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Critiques

Plus jamais d’invités !, Vita Sackville-West (par Didier Smal)

Ecrit par Didier Smal , le Lundi, 31 Août 2026. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Iles britanniques, Roman, Autrement, Cette semaine

Plus jamais d’invités !, Vita Sackville-West, traduit de l’anglais par Micha Venaille, Autrement, octobre 2025, 192 pages, 17 € Edition: Autrement

 

Vita Sackville-West est une autrice discrète dans l’histoire de la littérature anglaise, qui sera bientôt plus connue pour avoir été l’amante de Virginia Woolf que pour son œuvre propre. Bien que cette situation sentimentale ait occasionné une petite merveille : Woolf lui ayant interdit d’écrire une quelconque fiction, Sackville-West s’est tournée vers son autre passion, le jardinage, et a rédigé un très beau Journal de mon jardin, dont nous parlerons peut-être un jour ici. Toujours est-il que, Dieu nous en garde, l’interdit de Woolf fut un jour levé, que l’œuvre de Sackville-West a continué, développant encore et toujours un même et unique thème, ce pour quoi d’aucuns pourraient la tenir pour mineure : dans un monde aristocratique corseté, l’avènement d’une révélation, une soudaine et souvent tendre mise à nu des sentiments, que l’on retrouve dans Toute passion abolie (son chef-d’œuvre lumineux), Ceux des îles ou encore Grand Canyon (déjà évoqué ici). D’un style plus précis que précieux, Sackville-West observe ses contemporains, la société dans laquelle elle évolue, et les imagine libres, ne fût-ce que de dire ce qu’ils ressentent ; c’est d’une sobre beauté, et quiconque est tombé sous le charme de l’écriture de Sackville-West ne peut que la célébrer de creuser non pas le même sillon, mais le même champ, histoire de voir ce qui va pousser dans ce terreau typiquement anglais.

Baignade surveillée (The Lifeguard), Laura Kasischke (par Léon-Marc Levy)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 27 Août 2026. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, USA, Roman, Gallimard, En Vitrine, Cette semaine

Baignade surveillée (The Lifeguard), Laura Kasischke. Traduit de l’américain par Céline Leroy. Gallimard du Monde entier. Août 2026. 314 p. 23 € Edition: Gallimard

 

Laura Kasischke est diabolique. On le sait depuis nombre de ses ouvrages – En un monde parfait et Esprit d’hiver en particulier – et ce dernier roman le confirme. Kasischke est la maîtresse du malaise, de l’inquiétude, d’une sorte d’horreur douce, sinueuse, qui pénètre par tous les pores de la peau et place le lecteur dans un inconfort délicieux.

Richie est un petit garçon de 5 ans et il se noie dans la piscine municipale de sa banlieue cossue, sous les yeux des usagers et de la maître-nageuse.

Michel-Ange, Eugène Delacroix (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Mercredi, 26 Août 2026. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Arts, Cette semaine

Michel-Ange, Eugène Delacroix – L’œuvre et la vie d’Eugène Delacroix par Charles Baudelaire – Préface – Causerie murmurée à l’oreille des spectres – Gérald Duchemin – Editions Le Chat Rouge – 280 p. – 21 euros – 14 avril 2026.

 

« J’écris sur Michel-Ange : je sacrifie tout à Michel-Ange »

Eugène Delacroix – Journal 1822-1863 (1)

« Je ne connais pas de texte plus beau que le sien à propos de Michel-Ange, à part les pages irradiantes de sieur Henry Beyle, dit Stendhal, dans son Histoire de la peinture en Italie (1860). »

Causerie murmurée à l’oreille des spectres – Préface par Gérald Duchemin

« Eugène Delacroix était un curieux mélange de scepticisme, de politesse, de dandysme, de volonté ardente, de ruse, de despotisme, et enfin d’une espèce de bonté particulière et de tendresse modérée qui accompagne toujours le génie. »

L’œuvre et la vie d’Eugène Delacroix par Charles Baudelaire.

« Les ouvrages de Michel-Ange donnent incontestablement la sensation la plus épurée et la plus élevée qu’il soit possible d’éprouver par un art. »

« Ébloui de l’éclat d’un si grand génie, et regrettant d’en avoir donné une si faible idée, c’est bien à lui que nous devons appliquer ce qu’il disait lui-même de Dante dans ce vers :

« Quanto dirne si dee non si puo dire. »

« On ne dira jamais de lui tout ce qu’il faut en dire. »

Michel-Ange – Eugène Delacroix.

La Route de Roswell, Connie Willis (par Didier Smal)

Ecrit par Didier Smal , le Mardi, 25 Août 2026. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, USA, Roman, Actes Sud, En Vitrine, Cette semaine

La Route de Roswell, Connie Willis, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Pierre Simon, Actes Sud, juin 2026, 432 pages, 23,50 € Edition: Actes Sud

 

Connie Willis est entre autres l’autrice d’une série de romans mettant en scène des historiens de l’illustre Oxford voyageant dans le temps, avec toutes les conséquences que cela peut avoir, tant sur leurs esprits que sur le monde, avec tout le risque d’uchronie que cela comporte. Avec un humour pince-sans-rire qui pourrait la faire passer pour anglaise (quiconque n’a pas ri aux éclats en lisant Sans parler du chien doit impérativement procéder à un bilan neurologique), Willis montre des historiens dont les études peuvent mener à de graves dangers – étudier Pearl Harbor, c’est s’y rendre… Cette série lui a valu d’être primée par la sainte trinité des amateurs de SF : le Nebula, le Hugo et le Locus. C’est dire si son œuvre est de qualité, et si on attend chaque nouveau roman avec délectation

Histoire de Dalila-la-Rouée, Les Mille et Une nuits (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Mardi, 25 Août 2026. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Pays arabes, Zulma, Contes, Cette semaine

Histoire de Dalila-la-Rouée, 4ème volume du Livre des Mille et Une nuits, trad. J. C. Mardrus, 176 p., éd. Zulma, juin 2026, 9,95€ Edition: Zulma

 

Schahrazade et Dalila


Dans le khalifat de Bagdad, Schahrazade, entre la 432ème et la 475ème nuit, invente un nouveau conte pour éloigner la sentence de mort prononcé par son époux, le sultan Shariar, et se tait dès l’apparition de l’aube - et ce, durant mille et une nuits. Dans la vieille ville irakienne, Dalila, rompue à la rouerie, arrive à tromper le petit peuple, les marchands et les puissants. Les oppositions sont fortes entre les « gros émoluments », une « vieille redoutable » en haillons, « la jeune épouse de l’émir (…) si belle ! et brillante comme un vrai trésor de tous les bijoux dont elle était ornée, et lumineuse comme une coupole de cristal des blancs habits de neige dont elle était vêtue ».