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Bonnes feuilles

La vie qu'on voulait, Pierre Ducrozet (Bonnes feuilles)

Ecrit par La Rédaction , le Jeudi, 11 Avril 2013. , dans Bonnes feuilles, Les Livres, La Une Livres, Roman, Grasset

La vie qu'on voulait. 12 avril 2013. 252 p. 17,90 € . Ecrivain(s): Pierre Ducrozet Edition: Grasset

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Les morts pourraient pas rester où ils sont ? demande Lou à haute voix – le chauffeur de taxi ne répond pas. Vous allez où ? À l’hôpital Saint-Louis, dit-elle. Il démarre.

 

C’est toujours la même histoire, vous prenez votre café, vous remuez la cuillère sans y croire, les collègues parlent de l’après-midi à venir ou peut-être bien du nouveau film d’Almodóvar, un mélodrame ma-gni-fique, j’en ai pleuré, l’actrice est sublime, quand votre téléphone vibre au fond de votre poche, et ce n’est ni votre chef, ni votre amant, c’est un numéro inconnu : vous décrochez. Une voix de jeune femme vous parle et vous ne comprenez pas bien, vous sentez juste que votre coeur accélère sa marche militaire alors que le café n’a pas eu raisonnablement le temps de descendre jusque-là. Vous vous levez, vous n’aimez pas parler à côté d’autres personnes, et ça se complique assez vite. Un revenant. Les morts font ce qu’ils peuvent, et c’est déjà trop. Vous raccrochez, vous bredouillez quelques mots à vos collègues, puis vous vous approchez de la porte vitrée. Une fois dans la rue, vous appelez votre chef, un problème, oui, vous ne viendrez que plus tard, désolée. Votre main se lève, un taxi s’arrête, vous dedans et en route.

Nouvelle extraite de "Les hirondelles sont menteuses", Anita Berchenko

, le Vendredi, 08 Juillet 2011. , dans Bonnes feuilles, Les Livres, La Une Livres, Nouvelles, Numeriklivres

C'est une vieille anglaise, comme il y en a beaucoup dans le Sud-Ouest. Enfin, vieille, peut-être pas... difficile à dire. Grande et assez plate, de longs cheveux blonds fades qui pendent plus ou moins tristement sur ses épaules. Des yeux pâles, et le visage déjà ridé. Pas très féminine non plus, elle aime porter ce qu'on appelle des vêtements confortables, pulls, pantalons, chaussures sans talon. Ce qui ne l'empêche pas d'être très sympathique de l'avis de ses voisins et amis.

Elle s'appelle Kate Brighton. Elle a profité de l'époque où la livre était si forte qu'elle lui a permis, grâce à des économies bien placées, d'acheter cash une maison en France, comme un certain nombre de ses congénères. Elle a liquidé toutes ses affaires en Angleterre, a démissionné de son poste de cadre, et s'est consacrée à la rénovation de sa maison tristement abandonnée aux outrages du temps, qui étalait sa déchéance sur la place de la mairie de cette petite ville du Lauragais.

Le Lauragais, qui s'étend du sud-est de Toulouse jusque dans l'Aude, est une région magnifique. Avec un petit air de Toscane, à ce qu'il paraît. Une succession de vallons, de collines quadrillées de verts et d'ocres rutilants. Des platanes à perte de vue. Des marées de tournesols ou de blés ondulant sous le souffle du vent.

L'eau douce (extrait), Thierry Maré

Ecrit par Didier Bazy , le Jeudi, 26 Mai 2011. , dans Bonnes feuilles, Les Dossiers, La Une CED, Documents

Bonne feuille de "L'eau douce" de Thierry Maré . Ecrivain(s): Thierry Maré

Didier Bazy suggère ici un morceau choisi de L'EAU DOUCE, roman à paraître.


Avec le temps, l’exploration devient habitude. Rien de plus ardu pour la conscience ― c’est pourquoi peut-être on s’y plonge. Le soir, nous accueillant, Lucette a le contentement las des femmes qui ont travaillé. Je n’ai plus de savon, dit-elle, pour la lessive.
Allons au comptoir d’épicerie, propose mon fils en claquant la langue. On passera la soirée, on boira des coups. Il faut se distraire, de temps en temps. Allez-y sans moi, dit Lucette. Mon fils essaie de la convaincre à bras ouverts, bras refermés. Une discussion chuchotée s’engage. Lucette reste intraitable, je ne sais pas pourquoi. Il me semble qu’elle aime de moins en moins le monde, quoi qu’on entende par là. Pour ma part, j’aimerais mieux n’aller nulle part, mais je sais qu’il ne faut pas le dire.
Rester ici, couché, dormir, même en sachant que le sommeil ne viendra pas ; rêver peut-être à tout ce qui ne vient pas… La bière, le monde et les maquereaux au vin blanc, je peux m’en passer, je crois. Je sais qu’il ne faut pas le dire. Si je donne un avis, ils vont faire le contraire, exprès. Mieux vaut donc garder le silence. C’est aussi ce qui fatigue le moins.

Voix du Futur

Ecrit par La Rédaction , le Dimanche, 20 Février 2011. , dans Bonnes feuilles, Les Livres, Science-fiction, La Une Livres

"Voix du Futur" (éd. Les Moutons électriques. 2010). Entretiens avec 8 auteurs de SF. 416p. 26 €

Interview d'AYERDHAL par Richard Comballot


Concernant la création du personnage de Ann X, tu as révélé : « J’ai travaillé pour des associations qui s’occupaient d’enfants violés. […] L’idée est venue de la rencontre avec des gens qui avaient subi ce genre de violence et de ce qui leur est arrivé. »


Tous mes bouquins ont été écrits à partir de mes rencontres, de mes lectures, de la vie. Après, il y a un gloubiboulga qui se fait dans mon cerveau, des personnages apparaissent. Lorsque j’en ai plusieurs, je me dis qu’il faudrait que je m’y mette… Si tu réussis tes personnages, tu as gagné.