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Amérique Latine

Les autonautes de la cosmoroute ou Un voyage intemporel Paris-Marseille, Carol Dunlop et Julio Cortázar

Ecrit par Lionel Bedin , le Lundi, 26 Mai 2014. , dans Amérique Latine, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, Gallimard

Les autonautes de la cosmoroute ou Un voyage intemporel Paris-Marseille, traduit de l’espagnol par Laure Guille-Bataillon et Françoise Campo, 281 pages, 25 € . Ecrivain(s): Carol Dunlop et Julio Cortázar

La célébration d’écrivains argentins au salon du livre de Paris en 2014 nous donne l’occasion de nous replonger dans la littérature de ce pays. Et par exemple dans ce récit, pas du tout argentin. Mais au départ un projet original : faire le voyage de Paris à Marseille en camping-car sans quitter l’autoroute une seule fois ; visiter deux parkings par jour en passant toujours la nuit dans le deuxième ; prendre note de toute observation pertinente ; écrire le livre de l’expédition en « s’inspirant peut-être des récits de voyages des grands explorateurs du passé ». Le projet littéraire : « raconter d’une façon tout à fait littéraire, poétique et humoristique, les étapes, événements et expériences divers que va nous offrir sans doute un voyage aussi étrange ». Résultat : Les autonautes de la cosmoroute, Un voyage intemporel Paris-Marseille par Carol Dunlop et Julio Cortázar.

L’autoroute n’est peut-être pas seulement « un ouvrage moderne minutieusement étudié pour permettre à des voyageurs, enfermés dans des capsules à quatre roues, de parcourir (rapidement) un trajet ». Mais qu’allait-il se passer avec une progression au ralenti alors que tout le monde fonce à toute allure ?

Maluco, Napoleon Baccino Ponce De Leon

Ecrit par Didier Bazy , le Vendredi, 16 Mai 2014. , dans Amérique Latine, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Actes Sud

Maluco, Napoleon Baccino Ponce De Leon, traduit de l’espagnol (Uruguay) par Nelly Lhermillier, 408 pages, 24,50 € . Ecrivain(s): Napoleon Baccino Ponce De Leon Edition: Actes Sud


S’il s’abaisse, je le vante

S’il se vante, je l’abaisse.

Jusqu’à ce qu’il comprenne

qu’il n’est qu’un monstre incompréhensible.

(Pascal)

 

Bienvenue dans la Nef des fous. Certains livres, discrets, sont de petits chefs-d’œuvre. Merci Claudine Chapuis pour ce livre Fou, Maluco. Merci pour le récit picaresque de ce gnome juif converti violemment sous les moulinettes de l’Inquisition, obligé de parjurer sinon sa foi, du moins son assignation à être juif : si Juanillo savait vaguement qu’il était un peu juif (on lui a dit que sa mère était une putain juive) quelques questions alambiquées et cruelles lui auront asséné la certitude de son devenir-juif.

le cercle des douze, Pablo de Santis

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 09 Avril 2014. , dans Amérique Latine, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Métailié

Le Cercle des douze (El enigma de París), traduit (Argentine) par René Solis, mars 2014, 270 pages, 10 € . Ecrivain(s): Pablo de Santis Edition: Métailié

 

Les éditions Métailié rééditent ce roman publié en traduction en 2009, salué par la critique et récompensé par le Prix Planeta-Casa de America en 2007. Dans une ambiance fin-de-siècle savamment reconstituée, l’auteur nous fait pénétrer dans le Cercle des Douze, une association réunissant les plus célèbres des détectives de l’époque.

A l’appel de Craig le plus doué d’entre eux, ils se retrouvent à Paris lors de l’Exposition universelle afin de présenter au monde leurs méthodes et leur art. Comment le jeune Sigmundo Salvatrio, fils de cordonnier argentin, parvient-il à rejoindre la fameuse assemblée ? Une série de coïncidences troublantes ou sa légendaire ténacité l’ont projeté dans cet univers dont il rêve depuis son enfance, en tant qu’assistant et porte-parole de Craig lui-même. Ce dernier est cloué à l’hôpital, mis en cause dans la mort du jeune homme doué qui aurait dû être son futur assistant. Salvatrio recueille les aveux du détective qui le charge de raconter son histoire à son alter ego en France Arzaky et de lui remettre sa canne pour l’Exposition.

Prières nocturnes, Santiago Gamboa

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Jeudi, 27 Mars 2014. , dans Amérique Latine, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Métailié

Prières nocturnes, traduit de l’espagnol (Colombie) par François Gaudry, janvier 2014, 312 p. 20 € . Ecrivain(s): Santiago Gamboa Edition: Métailié

 

« Le temps, parfois, est un problème de lumière. Avec les années, certaines formes acquièrent une brillance ou, au contraire, se couvrent d’une étrange opacité. Ce sont les mêmes formes, mais elles apparaissent plus vivantes et parfois, parfois seulement, on parvient à les comprendre ».

Le temps a passé… et le Consul-écrivain se remémore dans une chambre de l’hôtel Oriental, à Bangkok, l’histoire de Manuel Manrique et de sa sœur aînée Juana, deux jeunes compatriotes colombiens qui ont définitivement marqué sa propre existence.

Deux jeunes gens, issus d’une famille de la classe moyenne « limite » de Bogotá, et dont les parents sont acquis, comme nombre de colombiens en 2002, aux idées du Président Álvaro Uribe. Deux jeunes gens écœurés par la médiocrité de leurs géniteurs, par la déliquescence de l’intelligentsia colombienne, par l’atmosphère étouffante d’une société scindée artificiellement entre patriotes et terroristes, par la corruption, par la violence et la répression sanglante des ennemis vrais ou inventés d’un pays lancé dans une politique de « sécurité démocratique », dans la guerre contre les FARC et le trafic de stupéfiants. En ces temps de « redressement patriotique », les familles se déchirent, les générations s’opposent, les amitiés se délitent, les libertés individuelles et l’espoir tendent à disparaître.

Après l’orage, Selva Almada

Ecrit par Victoire NGuyen , le Samedi, 22 Mars 2014. , dans Amérique Latine, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Métailié

Après l’orage, traduit de l’espagnol (Argentine) par Laura Alcoba, mars 2014, 134 pages, 16 € . Ecrivain(s): Selva Almada Edition: Métailié

 

A la croisée des chemins


En route vers la demeure de son ami pour lui rendre visite, la voiture du pasteur Pearson tombe en panne au milieu de nulle part. Il est alors obligé de s’arrêter avec sa fille, Leni, dans un garage de fortune. Là, il attend patiemment que El Gringo Brauer, le garagiste, un homme taciturne et malade, répare le moteur de son véhicule. Entre la mauvaise humeur de sa fille et la chaleur insoutenable, le pasteur est attiré par la candeur de Tapioca, l’assistant et fils de El Gringo. Il va tout faire pour convertir cet enfant et faire de lui un prêcheur, un guide tel qu’il aurait voulu être : « Tapioca, José, n’allait pas être son successeur : il allait devenir ce que lui-même n’avait pas réussi à être ». S’ensuit alors un bras de fer entre les deux hommes, l’homme de Dieu et le garagiste, père adoptif de Tapioca, pour savoir lequel des deux gardera avec lui l’adolescent.