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Grasset

Les Éditions Grasset ont été successivement présidées par son fondateur, Bernard Grasset, et depuis 1955 par son neveu Bernard Privat. Parmi les premiers administrateurs figure Jean Vigneau. En1959, Grasset fusionne avec les Éditions Fasquelle, que dirigeait Jean-Claude Fasquelle depuis 1954. Il devient directeur général des éditions Grasset & Fasquelle en 1959, puis Président-directeur général en 1981. En 2000, il devient Président du conseil de surveillance et Olivier Nora lui succède en tant que Président du directoire.

Parmi les auteurs importants que Grasset a contribué à faire connaitre peuvent être cités Jean Giraudoux, ou plus récemment Pascal Quignard.

 


Dix-sept ans, Colombe Schneck (2ème critique)

Ecrit par Pauline Fouillet , le Jeudi, 26 Mars 2015. , dans Grasset, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Dix-sept ans, janvier 2015, 90 pages, 10 € . Ecrivain(s): Colombe Schneck Edition: Grasset

 

Il est un sujet très complexe que tout être humain peine à aborder. Souvent tabou et ce, malgré l’évolution actuelle des mœurs, l’avortement est encore aujourd’hui synonyme de gêne, de honte.

Alors, comment aborder le dernier roman de Colombe Schneck ?

Il lui aura fallu du temps pour aborder ce sujet et c’est avec un court récit passionné et fort en émotions qu’elle évoque cette période de sa vie. J’allais vous dire « cette triste période » mais sans doute aurais-je fait une erreur d’interprétation car à aucun moment l’auteur n’évoque cet événement en ces termes. Décision grave et sensible oui, mais triste non, car prise en toute connaissance de cause et raisonnablement.

L’auteur, dès le début du roman, fait un constat d’absence. Absence de ce thème dans la littérature, de cette réalité dans les discussions parents-enfants, de cette nécessité dans les pensées collectives.

Et tu n’es pas revenu, Marceline Loridan-Ivens

Ecrit par Philippe Chauché , le Mardi, 24 Mars 2015. , dans Grasset, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, Histoire

Et tu n’es pas revenu, février 2015, co-écrit avec Judith Perrignon, 112 p. 12,90 € . Ecrivain(s): Marceline Loridan-Ivens Edition: Grasset

 

Alors à Drancy, tu savais bien, que rien ne m’échappait de vos airs graves à vous les hommes, rassemblés dans la cour, unis par un murmure, un même pressentiment que les trains s’en allaient vers le grand Est et ces contrées que vous aviez fuies. Je te disais, « Nous travaillerons là-bas, et nous nous retrouverons le dimanche ». Tu m’avais répondu : « Toi tu reviendras peut-être parce que tu es jeune, moi je ne reviendrai pas ».

Shloïme, Salomon Rozenberg n’est pas revenu d’Auschwitz, sa fille Marceline a échappé à la destruction des juifs d’Europe. Son petit livre est une apostrophe au père perdu et détruit. Adresse au père qui est resté là-bas – il y avait entre nous des champs, des blocs, des miradors, des barbelés, des crématoires, et par-dessus tout, l’insoutenable incertitude de ce que devenait l’autre –, au père qui hante ses jours et ses nuits, au père qu’elle n’a jamais oublié et qu’elle n’oubliera jamais. Et tu n’es pas revenu est le récit d’un deuil impossible, impensable, le récit d’une colère qui ne s’est jamais éteinte, d’un séjour au centre de l’innommable, mais qu’il convient de nommer avec précision comme l’a fait en son temps Claude Lanzmann dans Shoah.

