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Mercure de France

Le Mercure de France est à l'origine une revue française, fondée au xviie siècle sous le nom de Mercure Galant, et qui évoluera en plusieurs étapes, à travers divers rebondissements, pour devenir une maison d'édition au xxe siècle. (Groupe Gallimard)

Aurore disparaît, Amina Danton

Ecrit par Valérie Debieux , le Jeudi, 23 Octobre 2014. , dans Mercure de France, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Aurore disparaît, avril 2014, 198 pages, 17 € . Ecrivain(s): Amina Danton Edition: Mercure de France

 

« Il dépend de celui qui passe Que je sois tombe ou trésor, Que je parle ou me taise. Cela ne tient qu’à toi, Ami, n’entre pas sans désir ».

Paul Valéry

 

Ces paroles de Paul Valéry, gravées au fronton du Palais de Chaillot et évoquées à la fin de l’ouvrage, reflètent toute l’atmosphère de cette histoire profondément humaine.

Aurore vit seule, au bord de la mer, éloignée de son mari, Roland. Elle se consacre à son art, la peinture :

« Aurore ne se laissait pas approcher. C’était devenu un réflexe. Elle maintenait une distance avec les autres. […] Elle formait avec la mer, avec Roland, avec son père, un royaume de silence imprenable, sans cesse recréé par le bruit des vagues ».

Le jardin des Poètes, Richard Andrieux

Ecrit par Valérie Debieux , le Vendredi, 26 Septembre 2014. , dans Mercure de France, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Le jardin des Poètes, mai 2014, 256 pages, 17,90 € . Ecrivain(s): Richard Andrieux Edition: Mercure de France

 

Août 1962. Marylin Monroe, icône de la beauté, vient de disparaître. Bernard, lui, vient de perdre son meilleur ami, décédé à ses côtés, dans un accident de voiture :

« Depuis mon accident, je n’attendais plus les beaux jours avec impatience. Je préférais de loin la grisaille de l’hiver à cette maudite chaleur qui m’interdisait de couvrir le visage. L’été, on remarquait plus facilement ma différence dans la lumière ; et comme mes cicatrices avaient tendance à rougir, mon visage devenait une vitrine sur ma vie, avant même que je ne pense à baisser les yeux ».

A la perte de son ami s’ajoutent les humiliations répétées du contremaître que lui et ses collègues subissent quotidiennement à l’usine. Désireux d’oublier l’âpreté et la dureté de son travail, il s’adonne à la promenade et à la pêche, et il fréquente régulièrement le Café des Marronniers :

Dialogue d’été, Anne Serre

Ecrit par Anne Morin , le Lundi, 15 Septembre 2014. , dans Mercure de France, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Dialogue d’été, septembre 2014, 151 pages, 15 € . Ecrivain(s): Anne Serre Edition: Mercure de France

 

Jeux de miroirs, dialogue avec soi-même, passage du seuil entre présent et passé, réalité et imaginaire…, ce n’est pas tant l’imaginaire de l’écrivain que sa remise en place sur les lieux du passé, ses petites scènes de crime intimes, confidentielles et révélées, à l’image de ces bains révélateurs, où décante le souvenir :

« – N’as-tu jamais honte de raconter tant de secrets ?

– Si, d’une certaine manière. Mais dès que c’est passé de l’autre côté, dès que c’est dans le livre, ceci ne me concerne plus, n’a plus à voir que de très loin avec ma vie. Je raconte quelque chose qui passe en moi et n’est jamais fixé » (p.23).

Dialogue d’été, c’est avant tout la quête de la mère, mais aussi du personnage qu’elle aurait dû incarner pour l’auteur, sa fille, et dont elle a démissionné par sa mort prématurée, lorsque l’enfant avait dix ans.

Dire adieu, Sophie Avon

Ecrit par Valérie Debieux , le Vendredi, 04 Juillet 2014. , dans Mercure de France, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Dire adieu, avril 2014, 144 pages, 14 € . Ecrivain(s): Sophie Avon Edition: Mercure de France

 

« L’absence a embelli le souvenir et transformé l’affection en un amour aux angles morts ».

Sophie Avon

 

Dire adieu : « […] nous dispersons ses cendres en novembre 2012. Nous nous sommes mis d’accord pour aller au Porge, devant l’Océan qu’elle avait fini par aimer autant que la Méditerranée. Il faisait un temps splendide. Un ami m’a ramené de la terre d’Algérie, c’est un hasard merveilleux. […] nous creusons un trou dans une anse où le sable est mouillé et y vidons l’urne. J’ajoute la terre rouge d’Algérie. Je voudrais en garder un peu mais mon frère me fait tout mettre. […] J’écris au revoir dans le sable… […] J’hésitais, je ne pouvais pas écrire adieu. Aussitôt, une vague isolée vient recouvrir les mots que j’ai tracés ».

Deux garçons, Philippe Mezescaze

Ecrit par Arnaud Genon , le Vendredi, 21 Février 2014. , dans Mercure de France, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Deux garçons, février 2014, 128 pages, 13,80 € . Ecrivain(s): Philippe Mezescaze Edition: Mercure de France

 

Philippe, pour fuir la folie de sa mère, arrive à La Rochelle et s’installe chez sa grand-mère. Il a 17 ans. Il doit obtenir son bac, mais ce qu’il désire plus fort que tout, c’est devenir acteur. Il s’inscrit alors à la maison de la culture et intègre la troupe de la Croco. Pour ses cours, il choisit de jouer la scène 14 de l’acte II de Caligula. Il interprètera le rôle du personnage éponyme. Scipion, ce sera un jeune comédien qui vient de rejoindre le groupe. Il s’appelle Hervé. Il va avoir 14 ans.

Un jour, ils présentent leur travail, mais ce qu’ils montrent « excède les leçons de théâtre » : « quand nous avons terminé, les spectateurs restent silencieux, interdits, jusqu’à ce que Marie-Claire esquisse un geste agacé et libérateur qui rompt la tension ». Comme le notera, dans Mes parents (1986), Hervé Guibert devenu écrivain, « Un amour véritable s’est conspiré et s’est amplifié dans la scène dont nous ne pouvons plus redire les mots ».