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Italie

La parole contraire, Erri de Luca

Ecrit par Marie-Josée Desvignes , le Lundi, 07 Septembre 2015. , dans Italie, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Gallimard

La parole contraire, traduit de l’italien Danièle Vain, janvier 2015, 40 pages, 8 € . Ecrivain(s): Erri de Luca Edition: Gallimard

 

« Ptàkh pìkha le illèm » : « ouvre ta bouche pour le muet »

(Proverbes/Mishlé 31/8) cité par Erri de Luca, p.18

 

La parole contraire est le récit, ou plutôt une sorte d’argumentaire de Erri de Luca dans sa condamnation pour « incitation au sabotage »… Incitation au sabotage… Vraiment ? C’est en tout cas ce qu’a déclaré le tribunal à partir des phrases écrites dans le Huffington Post Italie, et l’Ansa (équivalent de l’AFP) par Erri de Luca lui-même. Erri de Luca refuse le terme « acte terroriste » même s’il se reconnaît une maladive incitation à la résistance qui lui vient de son enfance et plus exactement de ses lectures.

La Boutique Vif-Argent, T.1 Une Valise d’étoiles, Pierdomenico Baccalario

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 03 Septembre 2015. , dans Italie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Jeunesse, Gallimard Jeunesse

La Boutique Vif-Argent, T.1 Une Valise d’étoiles, mai 2015, traduit de l’italien par Diane Ménard, illustré par Iacopo Bruno, 240 pages, 15,50 € . Ecrivain(s): Pierdomenico Baccalario Edition: Gallimard Jeunesse

 

« Araignée Répare-Bicyclette

Tue-Mages, Dijon, XIIIe siècle

Mort qui Parle, Cagliostro, XVIIIe siècle

Pantalon en Pur Fil d’Écosse qui Marche Tout Seul

Bâton et Signes du Voyage

Poudre Professionnelle Coupe-Souvenirs

Glom (Grand Livre des Objets Magiques) »

Si une nuit d’hiver un voyageur, Italo Calvino

Ecrit par Didier Smal , le Jeudi, 09 Juillet 2015. , dans Italie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Folio (Gallimard)

Si une nuit d’hiver un voyageur, avril 2015, trad. de l’italien par Martin Rueff, 400 pages, 8 € . Ecrivain(s): Italo Calvino Edition: Folio (Gallimard)

 

Paru en italien en 1979, Se una Notte d’Inverno un Viaggiatore a été traduit sous le titre Si par une Nuit d’Hiver un Voyageur en 1981 aux éditions du Seuil. Cette traduction n’est plus disponible couramment aujourd’hui, et voici qu’une nouvelle, sous le titre Si une Nuit d’Hiver un Voyageur, paraît aux éditions Gallimard, dans la collection Folio. Dès le titre, on voit le parti pris par Martin Rueff, le nouveau traducteur : là où Danièle Sallenave et François Wahl tendaient à rendre la littérarité du titre, lui, il en rend la littéralité. Même si l’on n’est pas italophone, on sent la nuance.

Dans la nouvelle traduction, ce qui est sensible à la comparaison avec le texte italien, c’est un double mouvement : d’une part coller au texte originel ; d’autre part s’éloigner de la première traduction. Exemple avec la première phrase du deuxième chapitre : « Il romanzo comincia in una stazione ferroviaria, sbuffa una locomotiva, uno sfiatare di stantuffo copre l’apertura del capitolo, una nuvola di fumo nasconde parte del primo capoverso ». Dans la version Sallenave/Wahl, ça donne ceci : « Le roman commence dans une gare de chemin de fer, une locomotive souffle, un sifflement de piston couvre l’ouverture du chapitre, un nuage de fumée cache en partie le premier alinéa ».

La mer couleur de vin, Leonardo Sciascia

Ecrit par Stéphane Bret , le Lundi, 22 Juin 2015. , dans Italie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Nouvelles, Denoël

La mer couleur de vin, traduit de l'italien par Jacques de Pressac mai 2015, 192 pages, 15,50 € . Ecrivain(s): Leonardo Sciascia Edition: Denoël

 

Le genre de la nouvelle est difficilement maîtrisable, dit-on, pour un écrivain ayant l’intention d’inclure dans ce type de récit autant de force de conviction et d’intensité que dans un roman, catégorie prétendument plus aisée pour l’atteinte de ce type de but. Leonardo Sciascia, dans un recueil de nouvelles intitulé La mer couleur de vin, contredit magnifiquement ce présupposé. Il parvient à y décrire pêle-mêle le mirage d’un voyage organisé par un passeur sans scrupules, monnayant ses services fort cher pour organiser un voyage vers l’Amérique… Las, la traversée se termine au point de départ : « Ils se jetèrent assommés sur le bord du fossé : il n’y avait pas urgence à porter aux autres la nouvelle qu’ils avaient débarqué en Sicile ».

Dans la nouvelle la plus longue, La mer couleur de vin, ayant donné son titre à l’ouvrage, il est question du voyage en train d’un ingénieur quittant Rome pour Reggio de Calabre en Sicile. Cet homme, ayant choisi a priori une vie solitaire, est fasciné par les enfants de la famille dont il partage le compartiment. Comme si ces derniers ravivaient en lui le regret toujours vivace de n’avoir pas adopté une vie de famille, d’avoir configuré son existence autrement :

Ma Fille Folie, Savina Dolores Massa

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 02 Juin 2015. , dans Italie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Editions de l'Ogre

Ma Fille Folie (Mia Figlia Follia), mars 2015, traduit de l’italien par Laurent Lombard, 200 p. 21 € . Ecrivain(s): Savina Dolores Massa Edition: Editions de l'Ogre

Ma Fille folie est le récit d’une illumination, celle de l’impossible fécondation puis de l’incroyable maternité de Maddalenina, la folle du village, une invalide de cinquante ans. Bénie par les saints et pénétrée par un cierge consacré, elle se voue à trois époux dont elle appelle l’attention et l’amour par sa présence silencieuse : un jeune garçon, descendant d’une noble famille décadente, un professeur humilié par ses amours inverties, un paysan solitaire et stérile comme les terres qu’il s’obstine à labourer. Chacun dévoilant peu à peu ses secrets sous l’œil limpide de la Mère que tous ignorent ; chaque apparence de respectabilité se fissurant devant cette vieille petite fille, mal fagotée, mal chaussée.

Maddalenina s’en vient visiter Maria Carta, la guérisseuse devenue muette, vieille femme assise devant sa maison, vouée à l’observation d’un prunier aussi décrépi qu’elle. Maddalenina lui confie toutes ses pensées, ses sensations de future mère, elle lui raconte ses extases, ses espoirs et revient sur son enfance, sa vie de femme mise à l’écart par tous les membres du village sarde. Dans sa langue malhabile et crue, elle pose d’incessantes questions, elle met à nu son être innocent, et sans s’en rendre compte, les travers de tous les bien-pensants qui se vautrent dans le vice, tout en jouant les grenouilles de bénitiers.