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Buchet-Chastel

Buchet/Chastel est une maison d’édition généraliste qui publie de la littérature française et de la littérature étrangère, des essais, des documents, des biographies, des livres sur la musique et sur l'écologie.

 


Les anagrammes de Varsovie, Richard Zimler

Ecrit par Gilles Brancati , le Lundi, 25 Février 2013. , dans Buchet-Chastel, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Les anagrammes de Varsovie, traduit (USA) par Sophie Bastide-Foltz, janvier 2013, 340 pages, 22 € . Ecrivain(s): Richard Zimler Edition: Buchet-Chastel

 

Il y a des romans qui marquent leurs lecteurs. Celui-ci en est un, qui ne sortira pas de ma mémoire de si tôt. J’ai été captivé et ému par ce livre que je ne peux que recommander. Les anagrammes de Varsovie… l’histoire se déroule au début de l’hiver 1940 dans le ghetto pendant la Seconde Guerre mondiale. Nous avons tous une mémoire précise de ces évènements et nous avons sans doute tous vu Le pianiste, le très bon film de Roman Polanski. Il n’est donc pas nécessaire de revenir sur l’aspect historique.

Je vais donc en parler pour le propos de ce livre et non pour l’Histoire du ghetto. Les deux y sont intimement liés et ce qui fait la force du récit, c’est qu’il ne tombe jamais dans un travers pathos. L’Histoire sous-tend le roman, elle en est indissociable, elle reste une douloureuse toile de fond, mais elle n’encombre pas, ne prend jamais le pas sur l’intrigue. Quel talent il faut pour nous décrire la douleur et la misère d’un quotidien unique, pour nous asséner des coups dans la poitrine, sans jamais nuire à la fiction. Ce qui fait la force de ce récit particulièrement bien conduit ? L’équilibre entre histoire et Histoire.

The Queen is dead, Aurélia Bonnal

Ecrit par Eric Neirynck , le Samedi, 01 Décembre 2012. , dans Buchet-Chastel, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

The Queen is dead, Editions Buchet Chastel, Collection Qui Vive, août 2012, 176 p. 16,00 € . Ecrivain(s): Aurélia Bonnal Edition: Buchet-Chastel

 

D’abord une chanson des Smiths : « The queen is dead ». Toute une époque.

Une bande d’amis, Bert, Eloïse (Elo)… Une jeunesse, des promesses qui ne seront pas tenues, des trahisons qui n’en sont pas, mais qui pourtant sont vécues comme telles. Des projets, des regrets, des jalousies. Et puis les années qui filent sans que l’on comprenne ce qui nous arrive.

Le temps qui passe entraînant avec lui le destin des uns et des autres.

Elo (tout le monde l’appelle comme ça) est devenue écrivaine. Elle vit en couple et est maman à temps quasi complet d’une petite fille, la prunelle de ses yeux. Quoi de plus normal ? Elle est heureuse, sans doute, quoique ?

Bert, lui est vendeur de vin et musicien « quasi à la retraite » en couple, en trio bientôt, sa compagne Gilberte attendant un heureux événement qui même s’il le devrait, ne le rend pas vraiment heureux. Que le bonheur est compliqué quand on a l’impression d’avoir laissé passer sa chance, quand les souvenirs n’arrivent pas à s’effacer et que bon gré mal gré il faut vivre avec.

Arthur et moi, Liz Moore

Ecrit par Emily Vaquié , le Mardi, 16 Octobre 2012. , dans Buchet-Chastel, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, La rentrée littéraire

Arthur et moi, 2012, trad. USA par Sylviane Lamoine, 408 pages, 23 € . Ecrivain(s): Liz Moore Edition: Buchet-Chastel

 

Encensée par Colum McCann et Russel Banks, Liz Moore, avec Arthur et moi, nous offre un roman plein d’émotion autour de trois personnages très seuls, dans une Amérique parfois très cruelle.

