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Nouvelles

Chansons d’amour et de pluie, Sergi Pàmies

Ecrit par Marc Ossorguine , le Mercredi, 26 Novembre 2014. , dans Nouvelles, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Editions Jacqueline Chambon

Chansons d’amour et de pluie (Cançons d’amor i de pluja, 2013), nouvelles traduites du catalan par Edmond Raillard, mars 2014, 144 pages, 16,50 € . Ecrivain(s): Sergi Pàmies Edition: Editions Jacqueline Chambon

 

Sans vraiment défrayer les chroniques et le monde de la critique littéraire, il se pourrait bien que Sergi Pàmies soit un des auteurs catalans et catalophones les plus traduits en France : 10 titres publiés en catalan, 10 titres traduits ! Mais il n’est pas vraiment connu des lecteurs français. Il faut dire qu’il accumule les freins à une notoriété hexagonale : il écrit dans une langue qui ne provoque pas forcément l’intérêt de la critique, plus portée à rendre compte des traductions de l’anglais, de l’américain, de l’anglo-américain ou, à la rigueur, de l’américano-anglais ; il est traduit chez un petit éditeur que les médias les plus lus, écoutés, regardés, ont quand même tendance à négliger ou à oublier, voire à ignorer ; par dessus tout, il persiste à écrire des nouvelles, genre majeur dans d’autres pays mais très peu vendeur en France.

Le fait d’être né à Gennevilliers et de parfaitement maîtriser le français (il traduit en catalan Guillaume Apollinaire, Daniel Pennac, Jean Echenoz, Amélie Nothomb et quelques autres) ne suffit apparemment pas à compenser tout cela (avouons qu’il a rejoint la Catalogne et la langue catalane dès ses 11 ans). Et pourtant…

Première neige sur le mont Fuji, Yasunari Kawabata

Ecrit par Zone Critique , le Mercredi, 26 Novembre 2014. , dans Nouvelles, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Albin Michel, Japon

Première neige sur le mont Fuji, Traduction de Cécile Sakai, septembre 2014 . Ecrivain(s): Yasunari Kawabata Edition: Albin Michel

 

La cause littéraire vous présente aujourd'hui un nouvel article de son partenaire Zone Critique

 

Après avoir traduit en français une majeure partie des textes du prix Nobel japonais Yasunari Kawabata, les éditions Albin Michel proposent un recueil de six courtes nouvelles écrites entre 1952 et 1960: Première neige sur le mont Fuji. L’occasion de découvrir le patrimoine littéraire d’un auteur encore (trop) peu connu en France.

Que celui-ci décide de nous parler d’un couple retrouvé, de la pluie qui tombe, des ginkgos dénudés ou encore d’un parfum féminin inoubliable, Première neige sur le mont Fujinous parle avant tout de son auteur. Sous le canevas romanesque nous discernons sans effort les thèmes récurrents de l’œuvre de l’écrivain japonais.

L’univers sensuel esquissé dans « La jeune fille et son odeur » et dans « Première neige sur le mont Fuji » n’est en effet pas sans rappeler celui des Belles endormies où le vieil Eguchi, dans une atmosphère onirique propice à la sensualité, voit des sensations et des souvenirs affluer à la faveur d’odeurs corporelles.

Lettres à Sade, Collectif

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mercredi, 19 Novembre 2014. , dans Nouvelles, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Correspondance, Editions Thierry Marchaisse

Lettres à Sade, Collectif, Lettres réunies et présentées par Catriona Seth, novembre 2014, 139 pages, 14,90 € Edition: Editions Thierry Marchaisse

 

La collection mise en place par les Éditions Thierry Marchaisse est d’un intérêt réjouissant : faire écrire des lettres par des auteurs contemporains à une sommité littéraire, défunte. Ici, Sade. Choisis – ce n’est toutefois précisé nulle part – sur des critères de goût des auteurs eux-mêmes, pour le destinataire, et, pour leur connaissance du sujet, puisque plusieurs d’entre eux ont à leur actif des recherches universitaires ou des livres consacrés à ce « marquis » si particulier. On fait de l’esprit, mais on connaît parfaitement Sade, dans ce petit livre !

