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Gallimard

Les éditions Gallimard, appelées jusqu’en 1919 les éditions de la Nouvelle Revue française et jusqu’en 1961 la librairie Gallimard, sont ungroupe d'édition français. La maison d'édition a été fondée par Gaston Gallimard en 1911. Le groupe Gallimard est actuellement dirigé par Antoine Gallimard. Considérée comme l'une des plus importantes et influentes maisons d'édition en France, notamment pour la littérature du xxe siècle et contemporaine, Gallimard possède en 2011 un catalogue constitué de 35 prix Goncourt, 36 écrivains ayant reçu le prix Nobel de littérature, et 10 écrivains récompensés du prix Pulitzer.


Orpheline, Marc Pautrel

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 30 Octobre 2014. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Orpheline, octobre 2014, 96 pages, 12 € . Ecrivain(s): Marc Pautrel Edition: Gallimard

 

 

« A chaque fois, les premières semaines, avec les hommes elle essaie de garder ses secrets. Mais ces secrets sont trop lourds et les évidences sont là, impossibles à dissimuler : elle n’a plus ses parents. Elle ne dit pas qu’ils sont morts, ou disparus, ou qu’elle les a perdus, non, elle dit : Je ne les ai plus. Ou parfois, plus violemment encore : Je n’en ai pas, comme si ses parents avaient été à jamais inconnus, ce qui n’est pas le cas puisqu’elle porte leur nom ».

Si Marc Pautrel était musicien, nous pourrions dire de lui qu’il marche sur les pas de Paul Bley, concision, précision, immersion dans la mélodie, dans sa structure, ses échos, richesse de l’harmonie, qui montent de son clavier comme une brise légère venue du large. Si Marc Pautrel était peintre, nous pourrions évoquer les dessins de Matisse, feuilles, arbres, visages de femmes, natures endormies, ligne pure, trait blanc, net, face à face avec le modèle, travail permanent sur le motif.

Ce qui reste de nos vies, Zeruya Shalev

Ecrit par Anne Morin , le Vendredi, 17 Octobre 2014. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Bassin méditerranéen, Roman, La rentrée littéraire

Ce qui reste de nos vies, traduit de l’hébreu par Laurence Sendrowicz, septembre 2014, 416 p. 22,90 € . Ecrivain(s): Zeruya Shalev Edition: Gallimard

 

Une famille, à travers ses divers âges, traverse la vie d’un pays, ou est-ce plutôt ce pays qui descend le fleuve du temps, imprégnant son mode d’être aux membres de cette famille ? D’un kibboutz à un appartement minuscule de Jérusalem, la vie de Hemda – la précieuse est la traduction de son prénom rare – s’écoule, la précieuse et la mal traitée : « (…) au bout de quelques semaines elle marchait, certes sur des jambes mal assurées, le corps brûlant des coups de son père et l’esprit figé comme un petit animal que l’on a dressé avec cruauté, mais elle marchait, chassée de la gloire, chassée de la joie, avec la vague conscience qu’elle aurait beau mettre un pied devant l’autre, courir, elle n’avait plus vers où diriger ses pas » (p.17).

Sa vie s’écoule, comme l’eau du lac de son kibboutz qu’on a asséché : progressivement, imprégnant les rives et la terre de ses boues. Hemda revient mourir doucement dans son lit, sans souffrance apparente, et manifeste, dans ses rares moments de lucidité, une conscience aiguë des problèmes de sa famille.

Le cercle des tempêtes, Judith Brouste

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 16 Octobre 2014. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Le cercle des tempêtes, septembre 2014, 208 pages, 17 € . Ecrivain(s): Judith Brouste Edition: Gallimard

 

« Ainsi c’est Frankenstein qui m’apprit à mourir et à renaître. C’est sa mort, dans les eaux glacées fictives d’une scène, qui m’a fait résister au monde tel qu’il se présentait pour accéder à celui de l’invisible. Dans la peur et la conscience du danger. Je vis que dans l’histoire on avait le droit de se révolter pourvu qu’on joue sa vie ».

Naissance du roman : une ville, un corps, une tempête théâtrale dont les éclats scintillent de page en page, mais aussi, un poète en disgrâce et en Acte permanent, des amours gagnés et perdus, des passions, et une certitude chevillée à la peau : la littérature sauve des tumeurs du monde. De Bordeaux à Londres en passant par Naples et Rome, la vie incandescente du Cercle des tempêtes embrase les corps et les idées, celles de Shelley, Fanny, Harriet, Mary, Byron, guerre sociale permanente dans l’Europe du début du 19° siècle. Frankenstein, Prométhée délivrée, Les Cenci, ils sont là sous nos yeux ces livres de tous les dangers qui flamboient sous la main romanesque de Judith Brouste, qui sait qu’être attentif aux révoltes qui se lèvent revient à être soucieux de la manière dont tout cela se vit et s’écrit.

Dans le jardin de l’ogre, Leïla Slimani

Ecrit par Patryck Froissart , le Mercredi, 15 Octobre 2014. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Dans le jardin de l’ogre, août 2014, 215 pages, 17,50€ . Ecrivain(s): Leïla Slimani Edition: Gallimard

 

Adèle possède tout ce qu’une jeune femme « conventionnelle » peut désirer. Elle a un mari qui l’aime, Richard, chirurgien dans un grand hôpital, statut socio-professionnel conventionnellement valorisé, et que la littérature et le cinéma conventionnels présentent comme étant celui qui attire et séduit le plus les femmes. Ils ont un enfant, un petit garçon, Lucien, que son père idolâtre de manière toute conventionnelle. Elle, exerce en totale liberté le métier de journaliste, qui lui permet de voyager et de se trouver là où se fait l’actualité, un métier considéré conventionnellement comme intellectuellement intéressant, statutairement apprécié, et riche de diversité.

Mais Adèle n’est pas conventionnelle. Ce qui est de convention l’ennuie, puis l’agace, puis lui devient insupportable. Toutes les formes conventionnelles de contrainte sociale, familiale, professionnelle lui sont de plus en plus pénibles.

Ainsi Adèle aime son fils Lucien mais cet amour lui pèse parce qu’il est contraignant.

Expo 58, Jonathan Coe

Ecrit par Laurence Biava , le Mercredi, 15 Octobre 2014. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Roman

Expo 58, traduit de l'anglais par Josée Kamoun, mars 2014, 326 pages, 22 € . Ecrivain(s): Jonathan Coe Edition: Gallimard

 

Jonathan Coe revisite dans son nouveau roman, Expo 58 – le dixième ! –, de façon extrêmement parodique et satirique l’Expo­sition universelle et internationale de Bruxelles 1958.

Le récit faussement facétieux s’oriente vers les coulisses de cette grand-messe censée sceller l’entente cordiale entre les peuples. Le but affiché est chimérique mais le lecteur, frappé par la mélancolie du propos global et de la narration, ne le sait pas tout de suite : « l’Exposition universelle est de contribuer à promouvoir l’unité du genre humain, dans le respect de la personne humaine ». On se souvient que pour les Belges, cet événement eut son heure de gloire qui a marqué durablement la conscience collective (de leur peuple). Il n’en fut pas autant pour les Français et les Anglais qui, eux, l’ont presque complètement oublié. Il faut lire les essais historiques sur la Grande-Bretagne les pans sur la mémoire artistique et culturelle de notre voisin pour s’apercevoir que l’Expo de 1958 n’est pas mentionnée une seule fois. Cet oubli – pire même, cette ignorance – affectent manifestement Jonathan Coe.