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Grasset

Les Éditions Grasset ont été successivement présidées par son fondateur, Bernard Grasset, et depuis 1955 par son neveu Bernard Privat. Parmi les premiers administrateurs figure Jean Vigneau. En1959, Grasset fusionne avec les Éditions Fasquelle, que dirigeait Jean-Claude Fasquelle depuis 1954. Il devient directeur général des éditions Grasset & Fasquelle en 1959, puis Président-directeur général en 1981. En 2000, il devient Président du conseil de surveillance et Olivier Nora lui succède en tant que Président du directoire.

Parmi les auteurs importants que Grasset a contribué à faire connaitre peuvent être cités Jean Giraudoux, ou plus récemment Pascal Quignard.

 


La dernière aventure de Long John Silver, Björn Larsson

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 23 Août 2014. , dans Grasset, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Pays nordiques, Roman

La dernière aventure de Long John Silver, traduit du suédois par Camille Paul, mai 2014, 128 p. 10 € . Ecrivain(s): Björn Larsson Edition: Grasset

 

 

Après son premier coup de maître en 1995, le passionnant et copieux volume consacré au plus célèbre des pirates de fiction, Björn Larsson revient à nouveau sur ce personnage et ajoute un dernier chapitre à l’autobiographie de Long John Silver. Roué, rebelle, fascinant, celui qu’on surnomme « Barbecue », a atteint la fin de sa carrière et aspire à finir ses jours, hors de la piraterie et de ses codes sanglants.

« Écrire, dans le meilleur des cas, peut être une façon de se libérer de ses dettes devant la mort, de rendre la monnaie de sa pièce, de jeter à la mer une fois pour toutes les cadavres entassés dans la cale et de les supprimer des listes, de s’en débarrasser avec la tête de mort que les capitaines ont pour habitude de dessiner dans le journal de bord pour chaque marin décédé. Je me demande si l’acharnement à écrire d’un homme tel que moi n’est pas la seule chose qui le tienne encore en vie. Continuerai-je donc, pour ainsi dire, de vivre sur mon cadavre vivant jusqu’à ma mort ? ».

Seul à travers l’Atlantique et autres récits, Alain Gerbault

Ecrit par Marc Michiels (Le Mot et la Chose) , le Vendredi, 22 Août 2014. , dans Grasset, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, Aventures

Seul à travers l’Atlantique et autres récits, préface Isabelle Autissier, postface Ella Maillart, nouvelle édition, mai 2014, 416 pages, 20,90 € . Ecrivain(s): Alain Gerbault Edition: Grasset

 

« … les traits sur mon esprit sont comme des ombres sur le vent qui fuit »

Edgar Allan Poe, Préface O.Z.Y.U., dernier journal

 

Alain Gerbault est né en novembre 1893 à Laval et mort en décembre 1941 à Dili, au Timor. Il est enrôlé comme pilote pendant la Première Guerre mondiale. Un jeune américain d’escadrille lui prêta un jour un livre de Jack London, La croisière du Snark. Ce dernier fut déterminant dans son désir de « prendre la mer ». A la fin du conflit, il se lance sans succès dans les affaires et participe à de nombreux tournois de tennis. En 1921, il décide de changer de vie et de partir seul en mer. Il achète un vieux voilier, le Firecrest, dans un port anglais. Après un entraînement de plusieurs mois en Méditerranée, il réalise en 1923 la première traversée de l’Atlantique en solitaire d’est en ouest, ralliant en 101 jours Gibraltar à New York – exploit alors inégalé.

