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Italie

La tante d’Amérique, Leonardo Sciascia

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 19 Juin 2014. , dans Italie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Nouvelles, Folio (Gallimard)

La tante d’Amérique. Traduit de l'italien par Mario Fusco mars 2014. 85 p. 2€ . Ecrivain(s): Leonardo Sciascia Edition: Folio (Gallimard)

 

 

Avertissement au lecteur : ce tout petit livre est un pur moment littéraire ! Tout l’art de Leonardo Sciascia se retrouve condensé dans ce court récit de l’arrivée des troupes américaines dans un petit village italien. C’est à la fois un exemple limpide de l’écriture fluide et lumineuse de Sciascia – celle qui nous éblouissait dans le conseil d’Egypte ou Le Contexte – et un morceau savoureux de comédie italienne à la Vittorio de Sica ou Mario Monicelli, avec ses personnages déjantés, immoraux, bruyants, hypocrites, lâches et, finalement, furieusement attachants.

A commencer par le jeune narrateur, gamin type des rues villageoises du sud de l’Italie : dégourdi, un peu voyou, malin, qui adore repérer les imbéciles et les harceler. Sa rencontre avec les Gis est un vrai choc de civilisations !

Je suis le Libanais, Giancarlo De Cataldo

Ecrit par Yan Lespoux , le Jeudi, 22 Mai 2014. , dans Italie, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Roman, Métailié

Je suis le Libanais (Io sono il Libanese, 2012), traduit de l’italien par Paola de Luca et Gisèle Toulouzan, mai 2014, 127 p. 14 € . Ecrivain(s): Giancarlo De Cataldo Edition: Métailié

 

 

1976. Dans la cour de la prison où il purge une petite peine, le Libanais sauve la vie du neveu d’un boss de la Camorra. Pour l’ambitieux jeune truand romain, cet acte quasi fondateur est peut-être un marchepied vers le pouvoir. D’autant plus que l’oncle de l’homme qu’il a sauvé est prêt à le mettre sur un gros coup, un trafic de drogue qui pourrait s’avérer très lucratif. Mais il faut d’abord investir et, au sortir de la prison, remettre sa bande en ordre de marche afin de faire rentrer l’argent qui permettra à ces jeunes loups aux dents longues de se faire un nom dans la pègre romaine.

Après Romanzo Criminale et La saison des massacres, Giancarlo De Cataldo revient donc vers les personnages qui ont fait son succès et poursuit la peinture de sa fresque criminelle romaine en revenant aux origines.

L’Enfer, Dante (Edition bilingue)

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Mercredi, 16 Avril 2014. , dans Italie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie, La Table Ronde

L’Enfer, La Table Ronde (La petite vermillon) mars 2014, édition bilingue, traduction de William Cliff, 405 p. 8,70 € . Ecrivain(s): Dante Alighieri Edition: La Table Ronde

 

La parution en collection de poche et en version bilingue d’une nouvelle traduction de L’Enfer de Dante par le poète belge William Cliff pourrait être l’occasion d’affronter cette fameuse Comédie – poème s’inscrivant dans un genre populaire et écrit en langue vulgaire et non en latin – que Boccace qualifia de « divine ». D’affronter au moins sa première partie qui, bien que la plus connue et la plus facile d’accès, n’est pas forcément tant lue. L’occasion aussi pour ceux qui maîtrisent plus ou moins bien l’italien d’oser l’aborder dans sa langue originale, dans ce dialecte toscan médiéval qui fonda l’idiome moderne de la péninsule.

La Comédie est un long poème en tercets d’hendécasyllabes à rimes enlacées, composé de trois cantiques eux-mêmes divisés en trente-trois chants, à l’exception du premier qui en compte un supplémentaire, portant à cent leur nombre total. Un nombre figurant l’unité et confirmant la portée Trinitaire de cette symbolique numérique structurelle et rythmique.

Corps à l’écart, Elisabetta Bucciarelli

Ecrit par Cathy Garcia , le Mardi, 21 Janvier 2014. , dans Italie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Asphalte éditions

Corps à l’écart, janvier 2014, traduit de l’italien par Sarah Guilmault, 224 p. 21 € . Ecrivain(s): Elisabetta Bucciarelli Edition: Asphalte éditions

 

Corps à l’écart, corps au rebut, comme la plupart des personnages principaux de ce roman de la désillusion, qui se déroule principalement dans une immense décharge, accolée à une usine d’incinération dans une ville sans nom du nord de l’Italie. Qu’ils soient des adolescents en rupture, comme Iac et Lira Funesta, ou des adultes accidentés de la vie, comme Saddam le Turc, le géant Argos du Zimbabwe, ou le Vieux, alcoolique au dernier stade de la clochardisation, tous ont en commun de vivre dans ce qu’ils appellent la « zone de vie », située dans une partie de ce no man’s land sordide, qui accueille chaque jour, dans les allers-retours incessants de camions et de pelleteuses, tous les déchets de la ville. La décharge elle-même est un personnage à part entière du roman, avec tout son cycle organique d’absorption, déglutition, transformation de tout ce que la société ne veut pas, ou plus, voir. Déchets pour les uns, source de richesse pour les autres, qui savent comment recycler l’inutilisable, redonner une deuxième, voire une troisième vie au grand tout jetable. La décharge ainsi recèle souvent au sein de la crasse bien des trésors et comme tout microcosme, elle a ses habitudes, ses rythmes, ses règles et ses mythes. Ainsi la Chose qui règne dans ce lieu où l’on évite d’aller : la Putride. Sorte de marécage fangeux pestilentiel qui avale tout ce qui passe à sa portée et régurgite parfois d’étranges choses.

L’ami des femmes, Diego Marani

Ecrit par Patryck Froissart , le Lundi, 13 Janvier 2014. , dans Italie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Rivages

L’ami des femmes (L’amico delle done), traduit de l’italien par Anna Colao, 302 pages, 9,65 € . Ecrivain(s): Diego Marani Edition: Rivages

 

Ernesto !

Un sacré personnage !

On pense d’emblée, en abordant ce roman savoureux et triste, au film de Truffaut, de titre presque éponyme, L’homme qui aimait les femmes (1977) et au personnage magnifiquement interprété par Charles Denner.

Ernesto, professeur d’italien et de latin dans une école de Trieste, « avait toujours été l’ami des femmes ».

Comment être l’ami sans être l’amant ? Est-il possible d’être à la fois l’un et l’autre ? L’amour est-il viable à partir du moment où il est tellement installé dans le quotidien que disparaît toute crainte de perdre celle qu’on aime ?

Questions lancinantes pour Ernesto, angoissantes, récurrentes dans le carrousel de ses conquêtes.