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Les éditions Stock sont une maison d'édition française, filiale de Hachette Livre, elle-même filiale de Lagardère Media.


L’identité malheureuse, Alain Finkielkraut

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Vendredi, 04 Avril 2014. , dans Stock, Les Livres, Critiques, Livres décortiqués, Essais, La Une Livres

L’identité malheureuse, octobre 2013, 240 pages, 19,50 € . Ecrivain(s): Alain Finkielkraut Edition: Stock

 

Il faut lire le dernier ouvrage d’Alain Finkielkraut, L’identité malheureuse, paru aux éditions Stock en octobre 2013. Son parti pris est, que pour se faire une opinion personnelle, on a besoin d’être éclairé par d’autres et de prendre le temps de la réflexion pour problématiser le monde.

Alain Finkielkraut centre sa réflexion sur l’évolution du concept « d’identité » tel qu’il est envisagé en France aujourd’hui. Il apporte une vision toute personnelle en passant constamment de son histoire singulière où il dit « je » à une vision collective où il utilise le « nous » et le « on ».

Pour affermir sa démonstration, il cite des auteurs fondamentaux de la mémoire française, des auteurs étrangers, des auteurs d’origine juive, des auteurs de l’exil : Mandelstam, E. Badinter, Kant, Hegel, Lévi-Strauss, Goethe, Péguy, Levinas, Kundera, Valéry, Mandelstam, Proust, Diderot, Claudel, Pascal, Voltaire, Tocqueville, Hume, Molière, Montesquieu, Spinoza, Adorno, Arendt etc., qui se sont penchés sur ce thème avant lui. Arrive-t-il pour autant à nous convaincre ?

L’homme qui avait soif, Hubert Mingarelli

Ecrit par Virginie Neufville , le Samedi, 25 Janvier 2014. , dans Stock, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

L’homme qui avait soif, janvier 2014, 180 pages, 16 € . Ecrivain(s): Hubert Mingarelli Edition: Stock

 

Depuis qu’il a survécu à la bataille de Peleliu, Hisao est atteint d’une soif irrépressible, qui, lorsqu’elle lui prend, peut lui faire perdre la tête s’il ne l’étanche pas sur l’instant. C’est en vétéran fragile et meurtri qu’il prend le train qui doit le mener en Hokkaïdo, auprès de sa promise Shigeko, à qui il doit offrir un œuf de jade en guise de cadeau de mariage. De sa future épouse il ne sait rien, ne l’a même jamais vue, mais à travers sa correspondance il sent qu’il ne se trompe pas, qu’une nouvelle vie va s’offrir à lui grâce à ses épousailles.

Or, lors d’un arrêt du train, Hisao est contraint de descendre pour boire. Trop tard, la machine repart sans lui, emportant sa petite valise verte contenant son trésor. Encore une fois, l’eau a mis sa vie entre parenthèse :

« Il regardait fixement l’eau dans le creux de sa main. Elle était sa vie et son bonheur. Elle était plus importante que la Patrie et le pays natal, plus belle que Shigeko, bien que dans son imagination, cette dernière l’était déjà beaucoup ».

Nous sommes jeunes et fiers, Solange Bied-Charreton

Ecrit par Yann Suty , le Vendredi, 17 Janvier 2014. , dans Stock, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Nous sommes jeunes et fiers, 3 janvier 2014, 240 pages, 18 € . Ecrivain(s): Solange Bied-Charreton Edition: Stock

 

Bobo : mode d’emploi. Ivan et Noémie sont Parisiens. Ils sont jeunes, ils sont beaux, ils s’aiment. Elle est prof de collège, il est mannequin. Ils sont beaucoup de choses pour eux, mais ils ne sont pas contents. Tout devient prétexte à râler, le moindre détail vire à la polémique.

Un jour, un accident va tout changer. Les changer eux, changer leur relation, changer leurs rapports aux autres, à la société. Voilà qui les pousse à remettre en cause la civilisation même dans laquelle ils vivent. Mais contre quoi seront-ils prêts à l’échanger ?

