Identification

Gallimard

Les éditions Gallimard, appelées jusqu’en 1919 les éditions de la Nouvelle Revue française et jusqu’en 1961 la librairie Gallimard, sont ungroupe d'édition français. La maison d'édition a été fondée par Gaston Gallimard en 1911. Le groupe Gallimard est actuellement dirigé par Antoine Gallimard. Considérée comme l'une des plus importantes et influentes maisons d'édition en France, notamment pour la littérature du xxe siècle et contemporaine, Gallimard possède en 2011 un catalogue constitué de 35 prix Goncourt, 36 écrivains ayant reçu le prix Nobel de littérature, et 10 écrivains récompensés du prix Pulitzer.


Si, Lise Marzouk (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Jeudi, 20 Septembre 2018. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Si, mars 2018, 320 pages, 21 € . Ecrivain(s): Lise Marzouk Edition: Gallimard

 

Lise Marzouk est la cervoliste – les phrases sont, dans la façon qu’elles ont de se tenir ensemble, le cerf-volant – creusant, autant que parcourant en tous sens le ciel si bleu de sa douleur.

Page après page, il s’agit pour elle de trouver, dans l’écriture, – non péniblement mais par la grâce, funambulesque, donnée par l’amour –, la bonne distance, face à l’essentiel : « Il s’agit de l’essentiel après tout, il s’agit de mon fils ». Dans la lignée de Mallarmé et de son si délicat Pour un tombeau d’Anatole (introduction et notes de Jean-Pierre Richard, Points, collection Poésie, 2006).

Si est ainsi, d’abord, le « témoignage » bouleversant de l’expérience d’une mère, devant l’inexorable et l’assourdissant d’un péril, d’une détresse. Face à laquelle le langage demeure impuissant. Et les rêves eux-mêmes et les espoirs les plus fous : tous perdants, faibles, malhabiles devant l’inflexibilité du réel… Une détresse face à laquelle seul, demeure le pouvoir – infini – de l’amour : « Mes bras te seront un rempart supplémentaire pour que tu puisses rentrer au plus profond de toi-même et t’y tapir en secret. J’embrasserai ton pourtour ».

Le train d’Erlingen ou La métamorphose de Dieu, Boualem Sansal (par Farid Namane)

Ecrit par Farid Namane , le Mardi, 11 Septembre 2018. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Maghreb, La rentrée littéraire

Le train d’Erlingen ou La métamorphose de Dieu, août 2018, 256 pages, 20 € . Ecrivain(s): Boualem Sansal Edition: Gallimard

 

Le dernier roman de Boualem Sansal est à la fois une prouesse d’écriture, une analyse fine de l’actualité et une démystification d’un phénomène mondial qui guette l’humanité. Mêlant le genre épistolaire à la mise en abyme, la réalité à la fiction, l’auteur nous livre un roman à lire avec la plus grande attention.

Dans l’attente d’un train qui n’arrive pas, les habitants de la ville d’Erlingen vivent dans la peur d’un « envahisseur sans nom […] sans but évident et [qui] ne dit pas tout » (p.36). Hannah Von Ebert, héritière d’un gigantesque empire financier, écrit des lettres à sa fille Léa établie en Angleterre afin de lui donner des nouvelles d’Erlingen assiégée par cet envahisseur invisible. Toutefois, ces lettres ne sont pas envoyées car les services de la Poste ne fonctionnent plus. Dans l’attente du train rédempteur, Hannah raconte l’histoire de son ancêtre Ernst Hans-Günter Ebert qui faisait partie des premières vagues d’immigration européenne vers l’Amérique.

