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Gallimard

Les éditions Gallimard, appelées jusqu’en 1919 les éditions de la Nouvelle Revue française et jusqu’en 1961 la librairie Gallimard, sont ungroupe d'édition français. La maison d'édition a été fondée par Gaston Gallimard en 1911. Le groupe Gallimard est actuellement dirigé par Antoine Gallimard. Considérée comme l'une des plus importantes et influentes maisons d'édition en France, notamment pour la littérature du xxe siècle et contemporaine, Gallimard possède en 2011 un catalogue constitué de 35 prix Goncourt, 36 écrivains ayant reçu le prix Nobel de littérature, et 10 écrivains récompensés du prix Pulitzer.


Les volatiles de Fra Angelico, Antonio Tabucchi (par Philippe Leuckx)

Ecrit par Philippe Leuckx , le Vendredi, 15 Février 2019. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Nouvelles, Italie

Les volatiles de Fra Angelico, novembre 2018, trad. italien Bernard Comment, 96 pages, 12 € . Ecrivain(s): Antonio Tabucchi Edition: Gallimard

 

Treize nouvelles du grand connaisseur de Pessoa (Une malle pleine de gens), disparu trop tôt, que l’on avait apprécié pour des livres vibrants tels Pereira prétend ou Tristano meurt.

Cette nouvelle traduction, due à l’écrivain italianiste Bernard Comment, permet au lecteur de prendre bonne mesure des atouts de la narration de Tabucchi, dans des tonalités diverses : la première nouvelle, éponyme, réussit à faire de la peinture et du frère Angelico un univers du merveilleux partageable ; les références personnelles du romancier qui avoue dans l’un des textes qu’il n’a pu achever un roman et s’en explique ; des lettres à Goya et à la Passionaria Ibarruri ; l’aire de l’art aussi…

Un échange entre Tabucchi et un lecteur hindou fan de son œuvre donne lieu à un décodage subtil d’une œuvre (Nocturne indien).

Ailleurs, des « Gens heureux » montrent la voie au bonheur saisissable et enjoignent le lecteur à prendre la vie dans l’ouverture de ce qu’elle favorise.

La lumière est à moi et autres nouvelles, Gilles Paris (par Sylvie Ferrando)

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Vendredi, 15 Février 2019. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Nouvelles

La lumière est à moi et autres nouvelles, octobre 2018, 208 pages, 19 € . Ecrivain(s): Gilles Paris Edition: Gallimard

Ce recueil de nouvelles de « Haute enfance » commence en force et en beauté avec deux excellents textes, construits en miroir, « Les pins parasols » et « Anton – Les pins parasols », où les récits à vif de deux des trois personnages principaux, Brune et Anton, se font écho. L’intrigue est ainsi peu à peu dévoilée, les zones d’ombre s’éclaircissent et les personnages prennent épaisseur et complexité à travers le regard qu’un autre protagoniste porte sur eux.

D’autres pépites scintillent d’émotion et d’invention créative, comme « Gris », qui prend place dans une famille d’acrobates, « Enfants de cœur » ou « Les pétales jaunes de Panarea ».

Gilles Paris s’intéresse aux destins d’enfants et d’adolescents blessés, perdus, malades, maltraités, esseulés, isolés, destins qui vont prendre un tour nouveau, s’enliser ou s’éclaircir, comme dans la vie, la poésie en plus. Foyers désunis, meurtrissures, petites et grandes, drames familiaux, amicaux ou amoureux, l’expression de ces brisures de la vie est tout en pudeur, à l’image des enfants/héros qui subissent plus qu’ils n’agissent, mais ressentent, réfléchissent, analysent, révèlent les malchances qui se muent en chances ou les bonheurs qui se transforment en malheurs. C’est l’enfant qui parle et qui – toujours – est en quête d’amour, d’amitié et de reconnaissance.

La nuit du cœur, Christian Bobin (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mardi, 12 Février 2019. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

La nuit du cœur, octobre 2018, 208 pages, 18 € . Ecrivain(s): Christian Bobin Edition: Gallimard



La nuit du cœur est le fruit d’une expérience.

Est percée de deux fenêtres la chambre numéro 14 de l’hôtel Sainte Foy à Conques. L’une de ces fenêtres donne sur un flanc de l’abbatiale.

« C’est dans cette chambre, se glissant par la fenêtre la plus proche du grand lit, que dans la nuit du mercredi 26 juillet 2017 un ange est venu me fermer les yeux pour me donner à voir », écrit Christian Bobin.

Dans l’abbatiale, on donnait un concert. Et par la fenêtre, Bobin se concentrait sur la nuit d’été, « ce drapé d’étoiles et de noir ». Tout ce que nos yeux touchent devient humain… Et le poète d’écrire :

Les frôlements infinis du monde, Richard Rognet (par Philippe Leuckx)

Ecrit par Philippe Leuckx , le Mercredi, 06 Février 2019. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Les frôlements infinis du monde, mars 2018, 152 pages, 17,50 € . Ecrivain(s): Richard Rognet Edition: Gallimard

 

 

Quelle déception quand le poème attendu, tant vanté par ailleurs, rassemble plus de défauts que d’atouts !

Et pourtant, les thèmes – une nature touchée du regard, une attention de tous les instants aux « frôlements » – ne sont pas étrangers, au contraire intimement proches.

L’écriture, alors, concède des agacements : ainsi, pourquoi ces incessants retour à la ligne, à d’autres vers, quand le poème en prose s’impose de lui-même aux yeux de son auteur ? Lisons :

La pensée qui prend feu, Michel Onfray (par Guy Donikian)

Ecrit par Guy Donikian , le Lundi, 28 Janvier 2019. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

La pensée qui prend feu, octobre 2018, 95 pages, 12 € . Ecrivain(s): Michel Onfray Edition: Gallimard

 

« Artaud mérite non pas qu’on le relise mais qu’on le lise vraiment ». C’est là une des premières phrases de l’ouvrage du philosophe qui donne ainsi le ton ; « il faut s’attarder sur la ou les raisons qui font d’Artaud un écrivain majeur du 20ème siècle ». Michel Onfray entreprend donc un voyage au Mexique pour mettre ses pas dans ceux d’Antonin Artaud, chez les Tarahumaras. « Je suis parti sur ses traces pour voir, sachant qu’il n’y avait rien d’autre à voir que ce qu’on imagine ». Le philosophe n’est pas dupe mais les postures d’Artaud lors de la conférence qu’il donna au Vieux-Colombier, le 13 janvier 1947, hurlements, onomatopées, cris, sont autant de signes qui montrent chez le poète qui bredouille, perd ses feuilles, une aspiration existentielle. Artaud vit la douleur dès son plus jeune âge, et ce corps qui le tourmente provoque des essais compulsifs de redonner à son être une entité qui réunirait harmonieusement tous les organes qui le composent.