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Aventures

Shâhra, Les Masques d’Azr’Khila, Charlotte Bousquet

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Lundi, 03 Septembre 2018. , dans Aventures, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Fantastique

Shâhra, Les Masques d’Azr’Khila, éd. Mnémos, juin 2018, 336 pages, 20 € . Ecrivain(s): Charlotte Bousquet

 

C’est avec beaucoup de curiosité que s’est amorcée la lecture de ce premier volet du nouveau diptyque de fantasy de Charlotte Bousquet. Nombre de ses ouvrages recèlent un grand talent de conteuse et une plume solide, élégante, protéiforme, tout en proposant des univers variés, explorant le roman historique comme le fantastique, la BD pour ados ou le récit d’aventures. Son imaginaire n’a pas de bornes et son regard témoigne de ses engagements.

Dans Shâhra, nous retrouvons l’écriture soignée, fouillée, mêlant lettres, contes, poèmes ou extraits de prophéties aux quatre récits qui suivent chacune des héroïnes de ce monde des sables. Nous retrouvons également la magie, la divination, les êtres surnaturels, les divinités dans un ensemble de croyances rappelant celles des peuples premiers, donnant foi et parole aux visions et aux signes de la nature, aux soins des guérisseurs et chamans, reposant sur un fragile Equilibre des mondes, visible et invisible. Nous retrouvons la cruauté humaine sous toutes ses formes, notamment celle d’un terrifiant mage buveur d’énergie vitale, des personnages féminins ayant à trouver quelle est leur nature profonde et quelle est leur valeur, le lien avec l’animal et les totems, « nehlîl », la splendeur de la nature même la plus aride.

Objectif Soleil, L’aventure Solar Impulse, Bertrand Piccard, André Borschberg

Ecrit par Jean Durry , le Jeudi, 18 Mai 2017. , dans Aventures, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Stock, Voyages

Objectif Soleil, L’aventure Solar Impulse, février 2017, 365 pages, 22 € . Ecrivain(s): Bertrand Piccard et André Borschberg Edition: Stock

 

Lorsque le 26 juillet 2016, à 0h05 GMT (4h05 en Suisse et France), Bertrand Piccard pose à Abu Dhabi le grand oiseau de 72 mètres d’envergure pour un poids de l’ordre de 2 tonnes, il boucle avec Solar Impulse 2 un tour du monde de 43.031 kilomètres, accompli au fil de 17 vols successifs en 550 heures cumulées sur une période de 15 mois, au moyen de la seule énergie électrique née des « rayons de soleil » captés par 17.000 cellules photovoltaïques. Réussite majeure, qui s’inscrit immédiatement dans l’histoire de l’aéronautique et, au-delà, dans celle de l’utilisation des ressources naturelles et renouvelables de la planète Terre. Ce récit est celui des multiples péripéties ayant conduit au plus heureux aboutissement d’une aventure humaine hors du commun.

Récit alterné en toute honnêteté, récit à deux voix. Né le 1er mars 1958, Bertrand Piccard, petit-fils d’Auguste qui explora la stratosphère et fils de Jacques dont le Bathyscaphe plongea dans les abîmes sous-marins, avait déjà réussi en mars 1999 avec Brian Jones un tour du monde à peine croyable : en ballon, 20 jours sans escale ! Et bientôt il avait imaginé cet autre projet fou.

Pour saluer la parution de Jack London dans la Pléiade (1)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Samedi, 22 Avril 2017. , dans Aventures, Les Livres, Livres décortiqués, La Une Livres, USA, Roman, Nouvelles, La Pléiade Gallimard

Jack London, Oeuvres, 2 tomes, 110 € les deux volumes, Octobre 2016 . Ecrivain(s): Jack London Edition: La Pléiade Gallimard

 

Jean-Marie Rouart, dans un texte intitulé « Je demandais aux livres : “Comment fait-on pour vivre, pour aimer, pour être heureux ?” » (paru dans la revue Commentaire en 2015), écrit ceci :

« Je n’imaginais pas que j’éprouverais autant d’émotions en remettant mes pas dans des coups de foudre parfois anciens. Soudain je retrouvai intacte mon ancienne ferveur en relisant […] le début du Peuple de l’abîme de Jack London ».

