Identification

Amérique Latine

Ton avant-dernier nom de guerre, Raul Argemi

Ecrit par Victoire NGuyen , le Vendredi, 24 Janvier 2014. , dans Amérique Latine, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Roman, Rivages/noir

Ton avant-dernier nom de guerre, traduit de l’espagnol (Argentine) Alexandra Carrasco-Rahal, octobre 2013, 159 p. 7,65 € . Ecrivain(s): Raul Argemi Edition: Rivages/noir

La stratégie du caméléon

En Argentine, de nos jours, un journaliste, Manuel Carraspique, se retrouve dans un hôpital de campagne après un accident grave :

« L’hôpital était destiné à soigner une réserve d’Indiens mapuches, confinés entre un lac et la cordillère des Andes. Il était situé près de la descente des Mallines, le lieu de l’accident ».

Cette hospitalisation peut être une aubaine pour notre journaliste. En effet, il partage sa chambre d’infortune avec un certain Indien Mapuche du nom de Marquez. Ce dernier est à l’agonie et il est brûlé sur les 90% de son corps. Selon la police, l’homme est un meurtrier ayant des liens avec un célèbre caméléon dont l’un des noms de guerre est Cacho, un tortionnaire pendant la guerre civile. Cacho endosse aussi d’autres identités. Il est tantôt Gomez, un médecin véreux, tantôt prêtre ou encore un trafiquant notoire et meurtrier de surcroît. Manuel qui est à l’affût de tout scoop voit là une opportunité à saisir. Il décide de faire parler Marquez. Mais à chaque confession, le danger se rapproche ainsi que la vérité sur Manuel lui-même.

Eaux-fortes de Buenos Aires, Roberto Arlt

Ecrit par Lionel Bedin , le Mardi, 21 Janvier 2014. , dans Amérique Latine, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, Asphalte éditions

Eaux-fortes de Buenos Aires, Chroniques (Argentine), traduit de l’espagnol (Argentine) par Antonia Garcia Castro, 224 pages, 18 € . Ecrivain(s): Roberto Arit Edition: Asphalte éditions

 

En Argentine au début des années 30, et notamment à Buenos Aires, il fait chaud. L’être humain a bien du mal à travailler. Surtout l’homme. Alors c’est souvent la femme qui dirige l’atelier de repassage pendant que l’homme, dont le travail essentiel consiste à chercher du travail, et le mari – le même – qui a flairé la bonne affaire, le bon mariage, monte la garde sur le seuil « l’aile du chapeau ombrant le visage, le torse convenablement ventilé par les trous de son marcel ».

Dans cette ville, les voleurs ne sont pas tous des voleurs, mais les boiteux sont tous « mauvais, incapables d’une bonne action », le mot fourbe est bien d’origine italienne et « la corporation des épiciers se compose en grande partie de commerçants ibériques ».

Plus loin est expliqué comment trouver dix centimes, ces dix centimes qu’il manque toujours quand vous voulez payer un billet de théâtre à votre belle, ou quand une dame, qui s’est complu à vous jeter trois œillades, monte dans le tramway… que vous n’avez pas les moyens de prendre.

Encore cinq minutes Mariá, Pablo Ramos

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Lundi, 20 Janvier 2014. , dans Amérique Latine, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Métailié

Encore cinq minutes Mariá, traduit de l’espagnol (Argentine) par Bernardo Toro, octobre 2013, 160 pages, 17 € . Ecrivain(s): Pablo Ramos Edition: Métailié

 

Encore cinq minutes… c’est le délai que s’accorde Mariá… là, dans son lit, quelque part dans la banlieue de Buenos Aires, avant que l’aube ne pointe ses pâles lueurs et que le train-train de sa vie ordinaire ne reprenne ses droits ; cinq minutes qui vont se renouveler au fur et à mesure que Mariá, soixante ans, entrouvre les pages de sa mémoire à ce que fut son existence, son parcours d’épouse et de mère. À ses côtés, « cet homme  qui ne se réveille jamais, même si un train lui passait dessus, il continuerait à dormir ». Et dans ce rêve éveillé qui n’en finit pas, dans cette petite chambre sans fenêtre, la voix de Gabriel, l’un des enfants, sans doute le plus chéri « – Et toi, même morte, tu continuerais à exécuter ses ordres maman ».

Cinq minutes… notion du temps qui se délite et un mélimélo de souvenirs… qui, peu à peu et dans un désordre chronologique comme il sied aux divagations nocturnes, brosse le portrait d’une femme qui sous l’apparente banalité d’une vie dédiée au quotidien des tâches ménagères, à la soumission à un homme travailleur, mais parfois violent, à l’éducation de quatre enfants, affectueux mais également rebelles ou suicidaires et dont les relations avec le père sont minées par le silence et l’incompréhension, a vécu aux frontières d’une vie qui aurait pu être radicalement différente.

Le Ciel dans la peau, Edgar Chìas

Ecrit par Marie du Crest , le Mardi, 03 Décembre 2013. , dans Amérique Latine, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Théâtre

Le Ciel dans la peau, traduit de l’espagnol (Mexique) Boris Schoemann avec la collaboration Pierre Losson, éditions Le miroir qui fume, N°7, 94 p. 11 € . Ecrivain(s): Edgar Chias

 

Martyre de femmes


Le texte de Chìas s’ouvre sur des citations ironiques et terribles de deux auteurs mexicains : celles de la romancière féministe, Rosario Castellanos, et du poète Eduardo Lizalde, qui semblent nous préparer au pire. L’auteur nous donne aussi « un mode d’emploi » à notre lecture et définit en quelque sorte la nature de son œuvre : « un récit à plusieurs voix ». Il laisse le metteur en scène à venir, libre face à son texte. Le petit volume apparaît sous la forme d’un texte constitué de blocs de courts paragraphes et ici et là de paroles au style direct, surtout celles de personnages secondaires, que quelques titres interrompent, sur le mode du chapître en caractères gras et en lettres capitales, mais peut-être plus symboliquement comme les « stations d’un chemin de croix tragique » : le premier titre est AU COMMENCEMENT (souvenir de la Genèse sans doute) auquel répondra à la fin : Au COMMENCEMENT ETAIT.

La maison des sept femmes, Leticia Wierzchowski

Ecrit par Victoire NGuyen , le Samedi, 23 Novembre 2013. , dans Amérique Latine, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Jean-Claude Lattès

La maison des sept femmes, traduit du portugais (Brésil) par Danielle Schramm, 2013, 538 pages, 22 € . Ecrivain(s): Leticia Wierzchowski Edition: Jean-Claude Lattès

 

 

La longue attente des femmes


En 1835, un conflit éclate dans la région du Rio Grande. Le sujet de discorde s’avère être la nouvelle taxe sur le charque, viande salée et séchée très prisée dans la cuisine de tout le Brésil. « La Révolution farroupilha éclate le 19 septembre 1835 dans le Continent de Sao Pedro du Rio Grande. Les révolutionnaires exigent le départ immédiat du gouvernement de la province, Fernandes Braga, et une nouvelle politique pour le charque national lourdement taxé par le Gouvernement impérial représenté par le Régent, alors qu’en même temps on réduit ses tarifs d’exportation et que l’on augmente le prix du sel, indispensable au processus de salaison, donc à la fabrication du charque ». La famille de Bento Gonçalves fête le nouvel an 1836 avec appréhension car elle sait que les hommes vont partir pour un long moment à la guerre et que beaucoup d’entre eux ne reviendront sûrement pas.