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Gallimard

Les éditions Gallimard, appelées jusqu’en 1919 les éditions de la Nouvelle Revue française et jusqu’en 1961 la librairie Gallimard, sont ungroupe d'édition français. La maison d'édition a été fondée par Gaston Gallimard en 1911. Le groupe Gallimard est actuellement dirigé par Antoine Gallimard. Considérée comme l'une des plus importantes et influentes maisons d'édition en France, notamment pour la littérature du xxe siècle et contemporaine, Gallimard possède en 2011 un catalogue constitué de 35 prix Goncourt, 36 écrivains ayant reçu le prix Nobel de littérature, et 10 écrivains récompensés du prix Pulitzer.


Stefan Zweig en La Pléiade Gallimard

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 16 Mai 2013. , dans Gallimard, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Langue allemande, Roman, Nouvelles, Récits

Stefan Zweig, Romans, nouvelles et récits. Avril 2013. 2 tomes. Prix de lancement 116 € (130 € après le 31 août 2013) . Ecrivain(s): Stefan Zweig Edition: Gallimard

 

L’arrivée en La Pléiade d’une œuvre est en soi, toujours, un événement. Pour le lecteur français, francophone, c’est une sorte de consécration éditoriale suprême d’un auteur et de ses œuvres. La publication de Stefan Zweig constitue donc un événement, et à plus d’un titre. Toute l’œuvre est là, bien sûr, mais aussi et surtout, dans son cas, la dernière demeure en fin de compte de celui qui n’en avait plus vraiment depuis l’exil et qui, en choisissant la disparition physique, disait au monde que son œuvre était son dernier refuge. Ecoutons à ce propos Jean-Pierre Lefebvre dans sa superbe préface :

« Il n’avait pas déserté le monde, (…) Il avait seulement fait « sécession », lui aussi. Non pas dans la rumeur dorée d’une architecture nouvelle fortement imprégnée de ses héritages, ni dans un repli religieux, mais dans le jardin d’un monde de demain, pour mettre un terme à la fuite infinie, et se replier avec armes et bagages dans la seule vie de ce qu’il avait écrit. »

Blaise Cendrars dans la Pléiade

Ecrit par Christine Bini , le Mardi, 14 Mai 2013. , dans Gallimard, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Nouvelles, Récits

Blaise Cendrars, œuvres autobiographiques complètes, deux tomes et album, mai 2013, 105 € jusqu’au 31 août 2013 . Ecrivain(s): Blaise Cendrars Edition: Gallimard

 

Gallimard publie dans la Pléiade les œuvres autobiographiques complètes de Blaise Cendrars (1887-1961). Mais le mot « autobiographie » prend un sens détourné chez Cendrars. Son opus le plus connu, Bourlinguer, est fait de méandres, s’écarte du sujet pour y revenir. Pourtant structuré en onze récits circonstanciés, Bourlinguer ne raconte au fond qu’une chose, à peu près inracontable : le rapport au père, les rapports aux pères, le biologique et les substitutifs.

« Or, qui maudit son père est un démon.

La condamnation de Saint Cassien est formelle. C’est aussi l’opinion des Pères du désert et le premier article de foi de la théologie.

C’est le péché de Lucifer.

L’orgueil ».

Vice, Hervé Guibert

Ecrit par Arnaud Genon , le Vendredi, 10 Mai 2013. , dans Gallimard, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Biographie, Récits

. Ecrivain(s): Hervé Guibert Edition: Gallimard

 

 

Vice occupe une place particulière dans l’économie générale de l’œuvre d’Hervé Guibert. Publié pour la première fois en 1991 aux Editions Jacques Bertoin, il a été écrit à la fin des années 1970, peu de temps après La Mort propagande, son premier livre. Il est aussi contemporain de Suzanne et Louise, le roman-photo que l’écrivain consacra à ses deux grand-tantes.

En ce sens, comme le remarque justement Thomas Simonet dans sa note préliminaire, il témoigne des « préoccupations d’écrivain et de photographe de l’auteur à cette période ».

L’ouvrage est constitué de trois parties.

Je voudrais tant que tu te souviennes, anthologie poétique

Ecrit par Romain Vénier , le Jeudi, 09 Mai 2013. , dans Gallimard, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Poésie

Je voudrais tant que tu te souviennes (Poèmes mis en chanson de Rutebeuf à Boris Vian) Anthologie, Poésie/Gallimard, 272 p. 6,90 euros Edition: Gallimard

 

Ce choix de poèmes éclairant constitue un double bel hommage. A ces poètes, dont les textes ont été choisis pour leur musicalité, leur potentiel mélodique, leurs rimes que l’on veut entendre dites à haute voix ; aux chanteurs, qui peuvent justement s’enorgueillir du choix de poèmes parmi les plus beaux textes de la langue française. On note particulièrement, au fil des pages et de la découverte des œuvres d’auteurs célèbres et moins connus, le choix de poèmes impressionnant de Georges Brassens : puiser chez Villon, Hugo, Richepin, Fort, Aragon, Musset, Corneille, Du Bellay, Banville, Verlaine, Jammes, Pol, Mac Orlan… la matière de certaines de ses plus belles chansons force l’admiration, tant le goût est sûr.

La lecture de la sélection de l’éditrice Sophie Nauleau fait se rappeler que nos chanteurs, s’ils ont copieusement emprunté, ont souvent modifié, réécrit, adapté les poèmes. C’est parfois pour des raisons de longueur, mais cela relève également souvent d’une volonté de personnalisation, d’appropriation des textes. Pour cela les textes des chansons auraient pu être plus systématiquement donnés en regard des poèmes, cela n’aurait pas été compliqué lorsque ce n’est qu’un vers ou quelques mots qui changent.

C'est fort la France !, Paule Constant

Ecrit par Theo Ananissoh , le Mardi, 30 Avril 2013. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

C’est fort la France !, janvier 2013, 251 pages, 17,90 € . Ecrivain(s): Paule Constant Edition: Gallimard

 

Nul ne pouvant planer comme Dieu au-dessus des choses humaines afin d’en voir et d’en ressentir la totalité sans parti pris, difficile de conduire un récit sur ce sujet – la colonisation – sans angle mort pour ainsi dire. Mieux vaut commencer par assumer cela ; et c’est ce que fait explicitement Paule Constant. « Il n’y a pas de vérité mais des points de vue », dit la narratrice vers la fin du roman. Cette conviction d’une impossible objectivité génère, autant que le sujet de fond lui-même, C’est fort la France !

Revenant sur un précédent roman qu’elle a publié sur le même thème, la narratrice – appelée Brigitte une seule fois dans tout l’ouvrage – traite d’une période et d’un lieu circonscrits. C’est un roman expérimenté. Il focalise donc dans le temps et surtout dans l’espace – en l’occurrence un coin perdu du Cameroun colonial nommé Batouri – et confronte plusieurs vécus et donc des points de vue différents et même divergents sur ce dont il est question. C’est un roman dont la complexité est voilée par une narration agréable et aisée en apparence. Une fiction qui prend le masque d’un récit ; ou plutôt de plusieurs récits en confrontation plus ou moins douce afin de s’emboîter en une reconstitution la plus logique possible. Réussite.