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Jeunesse

Sacrées Sorcières, Roald Dahl (Livre audio), par Myriam Bendhif-Syllas

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 18 Septembre 2018. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Gallimard Jeunesse

Sacrées Sorcières, juin 2018, trad. anglais Marie-Raymond Farré, livre audio, 2h30mn, 18,90 € . Ecrivain(s): Roald Dahl Edition: Gallimard Jeunesse

 

Aucune objectivité possible face à ce grand classique de la littérature pour la jeunesse. Que l’on ait 8 ans, 40 ou 80 ans, il n’y a pas de différence : l’enthousiasme reste intact et les éclats de rire tonitruants.

Alors, pour les heureux mortels qui ne connaissent pas encore cette histoire et qui peuvent la découvrir aujourd’hui, nous donnerons quelques éléments de cette truculente histoire de sorcières comme jamais on ne les avait imaginées auparavant ; mais pour les lecteurs déjà conquis, voici une façon originale de rencontrer à nouveau le roman, à travers la lecture faite par la formidable équipe des comédiens, constituée par Jeanne Cellard, Jackie Berger et Jean-Claude Donda.

Les sorcières appartiennent à notre imaginaire collectif et se trouvent affublées de divers attributs reconnaissables entre tous, outils indispensables – paraît-il – de leurs activités diaboliques : balais volants, chats noirs et corbeaux, chapeaux pointus, verrues diversement situées, chaudrons baveurs et alambics enfumés secrétant de savants mélanges d’ingrédients tous plus répugnants les uns que les autres. Facile de s’y retrouver, n’est-ce pas ?

Si j’étais une souris de Mapi et de Susumu Fujimoto, par Yasmina Mahdi

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Mardi, 28 Août 2018. , dans Jeunesse, Les Livres, Les Chroniques, La Une CED, La rentrée littéraire

Si j’étais une souris de Mapi et de Susumu Fujimoto, Grasset Jeunesse, coll. Lecteurs en herbe, août 2018, 40 pages, 15,50 €

 

Bestiaire du zodiaque

L’appellation « illustration » a une longue histoire, et est soumise à controverse. Pour ma part, j’opterai pour un propos non partisan en plaçant la catégorie de l’illustration dans l’œuvre d’art, c’est-à-dire à l’intérieur de l’histoire de l’art et y corroborant largement. Je rappellerai que bien des plasticiens contemporains puisent dans le registre de l’enfance, l’autobiographie, et utilisent des formes épurées, à la technique de la gouache, des crayons de couleur ou du feutre. Ainsi, toute œuvre d’art plastique est sous-tendue par un propos, alimentée par une figure – la figure prise dans le sens de représentation, qui fait image. Toute production artistique est donc le fruit d’un ou de plusieurs artistes, historicisée par un contexte intellectuel, économique, moral et politique, soumise à des règles esthétiques et plastiques.

Oddvin, le prince qui vivait dans deux mondes, Franck Prévot et Régis Lejonc

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Lundi, 20 Août 2018. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, En Vitrine

Oddvin, le prince qui vivait dans deux mondes, éditions Hong Fei, mai 2018, 40 pages, 17,90 € . Ecrivain(s): Franck Prévot et Régis Lejonc

 

Dès la couverture, on se retrouve intrigué. Quel est cet ouvrage aux allures de recueil de contes très ancien ? Aux illustrations surannées et dignes d’un artisan calligraphe, rappelant les inquiétantes images d’Ivan Bilibine. Qui est ce personnage monté sur un renne ?

Les premières pages nous font entrer dans un château, un banquet médiéval en l’honneur de la reine et de ses nouveau-nés : trois princes « pleins d’or » comme s’en félicite le roi, leur père, un être avide et cruel. Le premier garçon avait une langue d’or, le deuxième des yeux d’or et le troisième des oreilles d’or. En grandissant, chacun se voit attribuer un animal de compagnie capable de pallier à ce qui lui manque : un perroquet, un renne et un chien.

C’est Oddvin, le deuxième fils, qui sera notre héros. Il grandit seul auprès de son renne, qui devient ses yeux, son guide et développe le talent de comprendre le langage de son compagnon. Délaissé par ses parents, il parcourt la toundra et les forêts qui deviennent des espaces familiers pour ce jeune prince aux allures de paysan famélique.

Baïka, Du voyage à chaque page

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Lundi, 09 Juillet 2018. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Revues

Baïka, Du voyage à chaque page, Revue Jeunesse trimestrielle, pour les 8-12 ans, éditions Salmantina, mai 2018, 46 pages, 9,60 €

 

Parmi les initiatives récentes de la presse jeunesse, voici un petit bijou de créativité et d’intelligence : la Revue Baïka. La couverture aux illustrations délicates et très colorées, le papier épais, recyclé, le format idéal pour être transporté, constituent autant de détails qui appellent le regard et la main à se tendre pour s’en saisir.

En compagnie de deux petites têtes de bonshommes sympathiques Hurlu et Berlu, les lectrices et lecteurs partent à la découverte d’un ou de plusieurs pays, d’une région ou d’un continent, à travers tous ses aspects : géographiques, historiques, mythologiques ou culturels. Depuis sa création en 2015, 11 numéros ont vu le jour et ont exploré les régions finlandaises, le Brésil, l’Egypte ou le Japon, le Vietnam ou l’Arctique… Gageons que bien des espaces seront au programme les années à venir.

Pour quelques gouttes d’eau, Anne Jonas, Marie Desbons

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Lundi, 18 Juin 2018. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Le Buveur d'encre

Pour quelques gouttes d’eau, novembre 2017, 32 pages, 16 € . Ecrivain(s): Anne Jonas, Marie Desbons Edition: Le Buveur d'encre

 

Une petite fille est chargée de puiser de l’eau bien loin de son village. À son grand malheur, son attention est sans cesse attirée par les beautés simples qui l’entourent et elle renverse quelques gouttes d’eau. Elle tait cette erreur et la vit dans la honte. Jusqu’au jour où elle fait tomber toute la cruche qui se brise. La terre asséchée boit toute l’eau et l’enfant pleure toutes les larmes de son cœur.

Dans ce texte délicat, Anne Jonas parle du devoir et de la force créative, de la culpabilité et de l’amour, de la puissance du rêve et de la privation. Le rythme de l’histoire coule comme cette eau qui abreuve terre et gens ; sa poésie berce les lecteurs et lectrices sans pour autant évacuer la cruelle réalité et les profondes blessures.

« Zahina est née dans un pays si chaud que parfois le soleil y fait fondre les ombres. Là-bas, rien n’est plus précieux qu’un frisson d’eau sur les lèvres.

Cette joie brûle toutes les autres ».