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Pays nordiques

Opération Napoléon, Arnaldur Indridason

Ecrit par Didier Bazy , le Lundi, 19 Octobre 2015. , dans Pays nordiques, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Métailié, La rentrée littéraire

Opération Napoléon, octobre 2015, 350 pages, 20 € . Ecrivain(s): Arnaldur Indridason Edition: Métailié

 

Indridason invente l’Histoire. 1945. Un avion est pris dans une tempête. Crash. Le glacier islandais imprononçable Vatnajökull ensevelit l’engin. Et nous voici en 1999. Au miracle climatique, l’avion ressort le bout du cockpit. Les Américains qui voient tout désormais le repèrent sur leurs écrans de contrôle sophistiqué. Une section est envoyée sur place au mépris des autorités islandaises suffisamment colonisées. Des secouristes locaux, testant des snow-mobiles dernier cri, découvrent des soldats US et leur campement autour de l’épave. C’est parti. Que contenait cet avion allemand ? Des américains, des allemands, de l’or refondu en lingots, de la drogue, des documents secrets ? Un peu de tout ça et rien de tout ça. L’intrigue est campée, glaciale.

Ce livre est dangereux. Il pourrait donner du grain à moudre aux véhémentes victimes des pseudo-théories du complot. On y croit, on s’y croit, on y est. Parano. Indridason ficèle cette histoire de toutes pièces. Or, rien d’historique. Tout est imaginé. Et ça tient la route comme dans l’histoire officielle, genre les dossiers de l’écran désormais archives sur INA.fr.

L’homme-sirène, Carl-Johan Vallgren

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 24 Août 2015. , dans Pays nordiques, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Jean-Claude Lattès

L’homme-sirène, février 2015, traduit du suédois par Martine Desbureaux, 310 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): Carl-Johan Vallgren Edition: Jean-Claude Lattès

 

Terriblement noir, mais captivant, ce roman pourrait tout aussi bien être classé dans les romans pour ados, car il s’agit d’une histoire qui les concerne directement. L’histoire d’une collégienne, Petronella, dit Nella et son petit frère collégien lui aussi, Robert : deux enfants qui ont tout pour en baver. Un père en prison, mais c’est pire quand il en sort, une mère alcoolique qui ne s’occupe pas du tout d’eux, pas d’argent et quasi pas d’amis. Le petit frère, surnommé Robbie, lui est carrément devenu le souffre-douleur d’une bande de tortionnaires un peu plus âgés. Il cumule les tares et ces brimades quotidiennes n’arrangent rien. Sa sœur fait tout ce qu’elle peut pour le défendre, le soutenir et s’en occuper à la place des parents défectueux. Pire que défectueux, des parents qui en rajoutent dans les problèmes au lieu de les régler. Les tortionnaires en question, surtout leur chef, Gérard, ne se contentent pas de harceler Robbie, leurs petits jeux qui n’ont rien de drôle, deviennent de plus en plus cruels, cela vire à la persécution pure et dure et Nella devient victime à son tour d’humiliations et de chantage, quand d’autres exactions de la bande prennent un tournant bien plus compliqué.

Rouge, Jan de Kinder

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 17 Juin 2015. , dans Pays nordiques, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Jeunesse, Didier Jeunesse

Rouge, mars 2015, traduit du néerlandais par Marie Hooghe, 40 pages, 13,10 € . Ecrivain(s): Jan de Kinder Edition: Didier Jeunesse

 

Aujourd’hui cela tombe sur Arthur. Cela aurait pu être sur n’importe quel enfant en ce moment de récréation. Une remarque d’une petite fille et tout le groupe se moque. Paul insiste et raille plus que les autres amenant Arthur à se sentir très mal. Voilà comment le harcèlement se met en place. La jeune narratrice signale que les joues d’Arthur sont rouges. C’est un détail, une broutille. Cela arrive sans doute à bien d’autres que lui. Mais aujourd’hui c’est Arthur. Et le rouge pointé du doigt se renforce, s’étend, déclenchant les rires… gagnant les feuilles des arbres comme un incendie, puis les murs des bâtiments comme un virus impitoyable.

« À présent, il est rouge comme une tomate.

Rouge comme une cerise.

Rouge comme du paprika ».

« C’est fou, ça !

Les nuits de Reykjavik, Arnaldur Indridason

Ecrit par Pauline Fouillet , le Lundi, 01 Juin 2015. , dans Pays nordiques, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Roman, Métailié

Les nuits de Reykjavik, traduit de l'islandais par Eric Boury février 2015, 264 pages, 19 € . Ecrivain(s): Arnaldur Indridason Edition: Métailié

 

Cela fait maintenant 15 ans qu’Arnaldur Indridason enchante son lectorat avec les enquêtes du célèbre Erlendur. Flic atypique, solitaire, coriace, limite borderline, il incarne l’image même du flic préféré des français.

Après 9 enquêtes, l’auteur nous offre ici l’Enquête. Celle qui a construit ce flic aimé, celle qui l’a façonné. Erlendur n’était alors qu’un simple policier municipal. Mais déjà son flair et son acharnement sont bien présents. Et ce sont eux qui le mèneront droit à la criminelle.

Cela fait un an qu’Hannibal, SDF, est décédé, retrouvé noyé dans un lac de la ville. Tout porte à croire qu’il s’agit d’un suicide. Mais malgré toutes les preuves qui le confirment, Erlendur n’arrive pas, ne veut pas croire à cette hypothèse. Il le connaissait peu, mais assez pour savoir que ce n’est pas envisageable. C’est alors à l’encontre de la loi et des règlements qu’il va reprendre le parcours de son protégé pour tenter de découvrir les véritables raisons de sa mort.

L’ombre des chats, Arni Thorarinsson

Ecrit par Marc Ossorguine , le Mercredi, 13 Mai 2015. , dans Pays nordiques, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Roman, Métailié

L’ombre des chats (Ár kattarins), octobre 2014, traduit de l’islandais par Eric Boury, 300 pages, 20 € . Ecrivain(s): Arni Thorarinsson Edition: Métailié

 

L’ombre des chats nous permet de retrouver le journaliste du « Journal du soir », Einar, qui va peut-être se trouver à un tournant de sa carrière. Cela commence par un mariage entre femmes au cours duquel une plaisanterie au goût pour le moins douteux sera déposée au milieu des cadeaux aux mariées. Mais est-ce bien une plaisanterie ? La question se pose d’autant plus lorsque quelques jours après l’une des mariées est retrouvée morte. Apparemment un suicide partagé avec son ex, mais un suicide assisté par ordinateur ! Dans le même temps, Einar reçoit d’étonnants SMS, ressemblant à de la drague. Des SMS en provenance du porte-parole du parti socialiste qui est sur le point de déclarer sa candidature à la présidence du Parti.

Bien des évènements se bousculent et Einar va devoir en plus gérer l’absence de collègues, dont celle du rédacteur en chef, son mentor et son modèle en matière de journalisme et de déontologie. Comme dans la vie, un événement en bouscule un autre, à peine un problème trouve-t-il une ébauche de réponse qu’un autre survient. Le privé et le professionnel s’emmêlent et le héros, tout comme le lecteur, ne sait plus où donner de la tête. On se dit que là, on n’est pas comme dans un roman ou un film, avec une relative unité de lieu, de temps et d’action, mais plutôt au cœur d’un journal en train de se fabriquer, d’enquêtes en train de piétiner, de vies en train de se chercher.