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Gallimard

Les éditions Gallimard, appelées jusqu’en 1919 les éditions de la Nouvelle Revue française et jusqu’en 1961 la librairie Gallimard, sont ungroupe d'édition français. La maison d'édition a été fondée par Gaston Gallimard en 1911. Le groupe Gallimard est actuellement dirigé par Antoine Gallimard. Considérée comme l'une des plus importantes et influentes maisons d'édition en France, notamment pour la littérature du xxe siècle et contemporaine, Gallimard possède en 2011 un catalogue constitué de 35 prix Goncourt, 36 écrivains ayant reçu le prix Nobel de littérature, et 10 écrivains récompensés du prix Pulitzer.


Encore cent ans pour Melville, Claude Minière (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 18 Janvier 2019. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Cette semaine

Encore cent ans pour Melville, juin 2018, 112 pages, 11,50 € . Ecrivain(s): Claude Minière Edition: Gallimard

 

Le cœur de ce vivifiant petit essai, qui s’attache à « revenir sans cesse, par de multiples touches, sous des angles variés, des “éclairages” », à la vie et à l’œuvre de Herman Melville, se trouve à la page 20 : « Herman Melville, écrit Claude Minière, est un Américain nourri de Shakespeare et de la Bible ».

Quid de la Bible ?

« Moby Dick est ponctué, “piqué”, du mot God autant si ce n’est plus que de celui du nom de la Baleine démoniaque, mais elle est “blanche”. Le navire est féminin (she), le monstre pourchassé est a sperm fish, l’Océan a masculine sea. Ce que dit un mot…

“C’est un livre bien méchant que je viens d’écrire et, tel l’agneau pascal, je me sens blanc comme neige”, écrivait Melville à son ami Nathaniel, le 17 novembre 1851.

L’histoire contée dans ce livre méchant (la chasse d’une baleine blanche) avale – avale et avalise – une autre histoire, la légende de Jonas.

Chers fanatiques Trois réflexions, Amos Oz (par Gilles Banderier)

Ecrit par Gilles Banderier , le Mercredi, 16 Janvier 2019. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Cette semaine

Chers fanatiques Trois réflexions, octobre 2018, trad. hébreu Sylvie Cohen, 118 pages, 10,50 € . Ecrivain(s): Amos Oz Edition: Gallimard

 

Le nouveau livre d’Amos Oz, Chers fanatiques (dont le titre français, qui ne colle pas à l’original hébreu, évoque malencontreusement le Chers Djihadistes de Philippe Muray) est un recueil de trois articles très différents.

Le premier aborde la question du fanatisme en général et du fanatisme religieux en particulier. Tout se passe comme si une sorte de surmoi mystérieux interdisait à Amos Oz (et à nombre d’intellectuels) d’envisager le fanatisme islamique en tant que tel, dans sa spécificité, son impiété et son caractère intrinsèque (quand l’islam n’a-t-il pas été violent ?), sans lui chercher aussitôt des correspondants parfois boiteux dans la Bible hébraïque ou l’histoire de l’Église. Oz place sur le même plan des choses dissemblables, voire des phénomènes qui n’existent pas. On n’a jamais assisté, en Europe, à des pogroms prenant des « migrants » pour victimes. Les « profanations » de mosquées, quand elles se produisent, demeurent des exceptions et se limitent à des plaisanteries de bas aloi (une tranche de jambon dans la boite aux lettres). En France du moins, la décence ordinaire et des siècles de civilisation ont fait que, même après les massacres du RER, de Charlie-Hebdo, de l’Hyper-Cacher ou du Bataclan, aucun musulman n’a été molesté par esprit de vengeance.

