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Gallimard

Les éditions Gallimard, appelées jusqu’en 1919 les éditions de la Nouvelle Revue française et jusqu’en 1961 la librairie Gallimard, sont ungroupe d'édition français. La maison d'édition a été fondée par Gaston Gallimard en 1911. Le groupe Gallimard est actuellement dirigé par Antoine Gallimard. Considérée comme l'une des plus importantes et influentes maisons d'édition en France, notamment pour la littérature du xxe siècle et contemporaine, Gallimard possède en 2011 un catalogue constitué de 35 prix Goncourt, 36 écrivains ayant reçu le prix Nobel de littérature, et 10 écrivains récompensés du prix Pulitzer.


Centre, Philippe Sollers

Ecrit par Philippe Chauché , le Mardi, 24 Avril 2018. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Centre, mars 2018, 128 pages, 12,50 € . Ecrivain(s): Philippe Sollers Edition: Gallimard

 

« C’est maintenant l’œil du cyclone, le centre du tourbillon. Tout est d’un calme si extraordinaire que je n’ai plus rien à comprendre. Quelques phrases d’autrefois traînent encore, mais ne s’inscrivent pas, ma main les refuse. La seule vraie couleur est le blanc ».

Centre est un précieux roman écrit dans l’œil du cyclone, du centre du tourbillon contemporain. Un roman placé sous la protection d’étranges étrangers qui ont pour noms Freud et Lacan – Un juif athée, un catholique baroque, deux aventuriers de la vérité vraie –, et sous le regard complice de Nora, douée pour les langues et la psychanalyse, une voix vivante qui sait se taire quand il faut. Le narrateur sait de quoi il parle, il sait qu’écrire entraîne et engendre une résistance, que ses phrases font naître une vitalité, une joie profonde, et permettent de voir et d’entendre ce qui se joue, se noue et se dénoue sur un divan, qui est celui du Monde.

Vers la beauté, David Foenkinos

Ecrit par Christelle d’Herart-Brocard , le Jeudi, 12 Avril 2018. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Vers la beauté, mars 2018, 224 pages, 19 € . Ecrivain(s): David Foenkinos Edition: Gallimard

 

C’est avec La Délicatesse que David Foenkinos signait son premier grand roman et c’est avec délicatesse justement qu’il nous invite à entrer dans l’univers pourtant tragique de Vers la Beauté.

Camille est une lycéenne un peu particulière, très solitaire et peu encline à partager les activités communément prisées par les adolescentes de son âge. Mais l’on comprend rapidement qu’elle est dotée d’une sensibilité artistique exceptionnelle, qui l’entraîne loin de l’effervescence qui devrait être celle de ses jeunes années. Sa mère, Clara, et son père, plus en retrait, tous deux profondément aimants, l’encouragent dans cette voie, à la fois contemplative et créatrice, puisqu’elle semble être la seule à même de garantir son épanouissement personnel. Et en effet, elle se transforme, se révèle, aussi bien à elle-même qu’à son entourage, à  compter du jour où elle s’initie à la peinture. Et puis survient le drame : deux minutes de violence irréversibles qui font basculer toute sa vie dans la béance de la terreur et du non-dit. Camille s’effondre, se terre dans le silence, s’abîme dans le désir de s’effacer, de disparaître, de ne plus être-au-monde.

Lettres IV (1966-1989), Samuel Beckett

Ecrit par Jean-Paul Gavard-Perret , le Lundi, 09 Avril 2018. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Correspondance

Lettres IV (1966-1989), avril 2018, trad. anglais Georges Kahn, 952 pages, 19 € . Ecrivain(s): Samuel Beckett Edition: Gallimard

 

Samuel Beckett : in media res

Ce quatrième tome accompagne le lecteur des années de gloire de Beckett à sa fin de Beckett. On ne peut pour autant parler de grandeur et misère. Beckett n’est pas saisi par effluves des lauriers du sentier de la gloire pas plus que par la mort qui rôde. Et ses lettres ponctuent par leur facticité une œuvre qui n’exprime pas la « vraie » vie, mais néanmoins n’est pas indifférente à toutes les variations qui peuvent s’y présenter. Elles permettent par leur actualitéde regarder le monde phénoménal tandis que l’œuvre en distille une musique particulière avecsa capacité d’abstraction et de dépouillement.

