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Gallimard

Les éditions Gallimard, appelées jusqu’en 1919 les éditions de la Nouvelle Revue française et jusqu’en 1961 la librairie Gallimard, sont ungroupe d'édition français. La maison d'édition a été fondée par Gaston Gallimard en 1911. Le groupe Gallimard est actuellement dirigé par Antoine Gallimard. Considérée comme l'une des plus importantes et influentes maisons d'édition en France, notamment pour la littérature du xxe siècle et contemporaine, Gallimard possède en 2011 un catalogue constitué de 35 prix Goncourt, 36 écrivains ayant reçu le prix Nobel de littérature, et 10 écrivains récompensés du prix Pulitzer.


La fête de l’insignifiance, Milan Kundera

Ecrit par Laurence Biava , le Vendredi, 12 Septembre 2014. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

La fête de l’insignifiance, avril 2014, 144 pages, 15,90 € . Ecrivain(s): Milan Kundera Edition: Gallimard

 

 

Rien n’est sérieux dans ce nouveau roman de Kundera, qui, comme son nom l’indique, fait la part belle à l’insignifiance, c’est-à-dire, en jargon kunderien, à ce qui est dépourvu de gravité. Au cœur de ce texte caricatural, un théâtre de marionnettes grandeur nature : s’entend par là quelques personnages (nous-mêmes ?) qui gesticulent, apparaissent et disparaissent à tour de rôle : ils sont censés nous divertir ! Mieux encore : faire sourire ou redonner sa bonne humeur au lecteur ! C’est vrai que l’on sourit souvent ici avec Milan Kundera, dont le style est toujours élégant et concis… Même quand il nous fait la leçon (souvent, et avec un cet air de pas y toucher). On notera que contrairement à ses anciens opus, si ce livre-ci est dispensé de message, il n’est pas exempt de réflexions ni de sens, surtout quand l’auteur prend la pose, à son tour, et livre quelques pitreries bien senties…

La peau de l’ours, Joy Sorman

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Mardi, 02 Septembre 2014. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

La peau de l’ours, août 2014, 160 p. 16,50 € . Ecrivain(s): Joy Sorman Edition: Gallimard

Avec La peau de l’ours, Joy Sorman s’intéresse à nouveau à ce rapport de l’homme à l’animal qui, en lui ouvrant des portes fantasmatiques, lui permet d’aborder de manière romanesque l’histoire de l’humanité et la définition même de l’humain. Et elle tente encore de s’immerger à fond dans un monde qui lui est étranger en en exploitant tous les éléments. Une démarche qui lui avait réussi dans Comme une bête, fable délirante et jubilatoire retraçant sur une cadence endiablée le parcours initiatique d’un jeune apprenti boucher, mais qui s’avère peu convaincante dans ce dernier roman.

C’est que Comme une bête, perfusé par le langage technique de la boucherie, encore vierge en littérature, fut totalement galvanisé par l’inventivité de la langue. Entrer dans la peau d’un ours était sans doute beaucoup plus ambitieux, et, privée du langage de l’animal – dont les grognements auraient  difficilement pu renouveler la langue –, l’écriture de Joy Sorman, variant peu les temporalités et recourant trop souvent à de fastidieuses énumérations, s’avère plutôt prévisible et monotone. On trouve alors laborieux le déroulement linéaire de ce récit dépourvu d’humour. Et ceci d’autant plus que les mondes parcourus par l’auteure ayant été déjà bien explorés par d’autres, le texte essentiellement nourri de toutes ces références reste sans surprise, son ancrage initial dans l’archaïsme et le merveilleux du conte semblant même curieusement avoir été un frein à l’imagination…

La plage de Scheveningen, Paul Gadenne

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Lundi, 30 Juin 2014. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

La plage de Scheveningen, Gallimard, coll. L’Imaginaire, 308 pages, 10,15 € . Ecrivain(s): Paul Gadenne Edition: Gallimard

 

