Reste à vivre
Le reste à vivre est une expression banquière odieuse. Ici, elle est fichée comme un couteau dans le réel. C’est que la mort est dans la vie et le livre va bien au-delà.
Bernhard Schlink interroge ce moment du deuil de soi dans un conte à rebours intitulé Ce qui reste.
Ce qui reste est adressé à ceux qui restent, vu des dernières semaines, des derniers jours, des derniers ressauts et ressacs d’amour. Plus de place au regret, trop tard pour la nostalgie. C’est quoi, c’est comment ? Ces derniers moments, sont-ils d’attente, d’illusion projective ou est-ce que retourner revoir la mer est suffisant ?
Au bout de quelques jours, Ulla lui demanda combien de temps il voulait rester au bord de la mer. « Encore un petit peu », répondit-il, et quelques jours plus tard, il dit à nouveau : « Encore un petit peu ».