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Jeunesse

Maman aime danser, Didier Pobel

Ecrit par Christine Perrin-Lorent , le Mardi, 13 Septembre 2016. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Maman aime danser, éd. Bulles de savon, août 2016, 76 pages, 12 € . Ecrivain(s): Didier Pobel

 

Dès les premiers paragraphes, le lecteur devine l’argument de ce court roman. On est en novembre, un lundi pas comme les autres. Tom l’enfant ne va pas à l’école, son week-end se prolonge chez sa mamie Léa chez qui les habitudes semblent bouleversées. La télévision reste éteinte, Mamie semble absente dans les jeux qu’elle propose et il y a cette phrase, restée en suspens : Tu sais que maman aime beaucoup danser. L’enfant s’intrigue de cet inachevé. Oui, maman aime danser. Et dans cette maison on danse, on met de la musique, ou on va au concert, et Tom pendant ce temps découvre des trésors chez sa mamie Léa. Le bonheur simple dans la vie de l’enfant.

On est lundi et Tom raconte. Pas d’école, un silence pesant, des comportements d’adultes étranges, qui se serrent dans les bras. Et mamie qui a un gros rhume mais pas avec les mêmes « micorbes » puisqu’elle peut encore faire des câlins.

Les deux premiers chapitres, dans la voix de l’enfant, révèlent à la fois l’incompréhension du monde, l’angoisse et le désespoir des adultes. Les images poétiques et drôles rapportées par l’enfant se heurtent au silence, aux larmes cachées des adultes et cette confrontation figure le chaos matériel et affectif dans lequel les adultes se débattent. Et l’auteur de reprendre la parole : On ne savait pas d’où venait ce qui pourtant, soudain, touchait tout le monde […] Tout ce qui, dans un inquiétant silence, parlait à tout le monde d’une chose incompréhensible.

Die Giraffe auf dem Rhein, La girafe sur le Rhin, Ronja Erb et Laura Martin

Ecrit par Christine Perrin-Lorent , le Mercredi, 07 Septembre 2016. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Langue allemande, En Vitrine

Die Giraffe auf dem Rhein, La girafe sur le Rhin, Ronja Erb, Laura Martin illustration et adaptation du texte français, Éditions Les ateliers de Fara, 48 p. 12,50 € . Ecrivain(s): Ronja Erb et Laura Martin

 

 

Fara la girafe vit au zoo de Rotterdam. Elle a sept ans et n’a jamais connu d’autre lieu. Un matin, son soigneur vient à elle avec une longue lettre qu’il lui lit. Fara aime beaucoup son soigneur qui le lui rend bien, mais il lui annonce qu’elle va devoir faire un long voyage pour rejoindre deux de ses cousines dans un zoo en Suisse. Le lendemain, elle découvre donc le port de Rotterdam et embarque pour un voyage sur le Rhin, en compagnie d’un chat.

La vallée du Rhin l’émerveille. Vignes et châteaux. Deux d’entre eux s’appellent même « Chat » et « Souris », ce que le compagnon de Fara ne manque pas de lui faire remarquer, lui qui n’est certes pas un  lion comme ceux qu’elle pourrait croiser dans la jungle. Le périple continue doucement jusqu’à Strasbourg et Kehl. Le chat s’improvise guide et Fara décide d’arpenter les deux rives, pour enfin découvrir le monde. Tout lui semble  merveilleux.

Le pacha qui s’ennuyait, André Bouchard

Ecrit par Christine Perrin-Lorent , le Mercredi, 06 Juillet 2016. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Seuil Jeunesse

Le pacha qui s’ennuyait, avril 2016, 48 pages, 13,90 € . Ecrivain(s): André Bouchard Edition: Seuil Jeunesse

C’est un bon gros pacha, bien paisible, bien installé dans son fauteuil, lui-même posé sur une pile de coussins moelleux. Bien habillé, de jolies babouches, des bijoux et bagues à chaque doigt, et pourtant… malgré le confort, des serviteurs zélés, des distractions de plus en plus acrobatiques et extravagantes, notre pacha s’ennuie. Rien ne vient relever ses paupières tristement grises et à demi baissées, pas même la lecture du soir que lui fait Shéhérazade. Un seul recours possible, le « Plus grand Génie du royaume », qui arrive, sitôt convoqué, à bord de son tapis volant. « Ton mal vient du fait que tu vis sur un nuage, Pacha. Je vais te faire redescendre sur terre ! » Et aussitôt le vœu s’accomplit. Voilà le pacha en guenilles au milieu de ce peuple qu’il ne savait même pas exister. Et le voici confronté à la cruauté de celui qui les terrorise.

