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Seuil Jeunesse

L’oiseau, Paule Battault, Marie Caillou

Ecrit par Christine Perrin-Lorent , le Lundi, 03 Octobre 2016. , dans Seuil Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Jeunesse

L’oiseau, juin 2016, 48 pages (dès 4 ans), 13,90 € . Ecrivain(s): Paule Battault, Marie Caillou Edition: Seuil Jeunesse

Aki a sept ans. Pendant les vacances d’été qu’elle passe chez son père, elle découvre une jeune hirondelle blessée dans le jardin. Elle décide donc de l’adopter et lui prépare un nid dans une boîte, une bouillie de riz au lait de soja et fait de son bol préféré une piscine pour l’oiseau. Mais sa déception est grande : aucun de ces éléments ne semble convenir. L’oiseau est-il malade, est-il en danger ? Le papa intervient et explique alors qu’il s’agit d’une hirondelle et que son régime alimentaire ne peut se satisfaire de bouillie de soja. Le soir, à l’heure de la lecture, ils regardent ensemble l’encyclopédie des oiseaux migrateurs et Aki s’endort en rêvant de voyage et de vol en dormant.

Le temps passe et l’oiseau est devenu familier. Mais un matin, il donne des signes d’un prochain départ en s’exerçant à l’envol. Aki se vante auprès de ses camarades de l’apprivoisement de l’hirondelle et cède à leur curiosité. Mais l’hirondelle n’est pas un jouet. Peu l’ont compris et, ballottée, pressée d’une main à l’autre, elle finit par disparaître dans les airs. Aki est désespérée. L’oiseau n’est pas revenu au nid et il est temps de retrouver la maman puis de rentrer à l’école. Pour son départ, le papa lui offre un joli pendentif en forme d’hirondelle, pour qu’ensemble elles continuent « leurs migrations ». Sur le chemin du retour, soudain un vol, une nuée d’hirondelles et leurs cris, comme pour saluer l’enfant. Un adieu, jusqu’au prochain printemps.

Le pacha qui s’ennuyait, André Bouchard

Ecrit par Christine Perrin-Lorent , le Mercredi, 06 Juillet 2016. , dans Seuil Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Jeunesse

Le pacha qui s’ennuyait, avril 2016, 48 pages, 13,90 € . Ecrivain(s): André Bouchard Edition: Seuil Jeunesse

C’est un bon gros pacha, bien paisible, bien installé dans son fauteuil, lui-même posé sur une pile de coussins moelleux. Bien habillé, de jolies babouches, des bijoux et bagues à chaque doigt, et pourtant… malgré le confort, des serviteurs zélés, des distractions de plus en plus acrobatiques et extravagantes, notre pacha s’ennuie. Rien ne vient relever ses paupières tristement grises et à demi baissées, pas même la lecture du soir que lui fait Shéhérazade. Un seul recours possible, le « Plus grand Génie du royaume », qui arrive, sitôt convoqué, à bord de son tapis volant. « Ton mal vient du fait que tu vis sur un nuage, Pacha. Je vais te faire redescendre sur terre ! » Et aussitôt le vœu s’accomplit. Voilà le pacha en guenilles au milieu de ce peuple qu’il ne savait même pas exister. Et le voici confronté à la cruauté de celui qui les terrorise.

Mais sous les haillons le Pacha a gardé son autorité. Sa résistance au tyran lui attire la reconnaissance de ces gens jusque-là persécutés. Et lorsqu’il use du « nous » de majesté, ses sujets croient que ce sauveur est des leurs. Le voici porté en triomphe dans un cortège qui ne cesse de s’accroître et s’étirer dans les rues de la ville. Au palais, on craint l’insurrection. Le Grand Chambellan, les gardes, les hussards finissent par déserter, croyant à la fuite du souverain face au danger. Mais le Pacha rentre au palais, accompagné des habitants de la ville qui profitent alors de tous ses bienfaits.