L’intérêt de ce livre n’est pas à chercher dans l’histoire, sommes toutes banale, mais plutôt dans son traitement. Solange Bied-Charreton prend pour cible les jeunes bobos parisiens trentenaires et se livre à une véritable radioscopie. Elle décrit tout de leur vie, avec une obsession maniaque du détail qui donne des airs presque ethnologiques au livre. Le lecteur connaîtra tout de leur appartement et de la manière dont il est décoré. Il sera informé dans le plus intime détail de ce qu’il y a dans leurs assiettes. C’est à un véritable inventaire que se livre l’auteur. Un inventaire ? Comme chez Georges Pérec ? Oui, reconnaît Solange Bied-Charreton elle-même :

Dans la rue j’entends les sirènes, Adrian McKinty

Ecrit par Yan Lespoux , le Vendredi, 06 Décembre 2013. , dans Stock, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Iles britanniques, Roman

Dans la rue j’entends les sirènes (I Hear the Sirens in the Street, 2013), traduit de l’anglais (Irlande) par Éric Moreau, octobre 2013, 398 p. 22 € . Ecrivain(s): Adrian McKinty Edition: Stock

 

Deuxième volet d’une trilogie mettant en scène le policier catholique de la RUC, Sean Duffy, au début des années 1980, Dans la rue j’entends les sirènes reprend le cours de l’histoire du héros quelques mois après les événements contés dans Une terre si froide. La guerre des Malouines commence, les tensions sont toujours aussi fortes en Ulster, et Duffy doit enquêter sur un torse découvert dans une valise. Bien entendu, en Irlande du Nord, les soupçons se portent vite sur l’IRA ou les Loyalistes. Mais les choses apparaissent vite plus compliquées et Sean Duffy, toujours aussi borné, va soulever des pierres dont beaucoup de monde voudrait qu’elles ne bougent pas. De la campagne irlandaise à la banlieue de Boston en passant par son propre corps de police et l’usine DeLorean de Belfast, Duffy n’a pas fini de donner de l’urticaire à ceux qui voudraient étouffer l’affaire, ni de s’attirer des ennuis.

On avait eu plaisir à retrouver en début d’année, après une longue absence, Adrian McKinty et son nouveau héros. Le plaisir perdure avec ce deuxième roman en un an, mettant en scène Sean Duffy mais aussi, plus largement, l’Irlande du Nord du début des années 1980.

Monde sans oiseaux, Karin Serres

Ecrit par Virginie Neufville , le Samedi, 24 Août 2013. , dans Stock, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Monde sans oiseaux, Editions Stock, coll. La Verte, 21 août 2013, 112 pages, 12,50 € . Ecrivain(s): Karin Serres Edition: Stock

 

Un village étrange, observé et étudié par des ethnologues, entouré par les eaux d’un lac qui gonfle un peu plus chaque jour, « une sorte de réserve : derrière les montagnes qui rapetissent, une vie urbaine âpre et polluée ferait rage tandis que nous, pêcheurs traditionnels, éleveurs de cochons mutants, nous vivions comme dans le passé ».

Ce nous, c’est la famille de Petite Boite d’Os, la fille du pasteur et les autres congénères, irréductibles gaulois qui ont résisté à l’appel de la ville après le Déluge qui a eu lieu et a transformé la géographie locale. Les habitants ont appris à vivre avec l’élément liquide : leurs rues sont désormais des tréteaux, les maisons colorées sont pourvues de roues afin qu’on puisse les sortir de l’eau en cas d’immersion, et pour prévenir une éventuelle famine, ils élèvent une race de cochons transgéniques, nageurs et phosphorescents !

« Les éleveurs de cochons essaient d’améliorer le marché en expérimentant diverses transformations : la fluorescence, pour commencer, grâce à des gènes d’anémones de mer. C’est plus pratique, l’hiver, pour les surveiller (…) pour économiser du terrain et leur éviter de se noyer, des gènes de lamantin rendent les cochons amphibies, aussi ».