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Gallimard

Les éditions Gallimard, appelées jusqu’en 1919 les éditions de la Nouvelle Revue française et jusqu’en 1961 la librairie Gallimard, sont ungroupe d'édition français. La maison d'édition a été fondée par Gaston Gallimard en 1911. Le groupe Gallimard est actuellement dirigé par Antoine Gallimard. Considérée comme l'une des plus importantes et influentes maisons d'édition en France, notamment pour la littérature du xxe siècle et contemporaine, Gallimard possède en 2011 un catalogue constitué de 35 prix Goncourt, 36 écrivains ayant reçu le prix Nobel de littérature, et 10 écrivains récompensés du prix Pulitzer.


La plage de Scheveningen, Paul Gadenne

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Lundi, 30 Juin 2014. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

La plage de Scheveningen, Gallimard, coll. L’Imaginaire, 308 pages, 10,15 € . Ecrivain(s): Paul Gadenne Edition: Gallimard

 

Comme beaucoup d’écrivains de sa génération, Paul Gadenne fut marqué par la guerre et l’extermination massive, impensable, des Juifs. Et la collaboration avec l’occupant, la « trahison » de son compagnon d’étude et ami Robert Brasillach, comme l’épuration qui accompagna la victoire, ajoutant encore pour lui au « gâchis », le bouleversèrent profondément : des hommes avides de vengeance n’hésitaient pas en effet, au nom d’une justice aveugle, à prononcer la condamnation définitive de certains des leurs… La plage de Scheveningen qui se situe dans le contexte de la Libération est ainsi un roman hanté par le mal et la culpabilité, et surtout par la question du jugement et du salut. Un roman « fraternel », cherchant à comprendre et non à juger, s’affirmant comme une quête de la lumière au sein de l’« horreur » de la nuit.

Automne 1944. Guillaume Arnoult retrouve Paris après cinq ans de guerre. Cinq ans, six ans peut-être : c’est aussi le temps écoulé depuis le départ inexpliqué d’Irène. A la perte de la femme aimée avec laquelle il avait vécu des « choses très belles », s’ajoute celle d’un ami, Hersent – figure à peine déguisée de Brasillach. Une double perte marquant la fin de sa propre innocence :

Le Miel, Slobodan Despot

Ecrit par Valérie Debieux , le Samedi, 14 Juin 2014. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Le Miel, janvier 2014, 128 pages, 13,90 € . Ecrivain(s): Slobodan Despot Edition: Gallimard

 

Ex-Yougoslavie, fin des années 1995. Sur une bretelle d’autoroute, une rencontre insolite entre un vieil apiculteur, Nikola, accompagné de son fils, Vesko Prznica surnommé « Vesko le Teigneux », et une herboriste. Quelque peu affolée par la dispute entre les deux hommes, la jeune femme sort de son sac trois cents deutschemarks, une somme colossale pour l’époque, en vue de mettre fin à la discorde entre le jeune homme et le « vieillard ». « Pour sa vie », dit-elle. Vesko, stupéfait, accepte le geste de la jeune femme.

A la demande de son père, qui entend bien se libérer de cette dette, celui-ci retrouve son adresse, débarque chez elle sans crier gare, et lui livre cinquante kilos de miel. Ce « cadeau » ne pouvait pas mieux tomber : « Toute ma petite pharmacie repose sur le miel. Il adoucit tout, il enrichit tout. Toute notre vie d’ailleurs repose sur le miel. Plus de miel parce que plus d’abeilles. Plus d’abeilles, plus de fécondation. Plus de plantes sur terre » !

Englebert des collines, Jean Hatzfeld

Ecrit par Martine L. Petauton , le Jeudi, 12 Juin 2014. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Englebert des collines, avril 2014, 105 pages, 11,90 € . Ecrivain(s): Jean Hatzfeld Edition: Gallimard

 

Hatzfeld était là, en Avril 94, au journal du soir. Sa voix s’était brisée : « le Rwanda – disait-il – il faut faire quelque chose ! il faut au moins que chacun sache… », et il avait pleuré.

