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Gallimard

Les éditions Gallimard, appelées jusqu’en 1919 les éditions de la Nouvelle Revue française et jusqu’en 1961 la librairie Gallimard, sont ungroupe d'édition français. La maison d'édition a été fondée par Gaston Gallimard en 1911. Le groupe Gallimard est actuellement dirigé par Antoine Gallimard. Considérée comme l'une des plus importantes et influentes maisons d'édition en France, notamment pour la littérature du xxe siècle et contemporaine, Gallimard possède en 2011 un catalogue constitué de 35 prix Goncourt, 36 écrivains ayant reçu le prix Nobel de littérature, et 10 écrivains récompensés du prix Pulitzer.


Douleur, Zeruya Shalev

Ecrit par Anne Morin , le Mardi, 23 Mai 2017. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Israël

Douleur, février 2017, trad. hébreu Laurence Sendrowicz, 401 pages, 21 € . Ecrivain(s): Zeruya Shalev Edition: Gallimard

 

 

La douleur emplit ce magnifique roman sur le prix à payer, se propage, montre toutes ses facettes, jusqu’à s’incarner dans l’amour retrouvé d’Iris, trente ans après la séparation. Douleur du corps meurtri, douleur de la brèche, de l’impossible remise en situation, du temps qui passe, d’une partition qui refuse de se laisser jouer…

Douleur, c’est le nom qu’Iris donne à Ethan, son amour de jeunesse retrouvé, et pas seulement parce qu’il est médecin chef d’un centre antidouleur : « Elle repense à la robe rayée que portait la jeune joueuse d’échecs, de nouveau des éléments fortuits s’assemblent en une image provocatrice et menaçante, étrange comme des vies parallèles se heurtent soudain alors qu’elles n’auraient jamais dû se croiser, mais doit-elle vraiment y lire une menace ? » (p.119-120).

Le tour du monde du roi Zibeline, Jean-Christophe Rufin

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Lundi, 22 Mai 2017. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Le tour du monde du roi Zibeline, avril 2017, 384 pages, 20 € . Ecrivain(s): Jean-Christophe Rufin Edition: Gallimard

 

Auguste Benjowski est le roi Zibeline, étonnant roi de Madagascar marié à Aphanasie de Nilov, qui est reçu à Baltimore chez Benjamin Franklin pour lui demander d’affrêter un bateau à destination de l’île malgache, en vue d’initier des échanges commerciaux avec l’Amérique. Tel est le point de départ de ce récit de voyage qui prend place au siècle des Lumières et de l’Encyclopédie, de sorte que le lecteur hésite entre une réécriture des philosophes des Lumières et les mémoires d’un aristocrate aventurier.

Les narrations croisées d’Auguste et d’Anastasie font en effet alterner les univers de Voltaire, de Rousseau, de Diderot, avec un zeste de Marivaux. Ainsi, lorsque c’est Auguste qui s’exprime sur son enfance et sa formation intellectuelle, on se croirait dans Candide ou l’optimisme de Voltaire, avec Pangloss, puis dans une scène de bataille entre les Abares et les Bulgares, avec les canons. En effet, Bachelet, philosophe et précepteur du jeune comte, est détesté par le père du futur roi Zibeline et chassé du château. Auguste, lorsqu’il quitte à son tour le domaine familial de Hongrie, se trouve engagé dans la guerre de Pologne à laquelle il prend part. Dans le récit des années de formation d’Aphanasie, en revanche, c’est chez Rousseau et dans La Nouvelle Héloïse que le lecteur est transporté.

Paris Prévert, Danièle Gasiglia-Laster

Ecrit par Philippe Leuckx , le Samedi, 20 Mai 2017. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Biographie, Arts

Paris Prévert, 288 pages, 39 € . Ecrivain(s): Danièle Gasiglia-Laster Edition: Gallimard

 

L’album (couverture cartonnée ; objet artistique par les couleurs choisies, la photo célèbre de Doisneau, Pont de Crimée, 1955, en couverture et toutes les autres ; la hauteur et la largeur du volume) que l’auteure consacre à notre cher Prévert est une splendeur.

