Identification

Stock

Les éditions Stock sont une maison d'édition française, filiale de Hachette Livre, elle-même filiale de Lagardère Media.


La blancheur qu’on croyait éternelle, Virginie Carton

Ecrit par Laurence Biava , le Mercredi, 24 Septembre 2014. , dans Stock, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

La blancheur qu’on croyait éternelle, mars 2014, 226 pages . Ecrivain(s): Virginie Carton Edition: Stock

 

Dans son deuxième roman aux accents de comédie de boulevard, Virginie Carton fait le portrait de deux anti-héros d’aujourd’hui légèrement en rupture de ban, et propose un chassé-croisé tragicomique de leurs deux solitudes ambulantes. Il y a d’abord Lucien, le pédiatre déphasé, qui vit en dehors des normes convenues, et Mathilde, chocolatière, harcelée par une mère castratrice toute puissante… L’un comme l’autre peinent à s’adapter à cette époque « où tout va trop vite » et à se conformer à ce que l’on attend d’eux. Détail important : Mathilde et Lucien sont voisins mais ils l’ignorent. Ils se croisent, se frôlent, se manquent. Finiront-ils par se rencontrer, et se trouver ? Dans ce roman où tout semble très « attendu », le lecteur attend-il, lui, leur rencontre avec une impatience… grandissante ?…

C’est peu de dire que Lucien et Mathilde vivent curieusement leur long cheminement vers l’amour. On ne sait plus trop s’ils se cherchent vraiment, ou ce qu’ils cherchent tant ils se loupent. Ils se croisent trop souvent sans se voir, et mettent trois plombes à finir par s’enlacer. Les situations invraisemblables se succèdent. Et puis, pétris de trouille, ils entretiennent – c’est récurrent – le culte des héros de leur enfance qui les ramènent inexorablement à leurs souvenirs. Lui se la joue Trintignant sur une plage à Deauville, et elle, elle ne s’est jamais remise de la mort de Romy Schneider en 1982.

Constellation, Adrien Bosc

Ecrit par Philippe Chauché , le Samedi, 06 Septembre 2014. , dans Stock, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Constellation, Août 2014, 18 € . Ecrivain(s): Adrien Bosc Edition: Stock

« L’ « Avion des stars » ne fait ce soir pas injure à son surnom : à côté du « Bombardier marocain », la virtuose Ginette Neveu, elle aussi, part à la conquête de l’Amérique. Pour France-Soir, une série de photos s’improvise dans le hall. Sur le premier cliché, Jean Neveu au centre, amusé, regarde sa sœur, Marcel tient dans ses mains le Stradivarius et Ginette, tout sourire, l’observe. Puis Jo remplace Jean et de son œil d’expert compare la petite main de la violoniste à la puissante poigne du boxeur. »

 

Il y a d’abord une date, le 27 octobre 1949, un avion, le Constellation, son train démesuré lui donne l’allure singulière d’un échassier, un équipage et son commandant Jean de La Noüe, des passagers, Cerdan et Jo Longman, lunettes noires, cheveux graissés au Pento, Ginette Neveu et ses deux violons, une constellation vibrante qui s’embarque. A la tristesse du départ, à la nostalgie de la vallée laisse place le parfum de la belle aventure, et un écrivain qui lit dans les lignes du ciel. Il y a le décollage, le survol de la mer et des vies,  et la chute, cette perte de repères. Constellation disparaît, et avec lui : « Quarante-huit personnes, autant d’agents d’incertitudes englobées dans une série de raisons improbables, le destin est toujours une affaire de point de vue. »

Baby Jane, Sofi Oksanen

Ecrit par Victoire NGuyen , le Mercredi, 20 Août 2014. , dans Stock, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Pays nordiques, Roman

Baby Jane, traduit du finnois par Sébastien Cagnoli, mai 2014, 240 pages, 19,50 € . Ecrivain(s): Sofi Oksanen Edition: Stock

 

La nostalgie du désir


Au moment où la narratrice raconte son amour tragique avec Piki, jeune femme excentrique, libre mais malade, la rupture est bien consommée. Cependant, la narratrice revient sur les moments lumineux de leur histoire d’amour afin de goûter de nouveau à cette saveur suave d’un bonheur trop fugace.