Reprenons ce début, tel qu’il est traduit par Véronique Béghain, dans le volume de la Pléiade :

« Mais c’est impossible, vous savez », me dirent des amis auprès desquels je venais chercher de l’aide pour m’immerger dans l’East End londonien. « Vous auriez intérêt à demander un guide à la police », ajoutèrent-ils, après réflexion, s’efforçant non sans mal de s’adapter aux mécanismes psychologiques du fou venu les trouver avec plus de références que de cervelle.

Long John Silver, La relation véridique et mouvementée de ma vie et de mes aventures d’homme libre, de gentilhomme de fortune et d’ennemi de l’humanité, Björn Larsson

Ecrit par Marc Ossorguine , le Mardi, 30 Août 2016. , dans Aventures, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Pays nordiques, Roman, Le Livre de Poche

Long John Silver, trad. suédois Philippe Bouquet . Ecrivain(s): Björn Larsson Edition: Le Livre de Poche

Si l’auteur de ce roman épique et aventureux ne vous est pas connu, il y a de fortes chances pour que son personnage principal, lui, réveille quelques souvenirs… Le personnage emblématique de l’Ile au trésor a en effet connu bien des visages au cinéma, depuis Wallace Berry (dirigé par Victor Flemming en 1934) jusqu’à Jack Palance en passant par Robert Newton et Orson Welles (respectivement en 1999, 1950 et 1972). Des figures qui ont hélas bien souvent joué le pittoresque jusqu’à la charge et au grotesque. C’est à une autre lecture que nous invite Björn Larsson en se saisissant du célèbre pirate à la jambe de bois qui navigue au cœur de nos imaginaires depuis plus de 130 années.

Tout d’abord, il se défie de son créateur, Robert Louis Stevenson, qui devient ici un supposé créateur, aux abonnés absents. C’est en effet surtout à un autre écrivain, un certain Daniel Defoe que préfère s’adresser le « vrai » John Silver. Un Daniel Defoe très curieux du monde des pirates, et lui-même un peu pirate en littérature, pamphlétaire et espion qui a même connu l’exposition au pilori et que John Silver va rencontrer à proximité des gibets londoniens où achèvent de pourrir quelques dépouilles de marins trop épris de liberté, de survie et de profit.

Jules Verne en la Pléiade, avril 2016

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mardi, 24 Mai 2016. , dans Aventures, Les Livres, Critiques, Science-fiction, La Une Livres, Roman, La Pléiade Gallimard

. Ecrivain(s): Jules Verne Edition: La Pléiade Gallimard

 

Voyage au centre de la terre, écrit en 1864, témoigne de l’engouement de Verne – qui peut apparaître par certains aspects comme un écrivain fantastique – pour la science. Celle-ci est devenue, à cette époque, comme en témoigne Arvède Barine dans un ouvrage paru en 1898 (Névrosés, Hoffmann, Quincey, Edgar Poe, G. de Nerval), « l’alliée, et, plus encore, l’inspiratrice de l’écrivain fantastique » et ce également parce qu’« elle l’encourage à rêver de mondes imaginaires en lui parlant sans cesse de mondes ignorés », que l’on aurait pu juger parfaitement impossibles.

Les voyages extraordinaires : l’on se souvient que c’est le nom qu’a donné Pierre-Jules Hetzel à la collection créée par lui pour abriter la production romanesque de Verne, écrivain on ne peut plus prolifique, puisqu’il est l’auteur de près de deux cents romans, nouvelles, poèmes, essais, pièce de théâtre, livrets d’opérettes et d’opéras comiques, volumes d’histoire et de géographie…

Ainsi, pour donner forme à l’extraordinaire, Verne fait-il usage, de romanesque manière, de la façon qu’a la science – tout à la fois frémissante et toute-puissante – d’affleurer au quotidien, à cette époque, dans les découvertes qui lui donnent et son aura et son mystère… Ainsi en est-il, par exemple, de l’électricité.