Comme beaucoup d’écrivains de sa génération, Paul Gadenne fut marqué par la guerre et l’extermination massive, impensable, des Juifs. Et la collaboration avec l’occupant, la « trahison » de son compagnon d’étude et ami Robert Brasillach, comme l’épuration qui accompagna la victoire, ajoutant encore pour lui au « gâchis », le bouleversèrent profondément : des hommes avides de vengeance n’hésitaient pas en effet, au nom d’une justice aveugle, à prononcer la condamnation définitive de certains des leurs… La plage de Scheveningen qui se situe dans le contexte de la Libération est ainsi un roman hanté par le mal et la culpabilité, et surtout par la question du jugement et du salut. Un roman « fraternel », cherchant à comprendre et non à juger, s’affirmant comme une quête de la lumière au sein de l’« horreur » de la nuit.

Automne 1944. Guillaume Arnoult retrouve Paris après cinq ans de guerre. Cinq ans, six ans peut-être : c’est aussi le temps écoulé depuis le départ inexpliqué d’Irène. A la perte de la femme aimée avec laquelle il avait vécu des « choses très belles », s’ajoute celle d’un ami, Hersent – figure à peine déguisée de Brasillach. Une double perte marquant la fin de sa propre innocence :

Le Miel, Slobodan Despot

Ecrit par Valérie Debieux , le Samedi, 14 Juin 2014. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Le Miel, janvier 2014, 128 pages, 13,90 € . Ecrivain(s): Slobodan Despot Edition: Gallimard

 

Ex-Yougoslavie, fin des années 1995. Sur une bretelle d’autoroute, une rencontre insolite entre un vieil apiculteur, Nikola, accompagné de son fils, Vesko Prznica surnommé « Vesko le Teigneux », et une herboriste. Quelque peu affolée par la dispute entre les deux hommes, la jeune femme sort de son sac trois cents deutschemarks, une somme colossale pour l’époque, en vue de mettre fin à la discorde entre le jeune homme et le « vieillard ». « Pour sa vie », dit-elle. Vesko, stupéfait, accepte le geste de la jeune femme.

A la demande de son père, qui entend bien se libérer de cette dette, celui-ci retrouve son adresse, débarque chez elle sans crier gare, et lui livre cinquante kilos de miel. Ce « cadeau » ne pouvait pas mieux tomber : « Toute ma petite pharmacie repose sur le miel. Il adoucit tout, il enrichit tout. Toute notre vie d’ailleurs repose sur le miel. Plus de miel parce que plus d’abeilles. Plus d’abeilles, plus de fécondation. Plus de plantes sur terre » !

Englebert des collines, Jean Hatzfeld

Ecrit par Martine L. Petauton , le Jeudi, 12 Juin 2014. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Englebert des collines, avril 2014, 105 pages, 11,90 € . Ecrivain(s): Jean Hatzfeld Edition: Gallimard

 

Hatzfeld était là, en Avril 94, au journal du soir. Sa voix s’était brisée : « le Rwanda – disait-il – il faut faire quelque chose ! il faut au moins que chacun sache… », et il avait pleuré.

Pour vous, sans doute aussi, à ce moment-là, le génocide Rwandais entrait dans votre existence et votre mémoire.

Depuis, 900.000 morts après, l’auteur, inlassablement, s’applique de livre en livre à nous marquer au fer rouge, de ses récits coupants comme autant de machettes, qu’on lit et relit – essayant, mais c’est vain – de ne pas y croire… toujours pas.

Il y a eu – retable étrange à panneaux, montrant, comme au Moyen Age, l’infini récit de ces hommes capables de faire cela à d’autres hommes – Dans le nu de la vie, puis Une saison de machettes. Chacun de ces petits livres denses, signé du talent de Hatzfeld : précision chirurgicale, sobriété, aucun effet de plume, décrire, faire parler, poser les faits et ne pas oublier – écriture parfaite et littéraire, le regard de celui-ci ou de celui-là, que nous emporterons tous, en refermant le livre, que ne guettera jamais la poussière des fonds de bibliothèque.