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Gallimard

Les éditions Gallimard, appelées jusqu’en 1919 les éditions de la Nouvelle Revue française et jusqu’en 1961 la librairie Gallimard, sont ungroupe d'édition français. La maison d'édition a été fondée par Gaston Gallimard en 1911. Le groupe Gallimard est actuellement dirigé par Antoine Gallimard. Considérée comme l'une des plus importantes et influentes maisons d'édition en France, notamment pour la littérature du xxe siècle et contemporaine, Gallimard possède en 2011 un catalogue constitué de 35 prix Goncourt, 36 écrivains ayant reçu le prix Nobel de littérature, et 10 écrivains récompensés du prix Pulitzer.


La Nouvelle Revue Française, sous la direction de Michel Crépu, n°624

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Lundi, 18 Septembre 2017. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, Livres décortiqués, La Une Livres, Revues

La Nouvelle Revue Française, sous la direction de Michel Crépu, n°624, mai 2017 Edition: Gallimard

 

C’est la force de la direction de Michel Crépu que de transformer, (notamment) en ce numéro de mai, La Nouvelle revue française en recueil humaniste, accueillant – diversité vitale – les extrêmes, c’est-à-dire aussi bien la rupture amoureuse (troublante façon qu’a la lumière de se blesser dans la mer et de nous laisser exsangue) dans sa diction la plus singulière et une confession débarrassée de toute pose redonnant vie à des moments avec Christian Louboutin ou volés au temps, lors d’un bal organisé par la maison Dior.

Commençons par la rupture amoureuse. Commençons par le très beau poème La Tristesse Victor de Stéphane Bouquet, lequel pourrait dire de Victor ce que Duras disait à Michelle Porte de sa maison : « Je pourrais parler des heures de cette maison, du jardin. Je connais tout, je connais la place des anciennes portes, tout, les murs de l’étang, toutes les plantes, la place de toutes les plantes, même des plantes sauvages je connais la place, tout ».

L’Éden la nuit, Guillaume de Sardes

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Lundi, 11 Septembre 2017. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

L’Éden la nuit, mars 2017, 80 pages, 8,50 € . Ecrivain(s): Guillaume de Sardes Edition: Gallimard

 

« Éden, Éden, Éden. L’enseigne en néons clignote. Comme la palpitation d’un cœur. Comme une respiration. […] Nina s’approche doucement de Sacha. Elle pose sa main sur sa joue, en inclinant la tête, puis elle approche son visage du sien, très près. Et elle rit ». Ce très court roman, qui n’a rien à voir avec l’œuvre de Pierre Guyotat, et dont l’intrigue, dans ce qu’elle a de plus vif, de plus dérangeant, semble arrachée au Cinéma de papa de Jean-Bernard Pouy (Gallimard, collection Série Noire, 1989), est fait d’une écriture simple et légère qui est, à sa manière, l’écho des meules de Monet où le travail s’efface, et qui paraît vouloir contredire fortement, de toute sa force sans force, de tout son poids sans lourdeur (poids de l’air), l’affirmation développée par Maurice Blanchot dans « La question littéraire » (in Le livre à venir) comme quoi « le langage nous jette dans la dialectique du maître et de l’esclave » :

Tiens ferme ta couronne, Yannick Haenel

Ecrit par Philippe Chauché , le Mercredi, 06 Septembre 2017. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Tiens ferme ta couronne, août 2017, 352 pages, 20 € . Ecrivain(s): Yannick Haenel Edition: Gallimard

 

« Cette population de pensées est un monde, et même les livres écrits et publiés par Melville ne suffisent pas à donner une idée de l’immensité qui peuple la tête d’un écrivain comme lui. D’ailleurs, il y a une phrase de Moby Dick qui évoque ce débordement : à propos du cachalot, elle évoque l’intérieur mystiquement alvéolé de sa tête. Eh bien, c’est précisément de cela que traitait mon scénario : l’intérieur mystiquement alvéolé de la tête de Melville ».

Il se peut qu’un grand livre soit écrit sous une divine protection marine, il se peut qu’un grand écrivain soit béni des fées. Il se peut que ce livre ait pour nom Tiens ferme ta couronne, et tout porte à croire que cet écrivain se nomme Yannick Haenel. Il se peut que ce roman, majestueusement cinématographique, soit saisi par les images et l’art secret de la mise en scène d’un cinéaste américain qui a filmé le cœur mystique de son pays, ses fureurs, ses cris et ses mensonges. Il se peut que ce livre majeur soit nourri du silence de l’aube, de petits éclats bleus, de visions et de noms.

Les rêveuses, Frédéric Verger

Ecrit par Jean-Paul Gavard-Perret , le Mercredi, 06 Septembre 2017. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Les rêveuses, août 2017, 448 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): Frédéric Verger Edition: Gallimard

 

En mai 1940, les armées de Hitler écrasent la France. Et le lecteur se demande comment va pouvoir s’en tirer le héros du livre. Ayant déserté son pays, il a emprunté l’identité d’un mort et est devenu soldat dans l’armée française. Fait prisonnier, il est néanmoins libéré et reconduit dans sa famille supposée… Dès lors la vérité du récit va devoir composer avec une suite de recommencements et de ruptures là où les rêveuses vont prendre tout leur sens ?

Sortant le lecteur de ses pressentiments, Verger crée une imagerie où le psychologisme devient secondaire. Le roman s’anime entre conscience attentive et forte vigilance mobile à une firme de roman d’éducation pour celui qui pensait être protégé par sa personnalité d’emprunt. L’existence qu’il a prise lui est restituée selon des lignes qui n’ont rien de directrices. Preuve que l’identité première reprend place parfois face à celle qui a sauvé le héros. Deux mouvements s’inscrivent dans l’espace livresque dans un jeu de double disparition qui aurait fasciné Blanchot.

Croire au merveilleux, Christophe Ono-dit-Biot

Ecrit par Isabelle Siryani , le Mardi, 05 Septembre 2017. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Croire au merveilleux, mars 2017, 240 pages, 20 € . Ecrivain(s): Christophe Ono-dit-Biot Edition: Gallimard

« Être lu, c’est être caressé » nous dit dans une caresse Christophe Ono-dit-Biot. Croire au merveilleux est un roman caresse. Une caresse sucrée, ensoleillée, poétique, qui nous plonge dans la Grèce blanche et bleue aux odeurs de grillades, au goût d’iode et d’ouzo. Dans la Grèce mythique des dieux fous ambitieux et des vieilles pierres volubiles. Elles en ont vu des choses.

Elles ont vu César, ce Parisien meurtri par la perte de sa femme Paz, mystérieuse Andalouse jusque dans sa mort. Noyée. Ange de la mort qui nage tout le long du roman aux côtés du lecteur mais se refuse obstinément à donner signe à son mari. Qui, lui, est perdu. Éperdument.

Tout comme il l’était dans Plonger, où, déjà, le veuf menait l’enquête sur son artiste de femme, absente même vivante. On souffre toujours de l’absence des artistes.

Maintenant, son absence est inéluctable. César reste là, las, en proie à une nuée de questions auxquelles il est seul à pouvoir trouver des réponses. Tout comme il est seul à pouvoir répondre à celles de son fils. Son étoile dans la nuit, insouciant rêveur qui le maintient debout. Mais son soleil, c’était Paz. Il tombe à genoux, et plonge dans l’idée salvatrice du suicide.