Ajoie, précédé de Passage des ombres et de Cette âme perdue, Jean-Claude Pirotte (par Gilles Banderier)

Ecrit par Gilles Banderier , le Lundi, 10 Septembre 2018. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Ajoie, précédé de Passage des ombres et de Cette âme perdue, février 2018, préface Sylvie Doizelet, 424 pages, 7,30 € . Ecrivain(s): Jean-Claude Pirotte Edition: Gallimard

« Je m’appelle Montjoie et je viens en Ajoie vous apporter la joie ». L’Ajoie est cette pointe que pousse la Suisse en territoire français, au Sud de Belfort (analogue à la pointe de Givet, dans les Ardennes). Au XVIesiècle, le prince-évêque de Bâle, chassé de la cité rhénane par la Réforme protestante, se replia vers l’Ajoie et vint s’installer dans la petite ville de Porrentruy, dont il fit la capitale de son pouvoir temporel et spirituel. Ses successeurs poursuivirent l’œuvre d’embellissement et, de nos jours, Porrentruy est une magnifique cité ancienne, veillée par le château des princes-évêques, avec de nombreux bâtiments du XVIIIesiècle, qui lui confèrent unité et harmonie. Ce fut précisément un des princes-évêques de Bâle, Simon Nicolas de Montjoie (1698-1775), qui, selon la tradition locale, prononça à son arrivée en Ajoie (1762) la formule citée plus haut. En 1793, l’Ajoie se trouva rattachée à la France et forma le département du Mont-Terrible (du nom d’une montagne proche, le Mont-Terri), avant d’être incorporée au département du Haut-Rhin, puis de revenir à la Confédération helvétique. Peu touchée par l’urbanisation, l’Ajoie offre aux rêveurs et aux hommes libres des paysages intacts, où le temps s’écoule paisiblement.

Smith & Wesson, Alessandro Baricco

Ecrit par Marie-Pierre Fiorentino , le Mardi, 04 Septembre 2018. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Italie

Smith & Wesson, mai 2018, trad. italien Lise Caillat, 158 pages, 16 € . Ecrivain(s): Alessandro Baricco Edition: Gallimard

 

Un critique audacieux et habile choisirait de rendre compte de Smith & Wesson sous forme de dialogue parodique. Un rédacteur, lent à rendre son papier consacré à cette pièce, s’y ferait gentiment tirer l’oreille par le directeur d’une revue littéraire.

Ce critique, facétieux, baptiserait ses personnages Leroy et Merlin, clin d’œil au titre de Baricco. On ne découvrirait, hilare, leur prénom qu’un peu plus tard tout en reconnaissant qu’on n’en attendait pas moins étant donné la cocasserie régnant dès les premières lignes.

Après quelques répliques, il serait clair que ces deux-là seraient faits pour s’entendre, malgré le ton bougon du directeur.

« Mais enfin, quoi ? Vous l’aviez demandé en service de presse, ce livre. Il s’agirait d’être réglo vis-à-vis de l’éditeur. Quel est le problème ? Il ne vous a pas plu ? ».

Il s’avèrerait que le rédacteur aurait une excellente excuse :

François, portrait d’un absent, Michaël Ferrier

Ecrit par Philippe Chauché , le Mardi, 21 Août 2018. , dans Gallimard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

François, portrait d’un absent, août 2018, 256 pages, 20 € . Ecrivain(s): Michaël Ferrier Edition: Gallimard

 

« Ça arrive comme une vague.

Cette nuit-là, j’ai compris ce qu’était une voix blanche. La voix de Jérôme était blanche.

Maintenant, les souvenirs affluent. Ça arrive comme une vague ».

C’est une vague qui emporte François et sa fille Bahia, ce jeudi 26 décembre d’une année qui n’existe plus, sur une plage de l’île de La Graciosa aux Canaries. Une vague venue de loin, invisible, va harponner François et sa fille, une vague silencieuse qui donne le jour à un livre inspiré et profond. François, portrait d’un absent oscille entre le roman et le récit, dans le battement au cœur du souvenir, des souvenirs partagés. Des souvenirs comme des apparitions, qui se glissent avec grâce dans le livre, avec cet art unique de faire apparaître les disparus, de consacrer une présence, de rendre à la vie ceux qui s’en sont absentés. François, portrait d’un absent comme une vague fait surgir le passé commun des deux amis, leurs quatre cents coups, les années lycée, leur densité poétique, les années où se mêlent musiques et ivresses, un œil sur Monk, et une oreille à l’écoute de Leonhardt, des musiciens poètes, l’un danse, l’autre s’envole, ce sont deux oiseaux musiciens aimés de la beauté, comme l’était François.