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Canada anglophone

Cet été-là, Jillian Tamaki et Mariko Tamaki

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 06 Octobre 2014. , dans Canada anglophone, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Jeunesse

Cet été-là, Ed. Rue de Sèvres, roman graphique jeunesse, lettrage de Jean-Luc Ruault et traduction de l’anglais (Canada) par Fanny Soubiran, mai 2014, 319 p. 20 € . Ecrivain(s): Jillian Tamaki et Mariko Tamaki

 

Cet été-là est un roman graphique pour jeunes adultes, un « YA graphic novel », qui frappe avant tout par la qualité expressive de ses dessins en n&b. Déclinés en vignettes, en pleine page, voire double page, favorisant ainsi des échappées très poétiques, ils en racontent autant, sinon plus, que les textes. Cette alternance bien étudiée donne vraiment du rythme à l’ensemble, dont l’ambiance sonore est également fortement soulignée à la façon des mangas.

Cet été-là, comme tous les autres étés, Rose part avec ses parents pour leur maison au bord du lac à Awago Beach. Là, comme chaque été depuis qu’elle a 5 ans, elle retrouvera l’exubérante Windy, sa voisine et amie de vacances et tous les souvenirs et rituels de l’enfance. Sauf que cet été-là, Rose, surnommée Rosie, a 13 ans et quelque chose a changé, quelque chose d’infime qu’elle ne comprend pas bien, comme une fêlure qui peu à peu va s’agrandir, pas autour d’elle, enfin pas vraiment, mais plutôt en elle.

La légende de Loosewood Island, Alexi Zentner

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Lundi, 08 Septembre 2014. , dans Canada anglophone, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, Jean-Claude Lattès, La rentrée littéraire

La légende de Loosewood Island, traduit de l’anglais par Marie-Hélène Dumas, août 2014, 320 p. 22,00 € . Ecrivain(s): Alexi Zentner Edition: Jean-Claude Lattès

 

Les livres d’Alexi Zentner, écrivain américano-canadien, se définissent, selon les propres termes de l’auteur, comme des romans s’inscrivant dans un Mythical realism par opposition au réalisme magique latino-américain dont Julio Cortázar ou Gabriel García Márquez sont les plus brillants représentants. Dans La légende de Loosewood Island, l’auteur invente donc et une île imaginaire au large des côtes du Maine revendiquée à la fois par les États-Unis et le Canada, et la légende attachée au premier occupant de cette île, un certain Brumfitt Kings, débarqué d’Irlande en 1720 dans ce coin au milieu de nulle part, peintre au talent reconnu dans le monde entier et pêcheur de homards.

La légende (et non le mythe) trouve son origine dans le journal tenu par Brumfitt, où celui-ci relate la merveilleuse apparition d’une femme offerte en cadeau par la mer, étrange créature, « habillée d’une robe faite de corail et de coquilles d’huîtres, avec un collier de perles ». Sa future épouse « apportait en dot les richesses de l’océan, mais le prix que toutes les générations de Kings auraient à payer, l’une après l’autre, était celui-ci : un fils ».

La vie rêvée des gens heureux, Katrina Onstad

Ecrit par Marc Michiels (Le Mot et la Chose) , le Mardi, 17 Juin 2014. , dans Canada anglophone, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Belfond

La vie rêvée des gens heureux, traduit de l’anglais (Canada) par Françoise Rose, sortie mai 2014, 348 pages, 21,50 € (ce livre existe aussi en ebook, 14,99 €) . Ecrivain(s): Katrina Onstad Edition: Belfond

 

Katrina Onstrad a grandi à Vancouver, en Colombie-Britannique. Critique de cinéma, journaliste reconnue, elle tient actuellement une rubrique culturelle au Globe and Mail. Elle a été nommée pour le prestigieux Giller Prize pour La Vie rêvée des gens heureux (Everybody Has Everything en VO, 2012), qui vient juste de paraître aux éditions Belfond, décidément bien inspirées.

Le pitch ? Un couple urbain, James, réalisateur de documentaires à la télévision, et Ana, travaillant dans un cabinet, ont passé des années à tenter de faire un enfant. Avant de se résigner. Alors que James reporte son affection sur Finn, son filleul de trois ans, Ana se noie dans le travail. Survient alors le drame, l’accident de voiture de leurs meilleurs amis et parents de Finn. L’un mort et l’autre tombant dans le coma, James et Ana deviennent soudain les tuteurs du petit garçon.

Par des flashbacks fréquents, Katrina Onstad nous emmène peu à peu à la révélation d’espaces intimes, de non-dits où chacun va répondre à sa manière à la question de la perte, du doute et du désir, tout en explorant les notions de parentalité et d’accomplissement personnel.

Dualed, Elsie Chapman

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Mercredi, 21 Mai 2014. , dans Canada anglophone, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Dualed, Toi ou ton Double… un seul pourra survivre, trad. Maud Ortalda Lumen édition, mars 2014, 15 € . Ecrivain(s): Elsie Chapman

 

Dès la première phrase – J’ai enterré presque tous ceux que j’aime – le lecteur comprend qu’il va être plongé dans un autre monde, annoncé de visu par la première de couverture au genre Survival/Dystopie. L’héroïne-narratrice n’a que quinze ans… Un premier thriller frénétique (ndle) signé de l’écrivaine canadienne ayant vécu en Colombie-Britannique et vivant aujourd’hui à Tokyo, Elsie Chapman.

Un compte à rebours s’amorce dès les premières pages. West Grayer dont les parents, un frère et une sœur pour les plus proches, sont morts inaccomplis, doit elle aussi relever le défi face à son Alt (son Alter Ego) – défi à vie/à mort.

Avant d’atteindre son vingtième anniversaire, chaque citoyen de la ville fortifiée de Kersch doit éliminer son alter ego, un jumeau génétiquement identique, élevé dans une autre famille. Le compte à rebours se déclenche un beau matin, et chacun a trente jours pour affronter son autre moi.

Fugitives, Alice Munro

Ecrit par Anne Morin , le Lundi, 27 Janvier 2014. , dans Canada anglophone, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Nouvelles, L'Olivier (Seuil)

Fugitives, traduit de l’anglais (Canada) par Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso, 2008, 382 p. 21 € . Ecrivain(s): Alice Munro Edition: L'Olivier (Seuil)

 

Fugitives, en effet, et d’abord d’elles-mêmes, et du temps. Ce moment, ce temps qui les rattrape, qui dresse un mur ou les fait tourner en rond, ce temps – ou le destin – qui, comme l’ange exterminateur du film de Bunuel, joue avec ces femmes et demande une remise en situation pour à nouveau qu’elles se retrouvent, qu’elles sortent de cet enfermement ou de cette impasse, de ce non-lieu où les a menées la fugue, la fuite, leur tentative. La tentative ou l’acte réussi, en justice comme dans la vie, punie des mêmes peines.

La plus révélatrice de ces nouvelles, Subterfuges, et aussi la plus cruelle, paraît reposer sur un détail : « J’en mourrai, avait dit Robin, un soir, voilà des années. Si ma robe n’est pas prête, j’en mourrai » (p.269), ainsi commence la nouvelle.

L’héroïne de cette nouvelle, Robin, est une jeune femme vivant avec sa sœur qui a, comme on le dit pudiquement, des problèmes de santé. Captive de cette sœur aînée qu’elle ne peut laisser à elle-même, elle s’évade une fois chaque été, à la ville voisine, assister à une représentation théâtrale.