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Recensions

Passant l'été, Jean-Baptiste Pedini

Ecrit par Cathy Garcia , le Mercredi, 11 Septembre 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Poésie, Cheyne Editeur

Passant l’été, 2012 (Prix de la vocation de la Fondation Marcel Bleustein-Blanchet), 56 pages, 16 € . Ecrivain(s): Jean-Baptiste Pedini Edition: Cheyne Editeur

 

Passant l’été peut faire penser à ces tableaux de front de mer, un peu rétros, avec cette lumière mélancolique d’un été qui semble toujours sur le point de finir. Des tableaux qui, à trop les regarder, finissent par nous rendre tristes sans qu’on sache pourquoi.

Il y a dans ce recueil la nostalgie du souvenir et en même temps son refus.

On ne raconte rien de l’enfance. (…) De ces jours qui nous doublent sur la ligne d’arrivée. (…) On ne raconte rien de cette nostalgie absurde. De ces pelures en vrac qui s’entassent n’importe où. Un peu plus loin, selon le sens du vent.

Il y a une sorte d’amertume vaguement nauséeuse et des points colorés qui jaillissent ci et là, mais toujours comme l’ombre d’un drame qui plane imperceptiblement. « Ce soir les rires roulent sur la plage. On les entend tomber des gorges avant de s’évanouir ». Même la chaleur estivale peut prendre des allures menaçantes. « Le soleil brille. Les rayons traversent la ville comme des rouleaux compresseurs. Ils sont lourds et opaques et quand ils happent les passants on ne voit plus rien après ».

L'esprit de l'ivresse, Loïc Merle

Ecrit par Gilles Brancati , le Mardi, 10 Septembre 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman, Actes Sud, La rentrée littéraire

L’esprit de l’ivresse, août 2013, 287 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): Loïc Merle Edition: Actes Sud

 

Il est difficile de comprendre le titre. La 4ème de couverture de l’éditeur nous l’explique très bien. Que reste-t-il après l’action ? Plus que l’ivresse, son esprit. Bien vu. C’est le thème du livre.

C’est un roman plutôt difficile pour plusieurs raisons, que l’auteur rachète dans les cinquante dernières pages, les seules, de mon point de vue, qui provoquent une émotion. Il en faut donc plus de deux cents avant de s’attacher à Clara, son héroïne.

De quoi nous parle Loïc Merle : d’une révolte de banlieue (il avait 20 ans lors de celles de 1998) qui aurait vu converger vers la capitale et les grandes villes de province des émeutiers pris d’une colère violente, au point qu’il faudra ensuite reconstruire. Comment nous le raconte-t-il ? Au travers du prisme de certains de ses acteurs, ceux de la révolte et ceux du pouvoir, enfin un seul, le Président de la République.

Qui chante pour Lu ?, Alan Duff

Ecrit par Yann Suty , le Mardi, 10 Septembre 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman, Actes Sud, Océanie

Qui chante pour Lu ?, traduit de l’anglais (Nouvelle-Zélande) par Pierre Furlan Mai 2013, 380 pages, 23 € . Ecrivain(s): Alan Duff Edition: Actes Sud

 

Lu est belle, très belle. Mais elle ne veut pas le croire. Au contraire, elle se trouve laide, repoussante. Et cela parce que son oncle n’a pas cessé de lui répéter qu’elle était moche. Son oncle qui, toute son enfance, a sexuellement abusé d’elle.

« La culpabilité l’accompagnait comme un camarade non désiré et revenait dans ses rêves nocturnes. Chaque nuit. Dans ses rêves, Lu était punie de n’être qu’une fille ordinaire de Wooloo : on l’exhibait devant tout le lycée ou dans sa rue parce que, braillait le cœur nocturne : “TU COUCHES AVEC TON ONCLE !” Le jour, elle se baladait comme anesthésie, avec son unique compagne, la culpabilité ».

Lu travaille comme serveuse dans un kebab. Un jour, elle rencontre Rocky. Une armoire à glace d’une force redoutable. Ils deviennent amis. Lu l’apprécie d’autant plus qu’il « n’essayait jamais de fourrer sa bite, sa langue ou son doigt dans [s]es orifices ». Elle en vient à le considérer comme un grand frère. Mais bientôt, il se retrouve mêlé à une bagarre et va en prison.

Nébuleuses, Andréas Becker

, le Lundi, 09 Septembre 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire, Editions de la Différence

Nébuleuses, 29 août 2013, 176 pages, 15 € . Ecrivain(s): Andreas Becker Edition: Editions de la Différence

 

Si les lecteurs qui franchissent les librairies de France et de Navarre sont régulièrement en quête de romans où le happy ending côtoie le chatoiement sentimental, certains écrivains rappellent que c’est dans la noirceur la plus pure que se forgent les textes les plus marquants. Déjà auteur l’an passé de l’hypnotique et torturé L’Effrayable, Andreas Becker s’invite à nouveau dans la rentrée littéraire pour mieux bousculer les lectures routinières.

Une fois Nébuleuses refermé, impossible de faire l’abstraction de toute comparaison avec L’Effrayable. On retrouvera sensiblement cette même structure construite autour d’un narrateur contraint de se délivrer, de littéralement accoucher du récit personnel afin de libérer le corps et la mémoire d’un passé/passif qui le ronge. Nébuleuses consacre ici le récit à la première personne d’une femme que Becker situe presque hors du temps, et qui dissèque tour à tour son quintet familial oppressant et destructeur : sa mère, son père, son fils, son copain, sOn amOur (en respectant la typographie Beckerienne).

La longue attente de l’ange, Melania G. Mazzucco

Ecrit par Victoire NGuyen , le Samedi, 07 Septembre 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman, Flammarion, La rentrée littéraire, Italie

La longue attente de l’ange, traduit de l’Italien par Dominique Vittoz, 4 septembre 2013, 445 pages, 22 € . Ecrivain(s): Melania G. Mazzucco Edition: Flammarion

 

Le roman du Tintoret


Publié en 2008 en Italie sous le titre La Lunga Attesa dell’ Angelo, ce roman est pour la première fois traduit en français par Dominique Vittoz et publié chez Flammarion.

Il s’agit d’un récit de la vie du peintre célèbre Jacopo Robusi, dit Le Tintoret, qui a vécu à Venise de 1518 à 1594. Il est considéré comme l’un des Maîtres de la peinture italienne de la Renaissance. Les critiques et historiens d’art l’associent au courant maniériste de l’école vénitienne.

Le roman commence vers la fin de vie du peintre. Âgé, celui-ci est sur son lit de mort. Il est en proie à la fièvre depuis quinze jours. La structure du roman suit la progression de la maladie menant le Maître inexorablement vers la mort.