Les enfants ne sont-ils pas les personnes les plus désignées pour percer les mystères, lever les secrets, braver les non-dits ? À l’image de cette enfance intrépide, volontaire et curieuse, Emma souhaite ardemment posséder, et surtout, entrer dans le jardin qui fait partie de son immeuble. Un immeuble somme toute spécial, puisqu’il s’agit d’un « noble petit palais datant de la Renaissance, situé dans une longue rue étroite au sein du centre historique de Milan. » (p. 3) Quant au jardin, seul le concierge, Monsieur Colnaghi, y a accès pour y effectuer ponctuellement un grand nettoyage de printemps. On sait aussi que l’immeuble et le jardin sont la propriété du comte Hercule Ricotti, un personnage-mystère qu’on n’a jamais croisé dans Milan. Contre toute attente, une circonstance exceptionnelle donne l’occasion à Emma de volatiliser la clef très ancienne qui ouvre le portail du jardin. Pourtant, c’est un événement encore plus fortuit et anodin qui lui permettra d’y entrer vraiment, d’y jouer régulièrement, d’y découvrir des arcades anciennes où se promenaient, cinq cents ans plus tôt, de hauts personnages moyenâgeux, ainsi qu’une fontaine asséchée au fond de laquelle est resté un message énigmatique en latin.