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Amérique Latine

Les fleurs noires de Santa Maria, Hernan Rivera Letelier

Ecrit par Victoire NGuyen , le Samedi, 21 Novembre 2015. , dans Amérique Latine, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Métailié

Les fleurs noires de Santa Maria, mai 2015, trad. espagnol (Chili) Bertille Hausberg, 214 pages, 10 € . Ecrivain(s): Hernan Rivera Letelier Edition: Métailié

 

La marche de la dignité

Dans ce roman, le lecteur est projeté au début du XXème siècle en 1907 au Chili dans le désert d’Atacama. C’est une année cruciale pour les mineurs des mines de nitrate appartenant à la compagnie salpêtrière San Lorenzo.

Le récit débute le 11 Décembre 1907, à l’aube. Le lecteur suit Olegario Santana, un mineur de cinquante-sept ans qui s’apprête à partir au travail : « A six heures et demie du matin, vêtu de sa blouse de travail et de son pantalon de droguet rapiécé de toutes parts, Olegario Santana coiffe son panama et, sa bouteille d’eau pendue à l’épaule, se dirige à grandes enjambées vers la mine ».

Cependant, le protagoniste de cette histoire ne sait pas qu’il y a une grève décrétée par les ouvriers. Ces derniers réclament des droits et une augmentation de salaire. Le cortège de grévistes grossit de jour en jour et décide d’effectuer une longue marche à travers le désert pour venir faire connaître leurs revendications dans la petite ville de Santa Maria de Iquique.

L’Ouzbek muet et autres histoires clandestines, Luis Sepulveda

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Jeudi, 22 Octobre 2015. , dans Amérique Latine, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Nouvelles, Métailié

L’Ouzbek muet et autres histoires clandestines, avril 2015, 133 pages, 16 € . Ecrivain(s): Luis Sepulveda Edition: Métailié

 

L’Ouzbek muet constitue le titre de l’une des nouvelles de cet opus avec, comme dans les autres histoires clandestines qui le composent, pour toile de fond les années 1960 où la politique occupait une place prépondérante, au Chili et dans les pays environnants, où la jeunesse partageait « le beau rêve/d’être jeunes sans en demander la permission » (dédicace de la première nouvelle de ce recueil, Le soldat Tchapaïev à Santiago du Chili). Une jeunesse militante – camarades des Jeunesses Communistes du Chili, de la Fédération des Jeunes Socialistes – en lutte dans une révolution ardente contre l’impérialisme américain, la montée du libéralisme capitaliste.

Originaire du Chili, Luis Sepύlveda connaît le décor de ces histoires émouvantes qu’il met en intrigue, et le charme de ce recueil tient à ce que l’auteur du Vieux qui lisait des romans d’amour, de Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler, de La Folie de Pinochet, entre autres, nous rapporte ici des récits de vie teintés parfois d’une drôlerie décalée par rapport à la gravité et l’extrême dangerosité des faits, avec une tendresse délicate et touchante. Récits de vie rapportés par l’intermédiaire de témoins, par le truchement de témoignages oraux, retranscrits souvent près d’un demi-siècle plus tard.

Le rêve du retour, Horacio Castellanos Moya

Ecrit par Victoire NGuyen , le Samedi, 10 Octobre 2015. , dans Amérique Latine, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Métailié, La rentrée littéraire

Le rêve du retour, septembre 2015, trad. de l’Espagnol (Salvador) par René Solis, 160 pages, 17 € . Ecrivain(s): Horacio Castellanos Moya Edition: Métailié

