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Recensions

Spark, Amy Kathleen Ryan

Ecrit par Alhama Garcia , le Jeudi, 11 Juillet 2013. , dans Recensions, Les Livres, Science-fiction, La Une Livres, USA, Roman, Le Masque (Lattès)

Spark (Tome 2 Mission Nouvelle Terre), traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Alice Delabre, Editions du Masque, coll. MSK, juin 2013, 389 pages, 17,60 € . Ecrivain(s): Amy Kathleen Ryan Edition: Le Masque (Lattès)

 

Un roman du type space-opera a besoin, précisément… d’espace. Nous avons ici le deuxième tome (Glow, en 2012, était le premier) d’une suite dont la fin prouve ce que je viens de dire. Mais, n’ayant pas lu le premier, je peux vous assurer que l’ordre importe peu. Vous serez toujours à temps, en effet, de trouver le premier plus tard ; quant au troisième, hélas, vous devrez sans doute attendre 2014.

Hélas, je dis, car si vous mordez aux dix premières pages, vous risquez de vous coucher tard. Loin de moi l’idée de vous spoiler l’histoire, mais il faut bien que j’en dise deux mots.

A première vue, c’est un roman pour ados, pour jeunes ados qui plus est : alors que les personnages ont entre douze et seize ans, qu’ils sont lâchés à leur propre initiative dans un vaisseau de colonisation, sans adultes en état, vous n’entendrez jamais la moindre allusion au sexe. Et à peine aux sentiments.

Ouz suivi de Ore et de Ex, Gabriel Calderón

Ecrit par Cathy Garcia , le Jeudi, 11 Juillet 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Amérique Latine, Actes Sud, Théâtre

Ouz suivi de Ore et de Ex, traduit de l’espagnol (Uruguay) par Françoise Thanas et Maryse Aubert, 2013. 244 pages, 25 € . Ecrivain(s): Gabriel Calderón Edition: Actes Sud

 

 

Ouz et Ore et Ex, trois pièces d’un jeune auteur, dont les dénominateurs communs sont un humour féroce qui bascule dans le fantastique et l’absurde, caractéristique de beaucoup de bonnes écritures latino-américaines, et le poids de la famille, elle-même bousculée et violentée par le contexte politique, religieux et social. Ces pièces questionnent le fond d’humanité chez l’être humain, et aussi la quête d’amour et de vérité.

Trois pièces de théâtre qui ont pour toile de fond l’Uruguay. Petit pays dont on parle peu, qui comme ses voisins a subi dans les années 70 une dictature sanguinaire avec son lot de tortures, d’assassinats et de disparitions, et qui aujourd’hui est gouverné par José Mujica Cordano, surnommé Pepe Mujica, un étonnant président, ex-guérillero tupamaro. D’ailleurs, une de ses phrases a inspiré l’auteur pour l’écriture d’Ex, la dernière pièce.

Le bar du caïman noir, Denis Humbert

Ecrit par Patryck Froissart , le Mercredi, 10 Juillet 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, Roman, Presses de la Cité

Le bar du caïman noir, juin 2013, 280 pages, 19 € . Ecrivain(s): Denis Humbert Edition: Presses de la Cité

 

« Regina », voilà un bien beau nom pour un hameau sordide, perdu au bord du fleuve, quelque part en Guyane.

« Une église, une mairie-école et quelques cases créoles… », et l’épicerie Gomès devant laquelle des hommes venus des alentours se retrouvent chaque matin, boivent et échangent les nouvelles.

Plus loin, à l’écart de tout, le bar du Caïman noir, autre nœud de rencontres, louche, interlope celui-là, lieu de plaisirs tristes, où, le soir surtout, ça danse, ça se soûle, ça se bat parfois, où quelques amérindiennes en voie d’acculturation viennent monnayer leurs charmes, où se croisent orpailleurs clandestins, fonctionnaires métropolitains impatients d’être affectés ailleurs, aventuriers au passé trouble, épaves au passé occulte qui ont choisi d’échouer dans ce trou vaseux pour se faire oublier.

Voilà pour le décor, baignant dans la moiteur, la pluie, la boue et le mal être.

Le tueur se meurt, James Sallis

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 09 Juillet 2013. , dans Recensions, Les Livres, Polars, La Une Livres, USA, Roman, Rivages/Thriller

Le tueur se meurt (The killer is dying), traduit de l'anglais (USA) par Christophe Mercier et Jeanne Guyon avril 2013, 264 p. 20 € . Ecrivain(s): James Sallis Edition: Rivages/Thriller

 

Rembrandt, triste hôpital tout rempli de murmures,
Et d'un grand crucifix décoré seulement,
Où la prière en pleurs s'exhale des ordures,
Et d'un rayon d'hiver traversé brusquement

Charles Baudelaire. Les Phares

 

Baudelaire ici parce que dans ce quatrain est concentré l’univers de ce chef-d’oeuvre noir de James Sallis. Univers de la chute, de l’impiété, du meurtre et du châtiment. The killer is dying dit le titre original. La syntaxe anglaise est plus explicite que la française. Progressive form. C’est bien là le génie de Sallis qui va distiller, instiller, son récit au goutte-à-goutte comme les liquides jaunâtres qui coulent des poches suspendues au-dessus des patients, cassés, blessés, mourants des hôpitaux qui parsèment le chemin de Chrétien. Chrétien, c’est le nom du héros tueur !

Premier sang, David Morrell

Ecrit par Yan Lespoux , le Mardi, 09 Juillet 2013. , dans Recensions, Les Livres, La Une Livres, USA, Roman, Gallmeister

Premier sang (First Blood, 1972), traduit de l’anglais (USA) par Éric Diacon, juin 2013, 311 pages, 10 € . Ecrivain(s): David Morrell Edition: Gallmeister

Décidément branchées sur le cinéma en ce mois de juin, les éditions Gallmeister, après Délivrance, publient le roman dont a été tiré le premier – et seul bon – film mettant en scène John Rambo.

Une édition doublement intéressante : d’abord parce que l’on ne sait pas forcément qu’un livre est à l’origine du film, ensuite parce que l’on s’aperçoit que ce roman qui traite – superficiellement et avant tout au service de l’action et d’un message plus large sur la perception de la guerre du Vietnam, certes – du syndrome post-traumatique chez les vétérans du Vietnam date tout de même de 1972, à un moment où le conflit n’est pas encore terminé. À ce titre, David Morrell fait indéniablement partie des précurseurs d’une vague qui ne déferlera vraiment que quelques années plus tard.

Premier sang est donc l’histoire de la rencontre entre John Rambo, ancien commando rentré traumatisé après sa captivité au Vietnam et qui vagabonde à travers les États-Unis, et le shérif Teasle, lui-même vétéran de la guerre de Corée, qui voit d’un mauvais œil l’arrivée en ville de ce jeune homme chevelu. Bien vite, l’entêtement de Rambo à rester en ville et celui de Teasle bien décidé à la lui faire quitter mène à l’explosion. Après un passage crispant devant le juge local et une arrivée musclée à la prison de la ville, John Rambo commet l’irréparable et s’enfuit. Commence alors une chasse l’homme durant laquelle les chasseurs ne tardent pas à devenir gibier, pour le plus grand malheur de Teasle :