Big daddy, Chahdortt Djavann

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Vendredi, 13 Mars 2015. , dans Grasset, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, En Vitrine

Big daddy, février 2015, 288 pages, 18 € . Ecrivain(s): Chahdortt Djavann Edition: Grasset

 

« Lorsque Big daddy m’a demandé ce que je voulais faire dans la vie, avec mon air le plus déterminé, je lui ai répondu : “Je veux entrer dans l’histoire”. Il a éclaté de rire et a posé la main sur ma tête : “C’est bien mon petit, c’est bien. Tu es digne d’être mon fils”. Je n’en croyais pas mes oreilles. “Ça te dit d’être mon fils, hein, ça te dit ?” – Oui, monsieur ai-je osé articuler ».

Ainsi débute Big daddy, le dernier roman de l’écrivain d’origine iranienne Chahdortt Djavann qui alterne romans, par exemple La Muette (Flammarion, 2008), pamphlets comme Bas les voiles ! (Gallimard, 2003), et essais, Ne négociez pas avec le régime iranien (Flammarion, 2009).

L’action se déroule aux États-Unis, dans l’Amérique profonde. Rody, un gamin latino-américain de treize ans, est condamné à perpétuité sans possibilité de liberté conditionnelle pour un triple assassinat. Son avocate commise d’office, Nikki Hamilton, va nouer avec lui une relation privilégiée qui va durer une dizaine d’années.

Dix-sept ans, Colombe Schneck

Ecrit par Laurence Biava , le Mercredi, 18 Février 2015. , dans Grasset, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Dix-sept ans, janvier 2015, 90 pages, 10 € . Ecrivain(s): Colombe Schneck Edition: Grasset

 

Ce n’est pas un roman, c’est à peine un récit, plutôt un témoignage. Un témoignage touchant et engagé, qu’il ne faut pas prendre à la légère, mais qui manque pourtant de consistance.

Toutes les fioritures encadrant le propos sont dénuées d’intérêt : le milieu bobo/environnement culturel très favorisé, les parents médecins (elle le précise deux fois, ouf), la bluette énamourée d’une jolie fille de 17 ans.

Colombe Schneck raconte les circonstances d’un avortement survenu à 17 ans, alors qu’elle est amoureuse de son premier amant, un garçon de sa classe, et qu’elle s’apprête à passer le bac. C’est le seul point intéressant de l’opus.

L’auteur évoque l’avortement d’abord d’un point de vue intime. Elle l’aborde sous un aspect politique ensuite. S’appuyant systématiquement sur tout ce qui se rapporte à la célèbre loi contre l’avortement de Simone Veil et argumentant à de nombreuses reprises sur le sujet. Ce qui lui permet de donner un peu d’épaisseur à son texte, littérairement très faible (ndlr : Le 26 novembre 1974, Simone Veil tenait un discours historique pour défendre sa loi légalisant l’avortement à la tribune de l’Assemblée nationale).

Cent titres, Clémentine Mélois

Ecrit par Pauline Fouillet , le Mardi, 06 Janvier 2015. , dans Grasset, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Anthologie

Cent titres, octobre 2014, 212 pages, 10 € . Ecrivain(s): Clémentine Mélois Edition: Grasset

 

Avec un titre tel que celui-ci, le lecteur peut s’attendre à un énième « ouvrage guide » sur la littérature, qui nous offrirait des explications d’ordre général ou une bibliothèque idéale.

Mais nous en sommes loin en fait puisque nous sommes face à un pari un peu fou de Clémentine Mélois : démontrer que la littérature n’est pas seulement sérieuse, comme beaucoup le pensent, mais aussi et surtout source d’humour.

En l’espèce, l’auteur a fait le choix de 100 titres de littérature classique, qu’elle a tourné en dérision. Elle a repris les couvertures originales en en modifiant les titres ou les illustrations, en créant ainsi de véritables pastiches. Avec très peu de texte, juste assez pour nous faire un point rapide sur l’auteur, l’époque, le véritable titre ou nous exposer une anecdote, les « héros » de l’ouvrage sont les couvertures. Toutes ne sont pas extrêmement drôles mais c’est un excellent moment que nous passons à feuilleter ce livre, oscillant entre sourire et fou rire.