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Pays nordiques

La sage-femme, Katja Kettu

Ecrit par Victoire NGuyen , le Samedi, 06 Septembre 2014. , dans Pays nordiques, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Actes Sud

La sage-femme, traduit du finnois par Sébastien Cagnoli, mars 2014, 432 pages, 23,50 € (disponible en format epub et pdf numérique, 17,99 €) . Ecrivain(s): Katja Kettu Edition: Actes Sud

 

Une femme dans la guerre


Le roman de Katja Kettu évoque une période méconnue de l’Histoire de la Finlande pendant la seconde guerre mondiale. En effet, l’intrigue se déroule durant la « guerre de Laponie ». C’est une appellation donnée par les historiens pour évoquer cette période singulière et dramatique. La préface du traducteur qui ouvre le roman mérite qu’on s’y attarde car elle trace les grandes lignes de cette guerre afin de permettre au lecteur de mieux suivre le récit et d’apprécier la trame romanesque ainsi que les motivations des personnages :

« Les Allemands refusant d’évacuer la région, les Finlandais doivent se lancer dans un troisième conflit, la “guerre de Laponie”, qui les oppose au IIIe Reich entre septembre 1944 et avril 1945. La Wehrmacht se rabat d’abord sur la Finlande du Nord dans le cadre de l’Opération Birke (“bouleau”), avec pour objectif principal de protéger les mines de nickel du Petsamo ».

La dernière aventure de Long John Silver, Björn Larsson

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 23 Août 2014. , dans Pays nordiques, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Grasset

La dernière aventure de Long John Silver, traduit du suédois par Camille Paul, mai 2014, 128 p. 10 € . Ecrivain(s): Björn Larsson Edition: Grasset

 

 

Après son premier coup de maître en 1995, le passionnant et copieux volume consacré au plus célèbre des pirates de fiction, Björn Larsson revient à nouveau sur ce personnage et ajoute un dernier chapitre à l’autobiographie de Long John Silver. Roué, rebelle, fascinant, celui qu’on surnomme « Barbecue », a atteint la fin de sa carrière et aspire à finir ses jours, hors de la piraterie et de ses codes sanglants.

« Écrire, dans le meilleur des cas, peut être une façon de se libérer de ses dettes devant la mort, de rendre la monnaie de sa pièce, de jeter à la mer une fois pour toutes les cadavres entassés dans la cale et de les supprimer des listes, de s’en débarrasser avec la tête de mort que les capitaines ont pour habitude de dessiner dans le journal de bord pour chaque marin décédé. Je me demande si l’acharnement à écrire d’un homme tel que moi n’est pas la seule chose qui le tienne encore en vie. Continuerai-je donc, pour ainsi dire, de vivre sur mon cadavre vivant jusqu’à ma mort ? ».

Baby Jane, Sofi Oksanen

Ecrit par Victoire NGuyen , le Mercredi, 20 Août 2014. , dans Pays nordiques, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Stock

Baby Jane, traduit du finnois par Sébastien Cagnoli, mai 2014, 240 pages, 19,50 € . Ecrivain(s): Sofi Oksanen Edition: Stock

 

La nostalgie du désir


Au moment où la narratrice raconte son amour tragique avec Piki, jeune femme excentrique, libre mais malade, la rupture est bien consommée. Cependant, la narratrice revient sur les moments lumineux de leur histoire d’amour afin de goûter de nouveau à cette saveur suave d’un bonheur trop fugace.

En effet, les deux jeunes femmes ont partagé une vie commune durant quelques années jusqu’à ce que les failles psychologiques aient raison de leur histoire :

« Et il y avait autre chose, que la vie de Piki indiquait encore moins. Cette autre chose, dans la classification des maladies, porte le code F41.0 : trouble panique. J’avais lu cela dès le début dans ses papiers ; mais les troubles paniques avaient beau être monnaie courante dans mon entourage, je ne comprenais pas ce que cela signifiait dans la pratique. Ni ce que ça peut être de vivre avec ».

L’Exception, Audur Ava Olafsdottir

Ecrit par Victoire NGuyen , le Mercredi, 02 Juillet 2014. , dans Pays nordiques, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Zulma

L’Exception, traduit de l’islandais par Catherine Eyjolfsson, avril 2014, 338 p. 20 € . Ecrivain(s): Auður Ava Ólafsdóttir Edition: Zulma

 

Une femme dans la tourmente


Maria ne pensait pas que son mari Floki allait la quitter pour son amant du même nom. L’annonce de la séparation s’est faite le soir de la Saint-Sylvestre alors que dehors on célébrait la nouvelle année :

« Je devine au mouvement de ses lèvres que mon mari me parle, mais sans l’entendre ; le bruit des feux d’artifice qui dégringolent du ciel embrasé l’oblige à se répéter. Il me regarde bien en face, braquant vers moi la bouteille comme un fusil sur sa cible, puis il se détourne et fait sauter le bouchon en direction du sorbier ».

Et la vie continue. Maria se réveille le lendemain. Le rêve de bonheur s’est envolé ainsi que le mari qui dès la fin de l’annonce s’en est allé rejoindre l’autre Floki. Maria continue à faire bonne figure. Cependant, le sort s’acharne sur elle. Loin d’être remise de cette rupture, elle fait la connaissance de son père biologique et apprend aussi la double vie de sa mère. Au même moment, dans sa vie chamboulée, elle doit partir accueillir l’enfant adoptif qui l’attend à l’autre bout du monde…

Cent ans, Herbjorg Wassmo

Ecrit par Martine L. Petauton , le Vendredi, 20 Juin 2014. , dans Pays nordiques, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, 10/18

Cent ans, traduit du norvégien par Luce Hinsch, 2013, 592 pages, 9,80 € . Ecrivain(s): Herbjorg Wassmo Edition: 10/18

 

Quelque part du côté de ces Tolstoï, ces Gogol, baignés de leur lumière unique, tout en haut de l’arbre littéraire. Ces livres qui portent à eux seuls toute la littérature, par la force des personnages, l’impeccable du rendu des lieux, et de l’Histoire en fond d’écran… Wassmo – lue autant que la Bible, en terre scandinave – est de ce terreau-là. Quand on la lit, le reste de la bibliothèque prend un coup de nuit polaire ; c’est comme ça !

Petite, en robe noire et cheveux blancs, souriante et sérieuse, lors de la récente Comédie du livre de Montpellier dont elle était « la » vedette, la dame du grand nord a posé ce qu’il fallait d’estime et d’encouragements pour les femmes – toutes, et sans doute surtout celles qui veulent tenir debout. Celles de ses romans-saga ; une Dina, une Tora ; toutes éclairées par ce soleil si particulier du Nord de la Norvège, au bord des lacs glacés. Dans Cent ans, ce sont les siennes, celles de sa famille, quatre générations en amont d’elle, Herbjorg, dont on assiste à la naissance dans les derniers mots du livre, comme une fin de passage de témoin.