1984, George Orwell (par Gilles Banderier)

Ecrit par Gilles Banderier , le Mercredi, 12 Décembre 2018. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Roman

George Orwell, mai 2018, trad. anglais Josée Kamoun, 372 pages, 21 € . Ecrivain(s): George Orwell Edition: Gallimard

 

On ne peut rendre compte d’une œuvre publiée il y a près de soixante-dix ans (1949) et devenue un classique comme on recenserait un « roman de la rentrée ». La bibliographie des études consacrées au chef-d’œuvre de George Orwell est immense. Peter Davison a publié les œuvres complètes de l’écrivain, en vingt volumes, totalisant 9000 pages. Il est désormais impossible de lire 1984 de manière « innocente », comme on l’aurait fait au moment de sa parution. Entre le roman et nous s’interposent non seulement la masse opaque des commentaires, mais encore sept décennies de déplaisantes expériences politiques. Comme d’habitude, toutes les interprétations proposées, parfois contradictoires, n’ont pas épuisé les significations de cette œuvre. Tout paraît avoir été déjà dit et tout reste encore à dire.

En situant en 1984 (année qu’il n’avait aucune chance de voir et il le savait) une intrigue écrite en 1948, Orwell se plaçait dans un avenir à la fois proche et lointain. Arthur C. Clarke remarquait qu’un roman d’anticipation ne cherche pas à prédire l’avenir, mais à l’empêcher de se produire. De ce seul point de vue, 1984 est un échec flagrant.

Lettres à Philippe Sollers, 1958-1980, Dominique Rolin (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Lundi, 03 Décembre 2018. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Correspondance

Lettres à Philippe Sollers, 1958-1980, octobre 2018, 480 pages, 24 € . Ecrivain(s): Dominique Rolin Edition: Gallimard

 

« Je relis votre livre (1) avec le même bonheur : la musique intérieure du récit qui m’avait touchée dès les premières pages recommence à chanter, rire et pleurer à la seconde lecture avec la même élasticité vibrante, si douce et si cruelle que j’en sors étrangement atteinte » (Le 7 novembre 1958).

« Je pensais en riant que lorsque paraîtra ton livre (2), la masse de tes ennemis ne l’emportera pas au paradis, merveilleuse expression qui n’aura jamais eu un sens plus exact. Ceux qui t’aiment au contraire l’emporteront, c’est-à-dire seront emportés par Paradis car ils l’auront mérité » (Mercredi 13 août 1980, 11 heures).

Plus de vingt ans séparent ces deux lettres, les premiers et les derniers mots de cette floraison désormais publiée sous la haute fidélité à l’écrivain, par Jean-Luc Outers, comme l’avait fait l’an passé Frans De Haes pour celles de Philippe Sollers. Des milliers de lettres échangées entre les deux écrivains amoureux, deux amoureux écrivains.

Egon Schiele, catalogue d'exposition (par Matthieu Gosztola) (2/2)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Lundi, 03 Décembre 2018. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Arts

Egon Schiele, édition publiée sous la direction de Dieter Buchhart avec la collaboration d’Anna Karina Hofbauer, Gallimard, collection Livres d’Art, 2018, 224 pages, 35 € Edition: Gallimard

 

(Passionnant catalogue d’exposition. Compagnon idéal, avant, pendant et après une récente venue à la fondation Vuitton.)

Enfants, Egon et ses deux sœurs – l’aînée Melanie et la cadette Gertrude (Gerti) – furent témoins de la lente dégénérescence mentale de leur père syphilitique. Durant ses crises de démence, la famille avait appris à répondre à d’invisibles dignitaires qui hantaient la table commune. « Egon était impressionnable et il n’avait que quatorze ans lorsque Adolf Schiele mourut dans la nuit du 31 décembre 1904, remarque Alessandra Comini dans “Dessin : la ligne de vie d’Egon Schiele”. L’origine vénérienne du mal qui emporta son père explique évidemment, dans une large mesure, la place que la sexualité et ses questions brûlantes allaient prendre dans son œuvre. Dans ses dessins érotiques, la puissance du pinceau lui permettrait d’extraire et – littéralement – d’isoler la vérité nue ».