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Editions Cambourakis

 

Cambourakis est une maison d'édition française de bande dessinée et de littérature fondée par Frédéric Cambourakis en mars 2006 à Paris.

 

Le trompettiste tchèque, Desző Kosztolányi

Ecrit par Marc Ossorguine , le Samedi, 07 Novembre 2015. , dans Editions Cambourakis, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Pays de l'Est, Nouvelles

Le trompettiste tchèque, mai 2015, traduit du hongrois sous la direction d’András Kányádi, 128 pages, 10 € . Ecrivain(s): Desző Kosztolányi Edition: Editions Cambourakis

 

Desző Kozstolányi (1885-1936) fait partie de ces écrivains trop rares qui réjouissent à chaque lecture ceux qui les connaissent et qu’ils préservent un peu comme un jardin secret. Régulièrement, un éditeur passionné publie quelques titres dont on parle peu, trop peu, puis que l’actualité oublie. Nous avons déjà dit dans nos pages le bonheur que pouvait procurer la lecture de Cinéma muet avec battements de cœur ou Kornél Esti. Les lecteurs attentifs à ce qui nous vient de Hongrie ont pu découvrir il y a quelques années Le traducteur Kleptomane et – s’ils ont été séduits – c’est avec un bonheur redoublé qu’ils devraient découvrir ce nouveau recueil de nouvelles. Car il s’agit en France d’une vraie nouveauté, aucune des nouvelles présentées ici n’avait encore fait l’objet d’une traduction française.

Les nouvelles présentées dans ce recueil sont majoritairement des écrits de jeunesse de l’auteur, antérieurs à la Grande Guerre (9 nouvelles réparties entre 1907 et 1913, et une 10e de 1929), mais l’auteur a réalisé pour ces « coups d’essai » de véritables « coups de maître ». Le lecteur y trouvera déjà ce mélange d’ironie et de gravité, de réalisme teinté d’absurde ou de fantastique poétique.

La Guerre des salamandres, Karel Čapek (3ème article)

Ecrit par Didier Smal , le Lundi, 11 Mai 2015. , dans Editions Cambourakis, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Pays de l'Est, Roman

La Guerre des Salamandres, traduit du tchèque par Claudia Ancelot, 384 pages, 11 € . Ecrivain(s): Karel Čapek Edition: Editions Cambourakis

Lorsque les troupes allemandes envahissent la Tchécoslovaquie, début 1939, un ordre vise un citoyen en particulier : il faut mettre la main sur Karel Capek. A ceci près que celui-ci est décédé le 25 décembre 1938, à l’âge de quarante-huit ans ; les services de renseignement allemands n’ont pas mis à jour leurs informations… Mais pourquoi lui ? Pourquoi cet écrivain ? Probablement et entre autres à cause de La Guerre des Salamandres, roman publié en 1936, fable politique et humoristique sur l’humanité dans son rapport à des salamandres bien particulières.

L’histoire naît, selon Capek lui-même, d’une phrase écrite en 1935, « quand la situation se présentait on ne peut plus mal sur le plan économique et pire encore sur le plan politique » : « Ne pensez pas que l’évolution qui a abouti à notre vie soit la seule possibilité d’évolution sur notre planète ». A partir de cette réflexion, Capek élabore une fable qui raconte la découverte de salamandres hautes d’environ un mètre, capables de copier le langage humain et de très vite apprendre. De cette découverte initiale sur une petite île perdue « à l’ouest de Sumatra » par le capitaine Van Toch va découler une série de modèles d’exploitation des salamandres, de la pêche aux perles intensive dans l’Océan Indien à l’aménagement côtier sur l’ensemble de la planète, y compris « la côte du Groenland où elles refoulent les Esquimaux vers l’intérieur des terres et prennent en main la pêche et le commerce de l’huile de foie de morue »…

La seule fin heureuse pour une histoire d’amour, c’est un accident, João Paulo Cuenca

Ecrit par Benjamin Dias Pereira , le Vendredi, 06 Février 2015. , dans Editions Cambourakis, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Amérique Latine, Langue portugaise, Roman

La seule fin heureuse pour une histoire d’amour, c’est un accident, janvier 2014, traduit du portugais (Brésil) par Dominique Nédellec, 141 pages, 18 € . Ecrivain(s): João Paulo Cuenca Edition: Editions Cambourakis

Roman brésilien à la japonaise ou roman brésilien à la japonaise, La seule fin heureuse pour une histoire d’amour, c’est un accident est tout bonnement un OLNI (Objet Littéraire Non Identifié). Et, c’est plutôt sa provenance qui semble douteuse. La littérature et la culture nippones ont influencé bien des auteurs – notamment au pays de la samba, du fait même de la forte communauté japonaise qui y vit depuis le début du XXe siècle. L’auteur, Bernardo Carvalho, évoquait il y a peu le lien qui existe entre le Brésil et le pays du Soleil-Levant dans son roman Le soleil se couche à São Paulo (2008) – où Tōkyō nous était grandement décrite à travers les yeux d’un gaijin (étranger en japonais) ou plutôt d’un nisei, terme qui désigne un émigré japonais de deuxième génération.

