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Le Livre de Poche

Le Livre de poche (parfois abrégé LDP) est, à l'origine, le nom d'une collection littéraire apparue le 9 février 1953 sous l'impulsion d'Henri Filipacchiet éditée par la Librairie générale française, filiale d'Hachette depuis 1954.


Les Freudiens hérétiques. Contre-histoire de la philosophie t.8, Michel Onfray

Ecrit par Arnaud Genon , le Lundi, 08 Septembre 2014. , dans Le Livre de Poche, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Les Freudiens hérétiques. Contre-histoire de la philosophie t.8, avril 2014, 408 p. 7,10 € . Ecrivain(s): Michel Onfray Edition: Le Livre de Poche

 

Les lucky loser de Michel Onfray

Dans Le crépuscule d’une idole. L’affabulation freudienne (Grasset, 2010), Michel Onfray s’en prenait déjà au fondateur de la psychanalyse, lui reprochant notamment d’avoir créé une science qui n’avait rien d’universel et qui n’avait jamais guéri que celui qui se targuait de l’avoir inventée. Cette « psycho-biographie nietzschéenne » avait cela de gênant qu’elle réduisait souvent la psychanalyse à la seule biographie de Freud, s’appuyant notamment sur sa correspondance. L’étude soulevait à juste titre les contradictions de l’homme, pointait des erreurs de méthode indéniables (manipulations de données cliniques) pour retirer à la psychanalyse – de manière outrancière et polémique – tout caractère scientifique. Cette philosophie « au bazooka, souvent sans nuances » (l’expression est de Bruckner qui avait pourtant défendu Onfray) mais non dénuée d’intérêt en ce sens qu’elle suscite le débat et dépoussière certains dogmatismes, avait eu les conséquences escomptées : on en parla beaucoup, 150.000 exemplaires furent vendus.

Marie-Antoinette, Stefan Zweig

Ecrit par Fabrice del Dingo , le Mercredi, 28 Mai 2014. , dans Le Livre de Poche, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Langue allemande, Biographie

Marie-Antoinette, Traduit de l’allemand par Alzir Hella, 506 pages, 7,60 € . Ecrivain(s): Stefan Zweig Edition: Le Livre de Poche

 

L’inconvénient de n’en faire qu’à sa tête


Les biographies écrites par Stefan Zweig sont un régal. Celle qu’il a consacrée à Marie-Antoinette, reine de France, un pur chef d’œuvre.

Stefan Zweig écrit des livres d’histoire en romancier : sous sa plume légère, profonde et spirituelle tout semble évident et tout paraît clair.

Mariée à 14 ans avec un homme qu’elle n’avait jamais vu et qui était son exact contraire, la princesse autrichienne avait tout pour être heureuse.

Partages, Gwenaëlle Aubry

Ecrit par Zone Critique , le Samedi, 25 Janvier 2014. , dans Le Livre de Poche, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Partages, août 2013, 192 p. 6,90 € . Ecrivain(s): Gwennaëlle Aubry Edition: Le Livre de Poche

 

La cause littéraire vous présente aujourd'hui un nouvel article de son partenaire Zone Critique


Partages, de Gwenaëlle Aubry, est un roman de guerre aux accents poétiques car il consacre, dans une certaine mesure, le pouvoir des images et des mots.

Au début des années 2000 éclate la 2e intifada en Palestine. Dans ce contexte très violent, les destins de deux adolescentes vont se croiser. Sarah, une juive de New-York, décide d’émigrer en Israël à la suite des attentats du 11 septembre. Leïla, une jeune Palestinienne, reste elle enfermée depuis toujours dans un camp en Cisjordanie.

Sous la forme de monologues alternés, elles racontent une histoire commune, avec des points de vue différents. Ce roman est traversé par une double-voix qui raconte comment la guerre a éloigné deux êtres qui auraient pu se ressembler. Depuis leur naissance (elles ont toutes les deux 17 ans), Sarah et Leïla ont vécu un conflit qui les a façonnées et détruites.

Le joueur d'échecs, Stefan Zweig

Ecrit par David Campisi , le Lundi, 30 Septembre 2013. , dans Le Livre de Poche, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Langue allemande, Roman

Le Joueur d’échecs, 2013, 125 pages, 3,50 € . Ecrivain(s): Stefan Zweig Edition: Le Livre de Poche

 

Le champion du monde d’échecs est là. Sur le paquebot au départ de New-York en direction de Buenos-Aires. Il marche avec désinvolture, certains le reconnaissent, beaucoup l’ignorent. Son aura, toutefois, est partout. Sa présence se ressent comme un fardeau. Son jeu est comparé à ceux des boxeurs : il recule, avance, se prépare, envoie des coups, en reçoit. Son jeu est une guerre, un combat qu’il ne perd pas.

Mirko Czentovic est le numéro un. Le joueur d’échecs, c’est d’abord lui, le grand taiseux, étrange gaillard au regard perçant. C’est avant tout son histoire à lui que nous découvrons : comment, parce qu’il était différent, il attirait l’attention autour de lui lorsqu’il était petit. Trop idiot pour être comme les autres, trop intelligent aussi. Sa propension pour les chiffres, les schémas mentaux. Bientôt, on lui découvre un talent hors-normes. On l’essaie aux échecs. On lui laisse une chance et c’est le monde qu’il dévore avec son regard un peu vide. On se moque de lui, il se moque du monde.

Le Juif Süss, Lion Feuchtwanger

Ecrit par Frédéric Saenen , le Lundi, 15 Juillet 2013. , dans Le Livre de Poche, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Langue allemande, Roman

Le Juif Süss, Le Livre de Poche, Biblio roman n°32053, 697 pp., 8 €. . Ecrivain(s): Lion Feuchtwanger Edition: Le Livre de Poche

Si on lance une recherche à la mention « Le Juif Süss » sur Google, il faut attendre pas moins de quatre-vingt références avant de tomber sur une maigre notice Wikipédia consacrée au roman que Lion Feuchtwanger publia sous ce titre en 1925. À croire que l’autodafé des nazis à l’encontre de ce chef-d’œuvre se poursuit par malentendu interposé, dans  la mesure où l’unique information qui focalise l’attention à son sujet, c’est le film de propagande, supervisé par Goebbels, qu’en tira le réalisateur Veit Harlan en 1940. Or, voici qu’en décembre dernier reparaissait, dans sa version intégrale, ce texte superbe qu’il n’y a plus désormais aucune excuse à ignorer.

« Version intégrale », la chose mérite d’être soulignée. En effet, les rares à s’être plongés dans la précédente traduction française, due à Maurice Rémon, n’eurent accès qu’au pâle reflet des sept cents pages originales ; à un ersatz, amputé de maints passages et rendu par une langue autrement surveillée. La présente mouture se base sur l’édition Aufbau-Verlag de 1959 et, en la matière, la belle ouvrage de Serge Niémetz est à saluer sans réserve, car il aura su restituer à la prose de Feuchtwanger son ampleur, sa souplesse, sa richesse lexicale et expressive, bref son énergie. Du noir et blanc manichéen du film antisémite qui en fut tiré, la palette se rehausse pour le coup de toutes les nuances du fresquiste hors pair qu’était le romancier.