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Nouvelles

Variétés de la mort, Jérôme Ferrari

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Mercredi, 22 Octobre 2014. , dans Nouvelles, Les Livres, Critiques, Livres décortiqués, La Une Livres, Babel (Actes Sud)

Variétés de la mort, octobre 2014, 288 pages, 7,70 € . Ecrivain(s): Jérôme Ferrari Edition: Babel (Actes Sud)

 

Avec la réédition de Variétés de la mort chez Babel, les sept livres que comporte actuellement l’œuvre littéraire du lauréat du Goncourt 2012 sont désormais accessibles dans la célèbre collection de poche d’Actes Sud. Ce premier recueil publié par Jérôme Ferrari chez Albiana en 2001, dans la foulée de Prighjuneri/Prisonnier de Marc Biancarelli qu’il venait de traduire – et qui avait provoqué un scandale en Corse à sa sortie –, fut également pour l’auteur un geste iconoclaste répondant au contexte littéraire insulaire d’une époque. Mais les neuf nouvelles qu’il regroupe, écrites entre 1995 et 1999, n’en présentent pas moins un grand intérêt. Elles semblent en effet avoir été aussi le travail préparatoire des romans ultérieurs de l’écrivain dont elles annoncent les thématiques essentielles et même certains personnages. Et, si l’écriture à la tonalité humoristique souvent violemment provocatrice n’est pas encore ce style ayant fait sa renommée, il émane déjà beaucoup de compassion de plusieurs de ces textes qui revêtent parfois une douloureuse gravité. Des raisons justifiant que l’on s’attarde à l’analyse de ces nouvelles.

Le Quartier chinois, OH Jung-hi

Ecrit par Stéphane Bret , le Jeudi, 09 Octobre 2014. , dans Nouvelles, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Asie, La rentrée littéraire, Serge Safran éditeur

Le Quartier chinois, traduit du coréen par Jeong Eun-jin et Jacques Batilliot, septembre 2014, 216 p. 17,50 € . Ecrivain(s): OH Jung-hi Edition: Serge Safran éditeur

 

OH Jung-hi nous décrit une Corée peu familière : celle de l’après-guerre, un pays encore en proie à un conflit, celui entre le nord et le sud, l’un des épisodes marquants de la Guerre froide. Le texte se compose de trois nouvelles distinctes en apparence, mais s’attachant à décrire la difficulté de grandir et de vivre.

Dans la première nouvelle intitulée Le Quartier chinois, une fillette de neuf ans quitte la campagne pour une ville portuaire. Le nom de quartier chinois est assimilé à un repère géographique : il est près du port. C’est aussi un lieu de perdition, de débauche. Evoquant la présence de Chinois, la petite fille les décrit ainsi :

« Pour nous, ils étaient contrebandiers opiomanes, coolies cachant de l’or sous chaque point des coutures de leurs guenilles, brigands martelant la terre gelée au galop de leurs chevaux barbares (…) Ce qui se trouvait derrière les portes fermées (…) était-ce de l’or ? de l’opium ? ou de la méfiance ? ».

Le livre des étreintes, Eduardo Galeano

Ecrit par Marc Ossorguine , le Jeudi, 09 Octobre 2014. , dans Nouvelles, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Amérique Latine, Poésie

Le livre des étreintes (El libro de los abrazos, 1989), Lux éditeur, 2012, traduit de l’espagnol par Alexandre Sánchez . Ecrivain(s): Eduardo Galeano

 

Mille touches de colère et de poésie


Les moins jeunes ont sans doute en mémoire Les veines ouvertes de l’Amérique latine, écrit en 1971 et publié en 78 dans la célèbre collection Terres humaines (Plon). C’est aujourd’hui un éditeur québécois qui s’attache à nous faire découvrir ou redécouvrir une autre partie de l’œuvre d’Eduardo Galeano en français. Quatre volumes sont parus chez Lux ces dernières années : Le livre des étreintes, les voix du temps ; Paroles vagabondes ; et Mémoire du feu.

Entre nouvelles et aphorismes, Le livre des étreintes rassemble un peu moins de 200 textes qui vont de quelques lignes à une ou deux pages. Du merveilleux, de l’ironie et de l’humour (bienveillant), des colères humanistes, des choses vues et entendues, des souvenirs et des témoignages, il y a de tout cela dans ces courts textes qui peuvent prendre des allures d’aphorisme ou de journal.

Concert champêtre, Jacques Borsarello

Ecrit par Valérie Debieux , le Vendredi, 03 Octobre 2014. , dans Nouvelles, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Concert champêtre, Editions Symétrie, 2013, 191 pages, 12,50 € . Ecrivain(s): Jacques Borsarello

 

Qui suis-je ? « […] mon corps est de bois et mon système d’horlogerie a été soigneusement calibré en Autriche. […] J’ai fonctionné pendant des années sans me dérégler, pourtant j’ai été si souvent malmené, bringuebalé et même jeté à terre par des musiciens incapables. C’est bien la preuve de ma robustesse ! J’ai changé de propriétaire au moins dix fois depuis que je suis sorti de chez mon fabricant. Le tout premier a été une grande dame. […] »

… Je suis un métronome !

Avec son Concert champêtre, Jacques Borsarello signe un recueil de nouvelles qui, précisément, se parcourent au rythme d’un métronome. L’auteur entraîne le lecteur non seulement dans les coulisses de la vie d’un musicien mais également dans des arrière-fonds secrets insoupçonnés, et de citer, en particulier, La dame aux papillons ou encore la vie d’une femme chef d’orchestre, du fils de l’habilleuse, et j’en passe…

Première neige sur le Mont Fuji, Yasunari Kawabata

Ecrit par Victoire NGuyen , le Jeudi, 25 Septembre 2014. , dans Nouvelles, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Albin Michel, La rentrée littéraire, Japon

Première neige sur le Mont Fuji, août 2014, traduit du Japonais par Cécile Sakai, 156 p. 16 € . Ecrivain(s): Yasunari Kawabata Edition: Albin Michel

 

Esquisse des sentiments


Première neige sur le Mont Fuji constitue une curiosité de cette rentrée littéraire 2014. En effet, cet ouvrage est une anthologie de six récits inédits de Yasunari Kawabata. Comme le précise la quatrième de couverture, ce sont des nouvelles qui ont été écrites entre 1952 et 1960. Ils ont été réunis une première fois par l’auteur lui-même pour une publication antérieure. Ici, Cécile Sakai, traductrice et spécialiste de l’œuvre kawabatienne, les a choisis pour mettre en lumière l’art de l’auteur à fixer les instants, les impressions et les portraits de ses personnages.

Dans la nouvelle-titre, Kawabata insiste sur les retrouvailles d’un couple au pied du Mont Fuji lors des premières neiges. Ils contemplent cette beauté éphémère et pure encore de toute trace humaine tout en se penchant sur un passé détruit où l’amour n’a plus sa place. Seuls planent la mort et la folie. Le lecteur, à la fin du récit, ressent l’arrière-goût mélancolique du temps qui passe et qui efface toute joie et candeur.