Identification

Gallimard

Les éditions Gallimard, appelées jusqu’en 1919 les éditions de la Nouvelle Revue française et jusqu’en 1961 la librairie Gallimard, sont ungroupe d'édition français. La maison d'édition a été fondée par Gaston Gallimard en 1911. Le groupe Gallimard est actuellement dirigé par Antoine Gallimard. Considérée comme l'une des plus importantes et influentes maisons d'édition en France, notamment pour la littérature du xxe siècle et contemporaine, Gallimard possède en 2011 un catalogue constitué de 35 prix Goncourt, 36 écrivains ayant reçu le prix Nobel de littérature, et 10 écrivains récompensés du prix Pulitzer.


Un si beau diplôme !, Scholastique Mukasonga (par Tawfiq Belfadel)

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Vendredi, 19 Octobre 2018. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Afrique, Biographie, Récits

Un si beau diplôme !, mars 2018, 192 pages, 18 € . Ecrivain(s): Scholastique Mukasonga Edition: Gallimard

 

Retrouver le père par l’autobiographie

Après des œuvres de fiction, romans et nouvelles, qui lui ont valu un ample succès et le prix Renaudot en 2012, Scholastique Mukasonga publie un récit autobiographique : Un si beau diplôme !

Comme l’illustre clairement le titre, le récit est primordialement centré sur le diplôme. Pour Scholastique, un diplôme au Rwanda, son pays natal, n’est pas un simple bout de papier : c’est un moyen pour affirmer son existence.

« Ce serait ma sauvegarde, mon sauf-conduit dans les périls de cette vie, mon véritable passeport : la seule preuve que, quelque part dans la monde, j’existais » (p.47).

L’auteure a passé la moitié de sa vie à courir après ce fameux diplôme d’assistance sociale. Ainsi, elle découvre l’exil et ses conséquences en passant d’un pays à l’autre, d’une région à l’autre : Rwanda, Burundi, Djibouti, France… Scholastique a eu son diplôme, fonde sa famille, et s’installe enfin au nord de la France.

Quintet, Frédéric Ohlen (par Cathy Garcia)

Ecrit par Cathy Garcia , le Jeudi, 18 Octobre 2018. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Quintet, mars 2014, 354 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): Frédéric Ohlen Edition: Gallimard

 

Quintet, comme son nom l’indique, est un roman composé de cinq voix différentes que le destin emporte dans son tourbillon pour former une œuvre riche et entêtante. Ce Quintet prend place au XIXesiècle, à la naissance de la Nouvelle-Calédonie. Les Français étaient là depuis quelques années  et « le pays comptait moins de quatre cents civilsla plupart cantonnés dans la capitale, si on pouvait appeler ainsi une ville aux rues non pavées, sans port aménagé, sans eau potable. Une cité puante, montueuse et marécageuse en diable (…) ». Quatre cents civils si l’on ne comptait bien sûr la population autochtone répartie en une multitude de tribus. Et qui dit naissance dans le cas d’une terre déjà habitée, oublie souvent de dire que c’est le début de la fin pour la culture et la liberté de ceux qui étaient déjà là bien avant, fût-ce depuis des millénaires.

Quatre cents « Men-oui-oui » donc, comme les appelaient les Kanak, « au verbe haut et à la peau rouge, qui sillonnent le pays à grand pas, creusent des trous sans rien y mettre, lavent l’eau des rivières sans la boire ».

« Quand les White Men sont contents, à l’occasion d’un anniversaire ou pour marquer un grand événement, ils tirent dans le vide. Pour le plaisir. Celui d’exhaler tant de puanteur que le ciel recule ».

Le Train d’Erlingen ou La métamorphose de Dieu, Boualem Sansal, par Gilles Banderier

Ecrit par Gilles Banderier , le Mardi, 16 Octobre 2018. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Maghreb

Le Train d’Erlingen ou La métamorphose de Dieu, août 2018, 248 pages, 20 € . Ecrivain(s): Boualem Sansal Edition: Gallimard

Très rares sont les écrivains qui, dès le seuil de leur œuvre, acceptent de reconnaître leurs dettes à l’égard de leurs prédécesseurs. En général, les auteurs entendent surtout que l’on admire leur puissante originalité créatrice. Dès lors, c’est le travail – plutôt ingrat – de la critique littéraire et de l’exégèse universitaire, que d’indiquer les « sources » auxquelles l’auteur a bu, les influences subies, qu’elles aient ou non été conscientes.

