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Amérique Latine

le cercle des douze, Pablo de Santis

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 09 Avril 2014. , dans Amérique Latine, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Métailié

Le Cercle des douze (El enigma de París), traduit (Argentine) par René Solis, mars 2014, 270 pages, 10 € . Ecrivain(s): Pablo de Santis Edition: Métailié

 

Les éditions Métailié rééditent ce roman publié en traduction en 2009, salué par la critique et récompensé par le Prix Planeta-Casa de America en 2007. Dans une ambiance fin-de-siècle savamment reconstituée, l’auteur nous fait pénétrer dans le Cercle des Douze, une association réunissant les plus célèbres des détectives de l’époque.

A l’appel de Craig le plus doué d’entre eux, ils se retrouvent à Paris lors de l’Exposition universelle afin de présenter au monde leurs méthodes et leur art. Comment le jeune Sigmundo Salvatrio, fils de cordonnier argentin, parvient-il à rejoindre la fameuse assemblée ? Une série de coïncidences troublantes ou sa légendaire ténacité l’ont projeté dans cet univers dont il rêve depuis son enfance, en tant qu’assistant et porte-parole de Craig lui-même. Ce dernier est cloué à l’hôpital, mis en cause dans la mort du jeune homme doué qui aurait dû être son futur assistant. Salvatrio recueille les aveux du détective qui le charge de raconter son histoire à son alter ego en France Arzaky et de lui remettre sa canne pour l’Exposition.

Prières nocturnes, Santiago Gamboa

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Jeudi, 27 Mars 2014. , dans Amérique Latine, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Métailié

Prières nocturnes, traduit de l’espagnol (Colombie) par François Gaudry, janvier 2014, 312 p. 20 € . Ecrivain(s): Santiago Gamboa Edition: Métailié

 

« Le temps, parfois, est un problème de lumière. Avec les années, certaines formes acquièrent une brillance ou, au contraire, se couvrent d’une étrange opacité. Ce sont les mêmes formes, mais elles apparaissent plus vivantes et parfois, parfois seulement, on parvient à les comprendre ».

Le temps a passé… et le Consul-écrivain se remémore dans une chambre de l’hôtel Oriental, à Bangkok, l’histoire de Manuel Manrique et de sa sœur aînée Juana, deux jeunes compatriotes colombiens qui ont définitivement marqué sa propre existence.

Deux jeunes gens, issus d’une famille de la classe moyenne « limite » de Bogotá, et dont les parents sont acquis, comme nombre de colombiens en 2002, aux idées du Président Álvaro Uribe. Deux jeunes gens écœurés par la médiocrité de leurs géniteurs, par la déliquescence de l’intelligentsia colombienne, par l’atmosphère étouffante d’une société scindée artificiellement entre patriotes et terroristes, par la corruption, par la violence et la répression sanglante des ennemis vrais ou inventés d’un pays lancé dans une politique de « sécurité démocratique », dans la guerre contre les FARC et le trafic de stupéfiants. En ces temps de « redressement patriotique », les familles se déchirent, les générations s’opposent, les amitiés se délitent, les libertés individuelles et l’espoir tendent à disparaître.

Après l’orage, Selva Almada

Ecrit par Victoire NGuyen , le Samedi, 22 Mars 2014. , dans Amérique Latine, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Métailié

Après l’orage, traduit de l’espagnol (Argentine) par Laura Alcoba, mars 2014, 134 pages, 16 € . Ecrivain(s): Selva Almada Edition: Métailié

 

A la croisée des chemins


En route vers la demeure de son ami pour lui rendre visite, la voiture du pasteur Pearson tombe en panne au milieu de nulle part. Il est alors obligé de s’arrêter avec sa fille, Leni, dans un garage de fortune. Là, il attend patiemment que El Gringo Brauer, le garagiste, un homme taciturne et malade, répare le moteur de son véhicule. Entre la mauvaise humeur de sa fille et la chaleur insoutenable, le pasteur est attiré par la candeur de Tapioca, l’assistant et fils de El Gringo. Il va tout faire pour convertir cet enfant et faire de lui un prêcheur, un guide tel qu’il aurait voulu être : « Tapioca, José, n’allait pas être son successeur : il allait devenir ce que lui-même n’avait pas réussi à être ». S’ensuit alors un bras de fer entre les deux hommes, l’homme de Dieu et le garagiste, père adoptif de Tapioca, pour savoir lequel des deux gardera avec lui l’adolescent.

Triptyque Escalante ou Les autres grecques

Ecrit par Marie du Crest , le Vendredi, 14 Mars 2014. , dans Amérique Latine, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Théâtre

 

 

Les 3 pièces « grecques » de Ximena Escalante sont éditées en France aux éditions le Miroir qui fume

 

La Grèce est pour nous un berceau, celui de la tragédie. Ximena Escalante vient de bien plus loin, du Mexique, poursuivre la parole millénaire d’Euripide, de Sophocle ou d’Eschyle. Selon son propre aveu, elle aime la « matière » mythologique et tous ses possibles. Transformer, entremêler, ouvrir ce que tous les textes anciens, antiques ont dit d’essentiel : « la desolación amorosa, el amor, la pasión y la sexualidad y los conflictos entre allas ». Ses trois pièces (Fedra y otras griegas ; Andrómaca real et Electra despierta) à sujet grec et universel tissent un cycle des voix féminines : fille, sœur, mère, amante. Chaque conflit tragique pour X.

Ton avant-dernier nom de guerre, Raul Argemi

Ecrit par Victoire NGuyen , le Vendredi, 24 Janvier 2014. , dans Amérique Latine, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Roman, Rivages/noir

Ton avant-dernier nom de guerre, traduit de l’espagnol (Argentine) Alexandra Carrasco-Rahal, octobre 2013, 159 p. 7,65 € . Ecrivain(s): Raul Argemi Edition: Rivages/noir

La stratégie du caméléon

En Argentine, de nos jours, un journaliste, Manuel Carraspique, se retrouve dans un hôpital de campagne après un accident grave :

« L’hôpital était destiné à soigner une réserve d’Indiens mapuches, confinés entre un lac et la cordillère des Andes. Il était situé près de la descente des Mallines, le lieu de l’accident ».

Cette hospitalisation peut être une aubaine pour notre journaliste. En effet, il partage sa chambre d’infortune avec un certain Indien Mapuche du nom de Marquez. Ce dernier est à l’agonie et il est brûlé sur les 90% de son corps. Selon la police, l’homme est un meurtrier ayant des liens avec un célèbre caméléon dont l’un des noms de guerre est Cacho, un tortionnaire pendant la guerre civile. Cacho endosse aussi d’autres identités. Il est tantôt Gomez, un médecin véreux, tantôt prêtre ou encore un trafiquant notoire et meurtrier de surcroît. Manuel qui est à l’affût de tout scoop voit là une opportunité à saisir. Il décide de faire parler Marquez. Mais à chaque confession, le danger se rapproche ainsi que la vérité sur Manuel lui-même.