Rarement auront été tressés ensemble comme ici, dans ce qui se présente non comme un roman ou un récit ou encore un journal mais comme un « constat » (c’est le sous-titre), les trois thèmes distincts de l’orientation sexuelle, de la religion juive et du savoir scientifique.
« L’Époux » du titre renvoie directement au premier thème. Les toutes premières pages s’ouvrent en effet sur le mariage civil, laïque de deux hommes dont l’un est le narrateur, celui qui relate les faits a posteriori, du côté donc, si l’on veut reprendre les catégories de Gérard Genette, d’une analepse, d’une remémoration, et l’autre homme le sujet principal du texte qu’on peut nommer « l’Epoux ». Aucun prénom ni nom pour les distinguer, le premier s’adressant simplement par un « tu » au second.
C’est leur histoire, émaillée de tiraillements et de quasi-ruptures, mais débouchant finalement sur une réconciliation et un renouvellement de leur amour, qui est ici évoquée tout au long du livre, à travers les multiples questionnements du narrateur et ce constat précisément qu’il fait, essentiel, qu’ « un visage m’habite (…), le tien coïncide ».