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Grasset

Les Éditions Grasset ont été successivement présidées par son fondateur, Bernard Grasset, et depuis 1955 par son neveu Bernard Privat. Parmi les premiers administrateurs figure Jean Vigneau. En1959, Grasset fusionne avec les Éditions Fasquelle, que dirigeait Jean-Claude Fasquelle depuis 1954. Il devient directeur général des éditions Grasset & Fasquelle en 1959, puis Président-directeur général en 1981. En 2000, il devient Président du conseil de surveillance et Olivier Nora lui succède en tant que Président du directoire.

Parmi les auteurs importants que Grasset a contribué à faire connaitre peuvent être cités Jean Giraudoux, ou plus récemment Pascal Quignard.

 


Sauver les livres et les hommes, Père Michaeel Najeeb

Ecrit par Gilles Banderier , le Lundi, 12 Mars 2018. , dans Grasset, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Histoire

Sauver les livres et les hommes, octobre 2017, 178 pages, 17 € . Ecrivain(s): Père Michaeel Najeeb Edition: Grasset

Pour des raisons qu’on a peur de comprendre (y a-t-il un agenda caché ?), l’Occident en général, les États-Unis en particulier, se sont acharnés contre l’Irak, la Libye et la Syrie, dont les dirigeants avaient certes des défauts (la conversion du Proche et Moyen-Orient à la social-démocratie de type suédois n’est pas pour tout de suite), mais qui étaient des pays laïcs, où la pratique de l’Islam était fermement encadrée par l’État. Par conséquent, les tenants d’autres religions pouvaient y vivre librement. Le fondateur du parti Baas (au pouvoir en Irak et en Syrie), Michel Aflak, était un chrétien, de même que le ministre des Affaires étrangères de Saddam Hussein, Tarek Aziz. En 1982, Hafez el-Assad mit brutalement un terme à l’expansion des Frères musulmans en Syrie. Saddam Hussein commença plutôt bien son « règne », avec une campagne d’alphabétisation massive, qui n’était pas sans évoquer celle menée par Mustafa Kemal en Turquie, avant – hélas ! – de saigner à blanc son pays dans un conflit absurde avec le voisin iranien et de se couper de son propre peuple. L’exécution de Saddam Hussein libéra le mauvais génie de la lampe, et l’Islam le plus rétrograde, longtemps comprimé par un régime policier, donna libre cours à sa sauvagerie. L’Irak, État artificiel, permettait à différentes communautés non-musulmanes de vivre dans des conditions à peu près sereines. Au XIXe siècle, un tiers de la population de Mossoul professait le christianisme et on y comptait 50.000 Juifs (le Talmud de Babylone fut élaboré sur ce territoire). Qu’en est-il aujourd’hui ?

Sexe, Christophe Donner

Ecrit par Arnaud Genon , le Lundi, 05 Mars 2018. , dans Grasset, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Sexe, janvier 2018, 272 pages, 19 € . Ecrivain(s): Christophe Donner Edition: Grasset

 

A la fin de L’Image fantôme, Hervé Guibert eut cette jolie formule : « Il faut que les secrets circulent » (1). Elle pourrait résumer à elle seule le projet littéraire de Christophe Donner, initié avec Petit Joseph (Fayard, 1982) il y a 36 ans. Celui qui avait signé un essai intitulé Contre l’imagination (Fayard, 1998) n’a jamais eu pour sujet, à quelques exceptions près, que lui-même, sa famille et ses proches (et les proches de ses proches), non pas par narcissisme béat (loin de là), mais tout simplement parce que sa vie a souvent été plus romanesque que ne le sont beaucoup de romans qui se présentent comme tels. Christophe, le narrateur de Sexe, le remarque lui-même : comme dans toute bonne autofiction, « la réalité finit toujours par écraser la fiction ».

