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Critiques

Le journal malgré lui de Henry K. Larsen, Susin Nielsen

Ecrit par Laurie Nallet , le Mardi, 26 Mai 2015. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Jeunesse, Canada anglophone

Le journal malgré lui de Henry K. Larsen, Ed. Helium, trad. de l’anglais (Canada) par Valérie Le Plouhinec, 248 p. 14,50 € . Ecrivain(s): Susin Nielsen

 

Après la tragédie qui a frappé sa famille, Henry, treize ans, a déménagé sur l’île de Vancouver avec son père. Un père qui prend des bières accompagnées de Prozac, à l’apéritif, et qui tient le choc tant bien que mal. Le garçon mange de la pizza tous les soirs devant les matchs de catch – sa grande passion –, sa chambre sent le curry à cause de Monsieur Atappatu le voisin un peu trop collant de l’appartement d’à côté, ses nuits sont gâchées par de terribles cauchemars, et sa mère pleure à chaque fois qu’elle lui téléphone. Ah oui, aussi, Henry est obligé de consulter un psychologue ringard qui porte un chouchou et avec qui il est incapable d’aborder frontalement ce qu’il vient de vivre. Alors il fait le robot : « Nous n’avons pas encore parlé de ÇA. Il essaie de m’y amener l’air de rien. Il me pose parfois des questions orientées. Mais quand il le fait je prends ma voix de robot pour lui répondre. “Je-ne-sais-pas. De-quoi-vous-parlez. Espèce-d’humanoïde” ».

Finalement le garçon suit les conseils du psy et commence à tenir un journal. D’où le sous-titre du roman : « (écrit uniquement parce que mon psy y tient, mais franchement c’est moisi) ».

Berlin, Bucarest-Budapest Budapest-Bucarest, Gonçalo M. Tavares

Ecrit par Marc Ossorguine , le Vendredi, 22 Mai 2015. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Langue portugaise, Roman, La Contre Allée

Berlin, Bucarest-Budapest Budapest-Bucarest (Berlim, Bucareste-Budapeste Budapeste-Bucareste) mars 2015, traduit du portugais par Dominique Nédellec, 96 pages, 8,50 € . Ecrivain(s): Gonçalo M. Tavares Edition: La Contre Allée

 

Gonçalo M. Tavares restera toujours un écrivain surprenant, à la fois exigeant envers le texte et envers ses lecteurs et toujours joueur et ironique, avec cette pointe « d’understatement » dont on pense, à tort, qu’elle est une spécialité purement britannique.

Dans cette nouvelle collection à vocation européenne, et donc voyageuse, ce nouvel opus de l’homme du « barrio » (cette série de petits livres délicieux, délicieusement graves et fantaisistes, Monsieur Valéry, Monsieur Kraus, Monsieur Swedenborg, Monsieur Calvino…) nous fait voyager, comme son titre l’affiche clairement et d’étrange façon, entre Berlin, Budapest et Bucarest.

Berlin en compagnie d’une jeune femme radicale et perdue, à la fois sans illusion et à la poursuite de ses rêves – ou de ses cauchemars, peut-être. Pourfendeuse des simulacres culturels, elle cherche dans la ville elle-même ou ce qui lui permettra de grandir sans se perdre plus qu’elle ne l’est au fil de ce bref road movie urbain.

Dans la maison qui recule, Maurice Mourier

Ecrit par Patryck Froissart , le Vendredi, 22 Mai 2015. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman

Dans la maison qui recule, Ed. de l’Ogre, mars 2015, 250 pages, 19 € . Ecrivain(s): Maurice Mourier

 

Un Kafka qui aurait écrit conjointement avec un Jarry ?

Un mariage de l’absurde et du burlesque ?

Un conte fantastique fantaisiste qu’auraient écrit ensemble Poe, Lautréamont et Frédéric Dard ?

Une Alice adulte et masculine plongée dans une quête sans fin au sein d’un univers baroque ?

Ce roman inclassable, parce que sans pareil, de Maurice Mourier, pourrait être un peu de tout cela à la fois, et bien autre chose encore.

Le « héros », un jeune journaleux est obscurément mandaté pour rencontrer et interroger le Saint, l’insaisissable maître d’un mystérieux château sis à l’écart de tout dans une région mystérieuse. Son arrivée et son séjour font l’objet, au jour le jour, de chroniques rédigées par un assistant cuisinier qui est promu, bien malgré lui, Scribe officiel du Saint, et qui est ainsi de fait le narrateur premier de ce livre délirant (le narrateur second étant le Jeune Homme Blet lui-même, qui rédige un journal dont on peut lire des extraits à intervalles réguliers).

Avis non autorisés…, Françoise Hardy

Ecrit par Fabrice del Dingo , le Vendredi, 22 Mai 2015. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Récits

Avis non autorisés…, Les équateurs, mars 2015, 248 pages, 19 € . Ecrivain(s): Françoise Hardy

 

Mon amie la rosse


Françoise Hardy est comme le général Cambronne, elle ne mâche pas ses mots. Dans Avis non autorisés… elle aborde bien des sujets avec une fougue et une ironie qui ne saurait laisser indifférent. Elle raconte ainsi avec humour ses démêlés avec les médecins, étiopathes, proctologues, nutritionnistes et autres suceurs de comptes en banque dont elle hante les cabinets depuis des décennies.

Son expérience en la matière lui permet d’affirmer qu’« on trouve dans le milieu médical autant de fous que dans n’importe quel milieu ». C’est une experte qui parle ! Françoise Hardy est une patiente assidue à défaut d’être fidèle, car elle a changé de médecins plus que de maris, et elle en a rencontré davantage d’incompétents, d’obsédés de l’amibe et d’âpres au gain qui ne soulagent que le porte-monnaie.

Edgar Faure : secrets d’État, secrets de Famille, Rodolphe Oppenheimer-Faure, Luc Corlouër

Ecrit par Valérie Debieux , le Vendredi, 22 Mai 2015. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Biographie, Histoire

Edgar Faure : secrets d’État, secrets de Famille, Ramsay, avril 2014, préfaces Jean-Michel Baylet, Jean-Louis Borloo, 222 pages, 19 € . Ecrivain(s): Rodolphe Oppenheimer-Faure, Luc Corlouër

18 août 1908-30 mars 1988. Entre ces deux dates, l’accomplissement d’un parcours exceptionnel, celui d’un homme au destin hors normes, Edgar Faure. Plus jeune avocat de France à 21 ans, procureur au procès de Nüremberg, figure du Parti radical, plusieurs fois député et ministre, Président du Conseil à deux reprises, Président de l’Assemblée nationale, membre de l’Académie française, musicien. La plaque commémorative apposée à l’entrée de son domicile parisien, au 134 de la rue Grenelle, résume en termes lapidaires mais éloquents quatre pans de son existence : « Homme d’Etat, Homme de Lettres, Académicien, Musicien ».

Un cinquième pan, intrinsèquement lié aux quatre autres, mais beaucoup moins connu, celui de son intimité avec ses proches, est aujourd’hui mis en lumière par son petit-fils, Rodolphe Oppenheimer-Faure. Son ouvrage co-écrit en concours avec Luc Corlouër se présente sous la forme d’un récit, comportant une double préface, découpé en vingt-deux chapitres avec, en guise de prologue, plusieurs annexes participant, elles aussi, à l’hommage posthume de ce grand serviteur de l’Etat.