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Italie

L’Enfer, Dante (Edition bilingue)

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Mercredi, 16 Avril 2014. , dans Italie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie, La Table Ronde

L’Enfer, La Table Ronde (La petite vermillon) mars 2014, édition bilingue, traduction de William Cliff, 405 p. 8,70 € . Ecrivain(s): Dante Alighieri Edition: La Table Ronde

 

La parution en collection de poche et en version bilingue d’une nouvelle traduction de L’Enfer de Dante par le poète belge William Cliff pourrait être l’occasion d’affronter cette fameuse Comédie – poème s’inscrivant dans un genre populaire et écrit en langue vulgaire et non en latin – que Boccace qualifia de « divine ». D’affronter au moins sa première partie qui, bien que la plus connue et la plus facile d’accès, n’est pas forcément tant lue. L’occasion aussi pour ceux qui maîtrisent plus ou moins bien l’italien d’oser l’aborder dans sa langue originale, dans ce dialecte toscan médiéval qui fonda l’idiome moderne de la péninsule.

La Comédie est un long poème en tercets d’hendécasyllabes à rimes enlacées, composé de trois cantiques eux-mêmes divisés en trente-trois chants, à l’exception du premier qui en compte un supplémentaire, portant à cent leur nombre total. Un nombre figurant l’unité et confirmant la portée Trinitaire de cette symbolique numérique structurelle et rythmique.

Corps à l’écart, Elisabetta Bucciarelli

Ecrit par Cathy Garcia , le Mardi, 21 Janvier 2014. , dans Italie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Asphalte éditions

Corps à l’écart, janvier 2014, traduit de l’italien par Sarah Guilmault, 224 p. 21 € . Ecrivain(s): Elisabetta Bucciarelli Edition: Asphalte éditions

 

Corps à l’écart, corps au rebut, comme la plupart des personnages principaux de ce roman de la désillusion, qui se déroule principalement dans une immense décharge, accolée à une usine d’incinération dans une ville sans nom du nord de l’Italie. Qu’ils soient des adolescents en rupture, comme Iac et Lira Funesta, ou des adultes accidentés de la vie, comme Saddam le Turc, le géant Argos du Zimbabwe, ou le Vieux, alcoolique au dernier stade de la clochardisation, tous ont en commun de vivre dans ce qu’ils appellent la « zone de vie », située dans une partie de ce no man’s land sordide, qui accueille chaque jour, dans les allers-retours incessants de camions et de pelleteuses, tous les déchets de la ville. La décharge elle-même est un personnage à part entière du roman, avec tout son cycle organique d’absorption, déglutition, transformation de tout ce que la société ne veut pas, ou plus, voir. Déchets pour les uns, source de richesse pour les autres, qui savent comment recycler l’inutilisable, redonner une deuxième, voire une troisième vie au grand tout jetable. La décharge ainsi recèle souvent au sein de la crasse bien des trésors et comme tout microcosme, elle a ses habitudes, ses rythmes, ses règles et ses mythes. Ainsi la Chose qui règne dans ce lieu où l’on évite d’aller : la Putride. Sorte de marécage fangeux pestilentiel qui avale tout ce qui passe à sa portée et régurgite parfois d’étranges choses.

L’ami des femmes, Diego Marani

Ecrit par Patryck Froissart , le Lundi, 13 Janvier 2014. , dans Italie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Rivages

L’ami des femmes (L’amico delle done), traduit de l’italien par Anna Colao, 302 pages, 9,65 € . Ecrivain(s): Diego Marani Edition: Rivages

 

Ernesto !

Un sacré personnage !

On pense d’emblée, en abordant ce roman savoureux et triste, au film de Truffaut, de titre presque éponyme, L’homme qui aimait les femmes (1977) et au personnage magnifiquement interprété par Charles Denner.

Ernesto, professeur d’italien et de latin dans une école de Trieste, « avait toujours été l’ami des femmes ».

Comment être l’ami sans être l’amant ? Est-il possible d’être à la fois l’un et l’autre ? L’amour est-il viable à partir du moment où il est tellement installé dans le quotidien que disparaît toute crainte de perdre celle qu’on aime ?

Questions lancinantes pour Ernesto, angoissantes, récurrentes dans le carrousel de ses conquêtes.

Qu’est-ce qu’un faux ? et autres conversations sur l’art, Federico Zeri

Ecrit par Eddie Breuil , le Vendredi, 06 Décembre 2013. , dans Italie, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Arts, Payot

Qu’est-ce qu’un faux ? et autres conversations sur l’art, Trad. (Italien) Maël Renouard, octobre 2013, 211 p. + illustrations, 20 € . Ecrivain(s): Federico Zeri Edition: Payot

 

 

Qu’est-ce qu’un faux ?

Le volume Qu’est-ce qu’un faux ? est divisé en cinq sections : trois communications et deux entretiens. Le « faux » est le point commun, mais pas nécessairement l’aspect principal abordé dans toutes ces sections. Dans les deux premières, l’historien de l’art Federico Zeri rappelle l’importance de ne pas isoler une œuvre d’art, mais de la replacer dans le contexte dans lequel elle a émergé : une œuvre est déterminée par son époque, par des impératifs qui lui sont souvent étrangers. Or, pour détecter un faux, il est précisément utile d’identifier les anachronismes et plus généralement toutes les incohérences perceptibles sur le plan de la critique interne. La connaissance des techniques des artistes et de la qualité d’exécution des œuvres sont des impératifs pour aborder la question des faux.

D'acier, Sylvia Avallone

Ecrit par David Campisi , le Samedi, 28 Septembre 2013. , dans Italie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, J'ai lu (Flammarion)

D’acier, Trad. Italien par Françoise Brun. mai 2013, 411 pages, 7,60 € . Ecrivain(s): Silvia Avallone Edition: J'ai lu (Flammarion)

 

Piombino, Italie.

Le soleil est de plomb, il coule du ciel dans une pluie de feu et arrose la côte toscane et la cité industrielle. Le béton est brûlant, les plages bondées de sable chaud, les corps sont nus, les regards sont remplis de désir.

Du désir, il y en a partout dans D’acier. Il se faufile dans toutes les scènes, s’insinue dans les silences, caresse les peaux nues qui s’exhibent aux yeux de tous. Anna et Francesca sont des objets, leur arme, c’est leur corps. « Leur beauté, elles vous l’envoient à travers la gueule ». Anna et Francesca sont belles, trop belles. Elles sont les princesses de la plage, déambulent en bikini entre les adolescents du quartier. Elles ont 13 ans. Encore un an et la liberté s’ouvrira à elles comme une fleur au printemps. 14 ans, c’est le scooter. C’est l’aventure. C’est la fuite.