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Gallimard

Les éditions Gallimard, appelées jusqu’en 1919 les éditions de la Nouvelle Revue française et jusqu’en 1961 la librairie Gallimard, sont ungroupe d'édition français. La maison d'édition a été fondée par Gaston Gallimard en 1911. Le groupe Gallimard est actuellement dirigé par Antoine Gallimard. Considérée comme l'une des plus importantes et influentes maisons d'édition en France, notamment pour la littérature du xxe siècle et contemporaine, Gallimard possède en 2011 un catalogue constitué de 35 prix Goncourt, 36 écrivains ayant reçu le prix Nobel de littérature, et 10 écrivains récompensés du prix Pulitzer.


La loi sauvage, Nathalie Kuperman

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Samedi, 22 Novembre 2014. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, Livres décortiqués, La Une Livres, Roman

La loi sauvage, août 2014, 208 pages, 17,90 € . Ecrivain(s): Nathalie Kuperman Edition: Gallimard

 

Un matin d’octobre, une phrase prononcée par une femme à l’encontre de la fille de l’héroïne du roman et narratrice du récit déclenche une bombe à retardement. Votre fille, c’est une catastrophe. Voici ce qu’annonce l’institutrice à la mère, croisée dans la rue un mardi matin. Cette « sentence » va entraîner chez la mère un travail intense d’introspection. Vont se bousculer dans sa tête une foule de réflexions sur ses relations avec sa fille, avec son métier, avec les autres, avec sa vie.  De façon inattendue, ce sera l’occasion d’un retour sur sa propre histoire, sa propre enfance.

La mère, personnage central du roman, veut comprendre et se comprendre. La loi sauvage de Nathalie Kuperman déroule pour le lecteur le récit de cette quête intime et éminemment politique.

On se déplace peu dans ce roman. Pas de longues randonnées sauf intérieures. On arpente la rue qui conduit à l’école, parfois on fait une halte. Café pour se doper, cigarette pour se protéger par un écran de fumée. Terrasse pour reculer le moment de la confrontation avec la sorcière. On pénètre à peine dans la salle de classe, la plupart du temps on l’imagine. Sauf nécessité, la mère et la fille restent enfermées de longues heures dans l’appartement qui leur sert de cocon protecteur.

Le ravissement des innocents, Taiye Selasi

Ecrit par Theo Ananissoh , le Jeudi, 13 Novembre 2014. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Roman

Le ravissement des innocents, traduction de l'anglais de Sylvie Schneider, septembre 2014, 366 pages, 21,90 € . Ecrivain(s): Taiye Selasi Edition: Gallimard

 

Ce roman est un avènement. Et il est simplement logique que cela soit produit par un anglophone – une (et jeune – 35 ans), en l’occurrence.

 

« Le mari de la sœur, dont le prénom échappe toujours à Olu (aussi banal que Brian ou Tim, un Californien, cheveux, teint et pantalon clairs), s’esclaffa et demanda : “De quelle origine ?

– L’Empire, répondit Folá, sans cesser de glousser. Le Britannique”.

Brian/Tim rit, Ling et Lee-Ann aussi. Le docteur Wei et Mme Wei se crispèrent, Olu aussi. Il scruta le ciel. Début juin. “Quelle chaleur !” ».

Une éducation catholique, Catherine Cusset

Ecrit par Laurence Biava , le Lundi, 10 Novembre 2014. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Une éducation catholique, août 2014, 132 pages, 15,90 € . Ecrivain(s): Catherine Cusset Edition: Gallimard

 

Catherine Cusset est au meilleur de sa forme, ce livre au parfum d’autofiction et cette plume grinçante en témoignent. Marie, la narratrice, est une drôle de petite fille, pétrie de contradictions, pas farouchement sympathique – contrairement à ce que le début du livre tend à faire croire. Très pratiquante, à l’instar de son père qu’elle accompagne sans moufter à l’église, elle s’adonne bien à quelques bonnes actions, mais passe son temps à voler au supermarché et à haïr sa sœur aînée – son opposée enviée, aussi sportive, dégourdie et hardie qu’elle est trouillarde, pleurnicheuse et bosseuse. Elle a 13 ans. Quant à sa mère, de confession juive, elle n’a pour les choses de la foi qu’une indifférence teintée de mépris.

Marie raconte comment la genèse de son éducation religieuse irrigua son éducation sexuelle et sentimentale. Catherine Cusset, par la grâce d’une écriture fine et ciselée, nous épargne en cela tous les clichés de la psychologie de comptoir.

In girum imus nocte et consumimur igni, suivi de Ordures et décombres, Guy Debord

Ecrit par Arnaud Le Vac , le Vendredi, 07 Novembre 2014. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

In girum imus nocte et consumimur igni, suivi de Ordures et décombres, 160 p. 15,25 € . Ecrivain(s): Guy Debord Edition: Gallimard

 

In girum imus nocte et consumimur igni, Guy Debord

« Je suis exercé de longue date à mener une vie obscure et insaisissable ».

 

In girum imus nocte et consumimur igni de Guy Debord, est un film et un commentaire publié à Paris en 1978, projeté dans une salle du quartier Latin en 1981, republié en 1990, réédité en 1999, qui marque le temps, ponctue l’histoire, déborde l’actualité. Mais qui est cet auteur français vivant en Europe et échappant à tous les discours en place ? Lui, qui à 19 ans en 1955 parlait déjà de « l’incomplète libération de 1944 » et dont l’une des plus grandes bibliothèques déposant son véto face aux Américains a acheté pour un million d’euros les archives classées « trésor national » ? On imagine mal le poids des mots ou son envers : l’histoire. Revues, documents sonores, photos, documents visuels, correspondances, films, essais et mémoires, sont les maîtres-mots de cette écriture en perpétuel mouvement.

Orpheline, Marc Pautrel

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 30 Octobre 2014. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Orpheline, octobre 2014, 96 pages, 12 € . Ecrivain(s): Marc Pautrel Edition: Gallimard

 

 

« A chaque fois, les premières semaines, avec les hommes elle essaie de garder ses secrets. Mais ces secrets sont trop lourds et les évidences sont là, impossibles à dissimuler : elle n’a plus ses parents. Elle ne dit pas qu’ils sont morts, ou disparus, ou qu’elle les a perdus, non, elle dit : Je ne les ai plus. Ou parfois, plus violemment encore : Je n’en ai pas, comme si ses parents avaient été à jamais inconnus, ce qui n’est pas le cas puisqu’elle porte leur nom ».

Si Marc Pautrel était musicien, nous pourrions dire de lui qu’il marche sur les pas de Paul Bley, concision, précision, immersion dans la mélodie, dans sa structure, ses échos, richesse de l’harmonie, qui montent de son clavier comme une brise légère venue du large. Si Marc Pautrel était peintre, nous pourrions évoquer les dessins de Matisse, feuilles, arbres, visages de femmes, natures endormies, ligne pure, trait blanc, net, face à face avec le modèle, travail permanent sur le motif.