Complexité des témoignages, des outils, des informations, de la recherche documentaire, filmologique et photographique, des sources nombreuses, des approches, de la « vision » par une auteure talentueuse d’un poète-scénariste unique, souvent décrié par des incultes, souvent remisé au placard des réputations surfaites, le livre que l’on tient en mains éclaire admirablement la figure elle-même complexe, plurielle, nombreuse de Jacques Prévert (1907-1977).

Arrêtons-nous sur un parcours « unique » qui traverse le siècle francophone par deux biais surtout, la poésie (et la chanson) et le cinéma. Carné, Arletty, Gabin, Morgan, Brasseur, Ledoux, Robin, Reggiani, Montand, tant d’autres figures qui ne peuvent quitter nos rétines : cela, nous le devons à Prévert, à ce scénariste de ces films magiques, du réalisme poétique (selon l’expression consacrée) : Quai des Brumes, Le jour se lève, Les enfants du paradis, Les portes de la nuit, entre autres.

Chroniques politiques des années trente (1931-1940), Maurice Blanchot

Ecrit par Jean-Paul Gavard-Perret , le Mercredi, 17 Mai 2017. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Chroniques politiques des années trente (1931-1940), Les Cahiers de la NRF, avril 2017, 560 pages, 29 € . Ecrivain(s): Maurice Blanchot Edition: Gallimard

Pour aborder les chroniques politiques de Blanchot, il ne faut pas chercher où se situe son propos par rapport aux traditionnels discours et doxas des écrivains politiques. Pour autant son propre discours n’est pas simplement « littéraire ». Mais il représente trop une remise en question de la politique pour ne pas échapper à sa « zone » d’influence. Blanchot comprend vite que la politique n’est pas à même de s’attribuer ce qu’elle prétend accomplir. D’une certaine manière elle peut paraître « sans droits » tant elle les bafoue. Si bien qu’il demande aux politiciens ce qu’ils ne peuvent pas : être conséquents avec leurs actes.

Une telle attitude est pratiquement brute et sauvage. Blanchot s’est donc heurté à une impasse que l’invasion allemande signera pratiquement définitivement. Certes, il se sentait déjà « démissionnaire » par rapport à ses écrits politiques. Et lorsque Drieu de la Rochelle lui demanda de bien vouloir continuer à écrire dans la NRF « à condition d’écarter tous textes politiques », la messe était dite. Et Blanchot d’ajouter : « écrivain inconnu je ne constituerais pas une digue suffisante contre les occupants ». Une page se tournait.

Les filles au lion, Jessie Burton

Ecrit par Theo Ananissoh , le Lundi, 15 Mai 2017. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Roman

Les filles au lion, mars 2017, trad. anglais Jean Esch, 484 pages, 22,50 € . Ecrivain(s): Jessie Burton Edition: Gallimard

 

A la page 366, un personnage (il vient de perdre son épouse), parlant du premier mari de celle-ci – un juif disparu pendant la Seconde Guerre mondiale – soupire : « Hitler, voilà ce qui lui est arrivé. Comme à nous tous ». Entre 1936 et 1945, deux catastrophes majeures sont arrivées à l’Europe : la guerre civile en Espagne et les nazis. Jessie Burton fait germer son histoire dans ce terreau gorgé de sang. Le roman est dense, méticuleux, passionnant. Et double. La première histoire que découvre le lecteur est située à Londres, en 1967. La seconde en Andalousie, en 1936, juste avant le début du conflit féroce qui opposa les nationalistes et les républicains espagnols.

En 1962, Odelle Bastien, jeune noire née et grandie à Trinidad, dans les Caraïbes, arrive à Londres. Hitler lui est arrivé à elle aussi – son père, engagé dans la RAF, a été abattu au-dessus de l’Allemagne pendant la guerre. Odelle veut devenir écrivain. En attendant, et pendant les cinq années qui précèdent le début du roman, elle est vendeuse dans un magasin de chaussures. Cet emploi l’ennuie, et elle aimerait bien changer pour quelque chose de moins éloigné de ses projets littéraires. Une galerie d’art, enfin, accepte sa candidature.