Pour vous, sans doute aussi, à ce moment-là, le génocide Rwandais entrait dans votre existence et votre mémoire.

Depuis, 900.000 morts après, l’auteur, inlassablement, s’applique de livre en livre à nous marquer au fer rouge, de ses récits coupants comme autant de machettes, qu’on lit et relit – essayant, mais c’est vain – de ne pas y croire… toujours pas.

Il y a eu – retable étrange à panneaux, montrant, comme au Moyen Age, l’infini récit de ces hommes capables de faire cela à d’autres hommes – Dans le nu de la vie, puis Une saison de machettes. Chacun de ces petits livres denses, signé du talent de Hatzfeld : précision chirurgicale, sobriété, aucun effet de plume, décrire, faire parler, poser les faits et ne pas oublier – écriture parfaite et littéraire, le regard de celui-ci ou de celui-là, que nous emporterons tous, en refermant le livre, que ne guettera jamais la poussière des fonds de bibliothèque.

L’Iguifou, Scholastique Mukasonga

Ecrit par Claire Mazaleyrat , le Mardi, 10 Juin 2014. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Afrique, Nouvelles

L’Iguifou, Gallimard, Continents noirs, 2010, 125 pages, 13,50 € . Ecrivain(s): Scholastique Mukasonga Edition: Gallimard

 

Les cinq nouvelles qui composent le recueil apparaissent comme une chronique des trente années précédant le génocide proprement dit des Tutsis par les Hutus au Rwanda, en avril 1994. Scholastique Mukasonga, dont le roman Notre-Dame-du-Nil, prix Renaudot 2012, racontait à travers les destins des jeunes filles d’une mission catholique les prémices des tueries, l’élaboration coloniale du mythe des Tutsis issus des pharaons et la violence des représailles à leur égard du peuple majoritaire, relate ici en quelques histoires courtes d’autres destins, ceux de jeunes Tutsis qui vivent l’oppression – et le début d’une éradication silencieuse – entre les années 1963, date des premiers massacres, et 1994.

C’est la période au cours de laquelle l’auteur est née au Rwanda en 1957, puis réfugiée au Burundi en 60, alors que les premières menaces pèsent sur sa communauté. Elle parviendra à partir pour la France en 1973, laissant la majeure partie de sa famille sur place : vingt-sept de ses membres seront assassinés pendant la « saison de machettes » dont aucun de ses livres ne parle directement, et que tous annoncent. L’auteur des Cafards (Inyenzi au Rwanda) montre comment, avant même qu’un seul coup de machette ne soit porté, avec la barbarie que l’on sait, un peuple entier fut promis à l’extermination et le génocide soigneusement préparé.

La grande vie, Christian Bobin

Ecrit par Laurence Biava , le Samedi, 07 Juin 2014. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

La grande vie, mars 2014, 122 pages, 12,90 € . Ecrivain(s): Christian Bobin Edition: Gallimard

 

Les palais de la grande vie se dressent près de nous. Ils sont habités par des rois, là par des mendiants. Thérèse de Lisieux et Marilyn Monroe. Et Kierkegaard. Un merle, un geai et quelques accidents lumineux. La grande vie prend soin de nous quand nous ne savons plus rien. Elle nous écrit des lettres.

« La poésie, c’est la vie ». S’il n’y a qu’une chose à retenir de ce livre, c’est celle-ci : la poésie, c’est la vie.

Ce n’est pas « joli », la poésie. Ce n’est pas « charmant ». Ce n’est pas plus joli ni charmant que la bave aux lèvres d’un ange bégayant deux paroles pour sortir d’une impasse.

Dans ce récit qui s’installe par fragments, tous les mots, les phrases et les lectures de Bobin sont liés entre eux par un indicible secret, où le flux de narration semble ne jamais pouvoir s’arrêter. Lire La grande vie, c’est lire, entendre et comprendre nos sensations d’humain sensible en phase avec la nature, les cycles, le mouvement, le miracle de l’écriture et la magie de la lecture. C’est flatter nos sens et nos sensations intenses et profondes.