Les affres du grand retour à la terre natale

Dès les premières pages du roman, le lecteur fait connaissance avec un étrange narrateur. Celui-ci est secoué par une douleur insupportable qu’il attribue aux caprices de son foie. Au comble de son malheur, il apprend que son médecin attitré a arrêté d’exercer et a quitté le Mexique ! Il entame donc une recherche qui le mène vers la maison de Don Chente, un médecin ostéopathe et de surcroît acupuncteur. Celui-ci l’accueille et le soigne. Il le soulage de ses maux mais entreprend aussi de guérir son esprit agité. En effet, au fil des pages, le lecteur apprend que le narrateur est un journaliste salvadorien. Obligé de quitter son pays pour sauver sa vie, il s’est exilé au Mexique. Comme le Salvador négocie un retour à la paix, notre narrateur, Erasmo Aragon, quitte son travail à Mexico pour entamer le voyage de retour vers son pays natal. Il voit dans ce départ une opportunité pour quitter sa compagne et la fille qu’ils avaient eu ensemble. Cependant, la disparition de don Chente inquiète Erasmo. Les souvenirs traumatisants liés aux contextes historiques de son pays refont surface et deviennent obsédants. Progressivement notre personnage s’enfonce dans la paranoïa. Ses tourments compliquent son retour au pays. Ainsi ce départ qui était souhaité devient un élément perturbateur laissant Erasmo dans l’angoisse et le désarroi…

Connaître et apprécier, Guillermo De La Roca

Ecrit par Marc Ossorguine , le Samedi, 03 Octobre 2015. , dans Amérique Latine, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Nouvelles

Connaître et apprécier, PhB éditions, Chroniques du ça et du là, 2013, 160 pages . Ecrivain(s): Guillermo De La Roca

 

Né en 1929 en Argentine, Guillermo de La Roca est peut-être plus connu comme musicien que comme écrivain, du moins pour ceux qui s’intéressent à la musique andine qu’il pratique et qui l’a amené à jouer avec quelques groupes de renommée (Los Calchakis, par exemple).

Ce recueil de nouvelles, dont le titre, Connaître et apprécier, semble un programme, a été publié en 2013 par les éditions PhB et nous permet de découvrir un écrivain méconnu, pour ne pas dire inconnu, qui mérite que l’on porte plus d’attention à son travail. Au fil des 16 nouvelles du recueil, nous découvrons en effet une voix qui sait jouer d’une ironie séduisante au travers des territoires de l’imaginaire, des mythes et des croyances, de la rationalité. On craint parfois de glisser dans un registre et une sensibilité « new age » dont on peut penser qu’elle est « hors d’âge », pour ne pas dire suspecte, mais non. Ce qui se déploie au fil des pages est d’un autre ordre.

Le plus jeune fils de Dieu, Carlos Salem

Ecrit par Prescillia Bourguignon , le Mardi, 22 Septembre 2015. , dans Amérique Latine, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Roman, Actes Noirs (Actes Sud)

Le plus jeune fils de Dieu, février 2015, traduit de l’espagnol par Amandine Py, 416 pages, 23 € . Ecrivain(s): Carlos Salem Edition: Actes Noirs (Actes Sud)

 

Dans Le plus jeune fils de Dieu, Carlos Salem nous plonge dans la chaleur Madrilène où un serial killer s’en prend à des pseudos journalistes de la presse people. Le suspect de ces meurtres est Dieu Jr, ancienne célébrité de téléréalité, principalement connu pour affirmer être le plus jeune fils de Dieu. Le roman suit la quête de Poe, ancien ami du suspect, écrivain-poète raté qui n’a connu le succès que lorsqu’il a commencé à écrire par plaisanterie des livres à l’eau de rose érotiques. Convaincu de l’innocence de Dieu Jr, Poe va alors tout faire pour retrouver son ancien ami dont les seuls miracles à l’époque étaient de remplir des bières vides et de rendre vierges et chastes les jeunes filles avec lesquelles il souhaitait coucher. Tout au long de son enquête Poe va ainsi conter les aventures de Dieu Jr sous forme d’Evangile, le tout est ainsi entrecoupé des aventures amoureuses du narrateur et de sa recherche assidue du suspect. Au fil des meurtres, le héros nous raconte ses déboires quotidiens, sa passion enivrante, ses mensonges, son passé, tout semble décousu et pourtant Salem nous conduit au plus profond de l’intrigue page après page.