Là où João Paulo Cuenca fait fort, c’est qu’il nous décrit l’univers tokyoïte à travers les yeux d’un natif mais surtout à la manière d’un natif. Le Tōkyō secret dans lequel évolue Shunsuke – le personnage principal – n’est pas sans rappeler le Londres de 1984 puisqu’à l’aide d’un gigantesque système d’espionnage notre héros vit sous l’observation constante des agents de son père, M. Okuda qui satisfait ainsi ses pulsions malsaines et perverses voire sadiques envers « [s]on petit fugu débile ».

L’ours est un écrivain comme les autres, William Kotzwinkle (2ème article)

Ecrit par Marc Ossorguine , le Samedi, 24 Janvier 2015. , dans Editions Cambourakis, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman

L’ours est un écrivain comme les autres (The Bear Went Over the Mountain), octobre 2014, traduit de l’anglais (USA) par Nathalie Bru, 304 pages, 22 € . Ecrivain(s): William Kotzwinkle Edition: Editions Cambourakis

 

L’ours est un écrivain, et réciproquement…

Avec ce roman, William Kotzwinkle nous offre un de ces gueuletons littéraires dont la littérature américaine a peut-être le secret, même si elle n’en a pas l’exclusivité. Un roman foisonnant, drôle et « déjanté » – comme l’on dit aujourd’hui – qui tient à la fois de la farce, de la tragédie, de la critique sociale, de l’absurde élevé au rang de logique implacable et – sans doute avant tout cela – du bonheur de l’écriture qui éveille irrésistiblement le bonheur de la lecture.

Arthur Bramhall est un universitaire pas trop brillant qui se rêve écrivain et, à l’image de son créateur, il s’est isolé dans un coin reculé du Maine pour « se réaliser » dans l’écriture. Pas vraiment inspiré il commence par plagier un best-seller, mais – peut-être heureusement pour sa réputation – le manuscrit partira en fumée dans l’incendie de sa cabane du Maine. Le coup est dur et la seule solution est de s’y remettre, de ré-écrire un nouveau roman…

L’ours est un écrivain comme les autres, William Kotzwinkle

Ecrit par Yan Lespoux , le Samedi, 22 Novembre 2014. , dans Editions Cambourakis, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman

L’ours est un écrivain comme les autres (The Bear Went Over The Mountain) octobre 2014, traduit de l’anglais (USA) par Nathalie Bru, 304 p. 22 € . Ecrivain(s): William Kotzwinkle Edition: Editions Cambourakis

Écrivain prolixe et éclectique, William Kotzwinkle a tout fait. De la novellisation (E.T. mais aussi Superman III !), de la littérature de jeunesse, du roman noir (Le jeu de Trente), du complètement barré (l’indispensable Midnight Examiner), de l’inclassable (Book of Love, Fata Morgana…). Si tout n’est pas toujours génial chez cet auteur, on peut au moins lui reconnaître une réelle capacité à surprendre. Et c’est encore le cas avec le conte moral qu’est L’ours est un écrivain comme les autres.

Arthur Bramhall, professeur de littérature à l’Université du Maine, rêve de devenir le nouvel Hemingway. En tant que tel, il ne se voit d’ailleurs pas écrire autrement qu’à la machine. Aussi n’a-t-il aucune sauvegarde lorsque son manuscrit part en fumée dans l’incendie de sa maison. Mais Arthur Bramhall est opiniâtre et a tôt fait de réécrire son grand roman sur la libido des femmes de la campagne qui sentent l’essence et ne se rasent pas les jambes.

L’ouvrage achevé, afin d’éviter une nouvelle déconvenue, il décide de placer le manuscrit dans une mallette et de la dissimuler au pied d’un arbre en lisière de la forêt en attendant d’aller le présenter à un éditeur. Mais, dissimulé dans les bois, un ours observe le manège. Croyant à la possibilité que la mallette renferme, sait-on jamais !, une tarte, il la déterre. Et là… laissons la parole à l’auteur :