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Anthologie

Sade, Lettres d’une vie

Ecrit par Laurence Biava , le Lundi, 05 Mai 2014. , dans Anthologie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, 10/18

Sade, Lettres d’une vie, Choix de Lettres établi par Jacques Ravenne, janvier 2014, 260 pages . Ecrivain(s): Marquis de Sade Edition: 10/18

 

« Dans ce choix de lettres établi par son auteur Ravenne, le Marquis de Sade apparaît comme ce grand libertin jamais repenti, ce grand seigneur flamboyant, séducteur notoire autant que cet amoureux éconduit. A chacune de ses missives, Sade se révèle un autre. Du débauché embastillé au révolutionnaire endiablé, toutes les personnalités du marquis s’incarnent dans cette correspondance épique, marquée d’une plume de feu : celle de l’insolence suprême et de la liberté absolue ».

Toutes les lettres sont classées méthodiquement et chronologiquement par dates en ordre croissant, et par thèmes. Quatre grands parties se distinguent : En roue libre (1768-1776), Le libertin immobile (1777-1789), Le comédien et l’échafaud (1790-1800), Une lente agonie (1801-1814). Il paraît que l’écriture du Marquis était très lisible et que la ponctuation de ses textes fort bien ciselés était abondante (féru du point virgule). Tous les destinataires de ces lettres ont tous été identifiés avec certitude.

Ecrivains de Turquie, Sur les rives du soleil

Ecrit par Adrien Battini , le Lundi, 16 Septembre 2013. , dans Anthologie, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Bassin méditerranéen, Galaade éditions

Ecrivains de Turquie, Sur les rives du soleil, 22 août 2013, 352 pages, 24 € Edition: Galaade éditions

 


Depuis quelques années les éditions Galaade ont fait le pari de la littérature turque, en faisant notamment parvenir au lectorat francophone les plus intéressantes de ses plumes contemporaines. Pour cette rentrée littéraire, l’éditrice voit les choses en anthologique en publiant Ecrivains de Turquie, Sur les rives du soleil.

Seize écrivains, dix-neuf nouvelles pour un peu moins de 340 pages (en comptant introduction et avant-propos) composent cette anthologie. Sur les auteurs mis en avant, certains grands noms brillent par leur absence. Si l’on peut penser qu’Orhan Pamuk ou encore Elif Şafak n’ont plus besoin d’être présentés, il est dommage que Yaşar Kemal ou Ahmet Hamdi Tanpınar n’aient pu trôner dans le recueil, ne serait-ce que pour leur influence manifeste dans l’histoire littéraire dans leur pays. Rendons tout de même hommage à Galaade qui aura su réunir pas moins de trois générations d’écrivains.

La cause des livres, Mona Ozouf

Ecrit par Didier Bazy , le Mercredi, 31 Juillet 2013. , dans Anthologie, Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres, Gallimard

La cause des livres, Gallimard 2011, 547p, 24 € . Ecrivain(s): Mona Ozouf Edition: Gallimard

 

La cause littéraire ne pouvait pas ignorer La cause des livres. Et Mona Ozouf défend et illustre ici plusieurs causes : la cause du patrimoine littéraire français, la cause des lettres et des épistules, la cause des autres littératures et des étrangères, la cause des femmes bien sûr, la cause de la république et la cause de l’histoire. Autant abréger : la cause de la vie, notre vie, nos vies, passées et présentes, présentes et à venir.

Ce petit pavé est un collier de perles. Le Nouvel Obs en fut le réceptacle hebdomadaire. Mona Ozouf en a confectionné un florilège en cercles de cercles, maîtresse des anneaux. Modestement, voici quelques extractions (un devoir de l’échotier n’est-il pas de couper les fils du collier pour jeter une autre lumière sur l’orient de la perle ?) et d’abord un titre d’article sur la femme de Marx, Jenny vue par Françoise Giroud, la mère, la bourgeoise sacrifiée sur l’autel du prolétariat concrétisé dans la misère des Grandes Espérances et les exils multiples, un titre qui dit tout, un titre modèle pour tout apprenti critique, un titre pour la critique rongeuse des souris, un titre éloquent et sobre, un concentré de sens et d’allusions assumées, pour le meilleur et pour le pire, un titre trouvaille : Une épouse capitale.

