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Science-fiction

La Guerre des salamandres, Karel Čapek

Ecrit par Marc Ossorguine , le Jeudi, 20 Mars 2014. , dans Science-fiction, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Pays de l'Est, Roman

La Guerre des salamandres, traduit du tchèque par Claudia Ancelot, Editions Cambourakis, 384 pages, 11 € . Ecrivain(s): Karel Čapek

 

La littérature tchèque n’est sans doute pas la plus connue et la plus lue, sauf peut-être à Prague. Même si à Montpellier, Bordeaux, Paris ou Etretat, on lit sans doute Milan Kundera, mais un auteur comme Karel Čapek (prononcer « Tchapek ») ne compte pas a priori parmi les best-sellers (les mieux renseignés savent sans doute qu’on lui attribue la création du mot « robot »). D’autant plus que celui-ci est mort depuis un moment déjà, à la veille de la 2ème guerre mondiale. C’est peut-être ce qui rend ce roman – pour autant que l’on puisse qualifier La guerre des salamandres de roman – si étonnant.

Grand récit de politique fiction, d’histoire fiction, de science fiction, d’économie fiction, de zoologie fiction…? Un peu tout cela à la fois. Et peut-être au bout du compte pas tant fiction que ça tant cela nous parle de notre monde d’aujourd’hui et de ses pires dérives. On est d’une certaine façon dans la veine de 1984, mais avec une fantaisie et un humour qu’on ne trouve guère chez Orwell.

Spark, Amy Kathleen Ryan

Ecrit par Alhama Garcia , le Jeudi, 11 Juillet 2013. , dans Science-fiction, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Le Masque (Lattès)

Spark (Tome 2 Mission Nouvelle Terre), traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Alice Delabre, Editions du Masque, coll. MSK, juin 2013, 389 pages, 17,60 € . Ecrivain(s): Amy Kathleen Ryan Edition: Le Masque (Lattès)

 

Un roman du type space-opera a besoin, précisément… d’espace. Nous avons ici le deuxième tome (Glow, en 2012, était le premier) d’une suite dont la fin prouve ce que je viens de dire. Mais, n’ayant pas lu le premier, je peux vous assurer que l’ordre importe peu. Vous serez toujours à temps, en effet, de trouver le premier plus tard ; quant au troisième, hélas, vous devrez sans doute attendre 2014.

Hélas, je dis, car si vous mordez aux dix premières pages, vous risquez de vous coucher tard. Loin de moi l’idée de vous spoiler l’histoire, mais il faut bien que j’en dise deux mots.

A première vue, c’est un roman pour ados, pour jeunes ados qui plus est : alors que les personnages ont entre douze et seize ans, qu’ils sont lâchés à leur propre initiative dans un vaisseau de colonisation, sans adultes en état, vous n’entendrez jamais la moindre allusion au sexe. Et à peine aux sentiments.

Australia Underground, Andrew McGahan

Ecrit par Yann Suty , le Jeudi, 25 Avril 2013. , dans Science-fiction, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Babel (Actes Sud)

Australia Underground, traduit de l’anglais (Australie) par Laurent Bury (2006), Babel Noir, 370 pages, 8,50 € . Ecrivain(s): Andrew McGahan Edition: Babel (Actes Sud)

 

Une dystopie. Après le 11 septembre 2001, l’Australie a elle aussi été profondément bouleversée. Un attentat à la bombe atomique a rayé de la carte la capitale, Canberra. Dans la foulée, le gouvernement a fait alliance avec les Etats-Unis. L’état d’urgence a été déclaré. Un état quasiment totalitaire a été mis en place. Tout le pays est sous contrôle, quadrillé par les milices et les militaires. Les musulmans ont été persécutés. Les libertés sont bafouées. Mais, ainsi que l’explique le gouvernement, c’est pour le bien du plus grand nombre…

L’Australie d’Andrew McGahan pourrait presque exister en vrai. L’auteur ne fait finalement qu’exagérer certains éléments. C’est l’Australie. Ça pourrait tout aussi bien être les Etats-Unis. Ça pourrait aussi être la France. Ça pourrait être le futur qui s’annonce très prochainement. Tout a l’air tellement si familier…

Au début du roman, Leo James, un promoteur véreux se retrouve au beau milieu d’un cyclone qui ravage le Queensland. Les éléments se déchaînent. Cette fois, il se dit qu’il ne va pas pouvoir s’échapper. Lui qui a toujours trouvé de quoi se sortir de toutes les situations entrevoit clairement la fin…

22/11/63, Stephen King

Ecrit par Christine Bini , le Vendredi, 01 Mars 2013. , dans Science-fiction, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, Albin Michel

22/11/63, Stephen King, (titre original 11/22/63, trad. (USA) Nadine Gassie, 1er mars 2013, 944 p. 25,90 € . Ecrivain(s): Stephen King Edition: Albin Michel

 

Il y a les « petits » et les « grands » romans de Stephen King, sans que le nombre de pages entre en ligne de compte. Parmi les « grands », il y a Le Fléau, Simetierre, Sac d’os, Rose Madder (liste toute subjective) et, oh oui !, 22/11/63. Un titre en forme de date. L’une des dates traumatiques du XXe siècle : celle de l’assassinat de Kennedy. Sujet étatsunien par excellence, que Stephen King traite à sa manière, fantastique et horrifique, bien sûr, mais aussi sociologique, tendrement minutieuse dans l’évocation de l’Amérique profonde. Ce roman-là, qui se dévore et déguste, nous emmène à Dallas en 1963. Mais ce n’est que la fin du périple, périple à la fois spatial et temporel. Avant d’arriver à Dallas, le lecteur suit le héros de l’histoire, Jake Epping, dans différentes villes, la merveilleuse Jodie et l’horrible Derry, entre autres. Derry ? Oui, Derry, la ville-décor de Ça, autre grand roman de Stephen King.

Dans 22/11/63, Stephen King déploie le motif du voyage dans le temps. Nous faisons la connaissance de Jake Epping en 2011, il enseigne la littérature dans un lycée. Un passage mystérieux – et secret – au  fond d’un fast-food le transporte en 1958.

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Les miroirs de l'esprit, Norman Spinrad

Ecrit par Yann Suty , le Vendredi, 30 Novembre 2012. , dans Science-fiction, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Folio (Gallimard)

Les miroirs de l’esprit (Mind Game), traduit (USA) par Charles Canet, 598 pages, 11,50 € . Ecrivain(s): Norman Spinrad Edition: Folio (Gallimard)

 

Les miroirs de l’esprit est d’abord l’histoire de deux frustrés : Jack Weller et sa femme, Annie. Jack est réalisateur à la télé. Il dirige l’émission pour les enfants Une vie de singe. Dans sa profession, c’est le bas de l’échelon. Quant à sa femme, elle ne décroche pas les rôles qui pourraient faire décoller sa carrière d’actrice et doit se cantonner à courir les castings pour quelques apparitions dans des spots publicitaires de seconde zone.

Même si beaucoup se contenteraient de leur situation, il leur manque quelque chose. « Qu’est-ce qui manquait à leur vie ? Ils n’avaient pas besoin d’un psychiatre ou d’un conseiller conjugal pour le leur révéler. C’était la réussite, et ça, rien ne pouvait le remplacer ».

Un jour, ils sont conviés par l’un de leurs amis dans un nouveau bar à la mode : le Club transformationaliste des célébrités. Comme son nom l’indique, le club appartient à la secte des Transformationalistes. Il s’agit d’une version (à peine déguisée paraît-il) de la Scientologie.

La secte ne se cache pas des intentions qu’elle a eues en ouvrant ce bar.