Ahmed Kalouaz écrit, « parce qu’il ne reste que ça à faire… cette vie avance, et un jour, on se dit que l’on écrit ».
Ce livre est le troisième opus d’une triade ; chaque livre égrainant une vie d’émigré. Donc, un essentiel pour la vie de nous tous… le quotidien de l’Algérien en France, son ressenti, sa mémoire, et, plus précieux que tout, son écriture ; l’écriture… Livre qui s’adresse aux siens, à la mère, bien sûr, et à ce qu’elle dévoile, à la fratrie : « si vous aviez résisté à la fièvre », leur dit-il, « j’aurais comme vous marché pieds nus, au lieu d’aller à l’école assez longtemps pour sortir du nombre, et guidé, à l’âge de huit ou dix ans, un âne, un mulet pour les travaux des champs, sort réservé à beaucoup d’enfants de ce milieu de siècle ». Car, ici, le vecteur de l’arrivée en France est à part dans le florilège habituel de l’émigration. Il y est allé de maladies, de l’obligation de protéger les enfants, et de la mort d’une fillette, la sœur inconnue, le jasmin du titre. « Tu es partie trois mois avant ma naissance » dit Ahmed à l’ombre de la sœur, « nous nous sommes connus, l’espace de trois saisons, un peu de printemps, un été de feu, un brin d’automne. J’ai touché terre dans ce cataclysme ».