En effet, les deux jeunes femmes ont partagé une vie commune durant quelques années jusqu’à ce que les failles psychologiques aient raison de leur histoire :

« Et il y avait autre chose, que la vie de Piki indiquait encore moins. Cette autre chose, dans la classification des maladies, porte le code F41.0 : trouble panique. J’avais lu cela dès le début dans ses papiers ; mais les troubles paniques avaient beau être monnaie courante dans mon entourage, je ne comprenais pas ce que cela signifiait dans la pratique. Ni ce que ça peut être de vivre avec ».

L’identité malheureuse, Alain Finkielkraut

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Vendredi, 04 Avril 2014. , dans Stock, Les Livres, Critiques, Livres décortiqués, Essais, La Une Livres

L’identité malheureuse, octobre 2013, 240 pages, 19,50 € . Ecrivain(s): Alain Finkielkraut Edition: Stock

 

Il faut lire le dernier ouvrage d’Alain Finkielkraut, L’identité malheureuse, paru aux éditions Stock en octobre 2013. Son parti pris est, que pour se faire une opinion personnelle, on a besoin d’être éclairé par d’autres et de prendre le temps de la réflexion pour problématiser le monde.

Alain Finkielkraut centre sa réflexion sur l’évolution du concept « d’identité » tel qu’il est envisagé en France aujourd’hui. Il apporte une vision toute personnelle en passant constamment de son histoire singulière où il dit « je » à une vision collective où il utilise le « nous » et le « on ».

Pour affermir sa démonstration, il cite des auteurs fondamentaux de la mémoire française, des auteurs étrangers, des auteurs d’origine juive, des auteurs de l’exil : Mandelstam, E. Badinter, Kant, Hegel, Lévi-Strauss, Goethe, Péguy, Levinas, Kundera, Valéry, Mandelstam, Proust, Diderot, Claudel, Pascal, Voltaire, Tocqueville, Hume, Molière, Montesquieu, Spinoza, Adorno, Arendt etc., qui se sont penchés sur ce thème avant lui. Arrive-t-il pour autant à nous convaincre ?

L’homme qui avait soif, Hubert Mingarelli

Ecrit par Virginie Neufville , le Samedi, 25 Janvier 2014. , dans Stock, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

L’homme qui avait soif, janvier 2014, 180 pages, 16 € . Ecrivain(s): Hubert Mingarelli Edition: Stock

 

Depuis qu’il a survécu à la bataille de Peleliu, Hisao est atteint d’une soif irrépressible, qui, lorsqu’elle lui prend, peut lui faire perdre la tête s’il ne l’étanche pas sur l’instant. C’est en vétéran fragile et meurtri qu’il prend le train qui doit le mener en Hokkaïdo, auprès de sa promise Shigeko, à qui il doit offrir un œuf de jade en guise de cadeau de mariage. De sa future épouse il ne sait rien, ne l’a même jamais vue, mais à travers sa correspondance il sent qu’il ne se trompe pas, qu’une nouvelle vie va s’offrir à lui grâce à ses épousailles.

Or, lors d’un arrêt du train, Hisao est contraint de descendre pour boire. Trop tard, la machine repart sans lui, emportant sa petite valise verte contenant son trésor. Encore une fois, l’eau a mis sa vie entre parenthèse :

« Il regardait fixement l’eau dans le creux de sa main. Elle était sa vie et son bonheur. Elle était plus importante que la Patrie et le pays natal, plus belle que Shigeko, bien que dans son imagination, cette dernière l’était déjà beaucoup ».