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Recensions

Regarde les lumières mon amour, Annie Ernaux

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Mercredi, 18 Juin 2014. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Récits, Seuil

Regarde les lumières mon amour, mars 2014, 74 pages, 5,90 € . Ecrivain(s): Annie Ernaux Edition: Seuil

 

Le parlement des invisibles est une initiative démocratique totalement inédite et originale de Pierre Rosanvallon et Pauline Peretz, qui a été lancée en janvier 2014. Elle comporte deux volets. Le premier est un site Internet où des personnes lambda peuvent publier des textes qui révèlent des trajectoires de vie de tout horizon. Le deuxième volet est une collection intitulée « Raconter la vie ». Elle a pour visée de montrer la vie dans toutes ses dimensions et sous toutes ses formes.

La collection de livres éditée avec Le Seuil accueille des écritures et des approches multiples. Elle mêle témoignages, analyses sociologiques, enquêtes journalistiques, enquêtes ethnographiques et littérature.

Les ouvrages de la collection s’attachent à explorer trois principaux ensembles : Les récits et trajectoires de vie, mêlant histoires singulières et portraits-types, pour appréhender sensiblement la société française, les lieux producteurs ou expressions du social, les espaces exemplaires d’un nouveau mode de vie, lieux révélateurs d’une crise sociale, lieux de flux, nouveaux lieux de travail, les grands moments de la vie – ceux qui résultent d’un basculement, ou ceux marqués par de nouveaux départs. Ses livres ont un format imposé ne dépassant pas 80 pages et un prix unique de 5,90 €.

Le livre des sources, Gérard Pfister

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Vendredi, 22 Novembre 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman, Pierre Guillaume de Roux éditeur

Le livre des sources, 2013, 432 pages, 24,90 € . Ecrivain(s): Gérard Pfister Edition: Pierre Guillaume de Roux éditeur

« Après tant de siècles, échauffez mon esprit de vos rayons immortels : c’en est fait, je suis exaucé ; l’étincelle a jailli, je me sens embrasé : commençons ». Charles de Fieux de Mouhy

 

Strasbourg, de 1365 à 1993

Le roman de Gérard Pfister s’ouvre sur une dissertation sur la guerre, ou plus exactement sur des pans de l’Histoire, celle des sacrifices des hommes et de l’injustice à leur égard, dont certains conflits oubliés de l’époque médiévale jusqu’aux massacres de masse des deux grandes guerres mondiales. L’exergue des anarchistes « la liberté ou la mort » – cité par l’auteur lui-même – augure très vite de cette quête mi sociologique, mi initiatique, qui commence par une enquête. Une forme stylistique en spirale, « une narration à plusieurs instances » comme dirait Gérard Genette, produit à la fois « le léger décalage temporel du récit d’événements (…) et la simultanéité absolue dans l’exposé des pensées et des sentiments (…) le direct et le différé (…) le quasi-monologue intérieur et le rapport après-coup » (in Figures III). Nous pourrions peut-être parler de spirale narrative, avec l’irruption de l’auteur, qui nous entraîne d’un récit à un autre, par fragments.

Père et fils, David Léon

Ecrit par Marie du Crest , le Jeudi, 21 Novembre 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Théâtre, Espaces 34

Père et fils, 2013, 36 pages, 9,80 € . Ecrivain(s): David Léon Edition: Espaces 34

 

Naufrage

 

Père et fils est la seconde pièce éditée de David Léon après Un Batman dans sa tête. Il s’agit d’un texte court à quatre personnages de facture plus « classique » : un père, son fils, un homme et une femme militarisés. A sa lecture, nous ne pouvons pas ne pas penser au très récent naufrage près des côtes de Lampedusa qui coûta la vie à plusieurs centaines de morts, exilés venus de Libye dans l’espoir d’entrer en Europe, même si le lieu théâtral est un lieu de nulle part. En outre, la photographie d’Alain Gourhant, Méditer sur l’éphémère, de la première de couverture, introduit le motif central de la pièce : l’embarcation échouée sur une plage, celle des exilés et qui constitue les trois « paysages » de la pièce, p.9 et p.34, à l’incipit et à l’excipit et au centre de l’œuvre p.24 :

Polaroïds, Marie Richeux

Ecrit par Grégoire Meschia , le Samedi, 09 Novembre 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Poésie, Récits, Sabine Wespieser

Polaroïds, octobre 2013, 158 pages, 17 € . Ecrivain(s): Marie Richeux Edition: Sabine Wespieser

 

Les Polaroïds, ce sont d’abord des chroniques radiophoniques de Marie Richeux. Des morceaux de vie qu’elle raconte de sa douce voix dans Pas la peine de crier, l’émission qu’elle présente et produit sur France Culture dans le creux de l’après-midi. L’exercice est déjà poétique. Il s’agit en fait de raconter une image, de voir ce qu’une photographie peut dire. Comme des ekphraseis, des descriptions qui bougent autour d’un foyer lumineux.

Pourquoi des polaroïds ? En bon préfacier, Georges Didi-Huberman tente une théorisation de la pratique en revenant sur la racine du mot « polaroïd » qu’il rattache au verbe « polariser » :

« Polaroïds, donc : “se polariser” sur la texture des choses. S’approcher, se pencher, donner sa place au minuscule. Mais aussi, “polariser” les rapports que chaque chose entretient avec ses voisines : se déplacer, faire changer l’incidence de la lumière, donner sa place à l’intervalle ».

A chacun sa mort, Ross McDonald

Ecrit par Yan Lespoux , le Mercredi, 18 Septembre 2013. , dans Recensions, Les Livres, Polars, La Une Livres, USA, Roman, Gallmeister

À chacun sa mort (The Way Some People Die, 1951), traduit de l’anglais (USA) par Jacques Mailhos, mai 2013, 301 pages, 10 € . Ecrivain(s): Ross McDonald Edition: Gallmeister

 

Troisième volet des enquêtes du privé Lew Archer, À chacun sa mort fait provisoirement quitter au héros de Ross Macdonald les sphères de la haute société californienne sans pour autant l’extraire des affaires liées à des relations familiales perturbées.

Engagé par une veuve sans le sou dont la fille, Galatea, infirmière de son état et particulièrement séduisante, a disparu depuis plusieurs semaines, Archer se trouve entraîné dans une affaire qui voit s’accumuler meurtres et manipulations des quartiers résidentiels en déshérence, de Santa Monica aux bouges de San Francisco, en passant par les luxueuses villas de Palm Springs.

Séduit par la beauté de la jeune fille à la recherche de laquelle il se lance autant que par la glorieuse incertitude de l’enquête (« J’éprouvais cette espèce d’excitation plus visionnaire que divinatoire qui vous transporte lorsque tout peut arriver, et arrivera sans doute »), Archer se lance donc de nouveau tête baissée dans une affaire dans laquelle il pourrait laisser quelques plumes.