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Recensions

Une part de ciel, Claudie Gallay

Ecrit par David Campisi , le Jeudi, 22 Août 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman, Actes Sud, La rentrée littéraire

Une part de ciel, 21 août 2013, 446 pages, 22 € . Ecrivain(s): Claudie Gallay Edition: Actes Sud

 

Massif de la Vanoise, à l’aube de l’hiver.

Carole vient revoir son père. Durant quelques jours de neige et de glace, elle va retrouver le village de son enfance, ses habitants dont elle a oublié les visages. Revoir son frère, Philippe, qui rêve de tracer le chemin d’Hannibal dans les montagnes. Sa sœur, Gaby, qui vit dans un bungalow et qui attend Ludo. Ludo, c’est son mec. Il doit sortir de prison.

C’est un roman où il fait froid, où les hommes sont taillés par les hivers impitoyables. Un roman où l’on attend avec Carole le retour du père. Curtil.

Et puis par le carreau givré d’une fenêtre on attend la neige qui ne devrait plus tarder. Décembre s’écoule, les jours défilent. On fait la rencontre de Francky, le tenancier du bar où l’on peut encore utiliser le vieux jukebox. La serveuse, qui est beaucoup trop jolie et qui, dans le froid, reste les bras nus pour servir les clients.

L'amour est une île, Claudie Gallay

Ecrit par David Campisi , le Jeudi, 22 Août 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman, Actes Sud

L’amour est une île, 2010, 351 pages, 21,80 € . Ecrivain(s): Claudie Gallay Edition: Actes Sud

 

L’île, c’est Avignon. L’Avignon d’un été brûlant où le soleil chauffe les pavés, les corps suants, l’air qui vibre et les destins qui s’échauffent. Oubliez La Hague, on change de décor.

 

Une cité, des personnages


Une question traverse ce roman : combien de temps durera encore la révolte des galériens du « Off » au Festival d’Avignon ?

Nous sommes plongés dans le feu de 2003, au cœur du bouillon, aux côtés des acteurs et des intermittents du spectacle qui hurlent leur colère aux autorités sourdes dans les ruelles minuscules d’une cité enfermée dans ses murailles. Le vent ne souffle plus et lorsqu’il souffle, il est brûlant de rage.

Le bonheur pauvre rengaine, Sylvain Pattieu

Ecrit par Martine L. Petauton , le Jeudi, 22 Août 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire, La Brune (Le Rouergue)

Le bonheur pauvre rengaine, 21 août 2013, 290 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): Sylvain Pattieu Edition: La Brune (Le Rouergue)

 

Un historien c’est déjà un sacré client pour nous raconter quelque chose. Un écrivain (sachant écrire, évidemment) c’est une autre entrée dans une histoire ; alors, si l’écrivain – qui sait écrire, c’est sûr – utilise aussi sa casquette d’historien de belle valeur, ça donne ce livre-là : on s’y croirait, on s’y plaît, et – comme on dit d’un beau produit – c’est du solide, monsieur ! du vrai bois dont on sent le fil de page en page – pas de la camelote de bazar…

On plonge avec notre imaginaire mais aussi notre appétit d’une « vraie histoire » dans un Marseille plus réaliste que la meilleure collection de cartes postales anciennes, juste sépia – ce qu’il faut ; on s’embarque et cela, jusqu’à la dernière page à regret avalée…

Rien que le titre chante comme une de ces chansons réalistes de l’entre-deux guerres : une « Goualante du pauvre Jean » – ici, de toutes ces Yvonne, Yves, l’égaré de Bretagne et ce Cyprien, « nègre du Dahomey » passé souteneur de petites femmes, comme d’autres deviennent maçons… « Le bonheur, pauvre rengaine » dans une France sortie tout fraîchement de la boue des tranchées, cul par-dessus tête – on dirait de nos jours, avec une mimique de psy, « pantelante du trauma de la Grande Guerre ».

Né sous les coups, Martyn Waites

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mercredi, 21 Août 2013. , dans Recensions, Les Livres, Polars, La Une Livres, Iles britanniques, Roman, La rentrée littéraire, Rivages/Thriller

Né sous les coups (born under punches) 21 août 2013. trad de l’anglais Alexis Nolent. 459 p 22€ . Ecrivain(s): Martyn Waites Edition: Rivages/Thriller

 

Si vous n’avez pas une grande sympathie pour « la dame de fer », Margaret Thatcher, la lecture de ce livre vous la fera détester à jamais. L’action de ce roman se situe alternativement dans deux époques : « maintenant » et « avant ». « Avant » c’est 1984 avec en fond d’écran permanent et souvent même au cœur de l’action, la dernière grande grève ouvrière en Angleterre, la grève des mineurs du printemps 84, écrasée par la répression du gouvernement Thatcher. 1984, l’Angleterre bascule dans une nouvelle ère, sinistre. Comment ne pas évoquer, au passage, le 1984 de George Orwell ?

« Les temps modernes, tels que nous les connaissons, ont débuté le lundi 28 mai 1984. (…) C’est ce jour-là que notre pays a changé pour toujours, que la bombe à retardement a été enclenchée et le compte à rebours lancé. Et où ce singulier événement a-t-il eu lieu ? A Orgreave, près de Rotherham, dans le South Yorkshire. »

Ce jour-là, et Martyn Waites nous le fera vivre au plus près, la police aux ordres du gouvernement Thatcher écrase la dernière manifestation des mineurs dans le sang. C’est une certaine idée de l’Angleterre qui meurt, celle des trade unions, des confréries, des camarades, des solidarités dans les quartiers. « Maintenant », c’est autre chose :

Manuel El Negro, David Fauquemberg

Ecrit par Yann Suty , le Mardi, 20 Août 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman, Fayard, La rentrée littéraire

Manuel El Negro, 21 août 2013, 366 pages, 20 € . Ecrivain(s): David Fauquemberg Edition: Fayard

 

« En vous racontant Manuel, je vous parlerai de moi ».

En s’attelant à l’histoire du chanteur de flamenco Manuel El Negro, Melchior de la Peña avertit qu’il sera aussi question de lui. Ce portrait d’un homme sera le portrait de deux hommes. Il prévient aussi que cette histoire risque de n’être tout à fait réelle. La vie de Manuel, telle qu’il la conçoit en effet, est comme un songe.

Sa vie, Melchior l’a passée derrière sa guitare, le front courbé au-dessus de ses cordes. Il dira même qu’il est devenu esclave de son instrument. Il est un homme de l’ombre, toujours en retrait sur la scène, un homme qui a « appris à se taire ».

« Les mots, voyez, disaient si peu, ils ne servent souvent qu’à créer des malentendus. La musique est sans équivoque, elle ne vous cache rien des sentiments de l’autre ».