Identification

Cheyne Editeur


Cheyne éditeur est une maison d'édition française indépendante créée en 1980 par Jean-François Manier, spécialisée dans la poésie contemporaine. Si elle s'est fait connaître du grand public à la suite du succès de Matin Brun, la nouvelle de Franck Pavloff, elle cherche avant tout à faire entendre aujourd'hui et à travers des œuvres maintenant reconnues, « une tonalité poétique singulière, où l’expression d’une expérience intérieure rejoint volontiers le questionnement des formes1».

 


Les gens comme ça va, Dominique Sorrente

Ecrit par France Burghelle Rey , le Mardi, 16 Janvier 2018. , dans Cheyne Editeur, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Les gens comme ça va, juin 2017, 17 € . Ecrivain(s): Dominique Sorrente Edition: Cheyne Editeur

Né « au lendemain des attentats du 7 janvier 2015 à Paris », comme l’annonce le préambule, le nouveau recueil de Dominique Sorrente est le septième de son auteur aux éditions Cheyne. Le poète, qui vit à Marseille, a reçu de nombreux prix (Antonin Artaud et Georges Perros entre autres), est également passeur de poésie avec le collectif Le Scriptorium qu’il anime dans sa ville depuis 1999 et grâce auquel il veut favoriser la présence de la poésie au cœur de la vie citoyenne.

La première partie du recueil qui en comprend sept s’intitule d’une façon volontairement fautive Ils sont les gens. Cette présentation naïve ainsi que les premières pages ne sont pas sans rappeler aux lecteurs sexagénaires un titre comme Il y a des gens de toutes sortes, qui appartenait à la collection des magiques petits livres d’or. On pouvait y découvrir les gens bons, les gens méchants, les beaux, les laids, etc. Ici les énumérations réalistes, humoristiques ont, mutatis mutandis, le même pittoresque efficace qui mêle l’étrange au banal et qui donne envie de tourner les pages. Ainsi après la description de ces gens « pète-secs, rêvasseurs, pisse-drus », passe-t-on à une écriture narrative où on les voit vivre à tous les âges :

Passant l'été, Jean-Baptiste Pedini

Ecrit par Cathy Garcia , le Mercredi, 11 Septembre 2013. , dans Cheyne Editeur, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Poésie

Passant l’été, 2012 (Prix de la vocation de la Fondation Marcel Bleustein-Blanchet), 56 pages, 16 € . Ecrivain(s): Jean-Baptiste Pedini Edition: Cheyne Editeur

 

Passant l’été peut faire penser à ces tableaux de front de mer, un peu rétros, avec cette lumière mélancolique d’un été qui semble toujours sur le point de finir. Des tableaux qui, à trop les regarder, finissent par nous rendre tristes sans qu’on sache pourquoi.

Il y a dans ce recueil la nostalgie du souvenir et en même temps son refus.

On ne raconte rien de l’enfance. (…) De ces jours qui nous doublent sur la ligne d’arrivée. (…) On ne raconte rien de cette nostalgie absurde. De ces pelures en vrac qui s’entassent n’importe où. Un peu plus loin, selon le sens du vent.

Il y a une sorte d’amertume vaguement nauséeuse et des points colorés qui jaillissent ci et là, mais toujours comme l’ombre d’un drame qui plane imperceptiblement. « Ce soir les rires roulent sur la plage. On les entend tomber des gorges avant de s’évanouir ». Même la chaleur estivale peut prendre des allures menaçantes. « Le soleil brille. Les rayons traversent la ville comme des rouleaux compresseurs. Ils sont lourds et opaques et quand ils happent les passants on ne voit plus rien après ».

Comme un morceau de nuit, Déborah Heissler

Ecrit par Didier Bazy , le Vendredi, 15 Juin 2012. , dans Cheyne Editeur, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Poésie

Comme un morceau de nuit, découpé dans son étoffe, 2010, 57 p. 15 € . Ecrivain(s): Déborah Heissler Edition: Cheyne Editeur

 

Comme un morceau de nuit, découpé dans son étoffe s’ouvre en silence et se clôt en Et déjà la nuit.

En quatre stances libres : entrevoir, silence, image fixe, scène de nuit.

Déborah Heissler promène les sens, tous les sens, aux frontières conjonctives de l’orient et de l’occident, éloge de l’ombre lumineuse, de la nuit claire, sans oxymore, à l’orée de l’être, là où les sons et les sens se rencontrent, inouïs, en une présence qui sort du texte.

Le poète ne capte rien, ne combine rien, il laisse être l’être.

Elle (le poète) dit le dit, pas son fait, le simple dit dans sa nudité vraie, sans fard ; elle dévoile ses choses et ses choses parlent. Des choses à la Ponge : abricotiers, papillons, herbe, forêts, nuages, pommiers, églantier, guêpes, fruits sauvages, vigne vierge, écorce, mousse, lichen, tilleul…

Et ses mots sont autant d’images, et les stances autant d’estampes : montagnes bleues, eau vivante, ciel gris, air frais…

Nous y sommes.