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Pays nordiques

La sagesse de la mer Du cap Colère au bout du monde, Björn Larsson

Ecrit par Marc Ossorguine , le Samedi, 24 Septembre 2016. , dans Pays nordiques, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, Le Livre de Poche, Voyages

La sagesse de la mer Du cap Colère au bout du monde (Från Vredens kap till jordens Ände, 2000), (Grasset, 2002) trad. suédois Philippe Bouquet . Ecrivain(s): Björn Larsson Edition: Le Livre de Poche

 

Des « bouts » de rêve

Marin autant qu’écrivain, et peut-être plus marin, Björn Larsson nous offre dans ce livre de bord le fruit de ses expériences en mer, sans recherche d’exotisme si ce n’est celle de l’authenticité humaine. Sans doute n’y-a-t-il d’ailleurs pas de raison valable d’opposer ici écrivain et marin, non par ce qu’ils sont la même personne, mais parce que ce que la page et la mer mettent en jeu semblent ici de même nature. Dans son Long John Silver, l’auteur faisait l’éloge de la navigation à l’estime, en mer autant que dans la vie ou son récit, et l’on retrouve dans cette écriture-navigation le même goût de la curiosité et de l’humilité, la pleine conscience de l’incertitude de celui qui ne sait où il va car il sait ce qu’il cherche, même si cela reste plein d’inconnu et de surprise. Les manuels et cartes nautiques qu’il faut savoir lire et relire, sans toujours s’y fier, connaissent même leur équivalent littéraire avec l’œuvre d’un autre écrivain suédois bien méconnu chez nous (en dépit d’un prix Nobel partagé en 1974), Harry Martinson, qui accompagne ces aventures maritimes et contribue à leur donner tout leur sens.

Casal ventoso, Fredrik Ekelund

Ecrit par Marc Ossorguine , le Samedi, 17 Septembre 2016. , dans Pays nordiques, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Roman, En Vitrine

Casal ventoso (Casal ventoso, 2005), éd. Gaïa, 2015, trad. suédois Philippe Bouquet, 206 pages, 19 € . Ecrivain(s): Fredrik Ekelund

 

Le monde du polar est un monde très ancré dans la géographie, à chaque auteur sa ville ou son coin de pays, à chaque détective sa ville, son climat… L’édition met même en avant des « écoles » de polar en fonction de cette géographie, pas toujours très pertinente en terme de style ou de genre. Ainsi du polar américain, anglais, italien, espagnol ou scandinave. Effet de mode ou vraie identité littéraire ? Sans doute un peu des deux. En tout cas cela fonctionne bien sur les tables des libraires et dans la critique littéraire, et donc de l’édition. Depuis quelques années les pays du nord ont le vent en poupe en la matière et tout éditeur un peu important se doit d’avoir dans son catalogue son ou ses auteurs de noir du nord.

Fredrik Ekelund est un de ceux-là. Alors que la filière suédoise pouvait sembler s’épuiser, les éditions Gaïa se sont attachées à nous le faire découvrir à travers les enquêtes de l’inspecteur Hjalle Lindström et de sa co-équipière et compagne Monica Gren. Leur base est le port de Malmö, tout au sud de la Suède, à un bras de mer et un pont autoroutier du Danemark et de Copenhague. Une agglomération qui rassemble quelques 560.000 habitants…

Long John Silver, La relation véridique et mouvementée de ma vie et de mes aventures d’homme libre, de gentilhomme de fortune et d’ennemi de l’humanité, Björn Larsson

Ecrit par Marc Ossorguine , le Mardi, 30 Août 2016. , dans Pays nordiques, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Le Livre de Poche, Aventures

Long John Silver, trad. suédois Philippe Bouquet . Ecrivain(s): Björn Larsson Edition: Le Livre de Poche

Si l’auteur de ce roman épique et aventureux ne vous est pas connu, il y a de fortes chances pour que son personnage principal, lui, réveille quelques souvenirs… Le personnage emblématique de l’Ile au trésor a en effet connu bien des visages au cinéma, depuis Wallace Berry (dirigé par Victor Flemming en 1934) jusqu’à Jack Palance en passant par Robert Newton et Orson Welles (respectivement en 1999, 1950 et 1972). Des figures qui ont hélas bien souvent joué le pittoresque jusqu’à la charge et au grotesque. C’est à une autre lecture que nous invite Björn Larsson en se saisissant du célèbre pirate à la jambe de bois qui navigue au cœur de nos imaginaires depuis plus de 130 années.

Tout d’abord, il se défie de son créateur, Robert Louis Stevenson, qui devient ici un supposé créateur, aux abonnés absents. C’est en effet surtout à un autre écrivain, un certain Daniel Defoe que préfère s’adresser le « vrai » John Silver. Un Daniel Defoe très curieux du monde des pirates, et lui-même un peu pirate en littérature, pamphlétaire et espion qui a même connu l’exposition au pilori et que John Silver va rencontrer à proximité des gibets londoniens où achèvent de pourrir quelques dépouilles de marins trop épris de liberté, de survie et de profit.

Le Lagon Noir, Arnaldur Indridason

Ecrit par Patryck Froissart , le Jeudi, 07 Juillet 2016. , dans Pays nordiques, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Roman, Métailié

Le Lagon Noir, mars 2016, trad. islandais Eric Boury, 319 pages, 20 € . Ecrivain(s): Arnaldur Indridason Edition: Métailié

 

Voilà sans conteste un livre qui offre la garantie de passer un bon moment de lecture.

La première qualité de ce roman noir est de faire voyager le lecteur. L’action se déroule en effet dans un pays dont on parle peu, la mystérieuse et brumeuse Islande.

Son second atout est de mettre en lumière un épisode historique intéressant. L’Islande fait partie de l’OTAN. Dans ce cadre, de 1951 jusqu’en 2006, une importante base militaire américaine était installée à Keflavik, l’île étant considérée comme occupant géographiquement une position stratégique de premier plan dans le contexte de la Guerre Froide.

C’est cette base américaine qui est le lieu principal du roman.

Les prophètes du fjord de l’Eternité, Kim Leine

Ecrit par Victoire NGuyen , le Mercredi, 15 Juin 2016. , dans Pays nordiques, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Gallimard

Les prophètes du fjord de l’Eternité, trad. Danois Alain Gnaedig, 554 pages, 29 € . Ecrivain(s): Kim Leine Edition: Gallimard

 

La Chute

« Elle reçoit un coup de botte dans le dos, sa tête bascule brutalement en arrière, son corps part en avant ; elle roule sur le bord, elle tombe en battant des bras, tel un tourbillon, elle laisse dans sa chute un cri vertical aussi inégal qu’un trait de fusain ».

Ce passage est extrait des dernières lignes du Prologue. La victime est une femme surnommée la veuve. Dès les premières pages, le lecteur est confronté au meurtre. Et quel meurtre ? En effet, si on se réfère à la thématique abordée qui insiste sur une double histoire : celle du pasteur Morten Pedersen et celle de la christianisation et de la colonisation du Groenland par le Danemark, ce meurtre est comme une répétition de la Faute originelle et du meurtre premier qui plonge l’humanité dans les affres de la souffrance et de la Mort.