Identification

Stock

Les éditions Stock sont une maison d'édition française, filiale de Hachette Livre, elle-même filiale de Lagardère Media.


Le gardien invisible, Dolores Redondo

Ecrit par Cathy Garcia , le Vendredi, 03 Mai 2013. , dans Stock, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, Roman, Espagne

Le gardien invisible, traduit de l’espagnol par Marianne Million, Stock La Cosmopolite Noire, mars 2013, 453 pages, 22,50 € . Ecrivain(s): Dolores Redondo Edition: Stock

 

Voici le premier roman d’une trilogie policière qui se déroule au Pays Basque espagnol. Des adolescentes sont retrouvées dans la vallée de Baztán, étranglées, les vêtements déchirés de part et d’autre de leur corps, maquillage effacé et un txatxingorri déposé sur leur pubis rasé. Les txatxingorris sont des gâteaux typiques de la région. De plus, des poils d’origine animale sont retrouvés sur chacune d’elles. L’enquête est confiée à l’inspectrice Amaia Salazar, originaire d’Elizondo, le chef-lieu de la vallée, qui n’y était jamais revenue depuis qu’elle l’avait quitté. Amaia Salazar est une femme fine et intelligente, dotée d’une ferme volonté, formée au FBI, elle est spécialisée dans la traque de tueurs en série. C’est donc confiante dans ses capacités qu’elle va se lancer, plus ou moins bien secondée de ses co-équipiers, dans une course contre la montre pour identifier et arrêter le tueur, mais ce retour sur les lieux de son enfance, où elle a encore de la famille, est loin d’être anodin. Surtout qu’une de ses deux sœurs, Flora, prend visiblement plaisir à réactiver ce passé.

« Oublier est un acte involontaire. Plus on essaie de laisser quelque chose derrière soi, plus cette chose vous poursuit ».

L'homme qui aimait ma femme, Simonetta Greggio

Ecrit par Virginie Neufville , le Samedi, 27 Avril 2013. , dans Stock, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

L’homme qui aimait ma femme, 20 € . Ecrivain(s): Simonetta Greggio Edition: Stock

 

Existe-t-il un concept universel de l’amour, ou chaque être humain le décline-t-il à sa façon, défendant corps et âme sa propre conception de ce sentiment ?

Vaste débat ! A défaut de proposer une définition qui convienne à toutes et à tous, et surtout parce qu’une telle proposition reste dans le champ de l’utopie, Simonetta Greggio esquisse les « possibilités ». Des années 60 jusqu’aux divers événements annonçant la crise économique des années 2000, elle met en scène trois personnages fusionnels, Alexandre et son frère Yann, tous deux épris de la même femme, Maria.

Alexandre et Yann ont une relation complexe. Pourtant très proches, ils ne se comprennent plus lorsqu’il s’agit du sentiment amoureux. Jadis, ils avaient eu la même quête d’une femme idéalisée, « une femme intelligente qui ne parle jamais. Une femme qui cache son amour sauf au lit. Une femme qui ait envie de nous quitter avant qu’on ait envie d’être seul. Une femme raisonnable à force de passion ». Ayant accepté très vite que ce désir ne serait jamais réalisé, ils ont pris des chemins différents.

Une terre si froide, Adrian McKinty

Ecrit par Yan Lespoux , le Samedi, 27 Avril 2013. , dans Stock, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, Iles britanniques, Roman

Une terre si froide, traduit de l’anglais (Irlande) par Florence Vuarnesson, 391 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): Adrian McKinty Edition: Stock

 

 

Absent depuis quelques années en France, son dernier roman traduit en français, Retour de flammes, qui clôturait la trilogie consacrée à Michael Forsythe, ayant paru en 2009, Adrian McKinty revient à la fois dans notre paysage éditorial et chez lui, à Belfast. Car ce qui jusqu’alors était la marque de fabrique de McKinty, en ce qui concerne les romans parus ici en tout cas (une trilogie – The Lighthouse trilogy – et plusieurs « one shots » n’ayant pas eu les honneurs de la traduction française), consistait à exiler ses personnages hors d’Irlande. Michael Forsythe partait pour New York puis Boston, le Mexique et le Pérou tandis que dans Le fleuve caché Alex Lawson émigrait dans le Colorado. Des personnages qui, en fin de compte, suivaient plus ou moins l’itinéraire de l’auteur, natif de Belfast, étudiant à Oxford, émigré à New York, puis enseignant à Denver avant de s’installer à Melbourne.

Cette nuit-là, Gila Lustiger

Ecrit par Stéphane Bret , le Vendredi, 26 Avril 2013. , dans Stock, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Cette nuit-là, janvier 2013, 236 pages, 19 € . Ecrivain(s): Gila Lustiger Edition: Stock

 

C’est un roman à deux voix : celle de Lisa et de Tania, deux sœurs. Lisa est célibataire, toujours prompte à signer toutes sortes de pétitions sur Internet. C’est une indignée permanente, une révoltée de tous les instants. Elle pratique la fuite dans la vie comme art de l’esquive et collectionne les amants jusqu’à l’étourdissement censé la soulager. Tania est la battante de la famille Bergmann : elle a divorcé d’un économiste célèbre, a épousé un autre homme passablement effacé, Denis. Elle est cadre supérieure dans une banque d’affaires.

Au début du roman, ces deux sœurs veillent leur oncle, décédé d’un cancer. La place qu’occupe cet oncle serait presque celle d’un père de substitution ; il était générateur de regrets, de non-dits a priori nombreux : « Un bref instant, elle (Lisa) aurait presque accouru dans la chambre – lui avait-elle seulement dit qu’elle l’aimait ? – (…) et elle avait décidé, non sans une pointe d’amère ironie, d’ajouter à la longue liste des occasions ratées et des gestes abandonnés celle des mots omis par négligence (ou délicatesse) qui lui semblait parfois plus longue que la liste des choses vécues ».

Le bruit de nos pas, Ronit Matalon

Ecrit par Martine L. Petauton , le Lundi, 04 Mars 2013. , dans Stock, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Bassin méditerranéen, Roman, Moyen Orient

Le bruit de nos pas, traduit de l’hébreu (Israël) par Rosie Pinhas-Delpuech, août 2012, 466 p. 22,90 € . Ecrivain(s): Ronit Matalon Edition: Stock

 

« Le bruit de ses pas : ni un cliquetis de talons, ou un raclement de sabots, ni un frottement de semelles ou de pieds qui traînent sur les pierres du trottoir conduisant à la maison, non. L’absence de bruit de ses pas, l’angoisse qui se répand à l’approche de sa venue, son entrée, le silence absolu, plein, mesuré à l’unité temporelle de douze minutes et qu’annonçait l’arrivée de l’avant-dernier autobus, celui de onze heures, dont elle descendait… ». Tout, presque tout, du livre, dès les premières lignes : longues phrases précises et meublées ; rythme travaillé, lourd et traînant comme le climat de là-bas ; on pourrait dire, une musique – du Slam, par exemple. Densité de tous les micro-faits – arrière-boutique d’un accessoiriste de cinéma, où l’on trouve exactement tout ; bouts de vêtements, couleurs, odeurs. Peu de personnages ; on le sent d’entrée, mais pesant, lourds comme l’or, sur un décor minimaliste, dessiné à la perfection. Langue hébraïque zébrant le récit, dont on garde l’accent, chantant et rauque à la fois, au creux de l’oreille : – ya tawli, ya rouh ! Que tu vives longtemps, mon cœur !