Paru pour la première fois en 1935 sous la plume d’un certain M. J. Farrell, Fragiles serments est le portrait sans concession de la noblesse anglaise de l’entre-deux guerres. Entre les joies des « parties » où, tasse de thé à la main, on déambule dans les jardins, et les séances de pêche ou de chasse dans la campagne, Molly Keane construit méticuleusement un huis-clos où les personnages se toisent, s’envient, se détestent.
A Silverue, Lady Olivia Bird règne sur son monde : elle mène à la baguette son mari Julian, et ses domestiques, parmi lesquels Miss Parker, une pauvre gouvernante à la pilosité faciale exacerbée. Miss Parker, méprisée par tous, veille sur Markie, le petit dernier de Lady Bird, qui, à sept ans, aimerait être le centre de l’attention. Mais tout le monde n’a d’yeux que pour John, l’aîné, revenu de maladie, qui est enfin de retour à la maison. Il ne reste plus qu’à évoquer Sheena, la fille de la famille, fantasque et amoureuse, et Eliza, l’amie de la famille, secrètement amoureuse du mari de sa meilleure amie…
Portrait au vitriol de la bonne société anglaise des années 30, Fragiles serments s’ouvre sur le magnifique manoir de Silverue, sous un soleil de plomb, à l’aube d’un évènement crucial pour Olivia, la maîtresse des lieux : son fils John est sur le point de revenir.