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Canada anglophone

La vie rêvée des gens heureux, Katrina Onstad

Ecrit par Marc Michiels (Le Mot et la Chose) , le Mardi, 17 Juin 2014. , dans Canada anglophone, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Belfond

La vie rêvée des gens heureux, traduit de l’anglais (Canada) par Françoise Rose, sortie mai 2014, 348 pages, 21,50 € (ce livre existe aussi en ebook, 14,99 €) . Ecrivain(s): Katrina Onstad Edition: Belfond

 

Katrina Onstrad a grandi à Vancouver, en Colombie-Britannique. Critique de cinéma, journaliste reconnue, elle tient actuellement une rubrique culturelle au Globe and Mail. Elle a été nommée pour le prestigieux Giller Prize pour La Vie rêvée des gens heureux (Everybody Has Everything en VO, 2012), qui vient juste de paraître aux éditions Belfond, décidément bien inspirées.

Le pitch ? Un couple urbain, James, réalisateur de documentaires à la télévision, et Ana, travaillant dans un cabinet, ont passé des années à tenter de faire un enfant. Avant de se résigner. Alors que James reporte son affection sur Finn, son filleul de trois ans, Ana se noie dans le travail. Survient alors le drame, l’accident de voiture de leurs meilleurs amis et parents de Finn. L’un mort et l’autre tombant dans le coma, James et Ana deviennent soudain les tuteurs du petit garçon.

Par des flashbacks fréquents, Katrina Onstad nous emmène peu à peu à la révélation d’espaces intimes, de non-dits où chacun va répondre à sa manière à la question de la perte, du doute et du désir, tout en explorant les notions de parentalité et d’accomplissement personnel.

Dualed, Elsie Chapman

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Mercredi, 21 Mai 2014. , dans Canada anglophone, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Dualed, Toi ou ton Double… un seul pourra survivre, trad. Maud Ortalda Lumen édition, mars 2014, 15 € . Ecrivain(s): Elsie Chapman

 

Dès la première phrase – J’ai enterré presque tous ceux que j’aime – le lecteur comprend qu’il va être plongé dans un autre monde, annoncé de visu par la première de couverture au genre Survival/Dystopie. L’héroïne-narratrice n’a que quinze ans… Un premier thriller frénétique (ndle) signé de l’écrivaine canadienne ayant vécu en Colombie-Britannique et vivant aujourd’hui à Tokyo, Elsie Chapman.

Un compte à rebours s’amorce dès les premières pages. West Grayer dont les parents, un frère et une sœur pour les plus proches, sont morts inaccomplis, doit elle aussi relever le défi face à son Alt (son Alter Ego) – défi à vie/à mort.

Avant d’atteindre son vingtième anniversaire, chaque citoyen de la ville fortifiée de Kersch doit éliminer son alter ego, un jumeau génétiquement identique, élevé dans une autre famille. Le compte à rebours se déclenche un beau matin, et chacun a trente jours pour affronter son autre moi.

Fugitives, Alice Munro

Ecrit par Anne Morin , le Lundi, 27 Janvier 2014. , dans Canada anglophone, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Nouvelles, L'Olivier (Seuil)

Fugitives, traduit de l’anglais (Canada) par Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso, 2008, 382 p. 21 € . Ecrivain(s): Alice Munro Edition: L'Olivier (Seuil)

 

Fugitives, en effet, et d’abord d’elles-mêmes, et du temps. Ce moment, ce temps qui les rattrape, qui dresse un mur ou les fait tourner en rond, ce temps – ou le destin – qui, comme l’ange exterminateur du film de Bunuel, joue avec ces femmes et demande une remise en situation pour à nouveau qu’elles se retrouvent, qu’elles sortent de cet enfermement ou de cette impasse, de ce non-lieu où les a menées la fugue, la fuite, leur tentative. La tentative ou l’acte réussi, en justice comme dans la vie, punie des mêmes peines.

La plus révélatrice de ces nouvelles, Subterfuges, et aussi la plus cruelle, paraît reposer sur un détail : « J’en mourrai, avait dit Robin, un soir, voilà des années. Si ma robe n’est pas prête, j’en mourrai » (p.269), ainsi commence la nouvelle.

L’héroïne de cette nouvelle, Robin, est une jeune femme vivant avec sa sœur qui a, comme on le dit pudiquement, des problèmes de santé. Captive de cette sœur aînée qu’elle ne peut laisser à elle-même, elle s’évade une fois chaque été, à la ville voisine, assister à une représentation théâtrale.

Trop de bonheur, Alice Munro

Ecrit par Grégoire Meschia , le Vendredi, 13 Septembre 2013. , dans Canada anglophone, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Nouvelles, L'Olivier (Seuil)

Trop de bonheur, traduit de l’anglais (Canada) par Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso, 2013, 320 pages, 24 € . Ecrivain(s): Alice Munro Edition: L'Olivier (Seuil)

 

Trop de bonheur. Un titre quasiment philosophique qui décontenance quand on s’intéresse de plus près aux histoires qu’il contient. Du bonheur on en est loin. Ou alors faut-il redonner à l’adverbe son sens premier et négatif de démesuré, au-delà des limites. Tellement de bonheur qu’il disparaît. C’est en effet plus par son absence que le bonheur brille dans le texte.

S’il ne s’agit pas d’un ouvrage de philosophie, les nouvelles d’Alice Munro apportent néanmoins une certaine vérité sur l’existence. On peut tirer de chaque histoire un constat qui bien loin d’être moralisateur donne à voir des humains, comme vous et moi, en prise avec des situations de la vie quotidienne. Si ces vies ont d’abord la banalité du quotidien, quelque chose d’extraordinaire – un nœud – vient d’emblée noircir le tableau. Elles ont l’apparence du fait divers qui peut arriver à n’importe qui, mais qui peut se trouver d’un coup en première page d’un journal à scandale. Alice Munro dissèque les humains, elle les met à nu :

Une autobiographie, Neil Young

Ecrit par Guy Donikian , le Lundi, 10 Décembre 2012. , dans Canada anglophone, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Biographie, Robert Laffont

Une autobiographie, octobre 2012, 546 pages, 23 € . Ecrivain(s): Neil Young Edition: Robert Laffont

 

Le mot digression est celui qui vient à l’esprit quand on referme cette autobiographie. Neil Young a en effet opté pour une construction thématique plus que chronologique pour écrire ses souvenirs d’une vie riche à différents titres. D’un chapitre à l’autre, le chanteur passe de la musique au cinéma, de la pureté oubliée du son actuel produit par les fichiers informatiques aux voitures anciennes qu’il collectionne, de sa famille à son train électrique. Cette autobiographie est un kaléidoscope qui, si elle fait fi de toute chronologie, ne nous perd jamais. Neil Young sait raconter les événements qui ont ponctué sa vie, et sa vie fut riche, assurément. L’ex-membre de Buffalo Springfield maîtrise cet art sans jamais se départir de son sujet : montrer qui il est devenu en donnant les différentes facettes de sa personnalité.

La musique est cependant l’élément fondateur du personnage. Avec Buffalo Springfield tout d’abord, il fit un apprentissage formateur, ou seul, comme lors de certains concerts durant lesquels il s’accompagnait à la guitare acoustique et à l’harmonica. Ce génial Canadien a subi les influences de la country music, du rock, et il admire tout autant Bob Dylan qu’il a côtoyé, qu’Elvis Presley. Il croise un certain John Kay, qui chantera Born to be wild avec Steppenwolf. Sur scène, il jouera avec Joni Mitchell, Linda Ronstadt.