Boualem Sansal salue Thoreau, Baudelaire, Kafka, Gheorghiu, et Buzzati : du beau monde, comme on dit. Certains passages du Train d’Erlingen sont des commentaires de leur œuvre, qui feraient honneur à un critique professionnel. Le roman entrelace de façon subtile deux histoires, aussi fictives, mais pas aussi vraisemblables, l’une que l’autre. Boualem Sansal est un authentique créateur – un des derniers ? – qui ne se réfugie pas derrière la tentation facile de la biographie écrite ou filmée. Les protagonistes sont deux femmes (le mot « héroïne » ne leur convient guère) que tout sépare : le lieu, la fortune (aussi bien la richesse que le destin), le statut social. Riche héritière d’un conglomérat alimentaire, Ute von Ebert vit à Erlingen, une de ces bourgades allemandes où le temps semble s’être arrêté, désormais en proie à une fièvre obsidionale.

Encore cent ans pour Melville, Claude Minière (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Vendredi, 12 Octobre 2018. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Biographie, En Vitrine

Encore cent ans pour Melville, juin 2018, 112 pages, 11,50 € . Ecrivain(s): Claude Minière Edition: Gallimard

 

« Il faudra encore cent ans pour qu’Herman Melville soit lu, soit vu avec ses multiples visages, son côté noir et son côté lumineux… Trois cents ans de parenthèse. Trois siècles de tortue » (Encore cent ans pour Melville).

« Il faisait un temps merveilleux le jour où vint pour la première fois mon tour de poste à la haute vigie (Moby Dick).

« Par une illusion d’optique, flottent haut dans une brume d’azur, des terres ensoleillées comme des cygnes ou des paons aux brillantes couleurs. Le ciel et la terre se confondent, les nuages ensoleillés traînent sur la plaine » (Mardi).

Encore cent ans pour Melville est une biographie légère comme une chaloupe qui glisse sur la houle vers le Cachalot Blanc, un exercice d’équilibre littéraire pour éviter qu’Herman ne nous échappe, pour éclairer en quelques chapitres de haute tenue la vie du marin écrivain, de l’écrivain silencieux, qui n’a point cherché à écrire des livres plaisants et faciles. Melville est un aventurier, en mer et devant sa feuille, ses feuilles blanches qu’il anime, qu’il fait vivre de romans et de poèmes.

Les aventures de Mao pendant la Longue Marche, Frederic Tuten (par Léon-Marc Levy)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 04 Octobre 2018. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman

Les aventures de Mao pendant la Longue Marche (The Adventures of Mao on The Long March), traduit de l’américain par Maurice Rambaud, Gallimard 1974. 195 p. . Ecrivain(s): Frederic Tuten Edition: Gallimard

L’expression « OVNI littéraire » a été tellement galvaudée qu’on peut hésiter à l’utiliser encore. Cependant cette image s’impose pour ce roman (??), cet épisode de l’Histoire (??), cet exercice de style (??), cet essai sur l’art (??) que Frederic Tuten écrivit dans les années qui suivirent le vent de folle liberté qui soufflait sur le monde occidental, dans les années 70.

Ce livre bouscule de manière inouïe tous les codes du romanesque ou de la narration. On y trouve enchâssés les uns dans les autres, des paragraphes, d’Histoire de la Chine pendant la Longue Marche entreprise par Mao-Tsé-Toung et son Armée Rouge au début des années 30, des passages romanesques ayant pour cadre la même période — Mao est un formidable personnage de roman en vérité —, des pages de considérations sur l’Art moderne et sa création, des pastiches formidables de grands écrivains américains — Faulkner, Malamud, Dos Passos, Hemingway, Lowry, Kerouac, des citations de pages entières d’Emerson (Walden) ou de Joyce. Et, au passage, des considérations où le discours intellectuel sur l’art ou la littérature en prend pour son grade ! Et c’est souvent à se tordre de rire.