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Actes Noirs (Actes Sud)

Collection polars d'Actes Sud


Le bourreau de Gaudí, Aro Sáinz de la Maza

Ecrit par Marc Ossorguine , le Mercredi, 10 Décembre 2014. , dans Actes Noirs (Actes Sud), Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, En Vitrine

Le bourreau de Gaudí (El asesino de la Pedrera), septembre 2014, traduit de l’espagnol par Serge Mestre, 672 pages, 23,80 € . Ecrivain(s): Aro Sáinz de la Maza Edition: Actes Noirs (Actes Sud)

 

 

Ce qui est terrible avec un roman aussi magistralement mené que celui-ci, c'est qu'il vous attrape par le col et ne vous lâche plus avant la dernière ligne, vous amenant à devenir de plus en plus asocial au fur et à mesure que vous vous enfoncez dans le récit. Et même, le livre refermé, il vous faut encore du temps pour en sortir vraiment et reprendre pied dans votre propre monde.

C'est le premier roman de cet auteur barcelonais que nous découvrons. Si celui-ci est sa première incursion dans le monde du noir, l'auteur avait déjà publié une dizaine de titre auparavant. Depuis 1996, où il publie son premier roman (Nada es azul, chez Montesinos), il a aussi exploré le monde de la littérature pour la jeunesse (avec El jugador de frontón en 2001) et le monde des contes (avec deux anthologies, en 2004 et 2008).

Aux animaux la guerre, Nicolas Mathieu

Ecrit par Yan Lespoux , le Jeudi, 04 Septembre 2014. , dans Actes Noirs (Actes Sud), Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Roman

Aux animaux la guerre, mars 2014, 368 pages, 22,50 € . Ecrivain(s): Nicolas Mathieu Edition: Actes Noirs (Actes Sud)

 

L’usine, c’est à la fois un carcan au quotidien et la possibilité d’une certaine émancipation par le biais de la solidarité et du rapport de force, comme l’a découvert Martel, le syndicaliste du site vosgien de Velocia sous-traitant en équipement automobile.

« L’usine, c’était comme le reste, beaucoup d’efforts et pas grand-chose à faire pour inverser le cours des choses. Et là, au beau milieu, ce point de fixation, cet espace où la guerre était possible. Sans doute pas à armes égales, mais où des résistances s’organisaient, où les patrons se sentaient menacés, prenaient des soufflantes à leur tour. Et cette chose toute nouvelle, abstraite et brutale, d’une force inimaginable : le droit. Il suffisait d’en connaître un bout et les volontés adverses se brisaient net. Martel venait de découvrir les rapports de force. Avec deux articles du code du travail, on érigeait des murs, on emmerdait le monde, c’était magnifique ».

La Maison des chagrins, Victor del Árbol

Ecrit par Marc Ossorguine , le Mardi, 13 Mai 2014. , dans Actes Noirs (Actes Sud), Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Roman, Espagne

La Maison des chagrins (Respirar por la herida) traduit de l’espagnol par Claude Bleton, septembre 2013, 480 pages, 23,50 € . Ecrivain(s): Victor del Arbol Edition: Actes Noirs (Actes Sud)

 

« Evoquer le passé et le rattacher au présent pouvait être aussi épuisant qu’explorer un labyrinthe dont on ne connaîtrait qu’une partie ».

Pour parler de la Maison des chagrins, c’est d’abord un propos de Goethe qui nous revient. Un propos où il s’étonne et se félicite – à propos de Jacques le fataliste de Diderot – d’être capable d’engloutir une telle portion d’un seul coup. C’est bien ce que l’on peut ressentir après avoir dévoré ces presque 500 pages en quelques heures. C’est qu’il ne sont pas si fréquents les récits et les livres qui vous attrapent et ne vous laissent plus de répit avant la dernière page, voire au-delà. Ce fut le cas pour nous avec La tristesse du Samouraï, cela a de nouveau été le cas avec cette Maison des chagrins.

Il y a quelque chose de désespérant et de vertigineux dans les récits multiples qui se croisent et se lient inextricablement au fil des chapitres. Le titre original insiste sur la blessure que chacun porte et avec laquelle il vit. Blessure par laquelle chacun vit, continue de vivre ou de survivre. Des blessures morales qui sont aussi des blessures physiques qui ont marqué profondément les corps : genou et main mutilés, visage défiguré par une cicatrice, stérilité...

Zone B, Marie Hermanson

Ecrit par Virginie Neufville , le Samedi, 22 Février 2014. , dans Actes Noirs (Actes Sud), Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Pays nordiques, Roman

Zone B, traduit du suédois par Johanna Chatellard-Schapira, janvier 2014, 388 p. 23 € . Ecrivain(s): Marie Hermanson Edition: Actes Noirs (Actes Sud)

 

Daniel et Max sont frères jumeaux. Séparés très tôt par les parents, ils ont grandi et développé une personnalité tout à fait différente. Autant Daniel est un homme doux, introverti, divorcé, traducteur de profession, autant Max a un « comportement autodestructeur », libertin, et magouilleur, si bien que sa vie ressemble a un chaos.

Ils ne se sont jamais perdus de vue mais n’ont jamais partagé ensemble de moments privilégiés. Alors, lorsque Daniel reçoit un courrier de Max qui l’invite à lui rendre visite à la clinique de Himmelstal où il se repose, ce dernier n’hésite pas. En effet, Himmelstal, en Suisse, est « la vallée du paradis », et comme son frère lui paye le voyage, cela lui fera quelques jours de vacances avant de commencer un nouvel emploi.

Himmelstal accueille en son sein un centre, un havre de paix pour gens aisés qui veulent se reposer de la vie active ou d’un burn out. Or, lorsque Daniel arrive, ce lieu ressemble davantage à une prison dorée : les caméras, les gardiens, le couvre-feu, et les portiques de sécurité rappellent que les hôtes ne sont pas finalement si libres que cela.

Tuez qui vous voulez, Olivier Barde-Cabuçon

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Lundi, 17 Février 2014. , dans Actes Noirs (Actes Sud), Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Roman

Tuez qui vous voulez, une enquête du commissaire aux morts étranges, février 2014, 384 p. 22,90 euros . Ecrivain(s): Olivier Barde-Cabuçon Edition: Actes Noirs (Actes Sud)

 

Troisième volet des enquêtes de Volnay, le commissaire aux morts étranges, Tuez qui vous voulez plonge le lecteur à la veille de Noël 1759 dans un Paris trouble, partagé entre l’excitation des fêtes données par Louis XV, les remous subversifs politico-religieux des convulsionnaires, héritiers des jansénistes, les intrigues, les luttes intestines entre les services de police, les Affaires étrangères et le Secret du Roi, avec d’un côté Sartine, le duc de Choiseul, et de l’autre le Chevalier d’Éon et la tentative de résurrection par un inconnu d’une fête moyenâgeuse transgressive : la fête des fous.

Autant d’ingrédients sulfureux, propres à brouiller les pistes pour brosser le portrait d’une capitale à deux doigts de l’implosion.

«La semaine dernière reprit Sartine d’une voix sourde, nous avons connu une émeute. Un laquais avait dit des sottises à ses maîtres. Pour le punir, on le condamna à être exposé en public au carcan avant d’être conduit en prison au Châtelet. On n’eut pas le temps de planter le poteau du carcan que la populace s’en émut, balaya les rangs des archers du guet et brisa le poteau. Les archers durent tirer, faisant plusieurs morts. Le quartier est resté en ébullition jusqu’à la nuit malgré les renforts envoyés sur place. »