À la nuit tombée, Conseils aux monstres et aux enfants pour bien vivre ensemble, Enrique Quevedo

Ecrit par Christine Perrin-Lorent , le Vendredi, 15 Avril 2016. , dans Seuil Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Espagne, Jeunesse, Albums

À la nuit tombée, Conseils aux monstres et aux enfants pour bien vivre ensemble, traduit de l’espagnol par Divina Cabo avril 2016, 40 pages (dès 6 ans), 13,50 € . Ecrivain(s): Enrique Quevedo Edition: Seuil Jeunesse

 

L’album revendique un hommage à Edward Gorey et Maurice Sendak, tous deux illustrateurs américains de renom. L’un et l’autre ont une part dans la rédaction de cet album. Au premier on attribuera l’influence du trait, tout en noir et en finesse. Noir le cadre – dans la nuit, l’heure des monstres et de l’inquiétude qui monte à mesure que s’efface le jour, noir aussi l’humour qu’E. Gorey pratiquait jusqu’au macabre. Il n’est que de se souvenir des célèbres Enfants fichus (1), abécédaire de prénoms d’enfants dont chacun est lié à une mort violente et différente. Le second nous rappelle l’incontournable Max et les maximonstres (2), traduction du titre originel Were the wild things are, publié en 1964.

Les deux influences se trouvent ici réunies sous la plume talentueuse de Enrique Quevedo pour un album dont l’originalité tient à ce que les monstres cette fois ont droit à la parole et à leurs propres peurs des petits humains !

Une nuit à la bibliothèque, Kazuhito Kazeki

Ecrit par Christine Perrin-Lorent , le Mercredi, 30 Mars 2016. , dans Seuil Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Jeunesse

Une nuit à la bibliothèque, février 2016, trad. japonais Mutsumi Funato, 34 pages (dès 3 ans), illustrations Chiaki Okada, 13,50 € . Ecrivain(s): Kazuhito Kazeki Edition: Seuil Jeunesse

 

C’est une histoire étrange qui commence par une visite à la bibliothèque, moment que les enfants connaissent bien en classes de maternelle. Au milieu des livres, on s’assoit pour écouter avec attention la bibliothécaire qui lit une belle histoire…

Mais ici, les enfants sont venus avec leurs doudous – ours, serpent, crocodile, mouton… – qui suivent également la lecture et s’endorment doucement. On décide donc de les installer pour un vrai sommeil jusqu’au lendemain, même si la séparation est un peu difficile. Nuit paisible au centre des livres jusqu’à ce que les doudous se réveillent et se transforment en garnements qui sèment la pagaille dans les rayons, ce qui alerte les bibliothécaires. Mais leur patience est infinie et la nuit devient magique. Loin de les gronder, elles initient les doudous à la lecture, leur dévoilent des jeux créatifs, guident leur choix et lisent une dernière histoire qui va les endormir cette fois pour de bon.

L’Art du bout des doigts, Annick de Giry

Ecrit par Christine Perrin-Lorent , le Samedi, 26 Mars 2016. , dans Seuil Jeunesse, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Arts, Jeunesse

L’Art du bout des doigts, février 2016, 80 pages (dès 3 ans), 12,90 € . Ecrivain(s): Annick de Giry Edition: Seuil Jeunesse

 

 

Sous-titré Des tableaux, des histoires, voici un album qui parvient à associer le plaisir de la lecture avec l’enfant et l’initiation – déjà savante – à la composition picturale.

Lecteur et acteur, l’enfant entre, dès trois ans, dans l’univers de la peinture en recomposant et écoutant l’histoire de chacune des toiles choisies. Les parcours traversent ainsi les genres et les siècles, de la Renaissance à l’aube de l’impressionnisme. Les tableaux s’animent, découvrent leurs secrets, et révèlent leurs compositions au fil d’un cheminement ludique qui appelle une participation physique de l’enfant « gonfle tes joues… frotte tes mains… lève-toi sur la pointe des pieds… » et surtout « tourne la page ».

Les cinq sens sont mobilisés et reconnus et la gestuelle, outre qu’elle captive et implique le jeune lecteur, contribue à mettre en place l’architecture de la toile et la narration qu’elle sous-tend.