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Gallimard

Les éditions Gallimard, appelées jusqu’en 1919 les éditions de la Nouvelle Revue française et jusqu’en 1961 la librairie Gallimard, sont ungroupe d'édition français. La maison d'édition a été fondée par Gaston Gallimard en 1911. Le groupe Gallimard est actuellement dirigé par Antoine Gallimard. Considérée comme l'une des plus importantes et influentes maisons d'édition en France, notamment pour la littérature du xxe siècle et contemporaine, Gallimard possède en 2011 un catalogue constitué de 35 prix Goncourt, 36 écrivains ayant reçu le prix Nobel de littérature, et 10 écrivains récompensés du prix Pulitzer.


Petits riens pour jours absolus, Guy Goffette

Ecrit par France Burghelle Rey , le Vendredi, 13 Janvier 2017. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Petits riens pour jours absolus, juin 2016, 120 pages, 14 € . Ecrivain(s): Guy Goffette Edition: Gallimard

 

Le tout récent opus de Guy Goffette rassemble des textes parus ces dernières années et publiés dans des versions différentes. Un sage exergue de Robert Walser concernant la manière dont on doit vivre invite le lecteur à en savoir plus et le texte incipit le comble déjà par sa perfection à la fois sémantique et stylistique :

 

« Quand plus rien ne chante au dehors

je puise dans le sac et sème

sur la page un peu de poussière

d’oubli et le jour paraît comme

un musicien qui tend son chapeau ».

Des livres mouillés par la mer, Pensées simples III, Gérard Macé

Ecrit par Marie-Josée Desvignes , le Vendredi, 13 Janvier 2017. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Des livres mouillés par la mer, Pensées simples III, novembre 2016, 144 pages, 19 € . Ecrivain(s): Gérard Macé Edition: Gallimard

Les livres autour de moi, mémoire et carapace, forment un « exosquelette »

 

Avec ce troisième volume de ses Pensées simples, intitulé Des livres mouillés par la mer, Gérard Macé nous invite à une promenade méditative faite de fragments d’histoires, contes, mythes et légendes, occasion d’évoquer la langue poétique, la littérature mais aussi comme il est d’usage dans les ouvrages composés de notes, son rapport au monde, à l’Histoire avant même les histoires.

Faisant suite à deux autres tomes, il commence par le chapitre VII.

A quoi reconnaît-on une langue ? se demandait Darwin en imitant les habitants de la Terre de feu… Les enfants sont capables d’inventer une langue imaginaire… Wilde ne sait pas autrement penser qu’en contes, et Gide ne nous rappelle-t-il pas que la pensée ne se résume pas au langage mais qu’elle doit trouver une forme ? « Rien ne sert de parler de sirènes et de licornes si personne ne vous croit, rien ne sert de raconter une histoire vraie si elle paraît invraisemblable ». Les histoires comme les licornes ne sont intéressantes que parce qu’elles n’existent pas… « Personne ne se serait vanté d’avoir rencontré le diable si on avait pu le voir ».

Lettres III (1957-1965), Samuel Beckett

Ecrit par Jean-Paul Gavard-Perret , le Vendredi, 06 Janvier 2017. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Correspondance

Lettres III (1957-1965), novembre 2016, trad. anglais (Irlande) Gérard Kahn, 812 pages, 58 € . Ecrivain(s): Samuel Beckett Edition: Gallimard

 

Un homme comme les autres ?

Partagé entre le besoin de solitude, de silence et la nécessité de répondre à de multiples sollicitations qui ne sont pas qu’intellectuelles, plongé – avec hésitation, puis enthousiasme – au sein du monde théâtral, Beckett – dans la période qui recouvre ces lettres – collabore à la mise en scène de ses propres pièces, travaille à des pièces radiophoniques pour la BBC, réalise Film (le plus grand film irlandais de tous les temps selon Gilles Deleuze) et revient, après 10 ans d’interruption, à la fiction, avec Comment c’est. L’auteur, dans ces lettres, est plus précis sur son travail, d’autant qu’il bénéficie d’une destinataire privilégiée, Barbara Bray, productrice, traductrice, critique. Elle le rencontre en février 1958 en produisant All That Fall (Tous ceux qui tombent). En suit une liaison intellectuelle et amoureuse méconnue.

Comment vivre sans lui ?, Franz Bartelt

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Vendredi, 16 Décembre 2016. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Nouvelles

Comment vivre sans lui ?, octobre 2016, 272 pages, 18 € . Ecrivain(s): Franz Bartelt Edition: Gallimard

 

Dans ce nouveau recueil de treize nouvelles, Franz Bartelt poursuit son travail de sape d’une époque dont il scrute avec toujours autant d’humour noir les innombrables failles. Son inspiration puise dans les travers humains dont il pousse les conséquences à l’extrême. Ses personnages enfermés dans leur logique obsessionnelle deviennent ridicules, pathétiques, mais aussi métaphoriques d’une quête dont ils sont in fine les principales victimes. Ainsi en est-il, dans la nouvelle Le bel été, de cet homme qui passe son existence à retrouver un fils soi-disant disparu alors que le sens de sa vie se résume à la recherche de l’enfant heureux qu’il a été un bref instant dans sa jeunesse, ou encore dans la nouvelle éponyme Comment vivre sans lui ? qui décline les absurdités du star system.

Autre thème : imaginez, c’est l’objet de la nouvelle Le bon chien, que vous ayez recueilli un berger allemand abandonné qui ne réagit à aucun des noms que vous vous êtes ingénié à lui donner et qui brusquement, alors que vous regardez un documentaire télévisé sur la seconde guerre mondiale, manifeste une jubilation spectaculaire en entendant un soldat du Reich prononcer « Heil Hitler ! ». Dès lors, il n’obéit à vos ordres qu’à cette unique apostrophe. Maintenant emmenez le chien avec vous dans la rue et assumez les conséquences.

Judas, Amos Oz

Ecrit par Marc Michiels (Le Mot et la Chose) , le Mardi, 13 Décembre 2016. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, Livres décortiqués, La Une Livres, Roman, En Vitrine, Israël

Judas, août 2016, trad. hébreu Sylvie Cohen, 352 pages, 21 € . Ecrivain(s): Amos Oz Edition: Gallimard

« Les rêves ne mentent pas…

Le monde est vide.

Les dernières lueurs du soir caressent le sommet des collines.

Cette lumière n’est rien différente de celle que nous avons vue hier et avant-hier.

De même que la brise venue de la mer est exactement semblable à celle qui soufflait la veille au soir.

Le monde entier est vide…

Et il faut toujours laisser les morts ensevelir leurs morts »

 

Le Judas d’Amos Oz est comme rempli d’une nostalgie profonde, entre la frontière des soirs, liberté trempée jusqu’à l’os par la pluie et des no man’s land, reflets du couchant, envoûtant comme un parfum au sommet des collines arides.