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Grasset

Les Éditions Grasset ont été successivement présidées par son fondateur, Bernard Grasset, et depuis 1955 par son neveu Bernard Privat. Parmi les premiers administrateurs figure Jean Vigneau. En1959, Grasset fusionne avec les Éditions Fasquelle, que dirigeait Jean-Claude Fasquelle depuis 1954. Il devient directeur général des éditions Grasset & Fasquelle en 1959, puis Président-directeur général en 1981. En 2000, il devient Président du conseil de surveillance et Olivier Nora lui succède en tant que Président du directoire.

Parmi les auteurs importants que Grasset a contribué à faire connaitre peuvent être cités Jean Giraudoux, ou plus récemment Pascal Quignard.

 


Cent titres, Clémentine Mélois

Ecrit par Pauline Fouillet , le Mardi, 06 Janvier 2015. , dans Grasset, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Anthologie

Cent titres, octobre 2014, 212 pages, 10 € . Ecrivain(s): Clémentine Mélois Edition: Grasset

 

Avec un titre tel que celui-ci, le lecteur peut s’attendre à un énième « ouvrage guide » sur la littérature, qui nous offrirait des explications d’ordre général ou une bibliothèque idéale.

Mais nous en sommes loin en fait puisque nous sommes face à un pari un peu fou de Clémentine Mélois : démontrer que la littérature n’est pas seulement sérieuse, comme beaucoup le pensent, mais aussi et surtout source d’humour.

En l’espèce, l’auteur a fait le choix de 100 titres de littérature classique, qu’elle a tourné en dérision. Elle a repris les couvertures originales en en modifiant les titres ou les illustrations, en créant ainsi de véritables pastiches. Avec très peu de texte, juste assez pour nous faire un point rapide sur l’auteur, l’époque, le véritable titre ou nous exposer une anecdote, les « héros » de l’ouvrage sont les couvertures. Toutes ne sont pas extrêmement drôles mais c’est un excellent moment que nous passons à feuilleter ce livre, oscillant entre sourire et fou rire.

Kif, Laurent Chalumeau

Ecrit par Patryck Froissart , le Samedi, 06 Décembre 2014. , dans Grasset, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Kif, octobre 2014, 457 pages, 22 € . Ecrivain(s): Laurent Chalumeau Edition: Grasset

 

Certains parleront, après avoir lu ce roman, de langue littéraire évoluée, ou pour le moins évolutive. D’autres y verront d’intolérables, de scandaleuses atteintes à la « belle » langue française.

Kif n’échappera ni à l’une ni à l’autre de ces critiques.

Mais le lecteur qui ouvre un livre avec l’espoir d’y vivre quelques heures de pur plaisir aimera l’audace linguistique de l’auteur et la contextualisation réaliste que le langage utilisé procure à l’histoire.

L’histoire, c’est celle de petits malfaiteurs dont la nullité opératoire n’a d’égale que leur absence de scrupules et la médiocrité de leurs ambitions délictuelles. On croit revoir Les Pieds Nickelés. On a des réminiscences de San Antonio. On est dans le registre de la cinématographie du genre « Faut pas prendre les oiseaux du bon Dieu pour des canards sauvages ». Bref, on se marre.

Les fausses dents de Berlusconi, Jacques Drillon

Ecrit par Romain Vénier , le Vendredi, 24 Octobre 2014. , dans Grasset, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Les fausses dents de Berlusconi, octobre 2014, 320 pages, 19 € . Ecrivain(s): Jacques Drillon Edition: Grasset

 

 

Certains auteurs vous frappent par la galerie de portraits qui se dessine à la lecture de leurs livres (Balzac, Proust, Dostoïevski), certains parviennent en un paragraphe liminaire à recréer l’ambiance d’un lieu ou à vous plonger dans une atmosphère particulière (Simenon, Modiano). D’autres vous étonnent par le tranchant de leur manière de raconter (Berhard, Guibert) ou vous font valser avec la narration pour vous mener à l’autre bout de la piste sans même que vous l’ayez remarqué (Echenoz). D’autres, enfin, et Jacques Drillon est de ceux-là, constituent une œuvre foisonnante dans des genres variés (essai, musique, grammaire, traduction, biographie, récit) – on pense également à Charles Dantzig – et vous séduisent par leur français limpide, leur phrase parfaitement construite.

Le roi disait que j’étais diable, Clara Dupont-Monod

Ecrit par Fabrice del Dingo , le Mardi, 07 Octobre 2014. , dans Grasset, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Le roi disait que j’étais diable, août 2014, 240 pages, 17,90 € . Ecrivain(s): Clara Dupont-Monod Edition: Grasset

 

Aliénor mon cœur t’adore

Clara Dupond-Monod a choisi un bel octosyllabe, Le roi disait que j’étais diable, comme titre de son dernier roman. Elle montre une nouvelle fois sa prédilection pour le Moyen-âge.

En effet, cette diablesse, c’est Aliénor d’Aquitaine, une femme de caractère qui fut reine de France au XIIe siècle (puis devint reine d’Angleterre par son second mariage).

Aliénor possède quelques points communs avec dame Dupont-Monod, par exemple une fascination partagée pour l’histoire de Tristan et Yseult. N’est-ce pas Clara Dupont-Monod qui, voici quelques années, avait utilisé sa belle plume pour raconter l’histoire de Tristan et Yseut vue par le roi Marc (1) ? C’était déjà une fameuse idée !

Aliénor ne s’en laisse guère conter : « Mon prénom est un monde et personne n’y laisse son empreinte. Ni Dieu, ni roi ».

Le manteau de Greta Garbo, Nelly Kaprièlian

Ecrit par Laurence Biava , le Samedi, 04 Octobre 2014. , dans Grasset, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Le manteau de Greta Garbo, août 2014, 288 pages, 18,50 € . Ecrivain(s): Nelly Kaprièlian Edition: Grasset

 

L’habit fait le moine

Pour un premier livre, c’est une réussite. Même si le livre est divisé en trois parties fort inégales en terme de qualité, et que le titre porte à confusion. L’air de rien.

Tout commence alors que Nelly Kaprièlian se rend à la vente aux enchères des vêtements et objets de Greta Garbo. Elle suit cette mise en vente pour le magazine Les Inrocks. Ce roman – car c’est un roman ! – ne devait être au départ qu’un documentaire. En tout cas, il en prenait la tournure.

Puis le projet initial change. Il repose sur un pari : dévoiler des mystères de la vie de Garbo la secrète. Sur place, aux Etats-Unis, pendant deux jours, Kaprièlian voit un manteau rouge. Il n’est pas vraiment son genre, mais il présente la caractéristique de n’être pas très onéreux. Peut-être même n’est-il pas le manteau de Garbo, mais la narratrice succombe, fascinée par le fait qu’elle s’imagine acheter le manteau de la plus grande star hollywoodienne. C’est vrai : Garbo est une mythologie. Détenir ce qui a appartenu à « la femme morte » amplifie le sentiment de posséder quelque chose d’unique, de rare. C’est comme un joyau. Et ce manteau est d’une matière, d’une étoffe inoubliables.