Identification

Italie

La fête du siècle, Niccolò Ammaniti

Ecrit par Benjamin Cerulli , le Lundi, 15 Avril 2013. , dans Italie, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, 10/18

La fête du siècle, février 2013, 358 pages, 8,40 € . Ecrivain(s): Niccolò Ammaniti Edition: 10/18

 

Quelle est donc cette fête du siècle à laquelle Niccolo Ammaniti veut nous convier ? Mannequins, footballeurs, artistes et peoples en tout genre sont réunis à la villa Ada, pour la grande soirée organisée par le millionnaire mégalomane Sasa Chiatti, qui a tout mis en œuvre pour que cette fête reste dans l’histoire : innombrables buffets, chasses au lion ou au renard, concert privé de la chanteuse pop Larita, le millionnaire a réuni tous les ingrédients pour en mettre plein la vue à ses invités. Mais tout ne se déroule pas comme prévu…

Un récit binaire construit autour de Fabrizio Ciba, l’écrivain trentenaire et débauché, et de Saverio Moneta, alias Mantos, le chef des Enragés d’Abaddon, une secte satanique de second plan. Alors que Ciba recherche l’inspiration pour son prochain roman entre les jambes de la traductrice Alice Tyler, il apprend que son éditeur est sur le point de le lâcher, et se doit d’organiser la riposte. De l’autre côté, Mantos a un plan pour que les Enragés deviennent la première secte d’Italie, devant ces satanés Fils de l’Apocalypse et leur chef charismatique, Kurtz Minetti.

Bus en goguette, Gianni Rodari

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Mardi, 12 Février 2013. , dans Italie, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jeunesse, La Joie de lire

Bus en goguette, illustrations Blanca Gomez, 24 pages, février 2013, 14,90 € . Ecrivain(s): Gianni Rodari Edition: La Joie de lire

 

 

Aujourd’hui est un jour comme un autre, Rome est agitée de mille voix : les voitures klaxonnent et cornent ; les piétons piétinent d’un air pressé, les Vespa se faufilent dans la circulation et le trolleybus n°75 file en direction du centre-ville, chargé de son contingent de passagers maussades. A neuf heures du matin, ils sont tous plongés dans la lecture de leur gazette favorite avant de rejoindre leur bureau.

Aujourd’hui est donc un jour comme un autre, sauf que… sauf que le trolleybus n°75 et l’intégralité des voyageurs, sans compter le contrôleur et le conducteur, se retrouvent mystérieusement déroutés sur un chemin forestier isolé, puis stoppé net au milieu d’une clairière herbue et parsemée de cyclamens.

D’abord peu enclins à la mansuétude, les fonctionnaires grognons et tatillons y vont de leurs petits commentaires agacés :

Malombra, Antonio Fogazzaro

Ecrit par Eric Vauthier , le Mercredi, 16 Janvier 2013. , dans Italie, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, L'Âge d'Homme

Malombra, roman traduit de l’italien par Gérard Genot, préface de Francois Livi, avril 2012, 476 p. 28 € . Ecrivain(s): Antonio Fogazzaro Edition: L'Âge d'Homme

 

Redécouvert en France grâce aux Éditions Ombres qui avaient eu la bonne idée de rééditer en 2000 son livre le plus célèbre, Un petit monde d’autrefois (1896), Antonio Fogazzaro (1842-1911) est à l’honneur aujourd’hui avec la parution de son premier roman Malombra (1881), à L’Âge d’Homme. D’abord traduit par Madame Charles Laurent en 1898 pour paraître dans Le Figaro, avant d’être édité en volume avec une préface de l’auteur, ce roman nous est livré pour la première fois dans son intégralité. Précédée d’une étude éclairante de Francois Livi, cette nouvelle traduction est due à Gérard Genot.

