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Les Livres

« Pétersbourg » d'Andreï Biely (par Alix Lerman Enriquez)

Ecrit par Alix Lerman Enriquez , le Lundi, 02 Mars 2026. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED, Russie

Pétersbourg, Andreï Biely, éditions des Syrtes poche

 

Je viens de refermer ce livre d’Andrei Biely contemporain d’Alexandre Blok, avec l'impression de tenir entre mes mains un véritable chef-d'œuvre. Une profusion d'images et de couleurs affleure encore à ma conscience avec cette conviction que des années après avoir lu ce livre, je me souviendrai encore de cette fresque grandiose.

Je ne sais par où commencer pour décrire cette odyssée russe qui, tout comme Ulysse de James Joyce, ne dure que vingt- quatre heures. Vingt- quatre heures intenses et endiablées de la vie d’Apollon Apollonovitch et de son fils Nicolaï.

Apollon Apollonovitch Ableoukhov, sénateur conservateur, glacial et compassé, à la fois ridicule et sûr de son importance, est, contrairement à ce que son prénom le laisse supposer, d’une laideur incomparable.  Muni d’oreilles vertes immenses, il semble être justement le parfait contrepoint d'un apollon. C’est que dans ce drame, le comique n’est jamais loin et la dérision sauve ce roman d’une noirceur profonde, rend par certains légère et drôle cette œuvre tragi-comique.

À propos de Abattis – Yves Charnet (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Lundi, 02 Mars 2026. , dans Les Livres, Les Dossiers, La Une CED, Entretiens

Abattis – Yves Charnet – Préface Laurent Roth – Tarabuste – 282 p. – 20 euros – 14/06/25

 

« … j’ai voulu forcer le seuil de sa maison

ces citations sont des armoiries

posées en hauteur

pour qu’on les voie bien

comme ces blasons qui trônent dans les vestibules

des châteaux. »

Laurent Roth – Préface

Quelques citations reproduites au hasard :

« Corps

Toute l’expérience poétique tend à restituer au corps l’actualité de sa naissance. Joé Bouquet »

Pavel Hak, Trust (par Mattia Bonasia)

Ecrit par Mattia Bonasia , le Lundi, 02 Mars 2026. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Pavel Hak, Trust, KC Editions, 2025. 294 pages, 21.00 euros

Dans son dernier roman, Trust (KC Editions, 2025), Pavel Hak plonge le lecteur dans les trames invisibles et violentes du monde globalisé contemporain. Le roman ne suit pas une intrigue linéaire et progresse à travers de courts chapitres narratifs qui se déroulent dans différents lieux du monde (de New York à Shangaï, De Londres à Bombay), en suivant plusieurs personnages, parmi lesquels se distingue le protagoniste Roy Kingsley. Les différentes lignes narratives - qui passent du micro au macro, des bas­-fonds des mégalopoles au trafic mondiale de la drogue - révèlent au lecteur les mécanismes qui régissent le capitalisme global et son alliance avec la guerre ainsi qu’avec la sécurité.

Hak, écrivain tchèque translingue, emploie une langue française directe, dépourvue de rhétorique et réduite à l’essentiel, d’une lucidité telle qu’elle semble par moments hyperréaliste. Le ton froid et fragmenté contraint le lecteur à se confronter à une réalité dans laquelle la démocratie est vidée de sa fonction représentative et où l’individu est réduit à un simple rouage. Dans le capitalisme avancé de Trust, les parlements sont totalement dépossédés de leur rôle et le consensus populaire est orienté par un pouvoir invisible pour la majorité, réticulaire, exercé par des oligarchies économiques et politiques qui agissent loin de tout contrôle public (l’influence de Michel Foucault est ici manifeste).

L’Époux, constat, Patrick Autréaux (par Luc-André Sagne)

Ecrit par Luc-André Sagne , le Lundi, 02 Mars 2026. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Gallimard

L’Époux, constat, Patrick Autréaux, collection « Sygne », Éditions Gallimard, coédition Labor et Fides, 2025, 208 p. 20 euros Edition: Gallimard

 

Rarement auront été tressés ensemble comme ici, dans ce qui se présente non comme un roman ou un récit ou encore un journal mais comme un « constat » (c’est le sous-titre), les trois thèmes distincts de l’orientation sexuelle, de la religion juive et du savoir scientifique.

« L’Époux » du titre renvoie directement au premier thème. Les toutes premières pages s’ouvrent en effet sur le mariage civil, laïque de deux hommes dont l’un est le narrateur, celui qui relate les faits a posteriori, du côté donc, si l’on veut reprendre les catégories de Gérard Genette, d’une analepse, d’une remémoration, et l’autre homme le sujet principal du texte qu’on peut nommer « l’Epoux ». Aucun prénom ni nom pour les distinguer, le premier s’adressant simplement par un « tu » au second.

C’est leur histoire, émaillée de tiraillements et de quasi-ruptures, mais débouchant finalement sur une réconciliation et un renouvellement de leur amour, qui est ici évoquée tout au long du livre, à travers les multiples questionnements du narrateur et ce constat précisément qu’il fait, essentiel, qu’ « un visage m’habite (…), le tien coïncide ».

Namata, là où tout commence – Yalorisha Virginie Lamien (par Patryck Froissart)

Ecrit par Patryck Froissart , le Lundi, 02 Mars 2026. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Namata, là où tout commence – Yalorisha Virginie Lamien – Mindset– 1er décembre 2021- 150 pages - 17€

 

Ouvrage en deux parties, deux histoires racontées par deux voix, se déroulant à deux époques, successivement.

Le premier texte est un roman palpitant. Le deuxième est un récit autobiographique, initiatique.

Là où tout commence.

Yalorisha met en scène Namata, personnage et narratrice à la première personne d’un destin à la fois singulier et semblable, à variantes près, à celui de millions d’hommes et de femmes brutalement et cruellement raflés sur le sol africain pour être déportés en troupeaux et réduits à l’état d’animaux domestiques de l’autre côté de l’océan.

Namata, pour sa part, après avoir subi toutes les affres d’une traversée à fond de cale, se retrouve dans une plantation brésilienne de canne à sucre.