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Canada anglophone

Le journal malgré lui de Henry K. Larsen, Susin Nielsen

Ecrit par Laurie Nallet , le Mardi, 26 Mai 2015. , dans Canada anglophone, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Jeunesse, Editions Hélium

Le journal malgré lui de Henry K. Larsen, trad. de l’anglais (Canada) par Valérie Le Plouhinec, 248 p. 14,50 € . Ecrivain(s): Susin Nielsen Edition: Editions Hélium

 

Après la tragédie qui a frappé sa famille, Henry, treize ans, a déménagé sur l’île de Vancouver avec son père. Un père qui prend des bières accompagnées de Prozac, à l’apéritif, et qui tient le choc tant bien que mal. Le garçon mange de la pizza tous les soirs devant les matchs de catch – sa grande passion –, sa chambre sent le curry à cause de Monsieur Atappatu le voisin un peu trop collant de l’appartement d’à côté, ses nuits sont gâchées par de terribles cauchemars, et sa mère pleure à chaque fois qu’elle lui téléphone. Ah oui, aussi, Henry est obligé de consulter un psychologue ringard qui porte un chouchou et avec qui il est incapable d’aborder frontalement ce qu’il vient de vivre. Alors il fait le robot : « Nous n’avons pas encore parlé de ÇA. Il essaie de m’y amener l’air de rien. Il me pose parfois des questions orientées. Mais quand il le fait je prends ma voix de robot pour lui répondre. “Je-ne-sais-pas. De-quoi-vous-parlez. Espèce-d’humanoïde” ».

Finalement le garçon suit les conseils du psy et commence à tenir un journal. D’où le sous-titre du roman : « (écrit uniquement parce que mon psy y tient, mais franchement c’est moisi) ».

Les Variations Sebastian, Emily St. John Mandell

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 12 Mars 2015. , dans Canada anglophone, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Roman, Rivages/Thriller

Les Variations Sebastian (The Lola Quartet), Traduit de l’anglais (Canada) par Gérard de Chergé, février 2015. 309 p. 20 € . Ecrivain(s): Emily St. John Mandell Edition: Rivages/Thriller

 

La Floride, son soleil, ses plages, ses résidences pour retraités milliardaires ? Les publicités d’agences de voyages ou immobilières en prennent un coup mortel dans cet opus de Emily Saint John  Mandell. Air suffocant, quartiers pauvres et sales, bicoques immondes, canaux infestés d’une faune inquiétante, dans et hors de l’eau. En effet, que dire des humains ? Venimeux, rancuniers, impitoyables. Ce roman est une plongée au fond d’une Floride létale et de pensées humaines qui ne le sont pas moins.

« Le quartier avait été conçu, à la fin des années 50, pour être la Venise de la Floride, un paradis tropical où on pourrait se rendre en bateau chez son voisin pour un barbecue, mais les canaux qui passaient derrière les maisons avaient fini par rejoindre les marécages, en conséquence de quoi ils abritaient aujourd’hui une population de serpents et de lézards géants aux yeux scintillants. Les résidents voyaient parfois des pythons nager dans les canaux, ondoyants rubans dotés de crocs. A la lisière des jardins, lézards et varans observaient le monde des humains. Une habitante du coin jurait avoir vu un anaconda (…) »

Bienvenue à Mariposa, Stephen Leacock

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Lundi, 01 Décembre 2014. , dans Canada anglophone, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Wombat

Bienvenue à Mariposa, octobre 2014, traduit de l’anglais (Canada) par Thierry Beauchamp, graphisme, illustration et postface de Seth, 288 pages, 29 € . Ecrivain(s): Stephen Leacock Edition: Wombat

 

Une couverture or, orange, blanche et noire recouvre un volume épais. L’œil est attiré. Elle représente une ville stylisée. Vous voilà au cœur de Mariposa, une ville fictive de l’Ontario, au début du XXe siècle. La main saisit puis ouvre le livre : bienvenue dans l’univers de Stephen Leacok et de ses personnages, citoyens d’une bourgade impayable, touchante et loufoque, à la fois, hors du temps et bien de son temps.

« Par exemple, je suis certain que Billy Rawson, le télégraphiste de Mariposa, aurait facilement pu découvrir le radium. Dans le même ordre d’idées, il suffit de lire les annonces nécrologiques de M. Gingham, l’entrepreneur de pompes funèbres, pour savoir que le poète qui sommeille toujours en lui aurait pu écrire des vers sur la mort beaucoup plus intéressants que ceux de La Thanatopsis de Cullen Bryant, et qu’il aurait choisi un titre moins susceptible de choquer les mœurs des lecteurs. C’est lui-même qui me l’a confié ».

Cet été-là, Jillian Tamaki et Mariko Tamaki

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 06 Octobre 2014. , dans Canada anglophone, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Jeunesse

Cet été-là, Ed. Rue de Sèvres, roman graphique jeunesse, lettrage de Jean-Luc Ruault et traduction de l’anglais (Canada) par Fanny Soubiran, mai 2014, 319 p. 20 € . Ecrivain(s): Jillian Tamaki et Mariko Tamaki

 

Cet été-là est un roman graphique pour jeunes adultes, un « YA graphic novel », qui frappe avant tout par la qualité expressive de ses dessins en n&b. Déclinés en vignettes, en pleine page, voire double page, favorisant ainsi des échappées très poétiques, ils en racontent autant, sinon plus, que les textes. Cette alternance bien étudiée donne vraiment du rythme à l’ensemble, dont l’ambiance sonore est également fortement soulignée à la façon des mangas.

Cet été-là, comme tous les autres étés, Rose part avec ses parents pour leur maison au bord du lac à Awago Beach. Là, comme chaque été depuis qu’elle a 5 ans, elle retrouvera l’exubérante Windy, sa voisine et amie de vacances et tous les souvenirs et rituels de l’enfance. Sauf que cet été-là, Rose, surnommée Rosie, a 13 ans et quelque chose a changé, quelque chose d’infime qu’elle ne comprend pas bien, comme une fêlure qui peu à peu va s’agrandir, pas autour d’elle, enfin pas vraiment, mais plutôt en elle.

La légende de Loosewood Island, Alexi Zentner

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Lundi, 08 Septembre 2014. , dans Canada anglophone, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, Jean-Claude Lattès, La rentrée littéraire

La légende de Loosewood Island, traduit de l’anglais par Marie-Hélène Dumas, août 2014, 320 p. 22,00 € . Ecrivain(s): Alexi Zentner Edition: Jean-Claude Lattès

 

Les livres d’Alexi Zentner, écrivain américano-canadien, se définissent, selon les propres termes de l’auteur, comme des romans s’inscrivant dans un Mythical realism par opposition au réalisme magique latino-américain dont Julio Cortázar ou Gabriel García Márquez sont les plus brillants représentants. Dans La légende de Loosewood Island, l’auteur invente donc et une île imaginaire au large des côtes du Maine revendiquée à la fois par les États-Unis et le Canada, et la légende attachée au premier occupant de cette île, un certain Brumfitt Kings, débarqué d’Irlande en 1720 dans ce coin au milieu de nulle part, peintre au talent reconnu dans le monde entier et pêcheur de homards.

La légende (et non le mythe) trouve son origine dans le journal tenu par Brumfitt, où celui-ci relate la merveilleuse apparition d’une femme offerte en cadeau par la mer, étrange créature, « habillée d’une robe faite de corail et de coquilles d’huîtres, avec un collier de perles ». Sa future épouse « apportait en dot les richesses de l’océan, mais le prix que toutes les générations de Kings auraient à payer, l’une après l’autre, était celui-ci : un fils ».