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Gallimard

Les éditions Gallimard, appelées jusqu’en 1919 les éditions de la Nouvelle Revue française et jusqu’en 1961 la librairie Gallimard, sont ungroupe d'édition français. La maison d'édition a été fondée par Gaston Gallimard en 1911. Le groupe Gallimard est actuellement dirigé par Antoine Gallimard. Considérée comme l'une des plus importantes et influentes maisons d'édition en France, notamment pour la littérature du xxe siècle et contemporaine, Gallimard possède en 2011 un catalogue constitué de 35 prix Goncourt, 36 écrivains ayant reçu le prix Nobel de littérature, et 10 écrivains récompensés du prix Pulitzer.


Voyages, Philippe Djian

Ecrit par Marc Michiels (Le Mot et la Chose) , le Vendredi, 06 Mars 2015. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Arts

Voyages, Coédition Gallimard/Musée du Louvre éditions, 200 pages, 70 ill., couverture illustrée, novembre 2014, 29 € . Ecrivain(s): Philippe Djian Edition: Gallimard

 

« Quand tu aimes il faut partir

Ne larmoie pas en souriant

Ne te niche pas entre deux seins

Respire marche pars va-t’en… »

Tu es plus belle que le ciel et la mer, Blaise Cendrars, in. Feuilles de route, 1924

 

Cet ouvrage accompagne l’exposition éponyme Voyages, que Philippe Djian a réalisée dans le cadre de l’invitation du musée du Louvre, avec le soutien de Louis Vuitton et organisée par Pascal Torres, commissaire d’exposition et Conservateur en chef du musée. Un voyage, entre un ailleurs des mots, pas seulement, un dessein de l’âme humaine, plus encore.

Un jour, Michel Crépu

Ecrit par Jeanne de Bascher , le Mardi, 24 Février 2015. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Un jour, janvier 2015, 160 pages, 13,90 € . Ecrivain(s): Michel Crépu Edition: Gallimard

 

Un jour est une œuvre à l’allure camusienne. Ce récit de deuil, au style sec et précis, modestement efficace, fait écho dès sa première phrase « mon père est mort la semaine dernière » au célèbre « aujourd’hui maman est morte » de L’Etranger. Peut s’y fier sans s’y tromper, Michel, auteur, narrateur et personnage de l’histoire, n’a rien d’un Meursault. Ce joyeux et doux portrait du père défunt est un hymne à la modeste famille d’une France d’après-guerre. Considérons-le comme un récit d’expédition, qui fouille dans les mémoires d’une époque révolue. Celle où l’on écoutait Charles Trenet dans l’auto pour partir en vacances en Suisse.

A l’heure où les schémas familiaux sont éclatés, où la littérature pointe les failles individuelles plus qu’elle ne les célèbre, décrire une vie de famille heureuse est un pari (une ambition ?) curieusement osé et original ! Quel plaisir de retrouver des souvenirs – qu’on n’a pas vécus, certes, mais – qu’on retrouve néanmoins avec tendresse. Crépu offre son intimité au lecteur sans jamais tomber dans le voyeurisme. Un délice.

Barcelona ! Grégoire Polet

Ecrit par Philippe Chauché , le Lundi, 23 Février 2015. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, En Vitrine

Barcelona !, janvier 2015, 496 pages, 22 € . Ecrivain(s): Grégoire Polet Edition: Gallimard


« C’est dans cette carcasse de pierre que l’illustre Jean Genet se logea jadis, plusieurs mois. Irving regarde la ruine pendante, songeur. Qu’est-ce qu’ils vont bien pouvoir construire là ? Des logements sociaux ? Ou bien, comme ils en sont capables, un beau musée, boum, pour charger le signe du quartier ? ».

Plus que jamais Barcelone est bien cette ville des Prodiges, une ville en mouvement perpétuel, qui ne dort jamais, qui se forme et se transforme comme un roman. Roman d’une ville en révolte permanente, épique, virevoltante, troublante, sidérante et parfois sidérée, hantée par l’Histoire et les histoires qu’elle s’invente et qui l’inventent. Grégoire Polet pratique l’art de la dérive littéraire, inspiré par ceux qui l’ont précédé sur la Rambla, dans le Raval ou le Barrio Chino, où les ombres portées d’écrivains voyageurs croisent celles d’insomniaques douteux et de perdants magnifiques.

Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie

Ecrit par AK Afferez , le Lundi, 23 Février 2015. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Afrique, Roman, En Vitrine

Americanah, janvier 2015, traduction de l'anglais Anne Damour, 523 pages, 24,50 € . Ecrivain(s): Chimamanda Ngozi Adichie Edition: Gallimard

 

Americanah, c’est, au fond, une histoire d’amour, de celles qui, dans ces temps modernes, ne vont pas de soi, font mille et un détours, deux vies enchevêtrées et sinueuses plutôt qu’une ligne droite. Mais c’est aussi un de ces livres qui, dès la première lecture, vous font percevoir que vous êtes en présence d’un chef d’œuvre, qui deviendra un classique qui fusionne virtuosité littéraire et critique sociale.

Americanah suit l’histoire de deux jeunes Nigérians, Ifemelu et Obinze, qui se rencontrent au lycée et tombent amoureux. Au fil d’années mouvementées sur le plan politique (on ne peut échapper au poids de la dictature au Nigéria, ni aux répercussions du 11 septembre), ils vont tenter de se frayer chacun leur chemin – Ifemelu va rejoindre sa tante dans le Nord-Est des États-Unis pour y continuer ses études, et Obinze, qui se verra refuser un visa pour l’Amérique, connaîtra la dure réalité d’être un sans-papiers en Angleterre. Leurs vies vont progressivement s’éloigner, jusqu’à ce que le silence radio remplace la passion des premiers temps. Ifemelu devient une bloggeuse renommée, publiant sur Raceteenth ses observations sur les questions raciales et ethniques aux États-Unis du point de vue d’une Africaine noire ; Obinze rentre au Nigéria où la chance et la fortune lui sourient. Et puis Ifemelu décide de rentrer au Nigéria…

Les druzes de Belgrade, Rabee Jaber

Ecrit par Victoire NGuyen , le Mardi, 17 Février 2015. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Pays arabes, En Vitrine, Moyen Orient

Les druzes de Belgrade, janvier 2015, traduit de l’Arabe (Liban) par Simon Corthay et Charlotte Woillez, 340 pages, 22,90 € . Ecrivain(s): Rabee Jaber Edition: Gallimard

 

Le temps de l’exil

Pour comprendre ce magnifique roman, il faut se replonger dans l’Histoire du Liban du 19e siècle lors des affrontements entre les Chrétiens Maronites et les Druzes. Ces derniers sont des Arabes dont la population vit aussi bien en Syrie, en Galilée, en Jordanie qu’au Liban. Les Druzes sont des musulmans qui appartiennent à une branche dérivée de l’Islam : l’Ismaélisme.

Le roman prend naissance dans les conflits préexistants avant le massacre des chrétiens par les Druzes en 1860, année à laquelle Hannan Jaacoub, le protagoniste de l’histoire, sera déporté vers les Balkans. En effet, les révoltes successives des paysans druzes du Mont-Liban contre les abus du gouverneur maronite entraînent les tueries des chrétiens à Damas où on comptait presque 5000 victimes dans la seule journée du 9 juillet 1860. Le roman s’y intéresse et l’auteur évoque effectivement cette tragédie dans les premières pages de son roman :