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Anthologie

Anthologie du théâtre français du XXème siècle, Cécile Backès et Henri Scépi

Ecrit par Olivier Verdun , le Vendredi, 09 Mars 2012. , dans Anthologie, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Folio (Gallimard)

Anthologie du théâtre français du 20e siècle. Écrire le théâtre de son temps, anthologie et dossier réalisés par Cécile Backès, lecture d'image par Henri Scépi, décembre 2011, 383 p. 8.90 € . Ecrivain(s): Cécile Backès et Henri Scépi Edition: Folio (Gallimard)

L'anthologie qui nous est ici offerte par Cécile Backès regroupe une trentaine d'extraits présentant un panorama historique du théâtre français du 20e siècle. D'Émile Zola à Yasmina Reza, de Roger Vitrac à Marie N'Diaye, en passant par une pléiade d'auteurs connus et reconnus – Albert Camus, Samuel Beckett, Bernard-Marie Koltès, etc. -, cet ouvrage condense en 383 pages des pièces qui ont fait événement, qui sont synonymes de ruptures esthétiques, qui ont créé la surprise ou le rejet parfois. Le décor est campé dès la première page : « On trouvera ici des premières pièces, des chefs-d'œuvre, des naissances et des apogées. Des pièces à "message", des pièces à "thèse", des langues qu'on dirait étrangères, des langages inouïs, des formes inconnues. Toutes sont des actes poétiques. »

Le choix proposé, pour subjectif qu'il soit de la part de Cécile Backés, n'en demeure pas moins représentatif de l'histoire théâtrale du siècle, limitée aux auteurs français, faisant la part belle à la diversité des conditions de création, à Paris, souvent, mais aussi en province, puisque, nous rappelle Cécile Backès, « décentralisation dramatique et démocratisation culturelle ont bien eu lieu ».

Fumisteries. Naissance de l'humour moderne 1870-1914

Ecrit par Frédéric Saenen , le Lundi, 12 Septembre 2011. , dans Anthologie, Les Livres, Critiques, Editions Omnibus

Fumisteries. Naissance de l’humour moderne 1870-1914, Anthologie 2011 1007 p. 29 €. . Ecrivain(s): Daniel Grojnowski et Bernard Sarrazin Edition: Editions Omnibus

« Le fumisme est incomparablement supérieur à l’esprit. […] L’esprit dure un moment, comme une fusée, et l’ineptie est éternelle. » Ainsi s’exprimait, sous la plume de Félicien Champsaur, le personnage de Sapeck, excentrique qui dans les années 1880 écrivit peu mais sut ponctuer son existence de facéties scandaleuses et absurdes, à l’image d’un humour qui commençait alors à être en vogue.

Dadaïste, surréaliste, voire situationniste avant la lettre, le « fumisme » ne fut pas à proprement parler un mouvement structuré, mais plutôt un non sense à la française, qui par certains aspects s’articula aussi bien au symbolisme le plus hermétique qu’à la veine pamphlétaire. Voilà pourquoi, dans l’excellente anthologie qu’en proposent Daniel Grojnowski et Bernard Sarrazin, Mallarmé jouxte Bloy, Laforgue flanque le pas à Tailhade, Huysmans se tient non loin de Rictus…

C’est que l’humour fumiste, au-delà d’un simple tour de force ludique avec les ressources de la langue ou de la prosodie, comporte une irréductible part de subversion. Le rire qu’il provoque n’est pas celui de la grosse farce qui amène à se claquer sur la cuisse ou à s’étrangler au-dessus de son assiette. Les mâchoires grincent, les commissures des lèvres se retroussent en demeurant bien pincées, les yeux s’arrondissent devant les énormités que l’on est en train de lire… C’est qu’au pays des Hydropathes, des Zutiques et autres Incohérents, la Raillerie est reine, toute de jaune vêtue, et son Fou a des allures de croque-mort.