Les débuts littéraires de Fogazzaro furent surtout tournés vers la poésie : passionné par le Victor Hugo des Contemplations, il fréquente à Milan, au milieu des années 1860, certains membres des scapigliati, notamment Arrigo Boito. En 1874, il se voit reconnu comme poète avec sa nouvelle en vers, Miranda, suivie deux ans plus tard par un premier volume de poèmes, Valsolda. Pour autant, la prose narrative n’est pas absente des préoccupations du jeune Fogazzaro ; avant même que ne paraissent ses premiers ouvrages poétiques, l’écrivain s’était en effet essayé au roman, rédigeant un chapitre de ce qui allait devenir Malombra.

Pourquoi je hais l'indifférence, Antonio Gramsci

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 10 Janvier 2013. , dans Italie, Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres, Rivages poche

Pourquoi je hais l’indifférence, traduit de l’italien, préfacé et annoté par Martin Rueff, 2012, 205 p. 8,65 € . Ecrivain(s): Antonio Gramsci Edition: Rivages poche

 

Lire Gramsci est naturellement un moment important pour la compréhension de l’histoire de la pensée au XXème siècle, de l’histoire du mouvement social et du communisme européen. Et pourtant le bonheur que procure la lecture de ce livre particulier n’a pas grand-chose à voir avec cela. On y trouve rassemblés des textes divers, portant sur les sujets de prédilection d’Antonio Gramsci : les valeurs humaines, la fonction de la culture, les vertus de l’homme privé, la grandeur des humbles. On y trouve surtout une écriture stupéfiante comparée aux grands textes du genre : à la fois très belle et totalement décalée par rapport aux « écrits politiques ». Loin de Lénine, de Mao, du Che, la petite chanson d’Antonio Gramsci fait entendre sa différence radicale.

Point de leçon de socialisme, point de credo révolutionnaire, point de méthode de prise de pouvoir ni de dictature du prolétariat ! Non. Des textes qui parlent de l’amour des hommes et le cœur de Gramsci se confond magnifiquement avec son intelligence. Gramsci aime le genre humain, authentiquement, pas comme « masse » de manœuvre. Il aime les hommes, les femmes du peuple un par un, dans leurs qualités personnelles, leur dévouement, leur labeur, leur humilité. Il aime la morale individuelle, la capacité des humbles à s’entraider, à se soutenir dans la misère, malgré la misère.

L'Emeraude, Mario Soldati

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 24 Novembre 2012. , dans Italie, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Gallimard

L’émeraude, traduit de l’italien Nathalie Bauer, Gallimard-Le Promeneur, octobre 2012, 368 p. 26,50 € . Ecrivain(s): Mario Soldati Edition: Gallimard

 

L’émeraude est l’une des dernières œuvres du prolifique Mario Soldati qui y apparaît sous la figure d’un double, tout comme lui écrivain italien. Dans ce récit, Soldati fait se confondre et se succéder rêve et réalité pour traduire sa vision de l’écriture, ainsi que le montre Pier Paolo Pasolini dans son Avant-propos : « il a institué une identité entre écrire et rêver ». « De même que le rêve produit l’avenir en élaborant le vécu, de même l’écriture produit l’avenir en élaborant l’expérience ».

« Ce rêve, je le construisais, le compliquais, l’embrouillais, le dédoublais ; ce rêve captieux, aventureux, féerique, je le faisais dans le seul but d’atteindre un fragment de ma réalité mesquine, de mon petit moi ».

Le narrateur se trouve à New York en compagnie de sa femme. Il y rencontre un étrange vieillard, « vieille tante ou vieux maquereau, sans doute les deux », qui le reçoit lors d’un dîner étrange. Le comte Gagliani lui révèle son pouvoir occulte et entrouvre pour lui les portes de l’avenir. Il annonce également à son hôte qu’il va partir à Saorge dans le Sud de la France, à la recherche d’une émeraude d’exception qui a appartenu à son père et qui doit lui revenir. Après cette séance de parapsychologie, le narrateur s’engage seul dans ce voyage, se rendant dans le village indiqué.