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Grasset

Les Éditions Grasset ont été successivement présidées par son fondateur, Bernard Grasset, et depuis 1955 par son neveu Bernard Privat. Parmi les premiers administrateurs figure Jean Vigneau. En1959, Grasset fusionne avec les Éditions Fasquelle, que dirigeait Jean-Claude Fasquelle depuis 1954. Il devient directeur général des éditions Grasset & Fasquelle en 1959, puis Président-directeur général en 1981. En 2000, il devient Président du conseil de surveillance et Olivier Nora lui succède en tant que Président du directoire.

Parmi les auteurs importants que Grasset a contribué à faire connaitre peuvent être cités Jean Giraudoux, ou plus récemment Pascal Quignard.

 


La Trahison des Clercs, Julien Benda (1927)

Ecrit par Pierre-Louis Pinault , le Jeudi, 10 Avril 2014. , dans Grasset, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

La Trahison des Clercs, Cahiers rouges, 330 p. 9,95 € . Ecrivain(s): Julien Benda Edition: Grasset

 

 

On avait déjà été averti par Michel Winock dans Le Siècle des Intellectuels (1997), de l’importance de cet essai publié à la fin des années 1920 par l’un des fins penseurs de son temps. Julien Benda (1867-1956), dans ce livre à l’armature riche et ordonnée qui fit date dans l’histoire de la pensée philosophique en France, fait preuve, en exposant ses idées, d’une hauteur de vue et d’une clarté devenues rares.

Méticuleusement, il distingue entre d’une part le rôle bénéfique qu’avaient sur le peuple les penseurs de jadis (La Bruyère, Montaigne, Malebranche, etc.), savoir celui de l’arracher à ses modes de pensée pragmatiques et grégaires ; et d’autre part le chaos que sèment dans les sociétés actuelles tous ces poètes, romanciers et historiens « politiciens » qui se font ouvertement les chantres d’un « réalisme divinisé » d’après les mots de Benda.

Vivre à présent, Nadine Gordimer

Ecrit par Victoire NGuyen , le Vendredi, 07 Mars 2014. , dans Grasset, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Afrique, Roman

Vivre à présent, traduit de l’Anglais (Af. Sud) par David Fauquemberg, octobre 2013, 478 p. 22 € . Ecrivain(s): Nadine Gordimer Edition: Grasset

 

Être sud-africain post apartheid


Steve et Jabulie forment un couple mixte dans l’Afrique du Sud post Apartheid. Anciens activistes anti-Apartheid, ils mènent à présent une vie heureuse dans une banlieue sans histoire. Grâce au Black Empowerment, Jabulie accède à des postes à responsabilités tandis que Steve revêt la toge des professeurs d’université. Tous deux jouissent d’une vie de la classe moyenne plus dans un pays en mutation.

« Jabu, dans ses relations avec les camarades ex-combattants et sa carrière professionnelle, à la fois prestigieuse et selon toutes probabilités, prospère, dans un avenir plus ou moins proche, sans cesser d’être consacrée à la justice contre le passé et à celle du présent, a été la première à incarner quelque chose comme une réalisation de la politique du Black Empowerment, la promotion économique des noirs, même si cela ne touche que la classe vivant dans la Banlieue ».

La constellation du Lion, Pascal Convert

Ecrit par Laurence Biava , le Lundi, 06 Janvier 2014. , dans Grasset, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

La constellation du Lion, août 2013, 160 pages, 14 € . Ecrivain(s): Pascal Convert Edition: Grasset

 

Ce livre de rentrée est un sublime livre de résistance. Un récit historique. Un récit de résistance et de mémoire, qui oppose au sein d’une même famille des fortes personnalités et des personnalités plus faibles, plus éprouvées. C’est un livre qui raconte aussi la tentation de l’oubli, par la narration des bribes d’Histoire tout court avec les figures héroïques qui ont jalonné et traversé quelques tranches de vie douloureuses.

Le livre, c’est avant tout celui qui fait la part belle au parcours personnel, professionnel et historique de ce grand-père Léonce Dussarat (d’où le titre de l’opus), immense figure pittoresque de la résistance du Sud-Ouest, chasseur tireur d’élite, chasseur de tir et instructeur pour les officiers de Saint-Cyr, membre du Jury international aux épreuves de tir aux Jeux Olympiques d’Helsinki, un homme qui, de surcroît, possédait une voix de stentor. Ce détail n’est point superflu, puisque c’est ce qui, malgré lui, le rendait si impressionnant, voire terrifiant pour sa fille, la mère de l’auteur… Il est présenté ainsi par l’historien Gilles Perrault : « L’homme avait été si superbe dans ses refus obstinés de composer avec la trahison pétainiste que ses camarades avaient transformé son pseudonyme de résistant, Léon des Landes en Lion des Landes ». Tout est dit.

Nos mal-aimés, ces musulmans dont on ne veut pas, Claude Askolovitch

Ecrit par Alexis Brunet , le Mercredi, 11 Décembre 2013. , dans Grasset, Les Livres, Livres décortiqués, Essais, La Une Livres

Nos mal-aimés, ces musulmans dont on ne veut pas, septembre 2013, 288 pages, 18 € . Ecrivain(s): Claude Askolovitch Edition: Grasset

 

 

Il devait s’appeler « Malheureux comme Allah en France ». Suite à quelques mises en garde sur les risques d’incompréhension face à la personnification de Dieu, prohibée par l’Islam, Claude Askolovitch lui a choisi un autre titre. A l’origine de l’essai, le tapage médiatique sur la viande halal, et la montée en flèche, il y a deux ans déjà, de Marine Lepen dans l’opinion française.

Des musulmans montrés du doigt par les médias, d’une manière parfois disproportionnée, un anti-islamisme tendant à se banaliser, il fallait un ouvrage qui ose s’attaquer à ce sujet, qui ose se demander pourquoi l’Islam génère un tel malaise dans la société française, alors que les sociétés ne sont que les fruits de ceux qui les composent. Claude Askolovitch l’a fait. Un ouvrage courageux, qui ne pouvait pas lui apporter que des amis. Un exercice qui ne pouvait être que difficile. Un challenge.

Journal d’un écrivain en pyjama, Dany Laferrière

Ecrit par Jean-François Vernay , le Mardi, 26 Novembre 2013. , dans Grasset, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Journal d’un écrivain en pyjama, septembre 2013, 320 pages, 19 € . Ecrivain(s): Dany Laferrière Edition: Grasset

 

 

Les essais sur l’acte d’écriture donnent souvent l’idée de l’aboutissement de toute une carrière littéraire qui vient offrir un regard en surplomb sur toutes les astuces déployées au fil des ans. Avec près de trente ans de métier derrière lui, on peut dire que Dany Laferrière a de la bouteille mais, paradoxe des paradoxes, son travail d’écriture n’en est pas plus facilité :

« Aujourd’hui il me faut travailler durant des heures pour retrouver cette grâce qui donnait l’impression que les images surgissaient au bout de sa tige. […] je ne sais pour quelle raison, je cherche à retrouver toujours cette spontanéité du début. L’écriture est une étrange passion dont il faut retarder le plus longtemps l’explosion si on ne veut pas se retrouver, plus tard, avec un goût de cendre dans la bouche – rien de plus terrible qu’un écrivain qui a terminé son œuvre trop longtemps avant sa mort » (p.25).