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Tristram


Les Éditions Tristram ont été créées en 1989. Toujours indépendantes, elles sont dirigées par leurs deux fondateurs, Sylvie Martigny et Jean-Hubert Gailliot.
Depuis 25 ans, Tristram développe un catalogue littéraire volontiers éclectique, dans lequel chaque auteur, chaque publication, frappe par sa singularité.
On y rencontre des classiques proposés dans de nouvelles traductions (Tristram Shandy de Laurence Sterne, Tom Sawyer et Huckleberry Finn de Mark Twain). Mais aussi les œuvres rassemblées de grands auteurs de la modernité, comme l'anglais J.G. Ballard, l'allemand Arno Schmidt, le français Pierre Bourgeade. On y croise des irréductibles issus de la contre-culture américaine, tels Hunter Thompson, Lester Bangs, Patti Smith ou William Vollmann. Et on y découvre de nouveaux auteurs, français et étrangers, parmi lesquels Celia Levi, Alain Julien Rudefoucauld (Prix France Culture / Télérama 2012), Nina Allan (Grand Prix de l'Imaginaire 2014) ou Whit Stillman (Prix Fitzgerald 2014).

En 2012, Tristram a lancé la collection Souple, un projet éditorial à part entière, marqué par le succès immédiat du livre de Kenneth Anger, Hollywood Babylone, déjà vendu à 30 000 exemplaires.


L’île au trésor, Robert Louis Stevenson (par Léon-Marc Levy)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 25 Octobre 2018. , dans Tristram, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Roman, Aventures

L’île au trésor (Treasure Island, 1883), septembre 2018, trad. anglais Jean-Jacques Greif, 302 pages, 19,90 € . Ecrivain(s): Robert Louis Stevenson Edition: Tristram

 

Quel bonheur littéraire plus grand que de relire L’île au trésor ? Il n’en est guère d’imaginable, surtout quand nos souvenirs de la première lecture sont rabotés, mis à neuf, vivifiés par la grâce d’une traduction qui est en fait une véritable rénovation du texte de Robert Louis Stevenson. La langue des gens de mer explose à chaque page, rendue dans sa crudité, ses sonorités râpeuses, sa poésie brute. Aussi, c’est avec une joie rageuse que l’on retrouve Jim Hawkins, Long John Silver et les silhouettes inoubliables qui ont peuplé notre jeunesse.

Robert Louis Stevenson écrivait là le modèle suprême du roman d’aventure. On y retrouve le thème essentiel de l’initiation d’un enfant à la vie, le dépaysement absolu, les méchants et les gentils, l’amitié et la traîtrise, la peur et le courage. Rappelez-vous la scène du tonneau sur le pont du navire : qui n’a pas tremblé avec Jim découvrant, terrifié, les plans funestes et meurtriers de Long John Silver et ses acolytes ? Qui n’a pas ri aux bordées de jurons de Cap’n, le perroquet de la cuisine du navire ? Qui n’a pas applaudi aux victoires de Jim, Smollett, le docteur et toute la bande ? En un mot, qui n’a pas rêvé ? Et ce rêve, est celui du souffle de la grande aventure, celui qui tient les adolescents les yeux ouverts.

Endetté comme une mule, Eric Losfeld

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 30 Mars 2017. , dans Tristram, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Biographie, Récits

Endetté comme une mule, mars 2017, 300 p. 11,40 € . Ecrivain(s): Eric Losfeld Edition: Tristram

 

 

A Joelle Losfeld

 

C’était un temps (les années 50) où devenir éditeur – ou en tout cas vouloir l’être – était un élan purement militant. Envisager la « carrière » pour gagner de l’argent relevait, à de rares exceptions près, du fantasme. Dans tous les cas, Eric Losfeld a été d’abord un militant, avant toute ambition professionnelle. Militant littéraire en premier lieu, chaque livre qu’il a publié – que ce fût ou pas une bonne idée – a été un engagement personnel. Militant idéologique ensuite, la détestation de la droite, du colonialisme, du racisme, chevillée au corps. Militant éthique enfin : tous les grands combats pour la justice, contre la censure, pour la liberté d’expression, ont été les siens, avant, pendant et après Mai 68.

Dix Yuans un kilo de concombres, Celia Levi

Ecrit par Adrien Battini , le Mardi, 04 Février 2014. , dans Tristram, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Dix Yuans un kilo de concombres, janvier 2014, 251 p. 19,50 euros . Ecrivain(s): Celia Levi Edition: Tristram

 

Le lecteur apprendra avec un ravissement certain qu’il entrera le 31 janvier prochain dans l’année du cheval de bois. L’occasion de se remémorer le magnifique animal qui a béni son année de naissance, mais aussi de jeter un œil sur les coups éditoriaux que telle ou telle maison tente pour « surfer » sur cette actualité calendaire. Place donc à la proposition littéraire des éditions Tristram avec Dix yuans un kilo de concombres, dernier roman en date de Celia Levi.

Dix yuans un kilo de concombres narre la déchéance d’une famille résidant dans un des derniers lilongs de Shanghai, logements insalubres apanages des classes les plus défavorisées de la ville. De la rumeur frissonnant dans le voisinage jusqu’au relogement effectif, Celia Levi déroule toutes les étapes de cette chute inexorable. Il y a indéniablement du Kafka dans la manière dont l’écrivain suggère la machine capitalisto-bureaucratique enfantée par la Chine communiste. Ce monstre froid n’a que faire de ses déshérités et de leurs vaines suppliques, de ce petit peuple auquel il ne peut offrir que le visage d’un fonctionnaire joufflu, rieur et carriériste.