Sexe, c’est le roman que le narrateur tente d’écrire depuis plusieurs années, mais dont les différentes versions ne le satisfont jamais. C’est un peu le roman de Christophe Donner qui contiendrait tous les autres, qui les lierait, qui ferait de ses histoires passées une histoire, son histoire. Bien sûr, il n’est jamais question que d’amour. De la relation avec son amant mexicain, Moïse, avec qui il visite les backrooms du bar gay La Casita de Mexico, de sa difficulté à échanger avec lui autre chose que du sexe…

Une vie sans fin, Frédéric Beigbeder

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Mercredi, 07 Février 2018. , dans Grasset, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Une vie sans fin, janvier 2018, 360 pages, 22 € . Ecrivain(s): Frédéric Beigbeder Edition: Grasset

 

Qui n’a pas rêvé un jour d’être immortel ? De revivre incessamment chagrins, douleurs, deuils, désespoirs, humiliations et autres mortifications étroitement corrélées au déroulement basique de l’existence. Le fantasque Beigbeder Frédéric ne fait pas exception au folichon fantasme. Égotiste accompli et assumé, le bougre ne détesterait pas, sous couvert de sa renommée initiale, distiller des best-sellers ad vitam aeternam.

« Moi, la mort me scandalise. Avant j’y pensais une fois par jour. Depuis que j’ai cinquante ans, j’y pense toutes les minutes ». Fort de ce constat mortifère et de l’angoisse lancinante de sa fille tremblant à l’idée de voir son père disparaître, Beigbeder se lance, tel un chic et dandy Don Quichotte, dans le sillage de Faust et Frankenstein, en quête de l’immortalité. Pas moins.

Traité des gestes, Charles Dantzig

Ecrit par Charles Duttine , le Lundi, 08 Janvier 2018. , dans Grasset, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Traité des gestes, octobre 2017, 416 pages, 22 € . Ecrivain(s): Charles Dantzig Edition: Grasset

 

L’encyclopédie de nos gestes


Quand on y pense sommairement, on se dit que nos gestes expriment notre banale apparence, notre surface corporelle si superficielle, bref ce à quoi on ne prête guère d’attention, ou si peu. En revanche, avec le dernier livre de Charles Dantzig, Traité des gestes, on découvre toute la richesse, la diversité et la profondeur humaine de nos gestes. On se laisse guider en suivant l’auteur dans cette sorte d’encyclopédie raisonnée ou de dictionnaire imaginatif où il y a du romanesque, de la poésie et du journal intime. De quoi laisser songeur et ébahi parfois !

Minuit, Montmartre, Julien Delmaire

Ecrit par Sandrine Ferron-Veillard , le Vendredi, 13 Octobre 2017. , dans Grasset, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Récits, La rentrée littéraire

Minuit, Montmartre, août 2017, 224 pages, 18 € . Ecrivain(s): Julien Delmaire Edition: Grasset

 

L’homme est peintre. Le chevalet posté Place du Tertre à l’abri du vent. Sans doute. Il aime grimper la rue Lepic depuis la Place Blanche, traverser les étals généreux de ses maraîchers, ces commerces onéreux qui l’émoustillent. Ainsi enlacé jusqu’au Moulin de la Galette, il aime remonter le cours de l’histoire, Le Temps Libre y courtise l’épicerie du terroir, Les Petits Mitrons pétrissent, ça sent le beurre chaud et le biscuit au chocolat d’un bout à l’autre du jour. La bouche ouverte et pleine, il goûte, il salive, il chantonne. Peut-être. Ici les moulins sont rouges, ils ont des ailes, ils ne broient pas que du noir ou des pigments. Ici les objets parlent et les filles sont belles, on s’y soigne toujours d’une façon ou d’une autre, on y parle aussi des choses de la vie.

La brume, le sel et la mer. Le poissonnier au coin. Le fleuriste sur le trottoir disperse ses pots, le vendeur de journaux étend ses augures. Les bruits du percolateur d’à côté, les tasses et les cuillères qui s’entrechoquent, elles grincent comme des cordages à quai et tout ça forme un joli remous sur des zincs non moins fameux. Il s’arrête au café des Deux Moulins, il s’arrête au Lux, il s’arrête là où chacun organise son petit commerce pour le plaisir d’une seule journée.