Arthur a cinquante-huit ans : obèse et solitaire, il vit cloîtré chez lui depuis des années. Ancien professeur d’université, son seul lien avec l’extérieur est la correspondance sporadique qu’il entretient depuis vingt ans avec Charlene, une de ses anciennes élèves. Il n’a pas osé lui avouer la réalité de sa vie et continue à lui dépeindre une vie rêvée, où il est toujours un professeur brillant et admiré. Mais Charlène aussi n’est pas très honnête. Elle lui a caché son mariage, puis l’échec de celui-ci, mais surtout la naissance de son fils Kel, désormais lycéen. Kel rêve d’une carrière dans le base-ball et que sa mère, alcoolique et malade, aille enfin mieux. Charlene va mettre Kel et Arthur en relation, redonnant ainsi un sens à la vie d’Arthur, et rendant la transition vers l’âge adulte plus aisée pour Kel.

C’est un beau roman qu’a écrit Liz Moore, grâce à une galerie de personnages authentiques et sensibles, qui touchent le lecteur par la tristesse et la solitude de leur vie. En effet, si Arthur est déjà passé à côté d’une grande partie de sa vie, celle de Kel ne fait que commencer, mais dans des conditions très difficiles.

Le roman de Thomas Lilienstein, Laurence Werner David

Ecrit par Didier Bazy , le Mardi, 31 Juillet 2012. , dans Buchet-Chastel, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Le roman de Thomas Lilienstein, 395 p. 20 € . Ecrivain(s): Laurence Werner David Edition: Buchet-Chastel

 

(A Christine Bini qui m'a poussé à aller plus loin.)

 

Ce roman est un méta-roman. On se perd même quand on croit trouver ou renouer les fils d’une multiplicité de narrations, de portraits, de situations et de rapports flous, de plongées et de remontées vers un air rare. Les amateurs de psychologies des profondeurs peuvent s’en gargariser.

Voici la quête d’une narratrice subtile amoureuse de Thomas, jardinier et fils de jardinière. Au fond, le jeune jardinier Thomas peut être perçu comme un végétal, une plante, une herbe qui pousse dont la narratrice botaniste tente de saisir les liens et les logiques – autant de lignes de fuite et d’échappées sans finalité ni même intrigue classique.

Le méta-roman passionnera les théoriciens du langage. Le trait singulier n’est pas pour autant la mise en œuvre d’une hypothèse préétablie : les fils se développent en fibres, en synapses, en boucles mouvementées. Il séduira les poètes. Il interrogera la critique. Et le critique risquera un hommage silencieux.

The doors, 23 nouvelles aux portes du noir, ouvrage dirigé par Jean-Noël Levavasseur

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 07 Mai 2012. , dans Buchet-Chastel, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Nouvelles

The Doors, 23 nouvelles aux portes du noir, dessins de Riff Reb’s, 2012, 256 p. 17 € . Ecrivain(s): Jean-Noël Levavasseur Edition: Buchet-Chastel

23 auteurs de polar français, marqués par l’esprit du rock, proposent chacun une nouvelle inédite ayant pour fil conducteur le groupe mythique des Doors et le plus mythique encore, roi lézard, Jim Morrison. Ces 23 nouvelles sont classées dans un ordre chronologique fictif, s’étalant entre le 8 juillet 1965 et l’année 2005. On peut regretter le manque d’originalité de certaines, et donc une qualité inégale du recueil, mais l’ensemble se laisse lire facilement et a le mérite d’offrir un portrait rapide d’une époque et ce qu’il en reste.

Le côté sombre de l’Amérique des années 60, c’est d’abord le Viêt-Nam, thème abordé dans la première nouvelle, We’ll be home for Christmas de Pierre Mikaïloff, l’évocation de toute une jeunesse sacrifiée, à travers une correspondance entre un jeune Morrison, étudiant en cinéma, et un de ses amis qui lui envoie des poèmes depuis le front. Des poèmes qui portent des titres tels que Light my fire, Love me two times, The End

Il y a Charles Manson, qui apparaît dans la deuxième nouvelle, The ballad of Sarah J. de Thierry Crifo. On pense à Sarah Jane Moore qui en 1975 tentera d’assassiner le président Ford et à la chanson de Dylan.