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Gallimard

Les éditions Gallimard, appelées jusqu’en 1919 les éditions de la Nouvelle Revue française et jusqu’en 1961 la librairie Gallimard, sont ungroupe d'édition français. La maison d'édition a été fondée par Gaston Gallimard en 1911. Le groupe Gallimard est actuellement dirigé par Antoine Gallimard. Considérée comme l'une des plus importantes et influentes maisons d'édition en France, notamment pour la littérature du xxe siècle et contemporaine, Gallimard possède en 2011 un catalogue constitué de 35 prix Goncourt, 36 écrivains ayant reçu le prix Nobel de littérature, et 10 écrivains récompensés du prix Pulitzer.


Le soldat remémoré, Anjet Daanje (par Anne Morin)

Ecrit par Anne Morin , le Lundi, 08 Juin 2026. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Pays nordiques, Roman

Le soldat remémoré, Anjet Daanje, Gallimard Du monde entier, roman traduit du néerlandais par Isabelle Rosselin, 729 pages, 28€ Edition: Gallimard

 

Un chassé-croisé, une tentative de reconnaissance, ce roman partagé, brimbalant, en faisant la part des choses fait la part belle à la vie rêvée versus la vie réelle, le vécu versus l’invention, le souvenir versus l’amnésie : « C’est comme si son corps appartenait à un autre… » (p.40).

Un soldat sans mémoire cantonné dans un asile pour ceux qui, revenant du front, ne sont plus réclamés, attendus par personne. Amand, c’est son prénom, symbole de douceur et d’affection, « aimé par Dieu », vit depuis la fin de la guerre dans cet asile. Apparemment le moins touché d’entre les « malades de guerre » il fait le lien entre eux, les apaise.

Amand, que l’on appelait Noen à l’asile où il séjourne depuis cinq ans, reçoit comme les autres des visites de femmes-épouses qui n’ont pas renoncé à retrouver leur mari.

L’Arbre-Seul, André Velter (par Patrick Abraham)

Ecrit par Patrick Abraham , le Mercredi, 03 Juin 2026. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

L’Arbre-Seul, André Velter, Gallimard, coll. Poésie/Gallimard, 2001, 234 pages, 10,40 euros . Ecrivain(s): André Velter Edition: Gallimard

 

Chacun a assisté, en bord de mer, en pleine campagne ou en montagne, à l’arrivée d’un orage. Tel est le thème d’un poème d’André Velter dans la section de son recueil L’Arbre-Seul (p. 72-73) suscitée par l’Inde, où il a séjourné à de nombreuses reprises.

Velter est un poète-voyageur. Un poète pour qui le Dehors et le Divers existent et doivent être parcourus, respirés, afin d’être chantés. Les poètes-voyageurs ne sont pas si fréquents dans notre littérature, plutôt prudente et casanière. Certes, des poètes ont voyagé par plaisir ou par nécessité, mais un poète-voyageur, c’est autre chose.

Baudelaire, de son périple de jeunesse de Bordeaux jusqu’à l’île Bourbon et l’île Maurice, n’a rapporté que quelques images obsédantes. Rimbaud (Velter est né à Signy-L’Abbaye, à trente kilomètres de Charleville…) avait cessé d’écrire lorsqu’il a vadrouillé loin de l’Europe aux anciens parapets. Trop peu décentré encore, Claudel n’est pas stricto sensu un poète-voyageur malgré les intuitions grandioses des proses de Connaissance de l’Est – mais je penserai sans doute le contraire demain !

Le trimard, Jack London (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Jeudi, 21 Mai 2026. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Le trimard, Jack London, trad. Marc Chénetier, dessins Simon Roussin, éd. Gallimard (Le sentiment géographique), 208 p., avril 2026, 22€ . Ecrivain(s): Jack London Edition: Gallimard


Journal d’un hobo

Jack London (1876-1916) livre dans ce roman, des souvenirs rétrospectifs qui lui sont chers, en l’occurrence celui d’un « trimardeur affamé » ; un hobo dont l’existence consiste à prendre des trains en marche « sans se briser le cou », et où « les très pauvres constituent la dernière ressource assurée du vagabond affamé ». Pour survivre, il faut mendier, et c’est tout un art, finalement, un art de la narration. Car c’est grâce aux mots que l’on obtient crédit et confiance. Comme un barde des temps anciens. Mais voilà, dans le Nouveau Monde, les arrêtés contre ceux qui ne travaillent pas, les nomades et les clochards, sont rigoureux. Le style littéraire du grand écrivain est proche de celui du road movie, du périple et de la cavale sur les routes de la Beat Generation de Jack Kerouac. L’on pense également à Henri Miller et au problème récurrent de la faim.

Le rire de la méduse Manifeste de 1975, Hélène Cixous (par Gilles Cervera)

Ecrit par Gilles Cervera , le Lundi, 04 Mai 2026. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Le rire de la méduse Manifeste de 1975, Hélène Cixous éd nrf Gallimard, 53pp, 11€90 Edition: Gallimard


Quel homme (mâle !) se prétend-on pour oser écrire sur Hélène Cixous ?

Et pire, risque insensé, pour tenter de s’appareiller à Le rire de la Méduse, Manifeste de 1975, publié en 2024 à la NRF ?

Ce pourrait être un tract dont Gallimard a pris l’habitude, son format court et vif correspondrait, mais Le rire de la méduse mérite mieux, la collection ivoire, dite blanche est à bonne hauteur – pour ne pas dire auteure.

Tout le système phallogocentré en prend pour son grade, et à juste titre ! Y compris l’éditorial !

Écris, que nul ne te retienne, que rien ne t’arrête ; ni imbécile machine capitaliste où les maisons d’éditions sont les rusés et obséquieux relais des impératifs d’une économie qui fonctionne contre nous et sur notre dos ; ni toi-même.

André Malraux et la tentation de l’Inde, études, textes et documents réunis par Jean-Claude Perrier (par Patrick Abraham)

Ecrit par Patrick Abraham , le Jeudi, 30 Avril 2026. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, La rentrée littéraire, En Vitrine, Cette semaine

André Malraux et la tentation de l’Inde, études, textes et documents réunis par Jean-Claude Perrier, éditions Gallimard et Ambassade de France en Inde, 2004, 263 pages, 25 euros Edition: Gallimard


J’ai sous les yeux une photographie en couleur, où l’or domine, de la colossale Maheshamurti de la grotte d’Elephanta au large de Bombay (aujourd’hui : Mumbai). On distingue André Malraux au premier plan, de profil, en costume et cravate mais ayant tombé la veste, les mains dans les poches, le visage et le corps marqués par l’âge (il a cinquante-sept ans…).

La Maheshamurti représente Shiva sous ses trois aspects : le créateur des quatre ères cosmiques ; celui qui les préserve ; puis qui les détruit pour qu’un cycle recommence. Cette illustration (le photographe, Jacques de Potier, travaillait pour Paris Match) occupe la couverture du beau livre publié conjointement par les éditions Gallimard et l’Ambassade de France en Inde en octobre 2004 sous la direction de Jean-Claude Perrier, André Malraux et la tentation de l’Inde. Elle m’a incité à relire les Antimémoires pour y redécouvrir, par-delà la mythomanie malrucienne, les causes d’une fascination prolongée sur plus de quarante ans.