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Mercure de France

Le Mercure de France est à l'origine une revue française, fondée au xviie siècle sous le nom de Mercure Galant, et qui évoluera en plusieurs étapes, à travers divers rebondissements, pour devenir une maison d'édition au xxe siècle. (Groupe Gallimard)

Qui ne dit mot consent, Alma Brami

Ecrit par Jean-Paul Gavard-Perret , le Jeudi, 24 Août 2017. , dans Mercure de France, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Qui ne dit mot consent, 24 août 2017, 176 pages, 15,80 € . Ecrivain(s): Alma Brami Edition: Mercure de France

 

Alma Brami ne finit pas de poser les questions de l’identité d’un couple, de son seuil de tolérance et par voie de conséquence celle de l’apparentement selon la voie du dehors et du dedans. Au vu des autres, le couple est parfait. Dans l’intimité il n’en va pas de même. Et la narration devient peu à peu exsangue d’illusion. Fait place la radicalité du réel alimenté par un fin renard.

Celle qui doit à l’attention de son mari la venue chez elle d’amies pour la réconforter va vite déchanter. L’époux modèle recrute ces femmes par petites annonces : mais du chevet de l’épouse esseulée au lit du mari il n’y a qu’un pas. Les femmes se succèdent et s’effeuillent au gré des envies et des lassitudes de celui qui néanmoins retourne toujours dans le giron de sa première des femmes même si elle finit par passer en dernier… Le tout en une série de mises à mal pour le profit d’un mâle qui fait de chaque venue une relique.

L’hirondelle rouge, Jean-Michel Maulpoix

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Mercredi, 19 Juillet 2017. , dans Mercure de France, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

L’hirondelle rouge, février 2017, 128 p., 12 € . Ecrivain(s): Jean-Michel Maulpoix Edition: Mercure de France

 

Ce fut sans doute la mort de sa mère en mai 2016 qui amena Jean-Michel Maulpoix à écrire L’hirondelle rouge pour accompagner dans « leur puits de nuit » ce père qu’il avait « laissé partir » et entendit alors « gémir sous la terre », comme cette femme qui somnola longtemps dans l’antichambre de la mort avant de s’éteindre. A écrire « juste des paroles pour notre ici-bas : la mémoire de ceux qui s’en vont et la consolation de ceux qui restent ». Pour « offrir à l’absence un bouquet de fleurs d’encre ».

Mais ces proses poétiques dressant un tombeau à ses parents désormais « confondus dans le même silence », l’entraînent dans un mouvement inéluctable vers un abîme de tristesse, de douleur et de colère. Elles le renvoient à sa propre finitude, le plongeant dans « le trou noir de ce rien » qu’il portait déjà en lui, et qui « bat comme un deuxième cœur : cœur noir, cœur d’encre à côté de la pompe à sang ».

Et ce « carnet de deuil » semble aussi sonner le glas d’une poésie exsangue prospérant sur « un fond de désolation », d’une langue où somnole « l’idée de la mort » :

Le livre errant, Jean-Marie Kerwich

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mercredi, 12 Juillet 2017. , dans Mercure de France, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Le livre errant, avril 2017, 92 pages, 10 € . Ecrivain(s): Jean-Marie Kerwich Edition: Mercure de France

 

Le livre errant est un recueil d’impressions, naïves, au sens étymologique du terme.

Le livre d’errant est un compagnon de rêverie, de marche, de déambulation parmi les nuages et les ruines qui font que le monde est, parfois, un frisson où s’étendre.

Le livre errant est une façon mi-figue, mi-raisin de caresser les topoï pour les faire se retourner comme des gants.

Comme de petits animaux rougissants.

 

Morceaux choisis :

Histoires désobligeantes, Léon Bloy

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Vendredi, 14 Avril 2017. , dans Mercure de France, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Contes

Histoires désobligeantes, mars 2017, 304 pages, 6,80 € . Ecrivain(s): Léon Bloy Edition: Mercure de France

 

Les Histoires désobligeantes de Léon Bloy s’inscrivent dans le courant des contes cruels qui prit son essor au milieu du XIXème siècle. Publié en 1894, ce recueil de trente courtes fictions avait été réédité vingt ans plus tard (Mercure, 1914) augmenté d’une préface de l’auteur et de deux textes extraits de son roman La Femme pauvre (1897). Et c’est cette seconde édition qui nous est proposée, annotée et préfacée par Sandrine Fillipetti et enrichie de deux textes critiques de Rémy de Gourmont et Octave Mirbeau, ainsi que d’un portrait de l’auteur dressé par Catulle Mendes dans un de ses romans.

Pour ce désespéré qui fit « son noviciat dans les odyssées de la famine et du chienlit », Chrétien souverainement épris d’absolu égaré dans un siècle le pénétrant de dégoût – dont les « générations avortées » saccagent « l’Idéal » –, l’ennemi à désobliger qui suscite sa colère c’est cette bourgeoisie florissante régnant à son époque et dont il fait la satire féroce.

L’oragé, Douna Loup

Ecrit par Theo Ananissoh , le Jeudi, 23 Juin 2016. , dans Mercure de France, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Biographie, Roman

L’oragé, août 2015, 222 pages, 17 € . Ecrivain(s): Douna Loup Edition: Mercure de France

 

La quatrième de couverture le résume on ne peut mieux : « La liberté absolument ».

« “C’est toi qui dois chausser le monde.

Pas l’inverse. Et ta poésie sera en partie cette façon unique, spécifique que tu auras de le chausser.

Sans ta liberté, ton regard

il n’y a que matière magnifique et porteuse, explosive, incohérence pure. Toi seul as la responsabilité de ta cohérence”.

Rabe écoutait les lettres d’Esther et ça le dépassait.

Il ne comprenait pas pleinement, mais il avait la capacité d’écouter. Alors il écoutait et ça entrait dedans ».