Faut-il le dire ; c’est passionnant, et ça se lit d’un trait. Cela donne – en sus – l’envie de revenir à ces livres sulfureux du XVIIIème siècle, le plus libertin, de les découvrir autrement, et, surtout, de voyager dans ce qui est – malgré débats et colloques, de ci de là – un produit littéraire. Peut-être avant tout. Ce qui fait écho, résonance, aussi ; ce qui – hier, et différemment, aujourd’hui – « sourd » de ces écrits, de cette vie, de cette légende. En un mot, « de quoi Sade est-il le nom ? », comme dit l’un de nos auteurs.

Variétés de la mort, Jérôme Ferrari

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Mercredi, 22 Octobre 2014. , dans Nouvelles, Les Livres, Critiques, Livres décortiqués, La Une Livres, Babel (Actes Sud)

Variétés de la mort, octobre 2014, 288 pages, 7,70 € . Ecrivain(s): Jérôme Ferrari Edition: Babel (Actes Sud)

 

Avec la réédition de Variétés de la mort chez Babel, les sept livres que comporte actuellement l’œuvre littéraire du lauréat du Goncourt 2012 sont désormais accessibles dans la célèbre collection de poche d’Actes Sud. Ce premier recueil publié par Jérôme Ferrari chez Albiana en 2001, dans la foulée de Prighjuneri/Prisonnier de Marc Biancarelli qu’il venait de traduire – et qui avait provoqué un scandale en Corse à sa sortie –, fut également pour l’auteur un geste iconoclaste répondant au contexte littéraire insulaire d’une époque. Mais les neuf nouvelles qu’il regroupe, écrites entre 1995 et 1999, n’en présentent pas moins un grand intérêt. Elles semblent en effet avoir été aussi le travail préparatoire des romans ultérieurs de l’écrivain dont elles annoncent les thématiques essentielles et même certains personnages. Et, si l’écriture à la tonalité humoristique souvent violemment provocatrice n’est pas encore ce style ayant fait sa renommée, il émane déjà beaucoup de compassion de plusieurs de ces textes qui revêtent parfois une douloureuse gravité. Des raisons justifiant que l’on s’attarde à l’analyse de ces nouvelles.

Le Quartier chinois, OH Jung-hi

Ecrit par Stéphane Bret , le Jeudi, 09 Octobre 2014. , dans Nouvelles, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Asie, La rentrée littéraire, Serge Safran éditeur

Le Quartier chinois, traduit du coréen par Jeong Eun-jin et Jacques Batilliot, septembre 2014, 216 p. 17,50 € . Ecrivain(s): OH Jung-hi Edition: Serge Safran éditeur

 

OH Jung-hi nous décrit une Corée peu familière : celle de l’après-guerre, un pays encore en proie à un conflit, celui entre le nord et le sud, l’un des épisodes marquants de la Guerre froide. Le texte se compose de trois nouvelles distinctes en apparence, mais s’attachant à décrire la difficulté de grandir et de vivre.

Dans la première nouvelle intitulée Le Quartier chinois, une fillette de neuf ans quitte la campagne pour une ville portuaire. Le nom de quartier chinois est assimilé à un repère géographique : il est près du port. C’est aussi un lieu de perdition, de débauche. Evoquant la présence de Chinois, la petite fille les décrit ainsi :

« Pour nous, ils étaient contrebandiers opiomanes, coolies cachant de l’or sous chaque point des coutures de leurs guenilles, brigands martelant la terre gelée au galop de leurs chevaux barbares (…) Ce qui se trouvait derrière les portes fermées (…) était-ce de l’or ? de l’opium ? ou de la méfiance ? ».