Anthologie du théâtre français du XXème siècle, Cécile Backès et Henri Scépi

Ecrit par Olivier Verdun , le Vendredi, 09 Mars 2012. , dans Anthologie, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Folio (Gallimard)

Anthologie du théâtre français du 20e siècle. Écrire le théâtre de son temps, anthologie et dossier réalisés par Cécile Backès, lecture d'image par Henri Scépi, décembre 2011, 383 p. 8.90 € . Ecrivain(s): Cécile Backès et Henri Scépi Edition: Folio (Gallimard)

L'anthologie qui nous est ici offerte par Cécile Backès regroupe une trentaine d'extraits présentant un panorama historique du théâtre français du 20e siècle. D'Émile Zola à Yasmina Reza, de Roger Vitrac à Marie N'Diaye, en passant par une pléiade d'auteurs connus et reconnus – Albert Camus, Samuel Beckett, Bernard-Marie Koltès, etc. -, cet ouvrage condense en 383 pages des pièces qui ont fait événement, qui sont synonymes de ruptures esthétiques, qui ont créé la surprise ou le rejet parfois. Le décor est campé dès la première page : « On trouvera ici des premières pièces, des chefs-d'œuvre, des naissances et des apogées. Des pièces à "message", des pièces à "thèse", des langues qu'on dirait étrangères, des langages inouïs, des formes inconnues. Toutes sont des actes poétiques. »

Le choix proposé, pour subjectif qu'il soit de la part de Cécile Backés, n'en demeure pas moins représentatif de l'histoire théâtrale du siècle, limitée aux auteurs français, faisant la part belle à la diversité des conditions de création, à Paris, souvent, mais aussi en province, puisque, nous rappelle Cécile Backès, « décentralisation dramatique et démocratisation culturelle ont bien eu lieu ».

Fumisteries. Naissance de l'humour moderne 1870-1914

Ecrit par Frédéric Saenen , le Lundi, 12 Septembre 2011. , dans Anthologie, Les Livres, Critiques, Editions Omnibus

Fumisteries. Naissance de l’humour moderne 1870-1914, Anthologie 2011 1007 p. 29 €. . Ecrivain(s): Daniel Grojnowski et Bernard Sarrazin Edition: Editions Omnibus

« Le fumisme est incomparablement supérieur à l’esprit. […] L’esprit dure un moment, comme une fusée, et l’ineptie est éternelle. » Ainsi s’exprimait, sous la plume de Félicien Champsaur, le personnage de Sapeck, excentrique qui dans les années 1880 écrivit peu mais sut ponctuer son existence de facéties scandaleuses et absurdes, à l’image d’un humour qui commençait alors à être en vogue.

Dadaïste, surréaliste, voire situationniste avant la lettre, le « fumisme » ne fut pas à proprement parler un mouvement structuré, mais plutôt un non sense à la française, qui par certains aspects s’articula aussi bien au symbolisme le plus hermétique qu’à la veine pamphlétaire. Voilà pourquoi, dans l’excellente anthologie qu’en proposent Daniel Grojnowski et Bernard Sarrazin, Mallarmé jouxte Bloy, Laforgue flanque le pas à Tailhade, Huysmans se tient non loin de Rictus…

C’est que l’humour fumiste, au-delà d’un simple tour de force ludique avec les ressources de la langue ou de la prosodie, comporte une irréductible part de subversion. Le rire qu’il provoque n’est pas celui de la grosse farce qui amène à se claquer sur la cuisse ou à s’étrangler au-dessus de son assiette. Les mâchoires grincent, les commissures des lèvres se retroussent en demeurant bien pincées, les yeux s’arrondissent devant les énormités que l’on est en train de lire… C’est qu’au pays des Hydropathes, des Zutiques et autres Incohérents, la Raillerie est reine, toute de jaune vêtue, et son Fou a des allures de croque-mort.