les enfants à la répétition de l’orchester, samedi » à donner « à manger aux poissons rouges ».

Le petit ours gris de la Mauricie, conte de Félix Leclerc, chansons d’Edgar Bori, illustrations Marie Lafrance

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 02 Avril 2016. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Le petit ours gris de la Mauricie, conte de Félix Leclerc, chansons d’Edgar Bori, illustrations Marie Lafrance, La Montagne secrète, octobre 2015, 44 pages, 19,50 €

 

Voici un superbe conte d’hiver de Félix Leclerc mettant en scène un jeune ours désireux de sortir de la routine de son espèce et de remplacer l’hibernation par de folles équipées dans la forêt de Mauricie. « La vraie vie avec ses découvertes ! » Loin des ronflements de la tanière et du train-train des parents ours.

 

« Pas de chicane ! C’est la fête aujourd’hui

Chacun range ses griffes, donne la patte au voisin

Une biche ricane auprès du vieux loup gris

Les petits de l’année retrouvent leurs cousins » (extrait de La fête au Lac en Cœur)