Oona et Salinger, Frédéric Beigbeder

Ecrit par Laurence Biava , le Mardi, 19 Août 2014. , dans Grasset, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Oona et Salinger, 20 aout 2014, 335 pages, 19 € . Ecrivain(s): Frédéric Beigbeder Edition: Grasset

 

Le complexe de Beigbeder


« No trespassing. C’est donc là. Je suis dans le New Hampshire avec Jean-Marie Périer pour tourner un documentaire sur Jérome David Salinger. Il y a un petit cimetière blanc à droite de la route, un chemin de terre qui serpente vers le haut de la colline où une maison domine la forêt : la description concorde avec nos informations ultra-secrètes. L’idée est malade : il s’agit d’aller rendre visite à l’écrivain le mieux caché du monde. L’auteur de l’Attrape-cœurs est mon écrivain préféré et j’en ai marre qu’il soit mon contraire absolu… Je vous raconterai le mois prochain le résultat de mon pèlerinage à Cornish chez l’ermite absolu. Salinger est ma statue du Commandeur. Le moment est venu de mon grand face à face avec le Silence », écrivait Frédéric Beigbeder dans sa chronique Mauvaise foi de Lire en juin 2007.

Oona et Salinger est sans conteste le meilleur livre de Frédéric Beigbeder (le 11e). Le plus dense, le plus intéressant, le plus irrigué, le plus mélancolique, le plus fou, le plus musclé, le plus incarné, le plus tendre, et le plus romantique. Quel plus bel hommage que cette quête débutée avant 2007, menée à son terme en 2014, Frédéric Beigbeder pouvait-il réserver à Salinger, sa statue du Commandeur, son écrivain préféré, son icône ?

Un homme au singulier, Christopher Isherwood

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 03 Juillet 2014. , dans Grasset, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Roman

Un homme au singulier (A single man). Traduction de l'anglais Léo Dilé. Avril 2014. 175 p. 8,20 € . Ecrivain(s): Christopher Isherwood Edition: Grasset

 

Dire à chaque opus d’Isherwood qu’il s’agit d’un chef-d’œuvre va finir par paraître conventionnel. Et pourtant que dire d’autre en tout premier sur ce bijou de roman qu’est « un homme au singulier » ? Un condensé de vie, de douleur, de solitude et d’apaisement nous attend dans ce petit livre.

Une journée, une, dans la vie au crépuscule de George. Il est seul, envahi par le souvenir omniprésent de Jim, mort il y a peu et qui l’a laissé derrière, désemparé. La vie continue certes mais quelle vie ? Ecornée, étrangère à soi, orpheline. On ne se fait pas à la mort de l ‘autre, on vit autour d’une béance, d’un trou infini.

« Et c’est ici, presque tous les matins, que George, arrivé au pied de l’escalier, a cette sensation de se trouver soudain au bord d’une corniche à pic, brutalement creusée, aux arêtes vives – comme si la route avait été emportée par un glissement de terrain. C’est ici qu’il s’arrête pile et sait, avec une acuité à donner la nausée, presque comme pour la première fois : Jim est mort. Est mort. »

Le crépuscule de la démocratie, Nicolas Grimaldi

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Vendredi, 06 Juin 2014. , dans Grasset, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Le crépuscule de la démocratie, mai 2014, 160 pages, 11 € . Ecrivain(s): Nicolas Grimaldi Edition: Grasset

 

Philosophe et essayiste, auteur de L’Effervescence du vide, Les théorèmes du moi et Métamorphoses de l’amour, grand lecteur de Proust et de Descartes auxquels il a consacré de nombreux essais, Nicolas Grimaldi change de champ d’investigation et inaugure avec Le crépuscule de la démocratie un nouveau terrain et un nouvel angle d’attaque : celui de la politique.

La problématique de cet essai publié dans la petite collection blanche aux éditions Bernard Grasset pose la question suivante : La démocratie moderne serait-elle devenue une réalité trop fragile, et trop éloignée de ses propres principes, pour être confiée aux manipulateurs qui prétendent l’incarner ?

Le ton sarcastique parcourt la formulation de la question, mais le propos est ici celui d’une réflexion de fond, et l’objectif est de mieux comprendre l’état des lieux actuel de notre système démocratique.