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Editions Maurice Nadeau

 

Les Éditions Maurice Nadeau est une maison d'édition française fondée à Paris en 1984 par Maurice Nadeau (1911-2013). Le catalogue des éditions compte aujourd'hui près de deux cents titres.

Les Éditions Maurice Nadeau est le nom que prend en 1984 la maison Les Lettres nouvelles fondée en 1977 par Maurice Nadeau.

 

Le Peintre et le Gouverneur, Jean-François Laguionie (par Patryck Froissart)

Ecrit par Patryck Froissart , le Jeudi, 11 Mars 2021. , dans Editions Maurice Nadeau, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Le Peintre et le Gouverneur, Jean-François Laguionie, mars 2021, 118 pages, 17 € Edition: Editions Maurice Nadeau

 

C’est un roman tout en couleurs.

Dans une région sans nom soumise à un régime totalitaire, Zoltan, un jeune peintre, est chassé de l’Académie des Beaux-Arts au motif que sa peinture est soudain considérée comme dangereusement subversive : elle ne correspond pas aux règles de l’art fixées par les idéologues au pouvoir, elle est vivante, elle tend à exprimer la réalité, la vraie réalité, celle que voient ses yeux, ce qui est intolérable dans un état où la seule réalité qui vaille, qui puisse être visible, vue et reproduite, est celle, artificielle, normée, dont la perception est imposée par les autorités.

Ce que vous faites n’est pas acceptable… Et représente même… comment dirais-je ?… un danger ! – Un danger ?… – Entre nous, mon ami… que désirez-vous montrer en peignant cette toile ?… On dirait que vous voulez peindre la vie !… Je ne comprenais pas. Je ne voulais rien montrer du tout. Bien sûr que la peinture doit peindre la vie. Que peut-elle peindre d’autre ?

Li Ann ou le Tropique des chimères, Patryck Froissart (par Catherine Dutigny)

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Mercredi, 20 Janvier 2021. , dans Editions Maurice Nadeau, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Li Ann ou le Tropique des chimères, janvier 2021, 204 pages, 19 € . Ecrivain(s): Patryck Froissart Edition: Editions Maurice Nadeau

 

Un coup de foudre et trois enterrements

Jean Martin, dit Le Borain (comprendre qu’il est né dans le Borinage, contrée minière franco-belge), proviseur d’un lycée polyvalent de l’archipel des Allobroges (comprendre que dans ces îles tropicales, parfaitement imaginaires, les habitants(es) vouent un culte immodéré à la liberté, à l’instar de l’hymne éponyme des Savoyards), prépare la rentrée scolaire dans l’effervescence d’une structure administrative débordée par la multiplication des tâches, leur complexification, le tout à personnel constant. Aussi est-ce avec un immense soupir de soulagement que Jean Martin, dit Le Borain, obtient une notification d’autorisation de recrutement dans le cadre d’un Contrat Emploi Jeune. Reste à trouver le bon candidat, ou pour entrer dans le vif du sujet, sans pour autant le (la) déflorer, la bonne candidate.

Le Banc de la victoire, François Momal (par Patryck Froissart)

Ecrit par Patryck Froissart , le Jeudi, 07 Janvier 2021. , dans Editions Maurice Nadeau, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Le Banc de la victoire, François Momal, novembre 2020, 144 pages, 18 € Edition: Editions Maurice Nadeau

 

Ce plaisant roman de société qui fait irrésistiblement penser à celui d’Alaa El-Aswany, L’Immeuble Yacoubian, a pour décor, lui aussi, cette ville du Caire, vivante, grouillante, turbulente, où se côtoient luxe affiché et misère visible, où s’exprime l’exubérance du paraître et où se refoulent les frustrations du mal-être, où fonctionne à l’époque du récit un réseau occulte mais efficace d’espions à la solde du pouvoir. Le personnage central, Tarek, est un bawab, c’est-à-dire un de ces gardiens d’immeuble devant qui et par l’intermédiaire de qui on ne peut éviter de passer lorsqu’on rend visite à des relations dans les grandes villes d’Afrique du Nord.

Tarek, comme tous ses collègues, a en l’occurrence un statut social bien établi, dont il est fier, et dont il ne manque jamais d’étaler emphatiquement l’importance devant son épouse et ses enfants restés au village lointain, à chacune des visites fort espacées qu’il a l’occasion de leur rendre. C’est que l’immeuble de Tarek, qu’il appelle SON immeuble, n’est pas un bâtiment de bas étage, mais une belle résidence bourgeoise sise sur la rive du Nil…

Ollivia, Patrick Corneau (par Patryck Froissart)

Ecrit par Patryck Froissart , le Jeudi, 03 Décembre 2020. , dans Editions Maurice Nadeau, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Ollivia, Patrick Corneau, novembre 2020, 110 pages, 16 € Edition: Editions Maurice Nadeau

 

Un ouvrage en deux parties : le récit d’une liaison, de son entame à son dénouement, suivi d’une série de six portraits féminins.

I-Ollivia (Romance pour décourager les rossignols)

Le narrateur, un professeur d’université, se remémore et rapporte à la première personne, sans ordre linéaire apparent, les épisodes marquants de sa relation amoureuse avec Ollivia, une modeste esthéticienne, depuis l’enchantement de la rencontre (par le truchement d’un journal d’annonces « Rencontres ») et d’une période heureuse d’imbrication réciproque d’atomes crochus jusqu’au dénouement d’un attachement progressivement gangrené par une succession de désillusions. Le jeu narratif consiste à mettre en parallèle, puis en contraste, de façon continue et croissante, la distance socio-culturelle qui existe entre l’intellectuel bourgeois et sa maîtresse.

Sous le ciel vide, Raphaël Nizan (par Patryck Froissart)

Ecrit par Patryck Froissart , le Jeudi, 12 Novembre 2020. , dans Editions Maurice Nadeau, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Sous le ciel vide, Raphaël Nizan, Les Lettres Nouvelles, septembre 2020, 111 pages, 17 € Edition: Editions Maurice Nadeau

 

Le narrateur, quinquagénaire ou presque, journaliste, homme de lettres, rangé, marié, père d’un jeune homme dont il est fier, se trouve par hasard dans les environs de Notre-Dame de Paris en feu en avril 2019. L’incendie le transporte d’un coup trente ans plus tôt, un soir où, défoncé, il avait gravi une à une les quatre-cent-vingt-deux marches de la tour nord de la cathédrale avec sa compagne Ayla, à qui l’attache un indéfectible amour-passion, elle tout autant camée, « l’un et l’autre pris dans cet élan érotique qui ne [les] quittait guère à cette époque-là, furie rageuse et sensuelle où s’annihilait le temps, le monde et la rage ». Alors les souvenirs affluent, s’enchaînent, se bousculent, parfois dans le désordre, l’un provoquant la brutale émergence de l’autre, dans la douloureuse résurgence des quelques années hallucinantes d’une adolescence absolument désaxée.

Né dans une famille de hauts fonctionnaires, le narrateur s’attire très tôt le mépris, puis le rejet affectif de la part de ses parents grands bourgeois et bien-pensants, en particulier lorsque remarqué comme l’un des meilleurs espoirs du football français, il leur fait part de son souhait de s’engager dans une carrière sportive, rêve qu’il brisera de lui-même par son comportement hors normes.