Un tel corpus est passionnant. Beckett y est affable, simple, jamais obséquieux. Toujours « vrai ». Et cela donne un autre écho à ce qui, dans romans, pièces, films, « textes », possède la généralité de la forme pure, dont la matière est presque absente et qui n’exprime de la vie et de ses événements que la quintessence. Les lettres à l’inverse expriment des universaliae in media res.

La classe verte, Benjamin Pitchal

Ecrit par Christelle d’Herart-Brocard , le Mardi, 03 Avril 2018. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

La classe verte, février 2018, 304 pages, 21 € . Ecrivain(s): Benjamin Pitchal Edition: Gallimard

Benjamin quitte le lycée, le baccalauréat en poche. Alors que ses parents rêvent de le voir s’enferrer dans des études supérieures, il n’aspire qu’à la liberté, celle des voyages, de la poésie, de la Grande Vie, qu’il conçoit de bohème mais sans les désagréments du « sans-le sou ». Il trouve auprès de son grand-père biologique, Alain Gheerbrant, une oreille attentive et bienveillante, ainsi qu’un allié précieux dans la voie qu’il s’est choisie : tumultueuse, chaotique, constellée de toutes les promesses que la jeunesse entrevoit, et avant tout libérale pour ne pas dire libertaire. Explorateur et homme de lettres, le vieil homme espère bien transmettre à ce petit-fils tombé du ciel sa passion pour la littérature, ainsi que toutes les ficelles de son ancienne profession. Fasciné par le destin exceptionnel de celui qui explora l’Amazonie et fut l’éditeur d’Antonin Artaud, Benjamin voue à ce grand-père charismatique une réelle et tendre admiration, et se laisse bien volontiers enivrer par ses récits, conseils et anecdotes distillés au cours de déjeuners gastronomiques bien arrosés, et qui, toujours, convoquent d’illustres personnages, tels que Paulhan, Gide, Breton, Bataille ou encore Césaire. Si Alain lui prodigue sa propre conception du surréalisme et l’encourage dans sa vocation poétique (« Quelles que soient les circonstances, il faut toujours prendre le parti de la révolte. Tel aurait dû rester le principal enseignement du surréalisme »), Benjamin s’aventurera malgré tout dans des voyages beaucoup plus périlleux que l’engagement intellectuel prôné par son grand-père.

Vie de David Hockney, Catherine Cusset

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Vendredi, 23 Mars 2018. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Biographie, Arts

Vie de David Hockney, janvier 2018, 192 pages, 18,50 € . Ecrivain(s): Catherine Cusset Edition: Gallimard

 

« Peins ce qui compte pour toi », telle est la devise de David Hockney depuis que son ami du Collège royal Ron Kitay lui a donné cet excellent conseil, l’amenant à puiser son inspiration dans ses ressources intérieures au moins autant que dans le monde qui l’entoure. Ce qui caractérise David Hockney, c’est cette gourmandise, cet appétit de la vie qui l’étreint, cette curiosité, cette envie irrépressible de connaître et d’expérimenter. Au fond de lui bouillonne un tempérament passionné et rebelle qui le pousse à s’éloigner des sentiers battus, mais pas au point de refuser les témoignages de confiance, d’amour et de reconnaissance.

Expositions et rétrospectives s’enchaînent alors qu’il n’a pas atteint la quarantaine. Chance, hasard, heureux concours de circonstances, mais aussi travail acharné, énergie et puissance ? La carrière de David Hockney est semée de réussites : c’est le parti-pris de romancière de Catherine Cusset, qui rédige un éloge de l’artiste, en même temps qu’un roman historique contemporain, inspiré et nourri de ses nombreuses lectures et de visionnages de films, un roman dont elle réinvente les passages lacunaires et névralgiques, donne vie aux dialogues, décrit des scènes.