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Les Livres

Poèmes, Edith Södergran (par Luc-André Sagne)

Ecrit par André Sagne , le Lundi, 06 Juillet 2020. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED, Poésie

Poèmes, Edith Södergran, éditions Rafael de Surtis, trad. suédois (Finlande) Régis Boyer, 200 pages, 22 €

 

« Nous devons aimer les longues heures de maladie de la vie

et les années contraintes du désir

comme les brefs instants où fleurit le désert »,

Edith Södergran

 

Voici une publication de première importance. D’abord parce que l’auteur, la poète finlandaise d’expression suédoise, Edith Södergran, qui tient une place centrale dans la poésie moderne des pays scandinaves, reste méconnue en France. Ensuite parce que, grâce au travail des éditions Rafael de Surtis, le volume reprend l’ensemble de son œuvre, cinq recueils et deux suites d’aphorismes. Enfin parce que la poésie qui s’y exprime frappe par son originalité, sa puissance d’évocation et, pourrait-on dire, sa grandeur tragique.

Fille, Camille Laurens (par Sylvie Ferrando)

Ecrit par Sylvie Ferrando , le Vendredi, 03 Juillet 2020. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Gallimard

Fille, mars 2020, 240 pages, 19,50 € . Ecrivain(s): Camille Laurens Edition: Gallimard

 

Camille Laurens se livre ici à l’exercice ardu de l’œuvre autobiographique, dans sa version récit d’enfance et de jeunesse, exercice ardu parce que le texte doit être – ou apparaître – à la fois sincère et pas ennuyeux. L’équation est réussie, grâce au style si personnel de l’auteure, à la structure du livre et au mode d’énonciation choisi.

Ainsi, le roman est constitué de trois parties correspondant aux trois âges de la vie de la narratrice : Laurence-fille (la plus longue) ; Laurence-femme (la plus courte) ; Laurence-mère, suivie d’un court épilogue. Trois voix énonciatives s’entremêlent : le « je » de l’autobiographie, le « elle » de la narration, le « tu » de la complicité et de la confidence. « Tu nais d’un mot comme d’une rose, tu éclos sous la langue » ; « Enfin, elle a ses règles, presque un an après tout le monde » ; « Je me regarde dans le miroir de la salle de bains, les cheveux mouillés, sans maquillage, je ressemble de plus en plus à mon père ». Le roman commence et se termine avec le « tu », l’adresse directe au « moi » qui parcourt les pages : « Tu cherches à comprendre mais tu ne sais pas quoi ».

Une baignoire dans le désert, Jadd Hilal (par Tawfiq Belfadel)

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Vendredi, 03 Juillet 2020. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Elyzad

Edition: Elyzad

 

La guerre : une affaire d’enfants.

Après Des ailes au loin, qui lui a valu un ample succès et plusieurs prix, Jadd Hilal publie son nouveau roman, Une baignoire dans le désert.

Quelque part dans un pays du Moyen-Orient, l’enfant Adel raconte son histoire. Il est toujours seul : divorcés, chacun de ses parents passe son temps au travail. « Je ne le voyais presque jamais en vrai, mon père » (p.17). À défaut d’humains, il a deux amis imaginaires : les deux insectes, Darwin et Tardigrade.

Un jour, la guerre éclate dans son village. Seul, il fuit l’appartement jusqu’à arriver au désert où il est enfermé dans un camp de combattants dirigé par un cheikh. Il est alors soupçonné de faire partie d’un camp ennemi. « Je n’en savais rien. Je n’avais rien à voir avec la guerre et ces histoires d’adultes mais le cheikh ne voulait pas me croire » (pp.57-58).

Sollers en peinture, Une contre-histoire de l’art, Olivier Rachet (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 02 Juillet 2020. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Arts, Tinbad

Sollers en peinture, Une contre-histoire de l’art, Olivier Rachet, 214 pages, 21 € Edition: Tinbad

 

« Manet, Picasso ne sont ni modernes ni contemporains. Ce sont des dieux grecs, panthéistes et athées à la fois. Ils ne commandent rien mais font signe vers toute une palette de possibles, à faire vibrer ici et maintenant. Il n’est sans doute pas anodin que L’Éclaircie soit placée sous l’égide du Parménide de Martin Heidegger auquel Sollers emprunte les citations suivantes, autant de clefs pour comprendre la portée musicale de son écriture de la peinture :

« Un dieu grec n’est jamais un dieu qui commande, mais un dieu qui montre, qui indique.

Les dieux sont ceux qui regardent vers l’intérieur, dans l’éclaircie de ce qui vient en présence ».

Sollers, Rachet, ne sont ni classiques, ni modernes, ni contemporains. L’un écrit depuis toujours, sous la haute protection de déesses attentives, l’autre sait tellement bien lire et écouter les peintres, qu’il en devient écrivain. Sollers est en peinture depuis toujours, comme il est en musique, en littérature, et au cœur de la vie libre. Il faut simplement, lecteur agile, ne pas perdre de vue ce qui se découvre sous nos yeux lorsque l’on ouvre l’un de ses romans ou l’un de ses essais.

Impression(s), soleil, Dir. Annette Haudiquet (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Jeudi, 02 Juillet 2020. , dans Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

Impression(s), soleil, Dir. Annette Haudiquet, MuMa & Somogy éditions d’art, 2017, 223 pages, 29 €

Plus que jamais peut-être, nous sommes éphémères, comme un oiseau se frayant un chemin de chant plus ou moins malhabile dans le ciel du silence (puisque l’on deviendra, tous, un silence parmi les silences), – plus que jamais il nous faut dater. Soient Raoul Lefaix, « L’Hôtel de l’Amirauté », 1928 (photographie noir et blanc sur papier collé sur album Le Havre en 1928, 1928, Le Havre, bibliothèque municipale) ; Séeberger (Frères), « Coucher de soleil sur la mer au Havre », vers 1900 (négatif sur verre au gélatino-bromure d’argent, Charenton-le-Pont, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine) ; A. M. Noël, « Le Cotre pilote Fernand, H 19, dans la brume du port », vers 1893-1901 (tirage photographique sur papier noir et blanc, Le Havre, bibliothèque municipale, fonds iconographique Philippe Manneville) ; Anonyme, « Le Bassin de [la Barre] » – improprement identifié comme le bassin de l’Eure – (photographie positive sur verre, Paris, Fonds Colbert, LabEx EHNE) ; Alfred Soclet, « Grand Quai – Manutention à l’arrivée du bateau de Caen », début du XXe siècle (tirage d’après négatif sur plaque de verre, Le Havre, Centre havrais de recherche historique, fonds Soclet) ; Georges Asselin, « Le Havre, bains Marie-Christine », vers 1900-1910 (négatif noir et blanc stéréoscopique sur plaque de verre, Le Havre, archives municipales) ;