Mais sous les haillons le Pacha a gardé son autorité. Sa résistance au tyran lui attire la reconnaissance de ces gens jusque-là persécutés. Et lorsqu’il use du « nous » de majesté, ses sujets croient que ce sauveur est des leurs. Le voici porté en triomphe dans un cortège qui ne cesse de s’accroître et s’étirer dans les rues de la ville. Au palais, on craint l’insurrection. Le Grand Chambellan, les gardes, les hussards finissent par déserter, croyant à la fuite du souverain face au danger. Mais le Pacha rentre au palais, accompagné des habitants de la ville qui profitent alors de tous ses bienfaits.

Quand je serai très très vieux, Olivier Ka et Carole Chaix

Ecrit par Christine Perrin-Lorent , le Samedi, 25 Juin 2016. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Quand je serai très très vieux, éd. Notari, coll. L’oiseau sur le rhino/Les huppes, avril 2016, 38 pages, 19 € (Album à partir de 7 ans) . Ecrivain(s): Olivier Ka et Carole Chaix

 

 

Les recommandations éditoriales fixent l’âge de première lecture à 7 ans. Mais voici un album pour lequel on peut appliquer la célèbre formule « de 7 à 77 ans », voire au-delà puisque les perspectives emmènent le lecteur à la dernière page jusque 150 ans. À 7 ans, le « très, très vieux » commence à 61 ans et permet d’imaginer toutes les transgressions aux règles de bienséance que les parents justement s’efforcent de vous inculquer : la politesse, la propreté, l’obligation de manger de tout, l’interdiction des gros mots et tant d’autres contraintes… Plus on avance en âge et pire c’est. On a raison sur tout, on est milliardaire avec des exigences et des droits de milliardaire, c’est-à-dire ne rien donner, ne rien prêter, avoir son avion et faire le tour du monde et même pourquoi pas un voyage dans l’espace, à moins qu’on ait l’idée de faire une armée pour « détruire la terre ». « Non, quand même pas ! » Même à 7 ans, en pleine puissance imaginative, il y a des limites que l’enfant sait reconnaître.

La Déclaration des droits des Papas et La Déclaration des droits des Mamans, Elisabeth Brami, Estelle Billon-Spagnol

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Vendredi, 24 Juin 2016. , dans Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Talents Hauts

La Déclaration des droits des Papas et La Déclaration des droits des Mamans, mai 2016, 32 pages, 12,50 € chacun . Ecrivain(s): Elisabeth Brami, Estelle Billon-Spagnol Edition: Talents Hauts

 

Après le grand succès de La Déclaration des droits des filles et de La Déclaration des droits des garçons, en partenariat avec Amnesty International, Elisabeth Brami et Estelle Billon-Spagnol reviennent avec deux albums tout aussi indispensables, joyeux et efficaces, consacrés cette fois aux Papas et aux Mamans.

Balayant les stéréotypes à grands coups d’humour et de dessins désopilants, les deux auteures réussissent à nouveau à s’adresser aux enfants et aux parents, avec une même pertinence. 15 articles viennent définir, rappeler ou faire découvrir les droits inaliénables des uns et des autres, de chacune et de chacun. Parfois les articles se recoupent, parfois pas du tout : l’important étant ici de permettre à tous de vivre pleinement sa parentalité, mais aussi toutes les facettes de sa vie, sans jugement, sans obligations. Tous ont le droit de ne pas « être parfait(e)s », de préférer une sortie entre amis à la kermesse annuelle de l’école ou à la sortie au parc, de pouvoir tout faire comme l’autre… ou pas.